Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

–          Le Beige Book de la Fed dépeint une reprise économique en demi-teinte

Politiques macroéconomiques

–          Auditionné au Congrès, Jerome Powell confirme la stratégie de resserrement de la politique monétaire de la Fed

Services financiers

–          L’impact du conflit en Ukraine et des sanctions apparaissent limitées pour le système financier américain à ce stade

–          Des élus démocrates s’inquiètent des risques de contournement des sanctions au moyen de crypto-actifs

–          La SEC propose un renforcement des obligations de communication des ventes à découvert

–          Les banques américaines enregistrent de bons résultats au 4ème trimestre 2021

Brèves

 


 

Conjoncture

 

Le Beige Book de la Fed dépeint une reprise économique en demi-teinte

Le Beige Book publié le 2 mars, qui présente l’évolution de la situation économique dans les 12 districts des Fed régionales, indique que l’activité a progressé à un rythme modeste depuis mi-janvier. La hausse des contaminations au Covid-19, conjuguée à des conditions météorologiques peu favorables dans certains districts, a perturbé l’activité et entraîné une baisse de la demande dans plusieurs secteurs, notamment dans le tourisme.

Les ventes de véhicules automobiles ont été hétérogènes selon les districts et l’activité manufacturière a continué à progresser, mais à un rythme modeste. Le secteur de la construction continue d’être affecté par des difficultés d’approvisionnement, tandis que la demande de prêts immobiliers s’est maintenue à un niveau élevé.

Le marché du travail reste tendu, la majorité des districts soulignant une pénurie persistante de main d’œuvre et une hausse du turn-over dans de nombreux secteurs. Dans ce contexte, de nombreuses entreprises augmentent la rémunération de leurs employés et assouplissent les conditions de travail, en particulier dans les secteurs où les bas salaires sont prédominants.

Les Fed régionales estiment enfin que les prix à la consommation ont poursuivi leur progression, sous l’effet de la hausse du prix des intrants et d’une demande encore élevée.

 


 

POLITIQUES MACROECONOMIQUES

 

Auditionné au Congrès, Jerome Powell confirme la stratégie de resserrement de la politique monétaire de la Fed

Le président de la Fed Jerome Powell a été auditionné au Congrès les 2 et 3 mars dans le cadre des auditions semestrielles sur la situation de l’économie et la politique monétaire.

J. Powell a d’abord rappelé que l’économie américaine avait enregistré une reprise robuste en 2021, avec 5,5 % de croissance du PIB, le ralentissement dû au variant Omicron n’ayant été que  passager. Le marché du travail demeure tendu et le taux de chômage a reculé à 4 % en janvier, niveau que les membres du Federal Open Market Committee (FOMC) considèrent comme son point d’équilibre à long terme. Dans un contexte de hausse des démissions, les difficultés de recrutement se sont amplifiées et les salaires ont enregistré une augmentation.

Le président de la Fed a souligné que l’inflation évoluait très au-dessus des cibles de la Fed, en raison notamment de la demande élevée et des contraintes qui continuent de peser sur l’offre. Il considère toutefois que l’inflation devrait diminuer au cours de l’année 2022, grâce à l’apaisement des tensions sur l’offre et à la modération de la demande liée au retrait des mesures de soutien monétaires et fiscales.

J. Powell a confirmé que le FOMC devrait acter une première augmentation de sa fourchette cible de taux d’intérêt de 0,25 % lors du FOMC des 15 et 16 mars prochains. Interrogé par les parlementaires, J. Powell s’est montré ouvert à des hausses de taux plus importantes à l’avenir, selon l’évolution des pressions inflationnistes. Il a par ailleurs répété que la réduction de la taille du bilan de la Fed devrait commencer après le début du processus de relèvement des taux. Des précisions sur ce sujet devraient être apportées lors du prochain FOMC.

Enfin, J. Powell a souligné à plusieurs reprises que les impacts de la guerre en Ukraine sur l’économie américaine demeuraient incertains et que la Fed resterait très attentive à l’évolution de la situation internationale.

À cet égard, Cecilia Rouse, présidente du Council of Economic Advisers, placé sous l’autorité du Président américain, a estimé que les risques pour l’économie américaine des sanctions prises contre la Russie dépendraient de la durée de la guerre. Elle considère que les sanctions économiques ont été efficaces. Elle a souligné que la principale préoccupation économique des États-Unis concernait l’évolution du prix du gaz et que le Président Biden avait engagé des travaux avec les États alliés des États-Unis pour répondre à cette préoccupation.

 


 

Services Financiers

 

L’impact du conflit en Ukraine et des sanctions apparaissent limitées pour le système financier américain à ce stade

Le Financial Stability Oversight Council (FSOC), organe de coordination des principaux régulateurs financiers américains, a tenu le 28 février une réunion consacrée aux impacts de la crise ukrainienne sur les marchés internationaux.

Le FSOC souligne que le système financier américain fonctionne correctement et indique continuer à suivre la situation.

La mise en place des sanctions a entraîné une dynamique de désinvestissement américain en Russie. S’agissant des gestionnaires d’actifs, le Treasury  a donné jusqu’au 25 mai pour défaire leurs investissements dans les entreprises financières russes sanctionnées le 24 février. En outre, de nombreux États fédérés (notamment New York, le New Jersey, la Californie, l’Illinois) ont amorcé cette semaine un mouvement de désinvestissement des institutions publiques, tout particulièrement des fonds de pension des agents publics, des entreprises liées à la Russie.

Enfin, plusieurs sénateurs républicains, notamment Patrick Toomey (R-Pennsylvanie) et Jim Risch (R-Idaho), se sont exprimés ces derniers jours en faveur de l’examen d’une proposition de loi introduite le 15 février qui prévoit, entre autres mesures, un renforcement des sanctions financières à l’encontre de la Russie, en étendant notamment le champ des établissements bancaires russes sanctionnés.

 

Des élus démocrates s’inquiètent des risques de contournement des sanctions au moyen de crypto-actifs

Plusieurs parlementaires démocrates, dont Sherrod Brown, Mark Warner et Jack Reed, qui président respectivement les commissions des affaires bancaires, du renseignement et des forces armées au Sénat, ont adressé à la Secrétaire au Trésor une lettre pour enjoindre à celle-ci de s’assurer que les crypto-actifs ne sont pas utilisés pour contourner les sanctions imposées à la Russie. La lettre pointe en particulier les risques d’utilisation des plateformes de finance décentralisée, qui ne contrôlent pas l’identité des intervenants.

Toutefois, la semaine dernière, Todd Conklin, conseiller du Secrétaire adjoint au Trésor, avait indiqué le 24 février qu’il considérait que les risques de contournement des sanctions par les crypto-actifs étaient relativement limités, au regard de l’importance des avoirs gelés par rapport aux montants limités transférés vers des crypto-actifs.  Le 2 mars, la directrice de la cybersécurité pour le Conseil de Sécurité nationale, organe de la Maison-Blanche, Carol House, a également affirmé que  les crypto-actifs ne sont pas un outil efficace de contournement des sanctions.

Le président Biden a par ailleurs annoncé le 1er mars, lors de son discours sur l’état de l’Union, la création de la task-force « KleptoCapture » visant à s’assurer que les sanctions imposées à la Russie n’étaient pas contournées. Le Department of Justice (DoJ) a précisé le 2 mars les objectifs de cette task-force, qui réunira notamment le FBI, l’administration fiscale (IRS), le ministère de l’intérieur et le Secret Service. La task-force apportera une attention particulière à l’usage des crypto-actifs.

 

Les banques américaines enregistrent de bons résultats au 4ème trimestre 2021

La Federal Deposit Insurance Corporation  (FDIC), agence chargée de la garantie des dépôts, a publié le 1er mars les résultats agrégés des banques américaines au 4ème trimestre 2021.

Le résultat net agrégé a atteint 64 Md USD au T4 2021, en hausse de 7 % par rapport au T4 2020, mais en baisse de 8 % par rapport au T3 2021. L’amélioration des résultats par rapport au T4 2020 tient essentiellement à celle de la situation économique, qui a permis une forte réduction des provisions pour pertes de crédit et une hausse des revenus.

L’encours agrégé de crédit des banques a progressé de 3 % par rapport au T3 2021, porté par la croissance des prêts à la consommation et aux entreprises. La marge d’intérêt sur les prêts est restée stable, à 2,56 %, niveau identique au trimestre précédent. La FDIC souligne par ailleurs que la qualité des crédits s’est améliorée, avec une diminution de 3 % de l’encours des prêts en retard de paiement depuis plus de 90 jours.

La SEC propose un renforcement des obligations de communication des ventes à découvert

La Securities and Exchange Commission (SEC), régulateur des marchés financiers, a publié le 25 février une nouvelle proposition de règle visant à accroître la transparence du marché s’agissant de la vente à découvert.

La règle imposerait aux investisseurs de communiquer mensuellement à la SEC  leurs positions de vente à découvert, lorsque celles-ci dépassent 10 MUSD ou 2,5 % du montant des actions du titre, s’agissant des titres de sociétés cotées ou de grande taille, ou 500 000 USD pour les autres titres de société. Les informations transmises  devront comporter le nom du titre vendu à découvert, le montant de la position short à la fin du mois ainsi que les évolutions de celle-ci au jour le jour (au cours du mois écoulé). La SEC publiera les informations reçues sous forme agrégée par titre financier, sans communiquer le nom des vendeurs à découvert.

En outre, la règle prévoit une obligation d’identification par les courtiers des achats « buy to cover » (ceux visant à couvrir une position de vente à découvert existante de l’investisseur) dans le système de collecte des données de transactions financières (Consolidated Audit Trail).

 


 

Brèves

 

-La Federal Housing Finance Agency (FHFA), régulateur des agences de titrisation hypothécaire, a finalisé le 25 février une règle allégeant les exigences de fonds propres de Fannie Mae et Freddie Mac. Conformément à la proposition de règle publiée le 15 septembre, la règle finale  remplace le ratio de levier actuel de 1,5 % des actifs par un niveau dynamique, égal à 50 % du coussin de stabilité (« stability capital buffer », qui tient compte de la part de marché respective de chacune des deux agences). La règle diminue également les exigences de fonds propres liées à la part de risque que les agences doivent conserver lorsqu’elles réalisent des transferts de risque de crédit vers d’autres contreparties.

-La Fed de Saint Louis a publié le 1er mars une analyse des moratoires de crédit octroyés pendant la crise sanitaire. La plupart de ces moratoires, qui ont permis d’éviter de nombreux incidents de crédit sur le marché des prêts étudiants, des prêts automobiles et des prêts immobiliers, devraient être levés au cours du 1er semestre 2022, laissant craindre des difficultés de remboursement pour les ménages à faibles revenus. La Fed de Saint Louis recommande de mettre en place des mesures d’accompagnement pour faciliter cette transition.

-La Fed a publié le 1er mars une proposition de modification de ses règles concernant l’évaluation des demandes d’accès des établissements bancaires et financiers aux comptes principaux de la Fed.

-La commission sur l’agriculture du Sénat auditionnait le 2 mars les quatre personnes (Christy Goldsmith Romero, Kristin N. Johnson, Summer Kristine Mersinger, et Caroline D. Pham ) nommées par la Maison-Blanche pour devenir commissaires de la Commodity and Futures Trading Commission (CFTC), régulateur des marchés de dérivés. La majorité des questions des élus ont porté sur la régulation des crypto-actifs et la gestion des risques climatiques.

About Admin

Galina Natchev is the Information Research Officer at the Department of Macroeconomics and Finance at the French Embassy in the US since November 2005. In charge of following the news and the daily news brief for the department, Galina is also involved in research projects and in preparing the weekly publication, the Washington Wall Street Watch. She is responsible to gather information and support literature for the writing of reports at the department.
Galina holds a Master’s degree in French Studies from NYU and a Master’s degree in International Business from UNWE, Sofia, Bulgaria.
She is based in New York.

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