Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

–          Les ventes au détail rebondissent fortement

–          L’indice de confiance des consommateurs chute au plus bas depuis le début de la crise sanitaire

Politiques macroéconomiques

–          La Fed prévoit une normalisation de la politique monétaire graduelle mais rapide

–          Les Démocrates proposent une loi pour réformer le plafond de dette

Services financiers

–          Le risque de crédit des prêts syndiqués de grande taille reste important en 2021, selon les régulateurs bancaires

Brèves

 


 

Conjoncture

 

Les ventes au détail rebondissent fortement

Selon les données publiées par le Census Bureau, les ventes au détail ont progressé de 3,8 % au mois de janvier (contre +2,1 % attendu par le marché). Toutefois, les ventes de décembre 2021 ont été révisées à la baisse, de -1,9 % à -2,5 %. Même si le chiffre n’est pas ajusté de l’inflation, ce rebond confirme la robustesse de la consommation malgré la progression du variant Omicron.

Il est tiré par les ventes en ligne (+14,5 %) et celles de meubles (+7,2 %), de voitures (+5,7 %) et de marchandises générales (+3,7 %). Les produits de loisirs, de musique et de sport (-3 %), les ventes dans les stations-service (-1,3 %) et celles de produits de santé (-0,7 %) ont fortement reculé.

 

L’indice de confiance des consommateurs chute au plus bas depuis le début de la crise sanitaire

Selon l’University of Michigan, en février, l’indice de confiance des consommateurs s’est établi à 61,7, contre 67,2 en janvier, atteignant son plus bas depuis octobre 2011, soit moins qu’au pic de l’épidémie en avril 2020 (71,8) et en-deçà des attentes du marché (67).

Selon Richard Curtin, chef économiste chargé de cette enquête, cette chute est « inattendue » mais s’expliquerait par un fléchissement des perspectives des consommateurs de leur situation financière personnelle en raison de la hausse de l’inflation, d’une moindre confiance vis-à-vis des politiques du gouvernement et des perspectives économiques à long terme moins favorables. Il a précisé que plus de la moitié des ménages interrogés prévoyaient une baisse de leur revenu ajusté de l’inflation.

 


 

Politiques macroéconomiques

 

La Fed prévoit une normalisation de la politique monétaire graduelle mais rapide

Le procès-verbal (minutes) de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) de janvier, publié le 16 février, montre que les responsables de la Fed ont activement discuté de la normalisation de la politique monétaire face au niveau d’inflation élevé. Celle-ci s’articulerait autour de la fin des achats d’actifs (tapering), la hausse des taux fed funds et la réduction du bilan de la Fed.

Malgré la vigueur de l’activité économique, les membres du FOMC ont exprimé leur inquiétude vis-à-vis des effets de la politique fortement accommodante sur la stabilité financière du fait de la valorisation élevée des actifs et de l’inflation élevée. Par ailleurs, ils ont cité l’apparition de nouveaux variants et les tensions géopolitiques, notamment celles entre l’Ukraine et la Russie, comme des facteurs de risque qui pourraient affecter la trajectoire de la reprise économique. Le FOMC prévoit tout de même que l’inflation fléchira au cours de l’année 2022, avec la résorption des déséquilibres causés par les problèmes d’approvisionnement.

La Fed optera probablement pour une normalisation de sa politique monétaire plus rapide que celle de la période 2015-2019 du fait d’une croissance économique plus soutenue, du niveau d’inflation plus élevé et des tensions sur le marché du travail. Néanmoins, en raison des facteurs d’incertitude et du risque d’une sur-réaction des marchés, les membres du FOMC se sont accordés sur une approche graduelle et flexible suivant l’évolution de la situation économique.

 

Les Démocrates proposent une loi pour réformer le plafond de dette

Le chef adjoint de la majorité démocrate au Sénat, Dick Durbin (D-Illinois), le président de la commission du budget de la Chambre des représentants, Jonh Yarmuth (D-Kentucky) et le représentant Brendan Boyle (D-Pennsylvanie) ont publié le 15 février une proposition de loi visant à réformer le plafond de la dette fédérale, qui transmettrait le pouvoir d’émettre de la dette au Département du Trésor sous le contrôle du Président américain.

Le plafond de dette correspond au montant maximum que le Congrès autorise l’État fédéral à emprunter. Il a été relevé à deux reprises en 2021, mi-octobre puis mi-décembre, à la suite d’un accord entre les chefs de file des deux partis. Actuellement fixé à environ 31 400 Md USD, le plafond pourrait être à nouveau atteint vers début 2023, après les élections de mi-mandat (midterms) en novembre.

La proposition de loi prévoit l’obligation de notification au Congrès chaque fois que le montant total de la dette augmente de 1 000 Md USD. B. Boyle a indiqué que cette loi ne supprimerait pas le plafond mais viserait à accroître l’efficacité de la gestion publique et à réduire des discussions « inutiles » au Congrès dans la mesure où, historiquement, il n’a pas servi à limiter la hausse de la dette fédérale. Lors d’une audition à la commission du Budget de la Chambre le 16 février, les représentants républicains, soutenus par l’ex-directeur de l’Office of Management and Budget (OMB), organe de la Maison-Blanche chargé de l’élaboration du budget, Mick Mulvaney, ont au contraire défendu l’état actuel du droit, en rappelant que le plafond de dette permettait de lancer un dialogue entre les législateurs et l’exécutif sur la gestion des finances publiques.

 


 

Services financiers

 

Le risque de crédit des prêts syndiqués de grande taille reste important en 2021, selon les régulateurs bancaires

Les principaux régulateurs bancaires américains (la Fed, l’Office of the Comptroller of Currency –OCC – et la Federal Deposit Insurance Corporation – FDIC) ont publié le 14 février leur revue annuelle des risques liés aux prêts syndiqués de plus de 100 M USD, qui représentent environ 2 600 Md USD d’encours.

Les régulateurs observent une amélioration du risque de crédit en 2021. La part de prêts syndiqués relevant de la notation la plus basse diminue mais reste significative par rapport à son niveau d’avant la crise liée au Covid-19, de 12,4 % en 2020 à 10,6 % en 2021, contre 6,9 % en 2019. Cette amélioration s’expliquerait en grande partie par la reprise de la demande de matières premières, en particulier pour les secteurs gaziers et pétroliers, qui représentent une proportion significative des crédits syndiqués. Cette dynamique est toutefois en partie compensée par la dégradation des revenus dans le secteur de l’immobilier commercial (bureaux, hôtellerie, points de vente).

Selon les régulateurs, l’amélioration du risque de crédit pourrait toutefois être contrariée en 2022 par l’instabilité des chaînes logistiques, les tensions sur le marché du travail et la vulnérabilité de certaines industries à une remontée des taux d’intérêt.

 


 

Brèves

 

Ø  Selon une publication du Bureau of Labor Statistics (BLS), l’indice des prix de production a progressé de 1,0 % en janvier (après 0,4 % en décembre 2021), soit 9,7 % sur douze mois glissants (après 9,8 %). Les prix de production des biens et des services ont respectivement augmenté de 1,3 % (après ‑0,1 % en décembre) et de 0,7 % (après +0,7 %) respectivement. En particulier, les prix de l’énergie et de l’alimentation ont fortement rebondi en janvier (+2,5 % et +1,6 % respectivement) après leur recul de décembre (-0,3 % et -1,7 %).

Ø  Selon des enquêtes de la Fed de New York, en janvier, les anticipations d’inflation à 1 an et à 3 ans des consommateurs américains se sont établies à 5,8 % et 3,5 % respectivement. Elles sont en légère baisse par rapport aux niveaux de décembre (-0,2 point et -0,5 point respectivement). Depuis juin 2020, il s’agit de la 1ère baisse observée pour les anticipations à 1 an depuis juin 2020 et de la plus importante pour les anticipations à 3 ans.

Ø  Le 14 février, la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers, a annoncé le règlement de poursuites à l’encontre de la société BlockFi, qui proposait depuis 2019 un rendement sur les crypto-actifs déposés par ses utilisateurs au sein de leurs comptes, sans avoir été préalablement enregistré auprès de la SEC. La SEC estime en effet que cette activité entre dans le champ de la réglementation applicable aux titres financiers (securities). BlockFi a consenti à s’acquitter d’une pénalité de 100 M USD et dispose de 60 jours pour s’enregistrer auprès de la SEC.

Ø  Le 15 février, le représentant Josh Gottheimer (D-New Jersey) a déposé une proposition de loi visant à encadre l’émission de stablecoins. Sous le régime proposé, l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) serait chargé de la supervision des émetteurs de stablecoins, lesquels ne pourraient être que des banques ou des institutions non bancaires « qualifiées » après examen de leurs réserves par le régulateur.

Ø  Plusieurs sociétés spécialisées dans les crypto-actifs (Coinbase, Circle, Kraken, etc.) ont annoncé le 16 février le lancement d’une initiative visant à renforcer la conformité des pratiques du secteur avec la règlementation, notamment en matière de lutte contre la criminalité financière et le blanchiment de capitaux. La plateforme Travel Rule Universal Solution Technologies (TRUST) vise à définir des standards communs pour l’identification des clients et le partage d’informations, y compris de manière transfrontalière.

Ø  Face à l’opposition des sénateurs républicains de la commission des affaires bancaires, dirigés par Patrick Toomey (R‑Pennsylvanie), le vote de confirmation de la nomination des cinq hauts responsables de la Fed, prévu le 15 février, a été reporté. Les Républicains s’opposent à la nomination de Sarah Bloom Raskin comme vice-présidente chargée de la supervision.

About Admin

Galina Natchev is the Information Research Officer at the Department of Macroeconomics and Finance at the French Embassy in the US since November 2005. In charge of following the news and the daily news brief for the department, Galina is also involved in research projects and in preparing the weekly publication, the Washington Wall Street Watch. She is responsible to gather information and support literature for the writing of reports at the department.
Galina holds a Master’s degree in French Studies from NYU and a Master’s degree in International Business from UNWE, Sofia, Bulgaria.
She is based in New York.

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