Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-Les prix des dépenses de consommation continuent de progresser

-Le secteur manufacturier rebondit malgré les difficultés d’approvisionnement

-La reprise du marché du travail est perturbée par le variant Omicron

Politiques macroéconomiques

-Plusieurs responsables de la Fed expriment des vues divergentes sur la normalisation de la politique monétaire

-Le Sénat auditionne les personnes nommées comme membres du Conseil des gouverneurs de la Fed

Services financiers

-Auditionnée au Sénat, Sarah Bloom Raskin est interrogée sur les risques financiers liés au climat

-La Fed de Boston et le MIT publient un livre blanc sur la faisabilité technique d’un dollar numérique

-Meta abandonne le projet Diem, dans un contexte de débats croissants sur la régulation des crypto-actifs

Brèves

 


 

Conjoncture

 

Les prix des dépenses de consommation continuent de progresser

Selon le Bureau of Economic Analysis (BEA), l’inflation des dépenses de consommation (Personal Consumption Expenditure, PCE) a progressé de 0,4 % en décembre et de 5,8 % sur douze mois glissants (contre 0,6 % et 5,7 % en novembre), soit un rythme annuel au plus haut depuis 1982. Sa composante sous-jacente (hors alimentation et énergie) a augmenté de 0,5 % en octobre et de 4,9 % sur douze mois glissants (contre 0,5 % et 4,7 % en novembre).

La progression des prix des biens a encore accéléré (+8,8 % en décembre après +8,5 % en novembre), tandis que celle des services a été relativement stable (+4,2 % après +4,3 %). En glissement annuel, les prix de l’énergie ont progressé de 29,9 % en décembre, contre 34,0 % pour le mois précédent et ceux de l’alimentation de 5,7 %, contre 5,6 % en novembre.

 

Le secteur manufacturier rebondit malgré les difficultés d’approvisionnement

L’indice manufacturier ISM (de l’Institute for Supply Management) a reculé à 57,6 % en janvier, contre 58,8 % en décembre. Cet indice prend en compte la production, les commandes, les livraisons, l’emploi et les stocks. Un indice supérieur (resp. inférieur) à 50 % indique une expansion (resp. contraction).

Selon Timothy R. Fiore, président de l’ISM, le secteur manufacturier évolue dans un environnement tiré par la demande et contraint par l’offre, mais des signes d’amélioration sont visibles concernant la main d’œuvre et les livraisons. L’ISM fait par ailleurs état d’une hausse des prix des intrants très importante.

 

La reprise du marché du travail est perturbée par le variant Omicron

Le marché du travail américain, déjà sous forte tension, a été durement touché par le variant Omicron en décembre 2021 et janvier 2022, avec des difficultés de recrutement accrues.

Selon la publication JOLTS du Bureau of Labor Statistics (BLS), les postes vacants se sont établis à 10,9 M en décembre, soit 4,6 M de plus que le nombre de chômeurs. Les sorties du marché du travail ont diminué à 4,3 M, contre 4,5 M en novembre. Selon une autre publication du BLS, en décembre, les rémunérations ont augmenté de 4,0 % sur douze mois glissants, cette moyenne étant tirée par la forte progression du secteur privé (+4,4 %).

L’enquête mensuelle de l’Institut ADP, société de service aux entreprises, indique, pour la première fois depuis décembre 2020, une destruction nette d’emplois (-301 000) en janvier 2022 dans le secteur privé, ainsi que la révision à la baisse des créations d’emplois en décembre à 776 000 contre 807 000 initialement annoncées. Nela Richardson, économiste en chef de l’ADP, a indiqué que la reprise du marché du travail a marqué le pas début 2022 en raison du variant Omicron, qui a fortement affecté les secteurs des loisirs et de l’hôtellerie.

 


 

Politiques macroéconomiques

 

Plusieurs responsables de la Fed montrent des divergences sur la normalisation de la politique monétaire

Des présidents de Fed régionales ont exprimé des opinions divergentes sur les modalités de la normalisation de la politique monétaire, bien qu’ils admettent tous le niveau élevé d’inflation.

Mary Daly (San Francisco) a indiqué lors d’un entretien avec Reuters que la Fed pourrait relever ses taux directeurs dès mars 2022. Elle a néanmoins insisté sur une normalisation graduelle et progressive, qui sera fondée sur des données observées.

Raphael Bostic (Atlanta) a par ailleurs indiqué au Financial Times que si nécessaire, les taux pourraient être relevés de 50 points de base, contre 25 points de base habituellement. À l’inverse, Patrick Harker (Philadelphie) et James Bullard (Saint Louis), n’y sont pas favorables et préconisent des hausses de taux de 25 points de base au cours de l’année 2022.

Enfin, Esther George (Kansas City) a signalé lors d’une intervention à l’Economic Club of Indiana que la Fed pourrait réduire plus fortement son bilan pour avoir un rythme modéré de hausses de taux. Selon elle, une hausse de taux rapide non accompagnée d’une réduction du bilan suffisante pourrait conduire à un aplatissement de la courbe des taux favorisant des distorsions économiques en abaissant les perspectives de croissance à long terme.

 

Le Sénat auditionne les personnes nommées comme membres du Conseil des gouverneurs de la Fed

Le 3 février, la commission des affaires bancaires du Sénat a auditionné Sarah Bloom Raskin (cf. infra) ainsi que Lisa Cook et Philip Jefferson à la suite de leur nomination à la Fed par la Maison-Blanche le 14 janvier.

Interrogés sur le sujet, L. Cook et P. Jefferson ont répondu qu’ils prenaient au sérieux les risques d’une inflation élevée et durable et qu’ils soutenaient la normalisation de la politique monétaire. L. Cook a souligné l’importance de bien prendre en compte les données observées dans la conduite de la politique monétaire. P. Jefferson a, lui, rappelé que l’inflation élevée était tirée par les problèmes d’offre sur lesquels la Fed ne disposait que d’une faible marge de manœuvre.

L’audition a fait apparaître une fracture partisane quant à ces nominations, les sénateurs républicains se montrant particulièrement critiques vis-à-vis de L. Cook et S. Bloom Raskin.

 


 

Services financiers

 

Auditionnée au Sénat, Sarah Bloom Raskin est interrogée sur les risques financiers liés au climat

Sarah Bloom Raskin, désignée par Joe Biden pour le poste de vice-présidente de la Fed chargée de la supervision, a été auditionnée le 3 février par la commission des affaires bancaires du Sénat. Si elle est confirmée à ce poste par le Sénat, elle sera chargée de la supervision des holdings bancaires et de la définition des normes qui leur sont applicables.

Connue pour ses positions favorables à la lutte contre le réchauffement climatique, S. Bloom Raskin a fait l’objet de critiques répétées de sénateurs républicains qui estiment que sa nomination mettrait en péril le financement des énergies fossiles et nuirait à l’indépendance de la Fed. Le 31 janvier, plusieurs groupes représentant les intérêts des industries énergétiques ont publié une lettre pour s’opposer à sa nomination. S. Bloom Raskin a répété que le rôle de la Fed n’était pas d’orienter les financements bancaires vers tels ou tels secteurs, mais de s’assurer que les risques liés à certaines activités étaient suffisamment évalués et couverts.

S. Bloom Raskin a également insisté à plusieurs reprises sur les risques liés à la cybersécurité, qu’elle considère comme susceptibles de devenir systémiques en cas de cyberattaque de grande ampleur.

 

La Fed de Boston et le MIT publient un livre blanc sur la faisabilité technique d’un dollar numérique

La Fed de Boston et le Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont publié les résultats préliminaires d’un projet de recherche nommé Hamilton, qui vise à étudier la faisabilité technologique d’une monnaie numérique de banque centrale.

Hamiltona permis de développer et tester un système de traitement des transactions autour de deux architectures alternatives. Une première solution, utilisant un serveur centralisé, permettrait un enregistrement de toutes les transactions mais serait limité à en traiter 170 000 par seconde. Une deuxième solution, organisée autour de plusieurs serveurs, aboutirait à un maximum de 1,7 millions de transactions par seconde mais sans conserver l’intégralité de leur trace. Les prochaines étapes de ces travaux devraient se pencher notamment sur les enjeux de protection des données, d’audit des transactions et d’interface avec différents types d’intermédiaires.

 

Meta abandonne le projet Diem, dans un contexte de débats croissants sur la régulation des crypto-actifs

Meta (ex-Facebook) a officiellement mis fin à son projet de stablecoin Diem (ex-Libra), qui avait suscité une forte opposition des régulateurs internationaux. L’association Diem a annoncéle 31 janvier la vente de la propriété intellectuelle du projet à la banque californienne Silvergate. Cette annonce intervient dans un contexte marqué par des débats croissants sur la régulation des crypto-actifs.

Hester Peirce, commissaire républicaine de la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers, a critiqué la proposition du 27 janvier visant à accroître la supervision des plateformes d’échange des bons du Trésor. Si elle ne concerne pas directement les crypto-actifs, la règle proposée pourrait, selon H. Peirce, être utilisée afin d’accroître la régulation des plateformes d’échange de crypto-actifs. La SEC est par ailleurs impliquée dans des procédures contentieuses avec des plateformes cryptos, certaines remettant en cause la qualification comme titres financiers (securities) de certains crypto-actifs. La plateforme Ripple a notamment engagé un recours après avoir été sanctionnée pour l’émission de crypto-actifs en décembre 2020.

Dans un discours prononcé le 27 janvier, Rostin Benham, le président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur des marchés dérivés, a signalé sa volonté de ne pas précipiter les travaux de son agence sur la régulation des crypto-actifs et d’avancer en accord avec les volontés du Congrès et en maintenant un dialogue étroit avec le secteur.

 


 

Brèves

 

-La Fed a publié le 31 janvier les résultats au 4ème trimestre 2021 de son sondage trimestriel sur les prêts bancaires. Les banques indiquent avoir assoupli les conditions d’octroi (limites, scores de crédit, etc.) des prêts immobiliers, dont la demande a été en recul, ainsi que des crédits à la consommation, dont la demande a progressé au cours du trimestre. Sur le marché des prêts aux entreprises, les banques indiquent aussi avoir assoupli leurs conditions de financement, notamment en augmentant les limites de prêt et en diminuant le coût des lignes de crédit. Ces assouplissements sont toutefois concentrés majoritairement sur les grandes et moyennes entreprises.

 

-La Fed a publié le 31 janvier un article de recherche relatif au développement des stablecoins et à leur impact sur le système bancaire. Les auteurs considèrent que des stablecoins régulés, émis par des banques et couverts par des réserves constituées sous la forme de dépôts bancaires, pourraient jouer un rôle stabilisateur dans le système financier, notamment dans les périodes de turbulences, sans nuire à la distribution du crédit. Ils estiment, en revanche, que des stablecoins émis par des banques plaçant tous leurs actifs sous forme de réserve auprès de la banque centrale affecteraient le financement de l’économie.

 

-Le 2 février, la Secrétaire au Trésor, Janet Yellen, interrogée par Bloomberg, a indiqué qu’il était « prématuré » d’envisager d’ajuster les exigences de capitaux propres des banques en fonction de leur exposition au risque climatique et qu’il serait nécessaire d’attendre les travaux des régulateurs sur la supervision des risques climatiques.

 

-La SEC a accordé le 27 janvier une autorisation d’exercice à BSTX, qui prévoit de proposer un service d’échange d’actions reposant sur une blockchain. Le service inclurait également des prestations de règlement-livraison le jour même (T+0, au lieu de T+2 pour le processus standard aux États-Unis). L’autorisation ne s’applique pas à l’échange de crypto-actifs.

 

-La CFTC a annoncé le 31 janvier qu’elle accordait un délai supplémentaire aux intervenants sur le marché des swaps pour se mettre en conformité avec les règles de reporting publiées en septembre 2020. Ces règles doivent être appliquées à partir du 25 mai 2022, mais la CFTC a indiqué qu’elle n’engagerait pas de sanction en cas de non-respect de certaines exigences avant le 5 décembre 2022. Les transactions portant sur un grand nombre de contrats bénéficient d’un délai supplémentaire courant jusqu’au 4 décembre 2023.

 

-La Maison-Blanche a publié le 1er février un guide sur le plan infrastructures promulgué le 15 novembre afin d’accompagner les États et autorités locales dans sa mise en œuvre. Le plan prévoit des investissements dans les infrastructures à hauteur de 1 200 Md USD dont 550 Md USD de nouvelles dépenses engagées sur 5 ans. Néanmoins, en l’absence de vote du budget pour l’exercice 2022, toujours en discussion au Congrès, les décaissements des fonds sont bloqués.

About Admin

Galina Natchev is the Information Research Officer at the Department of Macroeconomics and Finance at the French Embassy in the US since November 2005. In charge of following the news and the daily news brief for the department, Galina is also involved in research projects and in preparing the weekly publication, the Washington Wall Street Watch. She is responsible to gather information and support literature for the writing of reports at the department.
Galina holds a Master’s degree in French Studies from NYU and a Master’s degree in International Business from UNWE, Sofia, Bulgaria.
She is based in New York.

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