Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-Les ventes au détail ont connu une chute inattendue

Politiques macroéconomiques

-La Maison-Blanche annonce la nomination des membres du Conseil des gouverneurs de la Fed

-La dette de Porto Rico est restructurée

Services financiers

-Les grandes banques publient des résultats trimestriels hétérogènes

-Sarah Bloom Raskin est nommée vice-présidente de la Fed chargée de la supervision

-La Fed publie un rapport sur les risques et opportunités d’une monnaie numérique de banque centrale

-Des responsables de la SEC et de la CFTC exposent leurs divergences sur la régulation des crypto-actifs

Brèves

 


 

Conjoncture

 

Les ventes au détail ont connu une chute inattendue

Selon les données publiées par le Census Bureau, les ventes au détail ont reculé de 1,9 % en décembre (2,3 % en excluant les ventes de l’automobile), bien en-deçà des attentes du marché (-0,1 %). Par ailleurs, l’indicateur a été révisé à la baisse pour le mois de novembre, à +0,2 % contre +0,3 % pour l’estimation préliminaire. Ce recul s’explique par une moindre consommation, avec un recul notamment des ventes en ligne (-8,7 %), de celles de meubles et d’accessoires de maison (‑5,5 %) et d’articles de musique, de sport et de livres (‑4,3 %).

Néanmoins, les ventes au détail ont été dynamiques tout au long de l’année 2021, progressant de +16,9 % par rapport à décembre 2020, tirées par le rebond des ventes dans les restaurants et bars (+41,3 %) et aux stations de gaz (+41 %).

 


 

Politiques macroéconomiques

 

La Maison-Blanche annonce la nomination des membres du Conseil des gouverneurs de la Fed

La Maison-Blanche a annoncé le 14 janvier les nominations au conseil des gouverneurs de la Fed : Lisa Cook et Philip Jefferson, comme gouverneurs, et Sarah Bloom Raskin (cf. infra).

L. Cook, actuellement professeure à la Michigan State University et anciennement membre du Council of Economic Advisers de l’administration Obama, a travaillé sur les effets de la discrimination ethnique sur le marché du travail. Elle a soutenu l’intégration des minorités dans les études supérieures à travers des mentorats.

P. Jefferson, actuellement professeur au Davidson College en Caroline du Nord et ancien économiste à la Fed, a étudié le rôle de l’éducation dans la lutte contre le chômage ainsi que les effets des fluctuations économiques sur la pauvreté et le partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital.

Ces nominations devront être approuvées par le Sénat par un vote à la majorité simple.

 

La dette de Porto Rico est restructurée

À la suite d’un jugement fédéral annoncé le 18 janvier approuvant le plan de restructuration de la dette publique adopté par les autorités locales en octobre 2021, Porto Rico sort de l’état de faillite, déclaré en 2017. Le gouverneur de l’île, Pedro Pierluisi, a immédiatement salué l’annonce et le président Biden a promulgué le 20 janvier 2021 une loi (Puerto Rico Recovery Accuracy in Disclosures Act) visant à assurer la transparence et la bonne mise en œuvre de cet accord.

Le plan permettra de réduire à 7,4 Md USD la dette de Porto Rico sur un total nominal de 33 Md USD, soit une annulation de plus de 80 %, représentant une économie de plus de 50 Md USD en paiements du service de la dette. En 2017, Porto Rico, État libre associé (Commonwealth) des États-Unis, était entré dans une procédure judiciaire de restructuration sous la supervision de l’État fédéral américain.

 


 

Services Financiers

 

Les grandes banques publient des résultats trimestriels hétérogènes

Les six plus grandes banques américaines par la taille du bilan ont publié cette semaine leurs résultats du 4ème trimestre 2021 et leurs résultats annuels pour l’exercice 2021.

Si ces banques ont pour la plupart publié un produit net bancaire (PNB) trimestriel en hausse par rapport au 4ème trimestre 2020, JP Morgan, Citi et Goldman Sachs enregistrent des résultats nets en baisse. Les revenus du trimestre sont principalement portés par les activités de banque d’investissement, notamment le conseil en fusions-acquisitions et les émissions de titres. Les résultats du trimestre sont également marqués par une progression des rémunérations, entraînant une hausse des charges supérieures aux attentes des analystes pour plusieurs établissements.

T4 2021

En Md USD

JP Morgan

Bank of America

Citi

Produit net bancaire

29,3

( = )

22,8

(+13 %)

17,0

(-2 %)

Résultat net

10,4

(-14 %)

7,0

(+28 %)

3,2

(- 26%)

T4 2021

En Md USD

Wells Fargo

Goldman Sachs

Morgan Stanley

Produit net bancaire

20,9

(+13 %)

12,7

(+ 8%)

14,5

(+7 %)

Résultat net

5,8

(+86 %)

3,9

(-13 %)

3,7

(+9 %)

Les pourcentages entre parenthèses représentent les variations enregistrées par rapport au T4 2020
Source : états financiers des banques américaines au T4 2021

Les résultats annuels 2021 sont, pour les six groupes, en forte hausse par rapport à l’exercice 2020. Cette progression tient essentiellement à la reprise des provisions constituées en 2020 face à la crise sanitaire, ainsi qu’aux résultats générés par les activités de marché, de banque d’investissement et de gestion de patrimoine.

 

Sarah Bloom Raskin est nommée vice-présidente de la Fed chargée de la supervision

Joe Biden a désigné Sarah Bloom Raskin pour le poste de vice-présidente chargée de la supervision (cf. supra).

S. Bloom Raskin a été gouverneure de la Fed entre 2010 et 2014 puis secrétaire adjointe au Trésor sous l’administration Obama entre 2014 et 2017.

En tant que vice-présidente de la Fed chargée de la supervision, elle sera responsable de la supervision des institutions financières régulées par la Fed, ainsi que de la définition des normes applicables à ces établissements. Les règles transposant aux États-Unis les accords de Bâle III finalisés, attendues pour 2022, feront partie de sa feuille de route.

S. Bloom Raskin est connue pour ses positions sur la lutte contre le réchauffement climatique : elle est en particulier favorable à des tests de résistance (stress tests) estimant l’impact de ces risques sur le système bancaire.

 

La Fed publie un rapport sur les risques et opportunités d’une monnaie numérique de banque centrale

Le 20 janvier, la Fed a publié un rapport sur l’opportunité de la création d’une éventuelle monnaie numérique de banque centrale (central bank digital currency – CBDC) aux États-Unis. Elle ne prend pas position sur la question, estimant que la décision revient aux pouvoirs exécutif et législatif. Ce rapport est soumis à consultation jusqu’au 20 mai.

La Fed estime que la mise en place d’une CBDC permettrait d’offrir un accès généralisé à une monnaie numérique, dépourvue de risque de liquidité et de crédit. Elle pourrait en outre fluidifier les transactions transfrontalières et consolider la place internationale du dollar face aux projets de CBDC d’autres États.

Le rapport note toutefois que l’adoption d’une CBDC pourrait entraîner un transfert des fonds placés aujourd’hui sur les comptes bancaires des banques commerciales ou dans des actifs à faible risque, susceptible de déstabiliser la structure du système financier, particulièrement durant les épisodes de stress. Selon les paramètres retenus, cela pourrait en outre affecter les canaux de transmission de la politique monétaire et l’évolution du bilan de la Fed.

Selon elle, tout projet à venir de CBDC devra satisfaire quatre caractéristiques : garantir la protection des données personnelles ; être distribuée par l’intermédiaire du secteur privé ; être transférable entre ses différents utilisateurs, y compris s’ils utilisent des intermédiaires différents ; permettre l’identification de ses utilisateurs afin de prévenir les usages criminels.

 

Des responsables de la SEC et de la CFTC exposent leurs divergences sur la régulation des crypto-actifs.

Dawn Stump, commissaire républicaine de la Commodity and Futures Trading Commission, régulateur des marchés de dérivés, est intervenue le 13 janvier sur les défis posés par l’innovation dans les marchés financiers. Elle a notamment appelé à une régulation spécifique des plateformes et services liés à la blockchain et critiqué l’approche qui consiste à mener des actions coercitives afin de faire entrer les services innovants dans le périmètre de la régulation existante. Ce faisant, elle a souligné le rôle majeur que devait tenir la CFTC dans la régulation de ce secteur.

La position de D. Stump contraste avec celle de plusieurs responsables de la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers. Le 18 janvier, Allison Lee, commissaire démocrate de la SEC, a affirmé qu’elle était opposée à la mise en place de règles spécifiques au marché des crypto-actifs et qu’elle souhaitait amener les acteurs de ce marché à respecter la régulation existante sur les titres financiers. Le 19 janvier, le président de la SEC, G. Gensler, a également souligné sa priorité d’amener les plateformes crypto à intégrer « l’espace régulé ».

Le 18 janvier, le Président de l’American Bankers Association, syndicat majeur du secteur bancaire, a par ailleurs rappelé que ce secteur n’est pas opposé au développement des crypto‑actifs et que certaines banques développent des services dans ce domaine, mais a réaffirmé son souhait d’une clarification de la régulation applicable aux services assis sur les crypto-actifs.

 


 

Brèves

  • La fintech californienne SoFi, spécialisée dans les financements aux particuliers, a obtenu le 18 avril un agrément bancaire délivré par l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC). Initialement spécialisée dans les prêts étudiants, SoFi a développé un large ensemble de services financiers aux consommateurs (prêts à la consommation, crédits immobiliers, cartes bancaires, placements). L’OCC a assorti sa décision de plusieurs conditions, dont l’interdiction d’exercer des activités en crypto-actifs.

 

  • La Merchants Payments Coalition (MPC), représentant les intérêts des commerçants au détail, a écrit le 19 février aux commissions chargées des affaires financières au Congrès pour dénoncer le manque de concurrence dans les systèmes de paiement et les frais prélevés par Visa et Mastercard.

 

  • Le 20 janvier, la commission sur l’énergie et le commerce de la Chambre des représentants a organisé une audition portant sur l’impact énergétique des crypto-actifs. Les élus ont largement dénoncé l’empreinte énergétique du Bitcoin, en particulier de son processus de validation des transactions, qui requiert des puissances de calcul élevées.

 

  • Block (ex-Square) a annoncé le 13 janvier son projet d’investir dans le minage de Bitcoins, avec l’objectif de réduire la consommation énergétique du minage et de diminuer la concentration de ce marché. Fondé en 2009, Block est devenu un acteur majeur du marché des paiements en proposant aux commerçants de nombreux produits et services (terminaux, cartes bancaires, services de vente à distance, etc.).

 

  • Le 12 janvier, les sénateurs démocrates Mark Kelly et Jon Ossoff ont introduit une proposition de loi visant à interdire aux membres du Congrès et à leur famille de réaliser des opérations sur les marchés cotés lors de leur mandat. Le sénateur républicain Josh Hawley a introduit une proposition de loi similaire.

 

  • Le Bank Policy Institute (BPI), représentant les intérêts des banques américaines, a publié le 10 janvier une tribune dénonçant les risques d’enchérissement du crédit pouvant résulter de la transposition aux États-Unis des normes de Bâle III finalisées. BPI appelle les régulateurs bancaires américains à adopter des règles de transposition souples, en particulier sur la pondération des risques de crédit aux entreprises non cotées, quitte à s’écarter des normes internationales.

 

  • Le 18 janvier, BPI a également publié une note de recherche visant à réfuter l’idée selon laquelle les fusions bancaires favoriseraient les fermetures d’agences et l’exclusion des populations et territoires vulnérables du système bancaire, alors que plusieurs régulateurs ont annoncé leur intention d’encadrer davantage les concentrations.

 

  • La Federal Trade Commission (FTC) et le ministère de la Justice ont lancé une enquête conjointe visant à renforcer la lutte contre les fusions « illégales », celles qui accroîtraient le pouvoir de monopole. Il s’agit d’une première étape à la révision des directives sur les fusions dans le cadre du décret présidentiel du 9 juillet dernier visant à promouvoir la concurrence.
About Admin

Galina Natchev is the Information Research Officer at the Department of Macroeconomics and Finance at the French Embassy in the US since November 2005. In charge of following the news and the daily news brief for the department, Galina is also involved in research projects and in preparing the weekly publication, the Washington Wall Street Watch. She is responsible to gather information and support literature for the writing of reports at the department.
Galina holds a Master’s degree in French Studies from NYU and a Master’s degree in International Business from UNWE, Sofia, Bulgaria.
She is based in New York.

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