Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

  • Le PIB ralentit fortement au 3ème trimestre
  • La hausse des prix des dépenses de consommation continue de s’accélérer
  • La hausse des prix de l’immobilier ralentit sur deux mois consécutifs
  • Les tensions sur le marché du travail et les chaînes d’approvisionnements continuent de peser sur la reprise

Politiques macroéconomiques

  • La Chambre des représentants prolonge le budget provisoire jusqu’au 18 février
  • La Maison-Blanche reconduit le mandat du président et nomme une vice-présidente pour la Fed
  • Les dirigeants de la Fed se montrent favorables à une accélération du tapering

Services financiers

  • Les banques américaines enregistrent de nouveau des résultats élevés
  • Le rapport de la Fed sur la supervision souligne la solidité du secteur bancaire
  • L’OCC durcit sa position sur les activités des banques liées aux crypto-actifs
  • La SEC finalise des règles visant à exclure de la cote les sociétés chinoises non coopérantes en matière d’audit

Brèves


 

Conjoncture

 

Le PIB ralentit fortement au 3ème trimestre

Le taux de croissance du PIB s’est établi à 0,5 % au 3ème trimestre selon la 2ème estimation du Bureau of Economic Analysis, correspondant à un taux de croissance annualisé de 2,1 %, soit 0,1 point de plus que l’estimation provisoire. Cette croissance est tirée par les reconstitutions de stocks (+0,5 point) ainsi que la consommation des ménages (+0,3 point) compensée partiellement par le solde commercial (-0,3 point).

L’activité a fortement ralenti en comparaison avec les 1er et 2ème trimestres (respectivement 6,4 % et 6,7 %) du fait notamment de la progression du variant Delta et des tensions sur le marché du travail et sur les chaînes d’approvisionnement tout au long du 3ème trimestre. À l’issue du 3ème trimestre, l’acquis de croissance pour l’année 2021 atteint 5,2 % (après -3,4 % en 2020).

 

La hausse des prix des dépenses de consommation continue de s’accélérer

Selon le BEA, l’inflation des dépenses de consommation (Personal Consumption Expenditure, PCE) a progressé de 0,6 % en octobre et de 5,0 % sur douze mois glissants, soit un rythme annuel au plus haut depuis trois décennies. Sa composante sous-jacente (hors alimentation et énergie) a augmenté de 0,4 % en octobre et de 4,1 % sur douze mois glissants. L’indice PCE évolue de concert avec l’indice des prix à la consommation (IPC), qui a aussi atteint son plus haut niveau depuis 30 ans.

L’accélération des prix est observée à la fois dans les biens (7,5 % en octobre après 6,1 % en septembre) et les services (3,7 % après 3,5 %). Le prix des énergies a progressé de 30,2 % et celui de l’alimentation de 4,8 % en glissement annuel. En raison de l’inflation, le revenu disponible réel recule sur trois mois consécutifs (-0,3 %, -1,6 % et -0,1 % en octobre, septembre et août, respectivement).

 

La hausse des prix de l’immobilier ralentit sur deux mois consécutifs

Selon l’agence fédérale de financement du logement (Federal Housing Finance Agency) l’indice des prix de l’immobilier a augmenté de 0,9 % au mois de septembre (contre 1,0 % en août et 1,4 % en juillet) et de 17,7 % sur douze mois glissants  (contre 18,5 % et 19,2 % précédemment). Au 3ème trimestre, l’indice a progressé de 4,2 %, soit de 18,5 % en glissement annuel. Pour l’ensemble des 50 États ainsi que le District of Columbia, l’indice a progressé entre 2020 et 2021.

L’indice Case-Shiller publié par Standard & Poor’s, qui porte sur les prix immobiliers des 20 plus grandes villes américaines, est en hausse de 19,1 % en septembre 2021 en glissement annuel, soit moins que les deux mois précédents (19,6 % en août et 20,0 % en juillet). Cette décélération est observée à la fois au niveau national, 19,5 % en septembre contre 19,8 % en août, et au niveau des 10 plus grandes villes américaines, 17,8 % en septembre contre 18,6 % en août. Bien que la dynamique ralentisse, les indices sont toujours au plus haut historique.

 

Les tensions sur le marché du travail et les chaînes d’approvisionnements continuent de peser sur la reprise

Le Beige Book, publié le 1er décembre et qui décrit l’évolution de l’activité économique dans les 12 districts des Fed régionales, indique que la reprise de l’activité est inhibée par la pénurie de main d’œuvre ainsi que celle d’intrants et de matières premières liée aux perturbations dans les chaînes d’approvisionnement. Les difficultés de recrutement persistent dans les entreprises en raison notamment de difficultés liées à la garde d’enfant, du départ à la retraite de nombreux travailleurs et des craintes sanitaires. S’y ajouterait également un taux de roulement du personnel important. Ces tensions sur le marché du travail se traduisent ainsi par une hausse de salaires et un cadre de travail plus flexible. L’inflation resterait élevée du fait notamment de la hausse des coûts des intrants, généralisée à l’ensemble des secteurs et que les entreprises indiquent répercuter sur leurs prix de vente dans un contexte de demande soutenue.

 


 

Politiques macroéconomiques

 

La Chambre des représentants prolonge le budget provisoire jusqu’au 18 février

Le 2 décembre, la Chambre des représentants a voté (221-212) la prolongation du budget provisoire (continuing resolution), qui devait prendre fin le 3 décembre, jusqu’au 18 février prochain. En l’absence de budget annuel voté, il permet de maintenir le fonctionnement des administrations fédérales en reconduisant les dépenses pour une période intérimaire, sans pouvoir en engager de nouvelles. Toutefois,  des mesures  exceptionnelles (anomalies) peuvent être incluses dans un budget provisoire et ont ainsi été prévues des dépenses liées au retrait d’Afghanistan (7 Md USD) et un supplément de dépense pour les mineurs non-accompagnés traversant la frontière avec le Mexique (1,6 Md USD).

Le 18 octobre, la commission des appropriations du Sénat avait publié une proposition de budget annuel mais celle-ci est toujours en discussion face à la demande des Républicains de réviser à la hausse les dépenses militaires (+5 % par rapport à l’exercice précédent) à l’instar de la dépense non-militaire (+13 %).

 

La Maison-Blanche reconduit le mandat du président et nomme une vice-présidente pour la Fed

Le 22 novembre, la Maison-Blanche a annoncé la reconduction du mandat de présidence de la Fed de Jerome Powell ainsi que la nomination de Lael Brainard, actuellement gouverneure de la Fed, au poste de vice-présidente de la Fed, pour succéder à Richard Clarida. Ces nominations devront être approuvées par le Sénat.

Le président Biden devra par ailleurs procéder à la nomination de trois autres postes de la Fed : deux gouverneurs ainsi que le vice-président chargé de la supervision bancaire.

 

Les dirigeants de la Fed se montrent favorables à une accélération du tapering

Selon le procès-verbal (minutes) de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) de novembre, certains responsables de la Fed souhaiteraient accroître le rythme de la réduction des achats d’actifs (tapering) en 2022. J. Powell a par ailleurs indiqué, lors de son audition à la commission des affaires bancaires du Sénat le 30 novembre, que la fin du tapering pourrait être avancée de « quelques mois » tout en ajoutant que la Fed ne prévoyait pas à ce stade d’ajuster sa politique monétaire en lien avec le variant Omicron. Le FOMC n’envisage pas de hausse de taux en 2022.

Les membres du FOMC considèrent que l’inflation devrait diminuer à compter de 2022 avec l’apaisement des tensions sur les chaînes d’approvisionnement, tout en alertant sur le niveau d’incertitude globalement accru. J. Powell a indiqué lors de son audition au Sénat que la Fed n’utiliserait plus le terme « transitoire » pour caractériser le niveau actuel de l’inflation.

 


 

Services financiers

 

Les banques américaines enregistrent de nouveau des résultats élevés

La Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), chargée notamment de la garantie des dépôts bancaires, a publié le 1er décembre les résultats agrégés des banques au 3ème trimestre 2021.

Les banques enregistrent au T3 2021 un résultat net agrégé de 69,5 Md USD, en progression de +36 % par rapport au T3 2020 et en diminution de -1 % par rapport au T2 2021. La marge nette d’intérêt s’établit à 2,56 % sur le trimestre, en augmentation de 6 pb par rapport au T2 2021 qui constituait un point bas historique.

La FDIC note par ailleurs une amélioration de la qualité des actifs, soulignée par la diminution des prêts en retard de paiement depuis plus de 90 jours (-6 % par rapport au T2 2021).

Le rendement moyen des actifs s’établit à 1,21 % au T3 2021, en hausse de 24 pb par rapport au T3 2020 et en baisse de 3 pb par rapport au T2 2021.

 

 

Le rapport de la Fed sur la supervision souligne la solidité du secteur bancaire

La Fed a publié le 24 novembre son rapport semestriel sur la supervision du marché bancaire pour le premier semestre 2021.

Le rapport fait d’abord état d’une amélioration des conditions financières, du retour de la profitabilité des banques à son niveau pré‑pandémique, ainsi que d’une diminution du taux de non recouvrement des prêts. Toutefois, les taux bas continuent de contraindre la marge d’intérêt et la dynamique des encours de crédit est également faible.

La Fed souligne la solidité des bilans des banques qui relèvent de sa supervision. Le ratio de fonds propres de base (common equity tier 1) agrégé des banques s’établit à 12,8 % au deuxième trimestre 2021, supérieur à son niveau d’avant-crise. Le rapport souligne également l’augmentation de la proportion des actifs liquides dans les bilans des banques.

 

L’OCC durcit sa position sur les activités des banques liées aux crypto-actifs

L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), le régulateur des national banks, a publié le 23 novembre 2021 une lettre visant à clarifier les activités que les banques peuvent opérer en matière de crypto-actifs et les critères qui seront pris en compte pour la délivrance d’agréments.

Cette lettre intervient à la suite de trois lettres émises par l’OCC sous l’administration précédente, qui avaient autorisé les banques à exercer différentes activités liées aux crypto-actifs, notamment (i) la conservation de crypto-actifs, (ii) la gestion des réserves de stablecoins sous la forme de dépôts bancaires et (iii) la validation de transactions sur des blockchains.

La nouvelle lettre de l’OCC demande aux banques souhaitant s’engager dans ces activités de lui notifier cette intention et de ne pas initier d’opération avant d’avoir reçu un courrier de non-objection. Les banques devront notamment démontrer que des dispositifs appropriés face aux risques de liquidité, opérationnels et de non-conformité sont mis en place.

L’OCC précise aussi qu’il évaluera désormais les demandes d’établissements souhaitant obtenir un agrément de national bank limité aux opérations de « trust company »  selon son propre référentiel, sans se limiter aux critères prévus par le droit des États fédérés. Ce statut hybride, qui permet d’effectuer certaines opérations bancaires, a déjà été retenu par les sociétés de crypto-actifs Anchorage et Paxos.

Les trois régulateurs bancaires (Fed, OCC et Federal Deposit Insurance Corporation) ont par ailleurs publié le 23 novembre un communiqué soulignant leur intention de clarifier le cadre juridique dans lequel les banques peuvent exercer des activités liées aux crypto-actifs.

 

La SEC finalise des règles visant à exclure de la cote les sociétés chinoises non‑coopérantes en matière d’audit

Le 2 décembre, la Securities and Exchange Commission, régulateur des marchés boursiers, a adopté des dispositions permettant la pleine application du Holding Foreign Companies Accountable Act. Cette loi, adoptée en décembre 2020, vise à exclure de la cotation sur les marchés américains des sociétés non-américaines, en particulier chinoises, qui refuseraient de donner accès à leurs audits comptables au Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB), superviseur des auditeurs américains.

Les règles finales adoptées formalisent la procédure d’exclusion. Elles introduisent également, dans les formulaires annuels des sociétés cotées étrangères, des exigences de communication portant sur les auditeurs auxquels elles ont recours pour la période, ainsi que leurs éventuels liens avec des entités gouvernementales et le parti communiste chinois.

 


 

Brèves

 

-Le Bureau de protection des consommateurs de services financiers (CFPB) a publié le 1er décembre des travaux de recherche sur les frais de découvert prélevés par les banques. Le CFPB  souligne la dépendance des banques à l’égard de ces frais et pointe en particulier les frais prélevés par JP Morgan, Bank of America et Wells Fargo. L’agence s’engage à agir contre les pratiques tarifaires abusives et à renforcer la concurrence sur le marché de la banque de détail. La banque Capital One a annoncé le même jour le déploiement d’un dispositif visant à supprimer les frais de découvert.

-Plusieurs groupes représentant les intérêts des intervenants de marché et post-marché ont publié le 1er décembre un rapport plaidant pour raccourcir le délai de règlement-livraison des titres financiers à J+1 au lieu de J+2. Les auteurs estiment que les acteurs de marché pourraient être prêts pour cette transition dès le 1er semestre 2024, à condition que des modifications réglementaires soient prises. La SEC a indiqué en octobre que des travaux préliminaires avaient été engagés sur le sujet.

-Selon l’estimation du CBO, la trésorerie fédérale pourrait s’épuiser avant la fin du mois de décembre conduisant ainsi à un défaut de paiement. Dans un courrier daté du 16 novembre, Janet Yellen, secrétaire au Trésor, avait indiqué qu’au-delà du 15 décembre la capacité du Trésor à honorer ses obligations pourrait être compromise.

-Lors de son audition à la commission des affaires bancaires du Sénat, J. Yellen a réaffirmé qu’elle soutenait le renforcement des contrôles fiscaux par le partage d’informations supplémentaires entre les banques et l’administration fiscale sur les montants agrégés des flux de trésorerie des comptes courants des contribuables. Initialement proposée par le Président, cette mesure a été retirée du texte du Build Back Better Act voté à la Chambre des représentants le 19 novembre.

-Dans une lettre adressée le 24 novembre aux responsables de 8 plateformes d’échanges de crypto‑actifs et émetteurs de stablecoins, Sherod Brown, président de la commission aux affaires bancaires du Sénat, fait part de ses préoccupations quant aux risques que posent les stablecoins pour les consommateurs et requiert des destinataires des informations concernant leurs opérations, l’émission et l’échange de ce type de crypto-actifs.

-Le 29 novembre, la SEC a publié une directive concernant le traitement comptable des compensations en options d’achat d’actions (stock-options) accordées aux dirigeants de sociétés cotées. La directive vise la pratique de « spring loading », qui désigne l’octroi d’options d’achat d’actions avant l’annonce d’un événement susceptible d’affecter le cours à la hausse. La SEC préconise d’estimer la valeur des options accordées en tenant compte de la probable future valorisation du cours, plutôt que de s’en tenir à la valeur sur le marché au moment de l’octroi.

-La Maison-Blanche a annoncé la nomination de Shalanda Young au poste de directrice de l’Office of Management and Budget (OMB) lequel est chargé d’assister le Président dans la préparation du budget. Sa nomination en tant que directrice adjointe de l’OMB avait été confirmée par le Sénat de façon  bipartisane (63-37) le 23 mars et elle occupait depuis le poste de directrice par intérim.

-Le Nasdaq a annoncé le 30 novembre son projet de migrer les données de ses marchés nord-américains sur des services de cloud, dans le cadre d’un partenariat avec Amazon Web Services (AWS). La bourse d’options MRX sera la première à effectuer cette migration dès 2022. Le partenariat entre Nasdaq et AWS vise aussi à développer des instruments d’analyse des données qui seront proposés à d’autres institutions financières.  Goldman Sachs a également annoncé le lancement d’une offre d’analyse de données financières à destination des investisseurs en partenariat avec AWS.

About Admin

Galina Natchev is the Information Research Officer at the Department of Macroeconomics and Finance at the French Embassy in the US since November 2005. In charge of following the news and the daily news brief for the department, Galina is also involved in research projects and in preparing the weekly publication, the Washington Wall Street Watch. She is responsible to gather information and support literature for the writing of reports at the department.
Galina holds a Master’s degree in French Studies from NYU and a Master’s degree in International Business from UNWE, Sofia, Bulgaria.
She is based in New York.

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