Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

  • Les créations d’emplois rebondissent et le taux de chômage poursuit son repli
  • L’inflation continue sa progression sur l’ensemble des postes

Politiques macroéconomiques

  • Le plan d’investissement dans les infrastructures est voté à la Chambre
  • Les dirigeants de la Fed sont partagés sur la conduite future de la politique monétaire

Services financiers

  • La Fed a publié son rapport semestriel sur la stabilité financière des États-Unis
  • Les régulateurs évoquent les pistes de réforme du marché des Treasuries
  • Gary Gensler souhaite renforcer la transparence des hedge funds et des fonds de private equity

Brèves

 


 

Conjoncture

 

Les créations d’emploi rebondissent et le taux de chômage poursuit son repli

Le rapport mensuel du Bureau of Labor Statistics (BLS) sur la situation de l’emploi fait état de  531 000 créations nettes d’emplois au mois d’octobre, un niveau supérieur aux attentes du marché (450 000). Depuis le début d’année, la moyenne des créations d’emplois est de 582 000 par mois. Par ailleurs, celles des mois d‘août et de septembre ont été révisées à la hausse de 117 000 et de 118 000 respectivement, soit 483 000 et 312 000 créations nettes.

Les emplois créés sont concentrés dans les services, notamment les loisirs et le tourisme, les services aux entreprises (professional and business services), l’industrie, le transport et l’entreposage. Le secteur de l’éducation publique continue de faire face à des difficultés de recrutement du personnel de service (personnel d’entretien, chauffeurs de bus, gardiens…).

Le taux de chômage a continué son recul (de 0,2 point) et s’est établi à 4,6 %. Le taux d’activité et le taux d’emploi restent presque stables, à respectivement 61,6 % (1,7 point en-deçà du niveau de février 2020) et 58,8 % (contre 51,3 % en avril 2020 et 61,1 % en février 2020).

 

L’inflation continue sa progression sur l’ensemble des postes

L’indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 0,9 %o au mois d’octobre selon le BLS, contre 0,4 % en septembre. La composante sous-jacente (hors alimentation et énergie) s’est établie à 0,6 % en évolution mensuelle.

Le prix de l’alimentation évolue à un rythme élevé (+0,9 % en octobre) et celui de l’énergie accélère fortement avec +4,8 % en octobre (+1,3 % en septembre). Le prix des véhicules d’occasion rebondit avec 2,5 % après deux mois consécutifs de baisse (-0,7 % en septembre et – 1,5 % en août). Plus globalement, la hausse des prix est généralisée à l’ensemble des postes en octobre.

Sur douze mois glissants, l’inflation atteint 6,2 % (+0,8 point par rapport au mois de septembre), dont 4,6 % (+0,6 point) d’inflation sous-jacente. Sur cette période, le prix de l’énergie a augmenté de 30 % et celui de l’alimentation de 5,3 %.

 


 

Politiques macroéconomiques

 

Le plan d’investissement dans les infrastructures est voté à la Chambre

Le plan d’investissement dans les infrastructures (Infrastructure Investment and Jobs Act) a été adopté (228-206) par la Chambre des représentants le 5 novembre, avec l’appui de 13 représentants républicains mais l’opposition de 6 démocrates progressistes qui avaient conditionné le vote de ce plan à celui du paquet social, fiscal et environnemental (Build Back Better Act). Le texte portant sur les investissements dans les infrastructures avait déjà été adopté de façon bipartisane (69-30) par le Sénat le 10 août. Il doit désormais être promulgué par le Président.

Ce plan prévoit de nouveaux investissements à hauteur de 550 Md USD, dont 274 Md USD dans les infrastructures de transport, 239 Md USD dans les équipements collectifs de première nécessité et 21 Md USD dans les efforts de dépollution de sites miniers.

Le président Biden a immédiatement salué le vote du plan infrastructures, tout en insistant sur le souhait du vote du Build Back Better Act dans la semaine du 15 novembre. Ce dernier, d’un montant de 1 750 Md USD, devrait être examiné par le Congrès une fois son coût budgétaire évalué par le Congressional Budget Office (CBO). Phill Swagel, directeur du CBO, a indiqué que le chiffrage pourrait prendre plus d’une semaine du fait de la complexité liée aux interdépendances des mesures.

 

Les dirigeants de la Fed sont partagés sur la conduite future de la politique monétaire

Le 9 novembre, le président de la Fed, Jerome Powell, a réaffirmé que la Fed considérait un ensemble d’indicateurs économiques plutôt que quelques chiffres-clés, notamment en ce qui concerne le marché du travail, pour la conduite de sa politique monétaire. Il a ajouté que la hausse de ses taux directeurs n’était pas encore envisagée par l’institution au vu de la situation économique.

Néanmoins, face à la persistance de l’inflation, les dirigeants de la Fed se montrent partagés. Si J. Powell, Lael Brainard (gouverneure), et Charles Evans (président de la Fed de Chicago) considèrent que cette hausse est tirée par les facteurs « transitoires » ayant vocation à disparaître, d’autres comme Richard Clarida (vice-président de la Fed) et James Bullard (président de la Fed de Saint Louis) s’attendent à une ou deux hausses de taux dans le courant de l’année 2022 si l’amélioration de l’activité se poursuit à ce rythme.

 


 

Services financiers

 

La Fed a publié son rapport semestriel sur la stabilité financière

La Fed a publié le 8 novembre son rapport semestriel sur la stabilité financière des États‑Unis. Comme lors de l’édition précédente, elle y examine quatre principales sources de vulnérabilité : (i) la hausse de la valorisation des actifs, qui s’est poursuivie, en particulier pour l’immobilier et sur les marchés actions ; (ii) l’endettement des ménages et des entreprises, dont le poids relatif au produit intérieur brut (PIB) a diminué et se rapproche des niveaux d’avant la pandémie ; (iii) le niveau de levier du secteur financier, en particulier celui des assureurs-vie et des hedge funds, qui reste particulièrement élevé et (iv) les risques liés au financement des institutions financières, qui restent contenus pour les établissements bancaires mais structurellement significatifs pour les fonds monétaires, les fonds communs de placement et les stablecoins.

Le rapport met également en exergue les risques liés à une éventuelle dégradation de la situation sanitaire ou une brusque remontée des taux d’intérêt. Il souligne en outre le risque d’une propagation des tensions liées aux difficultés de la société Evergrande et plus généralement du marché immobilier chinois à l’économie mondiale.

Enfin, le rapport revient sur la participation croissante des investisseurs particuliers (retail investors) sur les marchés financiers, permise par la généralisation des plateformes de trading à faible commission. Si cette dynamique présente des risques limités pour la stabilité financière, le rapport souligne toutefois des vulnérabilités liées au niveau de levier pour les jeunes investisseurs, à l’influence des réseaux sociaux, ainsi qu’à la capacité des institutions financières impliquées à faire face à des épisodes de forte volatilité.

 

Les régulateurs évoquent les pistes de réforme du marché des Treasuries

L’Inter-Agency Working Group for Treasury Market Surveillance (IAWG), le groupe de travail des régulateurs sur le marché des obligations souveraines (Treasuries), a publié le 8 novembre un rapport visant à établir un premier diagnostic des perturbations survenues sur ce marché au cours des deux dernières années.

Le rapport constate d’abord la montée en puissance des Principal Trading Firms (PTF), investisseurs pour compte propre opérant à haute fréquence, qui représentent désormais plus de la moitié des volumes échangés sur le marché des Treasuries.

Il analyse ensuite les perturbations survenues à l’automne 2019 et en mars 2020. L’IAWG estime que ces épisodes se caractérisent par une faible élasticité de la demande en période de tension et une visibilité limitée des acteurs et des régulateurs sur la situation du marché en temps réel. Il souligne également le rôle prépondérant des porteurs non-résidents, des hedge funds et des fonds ouverts dans les ventes massives de Treasuries en mars 2020.

Le rapport évoque enfin quelques pistes de réforme. Parmi ses axes de travail, l’IAWG mentionne : (i) des mesures qui permettraient d’accroître la résilience du marché en période de tension, notamment un assouplissement du ratio de levier supplémentaire (SLR) des plus grandes banques ; (ii) une amélioration des données de marché collectées ; (iii) l’extension du champ de la compensation centrale des transactions ; (iv) le renforcement de la transparence des places de marché et (v) des travaux engagés sur les risques de liquidité des fonds ouverts et sur le niveau de levier des hedge funds.

 

Gary Gensler souhaite renforcer la transparence des hedge funds et des fonds de private equity

Dans un discours prononcé le 10 novembre, Gary Gensler, président de la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers, a souligné la nécessité de renforcer la transparence des fonds de private equity et des hedge funds.

Après avoir rappelé l’importance de ces fonds pour le financement de l’économie américaine (environ 8 800 Md USD d’actifs bruts pour les hedge funds et 4 700 Md USD pour les fonds de private equity), il a évoqué le niveau élevé de leurs frais et indiqué avoir demandé à ses services des propositions afin de renforcer la transparence de leurs frais et de leurs performances.

Il a également appelé à renforcer la lutte contre les conflits d’intérêts entre les gérants (general partners) et les investisseurs (limited partners) de ces fonds et à encadrer les pratiques conduisant à un traitement différencié de certains investisseurs (side letters).

 


 

Brèves

 

-Le département du Trésor a annoncé le 8 novembre une série de mesures visant à lutter contre la cybercriminalité. La plateforme d’échange de crypto-monnaies Chatex a notamment été sanctionnée pour avoir facilité le paiement de demandes de rançon en ligne (ransomwares). L’organisme de lutte contre la criminalité financière du Trésor (Financial Crimes Enforcement Network, FinCEN) a également publié une mise à jour de son guide sur la lutte contre les ransomwares, qui rappelle les obligations de vigilance des intermédiaires financiers.

-Le 5 novembre, la SEC a validé l’entrée en vigueur du cadre d’application des dispositions du Holding Foreign Companies Accountable Act. Cette loi, adoptée en décembre 2020, vise à exclure de la cotation sur les marchés américains des sociétés non-américaines, en particulier chinoises, qui refuseraient de donner accès à leurs audits comptables au Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB), superviseur des auditeurs américains.

-Le 8 novembre, la SEC a annoncé la nomination d’Erica Williams à la tête du PCAOB. Trois nouveaux membres du bureau du PCAOB ont également été nommés.

-Le 8 novembre, Michael Hsu, directeur par intérim de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), le régulateur des banques à agrément fédéral, a exposé plusieurs axes majeurs pour une future réglementation du risque climatique dans le secteur bancaire. En particulier, les banques pourraient être amenées à détailler leur exposition au changement climatique, aux risques de transition, ou le niveau de vulnérabilité de leurs infrastructures les plus sensibles.

-La plateforme de négociation en ligne Robinhood a annoncé le 8 novembre avoir été victime d’une cyber-attaque ayant conduit à la captation de données personnelles d’environ 7 millions de clients (leurs noms et/ou adresses e-mail ainsi que, pour quelques centaines de clients, des informations personnelles plus sensibles).

-Randal Quarles, gouverneur de la Fed et ancien vice-président chargé de la supervision (mandat ayant pris fin le 13 octobre dernier), a annoncé le 8 novembre son intention de démissionner à compter de fin décembre. Son mandat de gouverneur devait expirer le 31 janvier 2032. Celui de R. Clarida expirant le 31 janvier 2022, trois postes de gouverneurs sur un total de sept sont ainsi à pourvoir. En outre, le mandat de président de J. Powell expire en février 2022. Les nominations proposées à ces différents postes par J. Biden devront être approuvées par le Sénat à la majorité simple.

About Admin

Galina Natchev is the Information Research Officer at the Department of Macroeconomics and Finance at the French Embassy in the US since November 2005. In charge of following the news and the daily news brief for the department, Galina is also involved in research projects and in preparing the weekly publication, the Washington Wall Street Watch. She is responsible to gather information and support literature for the writing of reports at the department.
Galina holds a Master’s degree in French Studies from NYU and a Master’s degree in International Business from UNWE, Sofia, Bulgaria.
She is based in New York.

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