Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

  • Le PIB progresse de 1,6 % au 2ème trimestre, légèrement révisé à la hausse par rapport à l’estimation précédente
  • Les prix de l’immobilier continuent leur ascension

Politiques macroéconomiques

  • Un budget provisoire sans suspension du plafond de dette est voté au Congrès et permet d’éviter un shutdown
  • Auditionnés au Congrès, Janet Yellen et Jerome Powell évoquent les risques pesant sur la reprise économique et la stabilité financière

Services financiers

  • La SEC propose de renforcer les exigences de transparence sur les votes des investisseurs institutionnels dans les assemblées d’actionnaires
  • La SEC reporte ses règles de transparence pour les cotations de gré-à-gré sur le marché obligataire
  • Des parlementaires démocrates souhaitent freiner la concentration du secteur bancaire

Brèves

 


 

Conjoncture    

 

Le PIB progresse de 1,6 % au 2ème trimestre, légèrement révisé à la hausse par rapport à l’estimation précédente

Le taux de croissance du PIB s’est élevé à 1,6 % au 2ème trimestre selon l’estimation définitive du Bureau of Economic Analysis (ce qui correspond à un taux de croissance annualisé de 6,7 %, contre 6,6 % dans l’estimation précédente, publiée en août). La croissance a été portée par la consommation des ménages (contribution de 2,0 points à la croissance), en particulier dans les services, dont principalement ceux de soins de santé et de transports.

Pour le reste, la croissance est aussi tirée par l’investissement privé (+0,1 point) mais est lestée par l’évolution du solde commercial et des stocks (contributions respectives de -0,1 et -0,3 point). À l’issue du 2ème trimestre, l’acquis de croissance pour l’année 2021 atteint 4,9 %, contre -3,4 % en 2020.

Selon l’estimation du BEA, les secteurs qui ont contribué le plus à la croissance du PIB sont les services de restauration et d’hébergement (1,7 point en annualisé), le secteur de l’information (1,3 point) et les services liés aux activités technologiques, scientifiques et professionnelles (1,1 point).

 

Les prix de l’immobilier continuent leur ascension

L’agence fédérale de financement du logement (Federal Housing Finance Agency) indique que l’indice des prix de l’immobilier est en hausse de 1,4 % au mois de juillet (contre 1,7 % en juin) et de 19,2 % en glissement annuel. Lynn Fisher, directeur adjoint du département de recherche et de statistiques de la FHFA, a indiqué que la hausse s’est ralentie dans la majorité des divisions de recensement en juillet mais que l’indice restait à un niveau historiquement élevé.

L’indice Case-Shiller, qui porte sur les prix immobiliers de 20 plus grandes villes américaines et est publié par Standard & Poor’s, est en hausse de 19,9 % en juillet 2021 en glissement annuel. La hausse des prix atteint ainsi un rythme supérieur à celui enregistré au pic de la bulle immobilière des années 2000. 17 des 20 villes suivies par l’indice ont connu une croissance en glissement annuel plus dynamique en juillet que celle du mois précédent.

 


 

Politiques macroéconomiques     

 

Un budget provisoire sans suspension du plafond de dette est voté au Congrès et permet d’éviter un shutdown

Un budget provisoire (continuing resolution) sans disposition relative au plafond de la dette fédérale a été voté au Congrès le 30 septembre. Il permet d’éviter l’arrêt des activités gouvernementales non essentielles (shutdown) en les maintenant jusqu’au 3 décembre 2021. Par ailleurs, il comprend les mesures d’aide exceptionnelles d’aide à la réparation des dégâts causés par les ouragans (28,6 Md USD) et de dépenses liées au retrait d’Afghanistan (6,3 Md USD). Le 27 septembre, le même budget provisoire, incluant la suspension du plafond de dette (adopté à la Chambre des représentants le 23 septembre 2021), avait été rejeté au Sénat face à l’opposition des sénateurs républicains.

Dans une lettre datée du 28 septembre, Janet Yellen, secrétaire au Trésor, a alerté le Congrès sur le fait qu’en l’absence de relèvement du plafond de la dette, le Treasury ne pourrait assurer ses obligations de paiement à partir du 18 octobre car la trésorerie serait épuisée. Le Congressional Budget Office (organe non‑partisan d’évaluation économique et budgétaire du Congrès), estime quant à lui que la trésorerie fédérale s’épuiserait entre la fin du mois d’octobre et le début du mois de novembre en l’absence de modification du plafond de la dette. Auditionnée par le Congrès (cf. infra), J. Yellen a insisté sur la nécessité pour le Congrès de trouver un accord pour relever ce plafond afin d’éviter une « catastrophe » pour l’économie américaine. Jerome Powell, le président de la Fed, également auditionné, a soutenu ce point, rappelant que la Fed ne pourrait intervenir pour éviter un défaut de paiement du Trésor américain.

 

Auditionnés au Congrès, Janet Yellen et Jerome Powell évoquent les risques pesant sur la reprise économique et la stabilité financière

Janet Yellen et Jerome Powell étaient auditionnés par la commission bancaire du Sénat le 28 septembre, et par la commission des services financiers de la Chambre des représentants le 30 septembre, concernant la mise en œuvre des programmes votés en réponse à la crise liée au Covid-19.

Les deux responsables se sont félicité du rebond de l’économie américaine, plus rapide que dans les autres économies avancées, mais ont souligné les défis posés par l’irruption du variant Delta. Interrogé sur le sujet, J. Powell a évoqué la situation de l’emploi et en particulier le niveau de participation au marché du travail (proportion d’adultes exerçant une activité ou en recherche d’emploi), qui reste en deçà de son niveau pré‑pandémique et l’un des plus faibles des pays développés.

Interrogés sur les risques concernant la stabilité financière, J. Powell a souligné l’enjeu de la cybersécurité et J. Yellen a mis en exergue les défis posés par le développement du shadow banking (financement non bancaire de l’économie). Concernant la résilience du secteur financier aux effets du changement climatique, J. Powell a rappelé être favorable à des analyses de vulnérabilité fondées sur des scénarios de trajectoires climatiques, sans toutefois estimer nécessaire qu’elles entraînent des restrictions de distribution de capital. Il considère par ailleurs que les stablecoins (crypto-actifs adossés à une monnaie) sont relativement comparables à des dépôts bancaires ou des fonds monétaires, et que cela justifierait qu’ils soient soumis à une réglementation similaire.

 


 

Services financiers

 

La SEC propose de renforcer les exigences de transparence sur les votes des investisseurs institutionnels dans les assemblées d’actionnaires

Le 29 septembre, la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers, a publié une proposition de règle renforçant les exigences de communication applicables aux proxy votes (exercice des droits de votes rattachés aux titres de leur portefeuille) des investisseurs institutionnels au sein des assemblées d’actionnaires.

En premier lieu, la proposition vise à standardiser les informations publiées par les fonds d’investissement. Le formulaire annuel de déclaration des proxy votes devra désormais contenir des informations détaillées sur chaque vote, présentées sous forme de données standardisés afin de faciliter la compréhension des investisseurs et l’accessibilité à des informations dont le format était jugé trop hétérogène. Les fonds d’investissement devront également expliciter l’influence de leur activité de prêt et emprunt de titres sur les votes exprimés.

En second lieu, la proposition exigerait des gérants institutionnels qu’ils rendent publics les votes exprimés s’agissant de décisions relatives à la rémunération des dirigeants des sociétés de leurs portefeuilles (say‑on-pay). Cette disposition avait été prévue par le Dodd‑Frank Act de 2010, mais n’avait pas été intégrée par la SEC à son cadre normatif. La SEC avait publié une proposition de règle sur le sujet en 2010 mais ne l’avait jamais finalisée.

Cette proposition de règle a été adoptée par la commission avec une majorité de 4 commissaires contre 1.

 

La SEC reporte ses règles de transparence pour les cotations de gré‑à‑gré sur le marché obligataire

La SEC a annoncé le 24 septembre qu’elle accordait aux brokers-dealers un délai supplémentaire pour se mettre en conformité avec ses exigences de publication d’informations sur les émetteurs obligataires.

Le 16 septembre 2020, afin d’améliorer la transparence des marchés de gré-à-gré, la SEC avait publié une règle imposant aux brokers-dealers de s’assurer de la mise à disposition d’informations (prospectus d’émission, etc.) sur les émetteurs pour lesquels ils fournissent des cotations de gré-à-gré. Cette règle, qui concerne tant les actions que les obligations, devait entrer en vigueur le 28 septembre 2021.

Au cours des derniers mois, le Bond Dealers of America (BDA) et plusieurs représentants du secteur financier ont demandé à la SEC de ne pas appliquer cette règle au marché obligataire. Ils évoquaient notamment la difficulté de vérifier la disponibilité des informations et le risque d’une chute de la liquidité de marché en cas de rupture de la publication des cotations de gré-à-gré. Le marché obligataire américain représente un volume de 1 040 Md USD d’échanges quotidiens.

La SEC n’a pas renoncé à l’application de la règle, mais a indiqué qu’elle accordait aux brokers-dealers un délai de mise en conformité courant jusqu’au 3 janvier 2022, au cours duquel elle n’engagerait pas de sanction ni de poursuite sur ce sujet. La Securities Industry and Financial Markets Association (SIFMA) a salué ce report en soulignant toutefois qu’elle considérait la règle inadaptée au marché obligataire.

 

Des parlementaires démocrates souhaitent freiner la concentration du secteur bancaire

La Sénatrice Elizabeth Warren et le Représentant Chuy Garcia ont déposé le 29 septembre, chacun dans leur assemblée respective, une proposition de loi visant à renforcer le contrôle des concentrations entre banques. Parmi les mesures proposées, les concentrations seraient désormais soumises à l’approbation du Bureau de protection des consommateurs de services financiers (CFPB), en plus de l’examen par les autorités de concurrence et de régulation financière. Les critères de cet examen seraient également rendus plus exigeants.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une dynamique de concentration du secteur bancaire, qui touche en particulier les banques régionales. Le nombre de banques actives aux États-Unis est passé de 8 500 au début des années 2000 à 4 500 à la fin de l’année 2020. Selon des données publiées par le Wall Street Journal, les opérations de rapprochement annoncées en 2021 atteignent 54 Md USD à fin septembre, un rythme sans équivalent depuis 2008. Parmi les concentrations récemment annoncées figurent notamment les rachats de Great Western par First Interstate, de MUFG Union Bank par U.S. Bancorp et d’Investors Bancorp par Citizens Financial Group.

En juillet 2021, un décret présidentiel (executive order) du Président Joe Biden avait également encouragé le ministère de la justice et les régulateurs bancaires à renforcer leurs lignes directrices sur le contrôle des concentrations entre banques afin d’enrayer la dynamique de consolidation du secteur.

 


 

Brèves      

 

-Le ministère de la justice a annoncé le 27 septembre que Wells Fargo, 4ème banque américaine par la taille du bilan (1900 Md USD), avait fait l’objet de poursuites pour avoir imputé des frais abusifs sur des services de change entre 2010 et 2017. La banque a accepté de verser 37 M USD d’amende à l’État fédéral et 35 M USD de dommages et intérêts aux clients lésés pour mettre fin aux poursuites.

-La plateforme de crypto-actifs Coinbase a annoncé le 27 septembre le lancement d’un service permettant à ses clients américains de domicilier leurs salaires sur leur compte Coinbase et de convertir automatiquement ces sommes en crypto-actifs.

-La SEC a annoncé le 28 septembre la nomination de Dan Berkovitz comme directeur juridique (General Counsel) de l’ Dan Berkovitz était jusqu’à présent commissaire au sein de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur des marchés de dérivés.

-Robert Kaplan, président de la Fed de Dallas, et Eric Rosenberg, président de la Fed de Boston, ont annoncé leur démission le 27 septembre. Ces démissions interviennent quelques semaines après la révélation de transactions financières réalisées à titre personnel par ces deux présidents de Fed régionales, également membres non-votant du Federal Open Market Committee (FOMC) de la Fed. Jerome Powell, président de la Fed, a indiqué que l’institution travaillait à réviser les règles applicables aux placements personnels de ses membres, cette affaire ayant montré qu’elles étaient insuffisamment exigeantes.

-LOffice of the Comptroller of the Currency (OCC), le régulateur des national banks, a publié le 29 septembre des statistiques témoignant d’une amélioration de la performance des prêts hypothécaires (mortgages) aux États-Unis sur le second trimestre 2021. Ils montrent en particulier une diminution significative des delinquent mortgages (prêts non performants car affichant un retard de paiement supérieur à 60 jours ou dont les bénéficiaires sont en situation de faillite), qui représentent 3,8 % de l’ensemble des prêts, contre 4,6% le trimestre précédent, et 6,8 % à la mi-2020.

-La Federal Housing Finance Agency (FHFA), autorité de régulation des agences de titrisation hypothécaire, a annoncé le 24 septembre une quatrième extension du programme de suspension des mensualités pour les prêts hypothécaires des propriétés collectives (multifamily) garantis par Freddie Mac et Fannie Mae, qui se prolongera donc au-delà du 30 septembre 2021. En contrepartie, les propriétaires des résidences qui choisissent de bénéficier de cette exemption s’engagent à ne pas demander l’expulsion de leurs locataires en cas d’impayé de loyer et à ne pas appliquer de frais supplémentaires de retard.

-Le 30 septembre, le Sénat a approuvé la nomination de Rohit Chopra en tant que directeur du Bureau fédéral de protection des consommateurs de services financiers (CFPB). Lors de son audition en mars dernier, Rohit Chopra avait souligné sa volonté de renforcer la capacité de sanction du CFPB, amoindrie sous l’administration Trump, notamment pour une plus grande protection des emprunteurs.

About Admin

Galina Natchev is the Information Research Officer at the Department of Macroeconomics and Finance at the French Embassy in the US since November 2005. In charge of following the news and the daily news brief for the department, Galina is also involved in research projects and in preparing the weekly publication, the Washington Wall Street Watch. She is responsible to gather information and support literature for the writing of reports at the department.
Galina holds a Master’s degree in French Studies from NYU and a Master’s degree in International Business from UNWE, Sofia, Bulgaria.
She is based in New York.

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