Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

  • L’indice de confiance des consommateurs tombe au plus bas depuis 6 mois
  • Les prix de l’immobilier résidentiel poursuivent leur tendance haussière

Politiques macroéconomiques

  • La Maison Blanche lance un plan pour améliorer l’accès au logement
  • De nombreux parlementaires républicains s’opposent à l’augmentation du plafond de la dette

Services financiers

  • Le Treasury lance une consultation sur l’assurance des risques climatiques
  • La SEC envisage d’interdire la vente de flux d’ordres
  • Le SEC souhaite renforcer la lutte contre le greenwashing

Brèves

 


 

Conjoncture

 

L’indice de confiance des consommateurs tombe au plus bas depuis 6 mois

Selon le Conference Board, think tank spécialisé dans les enquêtes et sondages, la confiance des consommateurs américains est tombée au plus bas des six derniers mois en passant de 125,1 en juillet à 113,8 en août dans le contexte de la montée des inquiétudes liées au variant delta et des risques inflationnistes, notamment sur les carburants et les produits agroalimentaires.

Si le pic des hospitalisations aux États-Unis a chuté pour la première fois depuis juin du fait notamment de l’amélioration de la situation sanitaire dans les États du sud, les nombres de contaminations et d’hospitalisations liées au Covid-19 sont toujours en hausse dans le reste du pays.

 

Les prix de l’immobilier résidentiel poursuivent leur tendance haussière

Selon l’agence fédérale de financement du logement (Federal Housing Finance Agency), l’indice des prix de l’immobilier résidentiel (House Price Index – HPI) est en hausse de 4,9 % au 2ème trimestre 2021 et de 17,4 % au cours des douze derniers mois. En évolution mensuelle, la hausse des prix est de 1,6 % en juin.

Cet indicateur, publié de manière mensuelle et construit à partir de données provenant de 50 États fédérés et de 400 villes américaines, est le seul à mesurer l’évolution des prix des logements individuels (single-family housing). Les prix de l’immobilier aux États-Unis sont en hausse continue depuis septembre 2011, soit 40 trimestres consécutifs.

 


 

Politiques macroéconomiques  

 

La Maison Blanche lance un plan pour améliorer l’accès au logement

La Maison Blanche a annoncé le 1er septembre un plan visant à améliorer l’offre de logements à prix modérés.

Prenant acte des carences de l’offre de logements  dans de nombreux territoires et de la hausse des prix de l’immobilier résidentiel (cf. supra), ce plan inclut une série de mesures visant à augmenter le nombre de logements proposés à la location et à la vente (soutien à la construction de logements individuels, assouplissement des contraintes administratives et de zonage, etc.). Ces mesures seront mises en œuvre par les agences fédérales concernées en lien avec les autorités locales. Le plan a été salué par le sénateur Sherrod Brown, président de la commission des affaires bancaires et résidentielles du Sénat.

En outre, à la suite de l’expiration du moratoire sur les expulsions locatives confirmée le 26 août par la Cour Suprême, Janet Yellen, secrétaire au Trésor, Marcia Fudge, secrétaire au logement, et Marrick Garland, ministre de la justice, ont adressé aux autorités locales une série de recommandations visant à limiter autant que possible les expulsions.

 

De nombreux parlementaires républicains s’opposent à l’augmentation du plafond de la dette

Le 31 août, 106 parlementaires républicains de la Chambre des représentants ont signé une lettre exprimant leur refus de voter pour un relèvement du plafond de la dette publique fédérale. Le 10 août, 46 sénateurs républicains avaient signé une lettre similaire contre le relèvement du plafond.

Le plafond de la dette correspond au montant maximum que le Congrès autorise l’État fédéral à emprunter. Le Bipartisan Budget Act de juillet 2019 avait suspendu ce plafond jusqu’au 31 juillet 2021. Depuis le 1er août, celui-ci est réactivé à hauteur environ 28 530 Md USD. Fin juillet, le Congressional Budget Office (organe d’évaluation économique et budgétaire du Congrès) avait estimé que le Treasury pourrait assurer la continuité du financement de l’État fédéral jusqu’au mois d’octobre, voire jusqu’au mois de novembre, grâce à la trésorerie constituée et aux recettes fiscales.

La révision du plafond de la dette nécessite une loi du Congrès adoptée par une majorité qualifiée de 60 votes au Sénat, ce qui donne un levier de négociation à l’opposition. Le plafond peut aussi être augmenté, mais pas suspendu, au terme d’une procédure de réconciliation budgétaire qui permet d’agir avec une majorité simple dans les deux chambres.

 


 

Services financiers

 

Le Treasury lance une consultation sur l’assurance des risques climatiques

Le Federal Insurance Office (FIO), organe du Treasury chargé du secteur de l’assurance, a ouvert le 31 août une consultation publique sur l’assurance des risques climatiques. Le décret présidentiel de mai 2021 enjoignait au FIO de mener une évaluation de ces risques pour le secteur de l’assurance, en collaboration avec les États fédérés dont relève principalement la régulation et la supervision des assureurs.

Reconnaissant que les États-Unis font face à une hausse importante de la fréquence et de la sévérité des dommages liés à des évènements climatiques, le FIO souligne la forte exposition du secteur de l’assurance et indique poursuivre trois priorités : (i) intégrer les risques climatiques dans la régulation de l’assurance, en évaluant notamment l’impact de ces risques pour la stabilité financière des États-Unis ; (ii) évaluer l’étendue de la couverture assurantielle des risques climatiques aux États-Unis, en identifiant les éventuelles défaillances de l’offre pour certains territoires ou pour certaines populations ; (iii) accélérer les efforts du FIO et du secteur de l’assurance dans la lutte contre le changement climatique.

La consultation, qui inclut une série de questions portant sur ces trois priorités, est ouverte jusqu’au 15 novembre 2021.

 

La SEC envisage d’interdire la vente de flux d’ordres

Gary Gensler, président de la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers,  a déclaré le 30 août qu’une interdiction de la vente de flux d’ordres (payment for order flow – PFOF) faisait partie des mesures envisagées dans le cadre d’une revue des pratiques de marché menée par la SEC.

Pour mémoire, la vente de flux d’ordres consiste pour un courtier (broker) à orienter, en contrepartie d’une rémunération, les ordres de ses clients vers un teneur de marché (market maker) internalisant l’exécution des ordres. Cette pratique a été mise en lumière notamment par l’affaire GameStop, où certains observateurs ont dénoncé les potentiels conflits d’intérêt des plateformes de courtage.

Bloomberg a publié le 31 août un article exposant, pour certains teneurs de marché, la répartition de la marge liée à l’internalisation des ordres : en moyenne, 49 % de la marge serait captée par le teneur de marché (spread), 38 % bénéficierait au client sous la forme d’une amélioration des prix d’achat/vente par rapport à une exécution en bourse (price improvement) et 13 % de la marge serait reversée au courtier.

Les cours de bourse de plateformes de courtage tirant une partie substantielle de leurs revenus de la vente de flux d’ordres ont enregistré de fortes baisses à la suite de cette déclaration.

 

Le SEC souhaite renforcer la lutte contre le greenwashing

A l’occasion d’une intervention du 1er septembre devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Gary Gensler, président de la SEC, a souligné la nécessité d’évaluer les pratiques des fonds mettant en avant des critères en­vironnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leur communication.

Dans un bulletin publié le 9 avril, la division des enquêtes de la SEC avait déjà alerté les investisseurs contre le manque de transparence et de standardisation des fonds prétendant prendre en compte des critères ESG.Gensler a également indiqué que les acteurs réalisant des activités de minage de crypto-actifs pourraient être tenus de publier des informations sur leur emprunte carbone.

La SEC devrait publier ses propositions de règles de reporting climat d’ici fin octobre 2021.

 


 

Brèves

 

-Le 2 septembre, le Congressional Budget Office (CBO), organe non partisan rattaché au Congrès, a estimé que l’augmentation du budget de l’Internal Revenue Service  (IRS, administration fiscale américaine) proposée par la Maison Blanche, qui s’élèverait à 80Md USD entre 2022 et 2031, permettrait à l’administration fiscale américaine de collecter 200 Md USD de recettes fiscales supplémentaires sur la période. Cette estimation est inférieure de 36 % à celle publiée par le Treasury en mai 2021.

-Le Bureau de protection des consommateurs de services financiers (CFPB) a publié le 1er septembre une proposition de règle imposant aux institutions financières engagées dans une activité de crédit de publier des informations détaillées sur les prêts accordés aux petites et moyennes entreprises (PME).

-La Commodity Futures Trading Commission  (CFTC), régulateur des marchés de dérivés, a annoncé le 31 août qu’elle accorderait un délai de deux années supplémentaires aux banques exerçant une activité de courtage en dérivés (bank swap dealers) pour se conformer à leurs obligations déclaratives en matière de fonds propres. La date limite de mise en conformité, initialement fixée au 6 octobre 2021, est ainsi repoussée au 6 octobre 2023. Ce report concerne uniquement les banques qui sont déjà soumises à des obligations déclaratives sur leurs fonds propres et sur leurs positions bilancielles par leur superviseur bancaire.

-La bourse Members Exchange (MEMX) a écrit à la SEC le 30 août pour demander l’autorisation d’exécuter des ordres en actions décimalisés jusqu’à un demi cents (0,005USD). MEMX justifie cette demande en soulignant que la décimalisation minimum, actuellement fixée à 0,01 USD, entraine des écarts de prix achat/vente (bid ask spread) trop importants sur les actions à faible prix.

-Le 30 août, la SEC a annoncé avoir sanctionné trois sociétés d’investissement et de courtage pour plusieurs manquements aux règles de gestion du risque cyber, qui ont entraîné le piratage de données personnelles de certains de leurs clients. Les sanctions s’élèvent entre 200000 et 300 000 USD.

About Admin

Galina Natchev is the Information Research Officer at the Department of Macroeconomics and Finance at the French Embassy in the US since November 2005. In charge of following the news and the daily news brief for the department, Galina is also involved in research projects and in preparing the weekly publication, the Washington Wall Street Watch. She is responsible to gather information and support literature for the writing of reports at the department.
Galina holds a Master’s degree in French Studies from NYU and a Master’s degree in International Business from UNWE, Sofia, Bulgaria.
She is based in New York.

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