Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

  • Le marché du travail a de nouveau enregistré de fortes créations d’emplois en juillet
  • L’inflation a affiché des signes de décélération au mois de juillet

Politiques macroéconomiques

  • Le Sénat adopte un plan d’investissement dans les infrastructures de 550 Md USD sur cinq ans
  • Le Congrès adopte la résolution budgétaire qui lance les travaux sur un second paquet social et fiscal
  • L’administration Biden procède à une forte augmentation du montant de l’aide alimentaire
  • La Fed confirme son intention d’engager prochainement l’arrêt de son programme d’achats d’actifs
  • La Cour Suprême lève le moratoire sur les expulsions locatives

Services financiers

  • Le Sénat entend renforcer le contrôle fiscal sur les actifs numériques
  • Le DoJ et la FTC appellent à renforcer la concurrence sur le marché des paiements en ligne
  • La SEC lance une consultation publique sur le courtage en ligne

Brèves

 


 

Conjoncture

 

Le marché du travail a de nouveau enregistré de fortes créations d’emplois en juillet

Le rapport mensuel du Bureau of Labor Statistics sur la situation de l’emploi fait état de 943 000 créations nettes d’emplois au mois de juillet (après +938 000 emplois en juin, résultat révisé à la hausse de 98 000). L’ensemble des secteurs contribue à cette dynamique, même si l’hôtellerie-restauration demeure le principal pourvoyeur de nouveaux emplois.

Ces créations d’emplois contribuent à faire reculer le taux de chômage à 5,4 % (-0,5 point) et à 9,2 % (-0,6 point) dans la définition élargie tenant compte du travail à temps partiel subi. Le taux d’activité progresse légèrement pour atteindre 61,7 % (+0,1 point) tandis que le taux d’emploi rebondit à 58,4 % (+0,4 point).

Les salaires progressent de 0,4 % au mois de juin, ce qui porte à 4 % la progression sur douze mois.

 

L’inflation a affiché des signes de décélération au mois de juillet

L’indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 0,5 % au mois de juillet selon le Bureau of Labor Statistics, tandis que l’indice sous-jacent est en hausse de 0,3 %. Ces variations mensuelles sont sensiblement inférieures à celles enregistrées les mois précédents (+0,9 % et +0,5 % en juin). L’inflation est tirée par la hausse des prix de l’alimentation (+0,7 %), de l’énergie (+1,6 %) et du logement (+0,6 %). Les postes les plus directement affectés par la situation sanitaire, qui tiraient fortement l’inflation au cours des derniers mois (transports, véhicules d’occasion), affichent cette fois des hausses similaires à celle des autres composantes, à l’exception notable du prix des hôtels (+6,8 %).

Sur douze mois glissants l’inflation se maintient à 5,4 % tandis que l’inflation sous-jacente recule à 4,3 % (-0,2 point).

 


 

Politiques macroéconomiques  

 

Le Sénat adopte un plan d’investissement dans les infrastructures de 550 Md USD sur cinq ans

Le 10 août, le Sénat a adopté à une large majorité (69-30) l’Infrastructure Investment and Jobs Act, un plan d’investissement de 566 Md USD sur cinq ans (0,4 % de PIB en moyenne par an) dans les infrastructures de transport et les équipements collectifs de première nécessité.

En matière de transport (284 Md USD), les investissements sont notamment consacrés à (i) la rénovation et la sécurisation des routes et des ponts (122 Md USD), (ii) la rénovation du réseau ferroviaire (66 Md USD) et (iii) l’appui aux transports publics collectifs locaux (39 Md USD). Les autres investissements (239 Md USD) incluent notamment (i) le renforcement du réseau électrique et le développement des énergies propres (73 Md USD), (ii) le raccordement au réseau internet à haut débit des zones rurales (65 Md USD), (iii) la mise à niveau des systèmes de gestion de l’eau courante (55 Md USD) et (iv) l’amélioration de la résilience des espaces publics face aux risques naturels (46 Md USD).

Ces investissements sont partiellement financés par une série de mesures techniques (report d’entrée en vigueur de règles relatives à Medicaid, reporting fiscal des transactions en crypto-actifs, prorogation de taxes mineures, réaffectation de crédits non utilisés, etc.) dont le rendement total s’élève à 206 Md USD sur une période de dix ans selon le Congressional Budget Office. Ce financement partiel porte le coût net du texte à 360 Md USD sur dix ans (environ 0,1 % du PIB par an en moyenne).

 

Le Congrès adopte la résolution budgétaire qui lance les travaux sur un second paquet social et fiscal

Le Sénat puis la Chambre des Représentants ont adopté la résolution budgétaire pour l’exercice budgétaire 2022. Ce document sert notamment à activer la procédure de réconciliation budgétaire, qui doit permettre au Parti démocrate de légiférer en matière financière au moyen d’une majorité simple au Sénat.

Cette résolution autorise le Congrès à travailler sur un paquet budgétaire de 3 500 Md USD de dépenses supplémentaires sur dix ans, pour un impact maximal sur le solde budgétaire de 1 750 Md USD sur la même période (en moyenne 0,5 % du PIB par an) après prise en compte des hausses d’impôts. Cette enveloppe, distincte du plan d’investissement dans les infrastructures adopté au Sénat (cf. supra), se décline entre les mesures sociales et d’investissement portées par l’administration Biden (crédits d’impôts pour les classes moyennes, congé maladie, aide à la garde d’enfants, gratuité de la scolarité en école maternelle, etc.) ainsi que les hausses d’impôts sur les ménages à hauts revenus et les entreprises prévues pour les financer. Par nature, la résolution budgétaire ne renseigne pas sur les paramètres des différentes mesures.

Les élus démocrates ont en outre ajouté deux éléments importants au projet de la Maison-Blanche : (i) en dépenses, un renforcement de la couverture de l’assurance santé par un abaissement de l’âge d’éligibilité à Medicare (de 65 ans à 60 ans) et une augmentation pérenne des aides à la souscription d’une police individuelle, et (ii) en recettes, la création d’un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.

Il est à noter que les instructions du texte définissent son périmètre maximal mais n’oblige en aucun cas les démocrates à utiliser toute l’enveloppe disponible ni à mettre au vote l’ensemble des mesures prévues.

 

La Fed confirme son intention d’engager prochainement l’arrêt de son programme d’achats d’actifs

En ouverture du symposium annuel de la Fed, traditionnellement tenu à Jackson Hole, Jerome Powell, président de la banque centrale, a évoqué en détail les perspectives économiques aux États-Unis. Il a commencé par souligner les particularités d’une reprise rapide mais asymétrique, qui se reflète sur l’évolution du marché du travail par un taux de chômage en recul important (cf. supra), mais où l’impact de la crise reste prégnant. Il se dit confiant dans l’amélioration de l’emploi au cours des prochains mois.

Évoquant longuement l’évolution récente de l’inflation, J. Powell a relativisé les inquiétudes sur le risque d’emballement des prix au regard (i) du caractère localisé des pressions sur les prix, sous l’effet de la réouverture de l’économie et des difficultés d’approvisionnement, (ii) d’une amorce de stabilisation des prix ayant connu une forte hausse (cf. supra), (iii) d’une croissance des salaires cohérente avec l’évolution de la productivité et une cible d’inflation de 2 %, (iv) des anticipations d’inflation à long terme ancrées autour de 2%, et (iv) des pressions désinflationnistes structurelles (mondialisation, numérisation, démographie, etc.) persistantes.

Sur la base de ces constats, J. Powell a esquissé une politique monétaire évitant une réaction excessive à une poussée d’inflation transitoire, comme dans les années 1950, et un excès de confiance lié à une longue période de désinflation, à l’instar des années 1970. Les améliorations enregistrées ces derniers mois le conduisent à affirmer que l’économie a enregistré des « progrès manifestes » permettant d’engager l’arrêt progressif des achats d’actifs, actuellement de 120 Md USD par mois, en 2021.

Cette position a été partagée par C. Waller (gouverneur), R. Bostic, P. Harker et R. Kaplan (respectivement présidents des Fed de Philadelphie et Dallas) lors de déclarations en marge de la conférence.

 

L’administration Biden procède à une forte augmentation du montant de l’aide alimentaire

Le 16 août, le département de l’Agriculture (USDA) a annoncé une vaste révision du mode de calcul de l’aide alimentaire aux personnes les plus pauvres (supplemental nutrition assistance program, ou « timbres alimentaires »). Elle vise à tenir compte des évolutions structurelles des prix alimentaires, certains n’ayant pas été revus depuis 1975, ainsi que de celle des modes de consommation.

L’ensemble de ces changements va conduire à une augmentation du montant mensuel de l’aide alimentaire d’en moyenne 25 % à partir du 1er octobre 2021 selon l’USDA.

Cette décision intervient en application de la loi de réautorisation pluriannuelle des programmes agricoles et d’aide alimentaire intérieure (Farm Bill) de 2018, qui enjoignait à l’USDA de revoir le mode de calcul de l’aide. Sa mise en œuvre avait été accélérée par un décret présidentiel (executive order)  de janvier 2021. Les élus républicains ont critiqué cette révision en déplorant qu’elle ne se fasse pas à budget constant.

 

La Cour suprême lève le moratoire sur les expulsions locatives

Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC), l’administration fédérale chargée des mesures de lutte contre l’épidémie de Covid-19, avait publié le 3 août un décret prolongeant jusqu’au 3 octobre 2021 le moratoire fédéral sur les expulsions locatives.

Saisie d’un recours des propriétaires des États de l’Alabama et de Géorgie, la Cour suprême a jugé le 26 août que le CDC n’était pas compétent pour prolonger une nouvelle fois le moratoire et que cette compétence relevait désormais du Congrès. Certains juges ont toutefois exprimé une opinion dissidente. Fin juin, la Cour suprême avait rejeté un recours analogue, mais les juges avaient déjà considéré qu’au-delà du 31 juillet, l’autorité de prolonger le moratoire devrait revenir au Congrès et non au pouvoir exécutif. Le 27 juillet, une soixantaine de parlementaires démocrates ont écrit aux présidents des groupes démocrates du Sénat et de la Chambre des représentants pour leur demander d’agir afin de proroger le moratoire.

La Maison-Blanche a annoncé une nouvelle série de mesures et de recommandations à destination des autorités locales afin d’aider les locataires en difficulté. Selon les données du département du Trésor, seule une faible proportion des aides destinées aux locataires ont été effectivement distribuées : à fin juin 2021, seuls 5,2 Md USD d’aides avaient été décaissées sur les 46,5 Md USD budgétés.

 


 

Services financiers

 

Le Sénat entend renforcer le contrôle fiscal sur les actifs numériques

Le plan d’investissement dans les infrastructures adopté le 10 août par le Sénat (cf. supra) inclut, parmi les mesures de financement, deux dispositions visant à renforcer le contrôle fiscal de l’administration sur les actifs numériques.

Une première disposition aligne les obligations déclaratives des transactions en actifs numériques sur celles des autres transactions financières : les brokers en actifs numériques devront désormais, comme les courtiers traditionnels, transmettre à l’Internal Revenue Service (IRS) une déclaration répertoriant les plus ou moins-values enregistrées par leurs clients, les prix d’achat ainsi que le nom et l’adresse des clients. Jusqu’à présent, ces derniers étaient tenus de déclarer eux-mêmes leurs plus-values à l’IRS. Les recettes attendues de cette réforme sont estimées à 28 Md USD sur 10 ans à compter de 2024, année de son entrée en vigueur.

Une seconde disposition prévoit qu’une entreprise acceptant un paiement en actifs numériques pour une valeur supérieure à 10 000 USD devra signaler ce paiement à l’IRS en précisant l’identité du payeur.

Ces mesures doivent désormais être examinées par la Chambre des représentants. Plusieurs dispositions font l’objet de débats, en particulier le champ d’application des obligations déclaratives, des parlementaires ayant demandé l’exclusion de certains intermédiaires.

 

Le DoJ et la FTC appellent à renforcer la concurrence sur le marché des paiements en ligne

Le Department of Justice (DoJ) et la Federal Trade Commission (FTC), les deux autorités chargées de la politique de concurrence, ont publié le 11 août des avis appelant à renforcer la concurrence sur le marché des paiements en ligne par carte de débit.

Soulignant le manque de concurrence sur ce marché, le DoJ et la FTC ont soutenu une proposition de règle de la Fed publiée en mai 2021 en application du Dodd Franck Act de 2010. Cette proposition de règle imposerait aux banques émettrices de cartes de débit de laisser aux commerçants le choix entre au moins deux réseaux de paiement indépendants (par ex. Visa ou Mastercard), y compris désormais pour les transactions effectuées en ligne ou sans utilisation physique de la carte.

Visa et plusieurs groupes représentant les intérêts des banques ont manifesté leur opposition à cette proposition.

 

La SEC lance une consultation publique sur le courtage en ligne

Le 27 août, la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers, a ouvert une consultation publique sur les activités d’intermédiation et de conseil en investissement en ligne. L’objectif est d’identifier l’évolution des pratiques et des technologies utilisées par les intermédiaires, notamment sur les plateformes de courtage en ligne, ainsi que les risques pour les investisseurs.

Cette consultation intervient alors que l’agenda réglementaire de la SEC, publié le 11 juin, prévoit plusieurs travaux relatifs à la dimension ludique des marchés boursiers (« gamification ») et à certaines pratiques mises en lumière par l’affaire « GameStop ». La consultation est ouverte pour une période de 30 jours.

 


 

Brèves

 

-La Fed a publié le 5 août les exigences de fonds propres individuelles des plus grandes banques opérant aux États-Unis, qui entreront en vigueur à partir d’octobre 2021. Ces niveaux de fonds propres (stress capital buffer et surcharge G-SIB) sont déterminées à partir des résultats des stress tests menés par la Fed en juin 2021.

-Le 6 août, la Maison-Blanche a prolongé du 30 septembre 2021 au 31 janvier 2022 la suspension du remboursement des prêts étudiants. Le communiqué précise que cette extension sera la dernière.

-Le 6 août, la SEC a approuvé la proposition de règle du Nasdaq renforçant la diversité au sein des instances de gouvernance des sociétés cotées. Publiée le 1er décembre 2020, cette règle imposera aux sociétés cotées sur le Nasdaq des quotas de diversité de genre et d’orientation sexuelle.

-La SEC a annoncé le 6 août une sanction à l’encontre de deux prestataires de services en crypto-actifs pour avoir émis des titres sans enregistrement préalable auprès de la SEC et pour avoir diffusé des informations trompeuses aux investisseurs. Deux types de tokens avaient été émis par ces sociétés : les mTokens, qui promettaient un retour sur investissement de 6,25 % annuel, et les «governance tokens » associés à des droits au sein de la gouvernance de DeFi Money Market (DMM), un écosystème gérant des bourses d’actifs numériques et les protocoles d’échange correspondants.

-La SEC a annoncé le 16 août la signature d’un protocole d’accord avec la Banque centrale européenne concernant la coopération en matière de supervision des security-based swap dealers (SBSD).  Cet accord fait suite à la reconnaissance par la SEC du principe d’équivalence (substituted compliance), permettant aux SBSD de certains États membres de l’Union européenne de s’enregistrer auprès de la SEC. Le principe d’équivalence a été confirmé le 26 juillet pour la France.

-Le 18 août, certains prestataires de transfert de fonds tels que Western Union ont annoncé qu’ils suspendaient jusqu’à nouvel ordre leurs transactions depuis et à destination de l’

-Le 23 août, le consortium gérant l’USD Coin (27 Md USD d’encours), 2ème plus important stablecoin après Tether (63 Md USD) a annoncé la réorientation de ses réserves au profit de placements exclusivement investis en liquidités et en obligations souveraines (US Treasuries) de court terme. En juillet dernier, Circle, société émettrice de l’USD Coin, avait révélé que seuls 61 % des réserves de l’USD Coin étaient placées en liquidités, suscitant l’inquiétude de certains investisseurs. L’USD Coin est géré par le consortium Centre, incluant notamment Circle et la plateforme de crypto-actifs Coinbase. Circle a annoncé le 9 août son intention de solliciter un agrément bancaire national.

About Admin

Galina Natchev is the Information Research Officer at the Department of Macroeconomics and Finance at the French Embassy in the US since November 2005. In charge of following the news and the daily news brief for the department, Galina is also involved in research projects and in preparing the weekly publication, the Washington Wall Street Watch. She is responsible to gather information and support literature for the writing of reports at the department.
Galina holds a Master’s degree in French Studies from NYU and a Master’s degree in International Business from UNWE, Sofia, Bulgaria.
She is based in New York.

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