Washington Wall Street Watch n°2016-43

Washington Wall Street Watch n°2016-43

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire :

  • Les Minutes du FOMC de novembre paraissent confirmer l’imminence d’une hausse des taux directeurs
  • Le régulateur bancaire en charge de Wells Fargo a durci unilatéralement l’accord passé avec la banque suite au scandale sur les pratiques commerciales
  • La publication de la liste des banques systémiques au niveau global fait apparaitre une progression pour trois banques américaines vers des exigences plus fortes
  • Publication des résultats financiers des banques étrangères présentes aux Etats-Unis
  • Le Federal Insurance Office du Trésor américain publie son premier rapport sur la protection des consommateurs d’assurance

Fed – Publication des Minutes du comité de politique monétaire de novembre

Les Minutes du comité de politique monétaire des 1er et 2 novembre, publiées mercredi, paraissent confirmer l’imminence d’une hausse des taux directeurs. La plupart des participants ont jugé approprié d’augmenter la fourchette de taux directeurs prochainement (« relatively soon »), tant que les données qui seront publiées confirment les progrès vers les objectifs de la Fed. Certains ont même indiqué qu’une hausse de taux serait appropriée dès la prochaine réunion de politique monétaire afin de préserver la crédibilité de la Fed. Parmi les arguments évoqués en faveur d’une hausse des taux, certains indiquent qu’une période prolongée de taux faibles augmente les risques de recherche de rendements de la part des investisseurs, tandis que du côté des arguments contre, d’autres évoquent les effets d’offre positifs associés au fait de laisser le taux de chômage passer sous le niveau de long terme, ce qui favoriserait la convergence de l’inflation vers la cible du FOMC. Suite à la publication des Minutes, les anticipations de marché ont peu évolué, la probabilité d’une hausse des taux en décembre étant toujours très forte, supérieure à 90%.

OCC – Wells Fargo

L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), régulateur des banques nationales, a annoncé le 18 novembre 2016 la modification unilatérale de certains termes de l’accord passé avec la banque Wells Fargo en septembre dernier, qui incluait le paiement de 185 MUSD dans l’affaire de l’ouverture de 2,1 millions de compte fictifs. Les rémunérations, en particulier les « parachutes dorés » (golden parachutes), des cadres feront désormais l’objet de restrictions, et Wells Fargo devra obtenir la permission de l’OCC en cas d’embauche ou de licenciement de ses cadres dirigeants, ou encore de modification de la composition de son conseil d’administration. Cette décision intervient alors que l’OCC est critiqué pour avoir réagi trop lentement aux problèmes, qui avaient été identifiés depuis plusieurs années. Les conséquences du scandale sur l’activité de la banque sont très significatives : le nombre d’ouverture de comptes courants chez Wells Fargo en octobre 2016 a ainsi baissé de 44% par rapport à octobre 2015.

International – banques systémiques au niveau global

Le Conseil de stabilité financière (Financial Stability Board – FSB) a renforcé ses exigences à l’égard de trois banques américaines (Citigroup, Bank of America et Wells Fargo) à l’occasion de la publication annuelle de sa liste des banques mondiales d’importance systémique (Global Systemically Important Banks, G-SIBs), le 21 novembre 2016. Ces banques sont tenues de constituer un coussin de fonds propres supplémentaires. Citigroup rejoint JP Morgan dans la catégorie la plus haute du classement, et devra ainsi détenir un coussin de 2,5% (contre 2% auparavant). Le niveau a également été relevé à 2% pour Bank of America (contre 1,5% précédemment) et à 1,5% pour Wells Fargo (contre 1% un an plus tôt). Le FSB a en revanche assouplit ses exigences à l’égard de Morgan Stanley qui est entré dans une catégorie moins élevée en termes de systémicité. Les nouvelles exigences sont applicables par les régulateurs nationaux à compter du 1er janvier 2018. Citigroup a déclaré dans un communiqué que sa progression dans la liste du FSB «n’impose pas une exigence de capital contraignante» à la banque et qu’elle est déjà assujettie par la Fed à une surcharge de 3%, jugée plus dure.

Banques étrangères aux Etats-Unis – résultats financiers

La filiale de BNP Paribas aux Etats-Unis est la banque européenne la plus profitable sur les 9 premiers mois de l’année 2016, d’après les données communiquées par les banques étrangères pour la première fois depuis qu’elles sont exigées des régulateurs américains. Une règle de la Fed publiée en 2014 prévoit qu’à compter de juillet 2016 les banques étrangères disposant de plus de 50 Mds USD d’actifs consolidés (hors succursales) doivent regrouper l’ensemble de leurs actifs dans une société holding (Intermediate Holding Company). D’après les chiffres compilés par Bloomberg, la filiale de BNP Paribas a réalisé un bénéfice avant impôts de 958 M USD pour un chiffre d’affaires de 3,87 Mds USD sur les 9 premiers mois de l’année 2016. Crédit Suisse a déclaré avoir perdu 1,2 Mds USD aux États-Unis au cours de la même période en raison de coûts de restructuration. UBS Group AG a réalisé un bénéfice de 1,4 Mds USD, provenant presque entièrement de crédits d’impôts, le revenu avant impôt étant de seulement 123 M USD. Les 3 premières banques européennes en termes de revenus sont par ordre décroissant UBS (7,7 Mds USD), Barclays (6,5 Mds USD) et Deutsche Bank (5,6 Mds USD). Crédit Suisse arrive en 5ème position (3,4 Mds USD) derrière BNP Paribas.

Assurances – protection du consommateur

Le Federal Insurance Office (FIO), bureau créé au sein du Trésor américain afin de suivre le secteur de l’assurance, a publié son premier rapport annuel consacré à la protection du consommateur et à l’accès juste au marché. Le rapport vise à mettre en avant les bonnes pratiques, mais également les pratiques plus problématiques, dans 5 domaines clés dans le fonctionnement d’un secteur stable et juste : l’assurance et la technologie, les risques environnementaux, l’équité des pratiques commerciales et des standards mis en place au niveau des Etats fédérés, et les enjeux liés aux retraites et pensions.

Le rapport met notamment en avant des lacunes et incohérences dans les protections mises en œuvre au niveau de chaque Etat, et émet de recommandations sur différents sujets, souvent pour les Etats fédérés : renforcement de la régulation du big data et des parties tierces qui offrent des services aux assureurs, renforcement des mesures de prévention contre les risques cybernétiques sur le modèle de ce qu’a fait le NY DFS, clarification des règles portant sur les assurances contre les tremblements de terre dans les Etats à risque, limitation du recours aux clauses compromissoires dans les contrats d’assurance, etc. Sur différents sujets, le rapport recommande au Congrès d’envisager la mise en place de standards nationaux uniformes si les différents Etats ne parviennent par à harmoniser leurs règles, notamment sur la couverture par les fonds de garantie en cas de faillite d’un assureur, le rôle du genre et du sexe dans la détermination des critères d’un contrat d’assurance, ou encore la mise en place de standards minimums en matière d’assurance contre les accidents au travail.

COMMENTS

WORDPRESS: 0
DISQUS: 0