Washington Wall Street Watch n°2021-21

Washington Wall Street Watch n°2021-21

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

  • Les prix de l’immobilier résidentiel poursuivent leur envolée

Politiques macroéconomiques

  • Les responsables de la Fed confirment réfléchir à un arrêt des achats d’actifs
  • Les discussions bipartisanes sur un plan infrastructures semblent dans l‘impasse

Services financiers

  • Les dirigeants des plus grandes banques américaines ont été auditionnés au Congrès
  • Une gouverneure de la Fed évoque les avantages des CBDC
  • La SEC ouvre la voie à des levées de capital par cotation directe sur le Nasdaq

Brèves

 


 

Conjoncture

 

Les prix de l’immobilier résidentiel poursuivent leur envolée

En mars, les prix de l’immobilier résidentiel dans les plus grandes villes ont progressé de 1,4 % selon l’indice publié par la Federal Housing Finance Agency et de 1,6 % selon l’indice Case-Shiller calculé par Standard and Poor ‘s. Sur douze mois glissants, la hausse des prix de l’immobilier atteint 13,9 % et 13,2 %, un rythme qui n’avait été atteint qu’au cours des années 2000.

Cependant, contrairement à la bulle immobilière des années 2000, la hausse des prix est aussi alimentée par des tensions sur l’offre, le taux de logements vacants étant au plus bas depuis 1978 (environ 1 %, contre  2,8 % avant l’éclatement de la bulle immobilière).

Sources : FHFA, Standard and Poor’s

 


 

Politiques macroéconomiques

 

Les discussions bipartisanes sur un plan infrastructures semblent dans l’impasse

La Maison-Blanche, la majorité démocrate au Congrès et l’opposition parlementaire discutent des contours d’un plan d’investissement dans les infrastructures depuis la présentation de l’American Jobs Plan, la proposition initiale de Joe Biden, d’un montant de 2 300 Md USD sur huit ans.

Au terme d’une série d’échanges avec les élus républicains, Joe Biden a revu le montant de sa proposition à 1 700 Md USD, en excluant notamment le volet 480 Md USD consacré aux investissements dans la sécurisation des chaînes de valeur, qui fait l’objet de discussions bipartisanes séparées.

Les élus républicains ont aussi revu leur contreproposition de 568 à 928 Md USD, en axant toujours leur projet sur les infrastructures de transport. Alors que la Maison-Blanche propose un financement par des hausses d’impôts, ils défendent un financement reposant sur une réaffectation d’une partie des fonds de l’American Rescue Plan, adopté en mars 2021, pour n’engager que 257 Md USD de nouvelles dépenses nettes.

Les différences entre les deux parties ont conduit une partie des parlementaires démocrates à demander l’arrêt des négociations bipartisanes pour privilégier une procédure de réconciliation budgétaire, permettant de faire adopter un texte sans le soutien de l’opposition républicaine mais moyennant des règles législatives plus contraignantes (neutralité budgétaire à long terme, interdiction des dispositions de nature non financière, etc.). La Maison-Blanche a toutefois décidé de prolonger les discussions au-delà la date butoir initialement fixée au 31 mai.

 

Les responsables de la Fed confirment réfléchir à un arrêt des achats d’actifs

Deux des principaux membres du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) ont confirmé la volonté de la banque centrale d’engager une réflexion sur l’arrêt progressif de ses achats d’actifs (quantitative easing), actuellement de 120 Md USD par mois, qui a été signalée dans le procès-verbal de la réunion de politique monétaire des 27 et 28 avril.

Richard Clarida, vice-président de la Fed, a confirmé le 25 mai que le FOMC pourrait entamer un débat sur l’arrêt des achats d’actifs au cours des prochaines réunions. Cette étape reste néanmoins subordonnée à une évolution favorable des données d’activité, R. Clarida rappelant que la Fed souhaite fonder ses décisions sur des constats plutôt que sur des anticipations (« more outcome-based than outlook-base »).

Cette position a été partagée et relayée par Randal Quarles, vice-président de la Fed pour la supervision financière, qui estime aussi nécessaire d’ajuster la communication du FOMC de sorte à préciser les conditions relevant des « progrès substantiels en direction des objectifs d’emploi et d’inflation », requis pour amorcer une inflexion de la politique monétaire.

 


 

Services financiers

 

Les dirigeants des plus grandes banques américaines ont été auditionnés au Congrès

Les PDG des six plus grandes banques américaines (JP Morgan, Bank of America, Citigroup, Wells Fargo, Goldman Sachs et Morgan Stanley) ont été auditionnés le 26 mai par la commission des affaires bancaires du Sénat et le 27 mai par la commission des services financiers de la Chambre des représentants. Première audition de ce type depuis avril 2019, cette séquence traduit la volonté du Congrès d’exercer un suivi plus étroit sur l’activité des banques.

Les dirigeants des six banques, qui ont insisté sur le bon niveau de capitalisation de leurs établissements, ont défendu le bilan de leur gestion de la crise liée au Covid-19, relevant régulièrement leur réussite dans la mise en œuvre du Paycheck Protection Program (PPP). Ils ont été particulièrement interrogés sur la contribution de leurs banques à la lutte contre les inégalités et sur leurs financements octroyés aux populations et aux territoires à faibles revenus, jugés insuffisants par de nombreux élus démocrates. Les banques ont également indiqué qu’elles feraient preuve de flexibilité pour réaménager les conditions remboursement des prêts arrivant au terme de leur moratoire. La sénatrice Elizabeth Warren a par ailleurs reproché aux banques, notamment à JP Morgan, le niveau des frais prélevés pendant la crise.

La contribution des banques à la lutte contre le réchauffement climatique a été l’autre thème principal de cette audition, marqué par une forte opposition partisane. Si les élus démocrates ont majoritairement exhorté les banques à intensifier leurs efforts en faveur de la transition énergétique, plusieurs parlementaires républicains ont enjoint à celles-ci de ne pas réduire leurs financements aux industries extractives.

 

Une gouverneure de la Fed évoque les avantages des CBDC

Dans un discours prononcé le 24 mai, Lael Brainard, gouverneure (démocrate) de la Fed, a présenté les principaux avantages que pourrait offrir la création par la Fed d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) : abaisser les coûts et délais des systèmes de paiement, réduire les frictions lors des paiements transfrontaliers, favoriser la supervision financière et la transmission de la politique monétaire, inclure davantage les populations ayant actuellement un accès réduit au système financier.

Lael Brainard a déclaré que, compte tenu de ces opportunités, la Fed accélérait (« stepping up ») ses travaux sur ce sujet, en partenariat notamment avec le Massachusets Institute of Technology (MIT), et indiqué qu’une consultation publique serait ouverte à l’été autour de certains enjeux afférents (par exemple sur la confidentialité des données).

Lors d’une audition à la commission des affaires bancaires du Sénat le 25 mai, Randal Quarles, vice-président de la Fed chargé de la supervision, a déclaré que la mise en œuvre d’une CBDC nécessiterait « vraisemblablement » l’adoption d’une loi au Congrès.

 

La SEC ouvre la voie à des levées de capital par cotation directe sur le Nasdaq

Le 19 mai, la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers, a approuvé un projet de règle du Nasdaq visant à permettre à des entreprises d’effectuer leur introduction en bourse par cotation directe ou « direct listing », sans intermédiaires bancaires. Jusqu’alors, les opérations de direct listing étaient limitées sur le Nasdaq à la vente de titres d’actionnaires existants et ne permettaient donc pas à une entreprise de lever du capital supplémentaire par ce biais.

La règle approuvée par la SEC prévoit que les direct listings seront limités sur le Nasdaq aux entreprises  émettant plus de 100 M USD de titres ou, alternativement, aux entreprises dont la valeur totale des titres cotés (anciens et nouveaux) dépasse 250 M USD.

La SEC avait approuvé une règle équivalente pour le NYSE en décembre 2020.

 


Brèves

 

Ø  Pour la semaine du 17 au 22 mai, le département du Travail a enregistré  406 000 nouvelles demandes d’allocations chômage (initial claims), contre une moyenne hebdomadaire de 219 000 en 2019. Il s’agit du niveau le plus faible depuis la semaine du 14 mars 2020. S’y ajoutent 93 600 demandes faites au titre de l’extension de l’assurance chômage par l’État fédéral aux personnes qui n’y sont normalement pas éligibles (Pandemic Unemployment Assistance). Au total, les demandes ont baissé de 7,3 % par rapport à la semaine précédente.

Ø  Le sénateur Mike Crapo, chef de file de l’opposition républicaine à la commission des finances de la chambre haute, a envoyé une lettre à la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, exprimant les inquiétudes des élus républicains sur le contenu des négociations à l’OCDE sur la fiscalité internationale. En particulier, M. Crapo souhaite que les règles discutées ne soient pas discriminatoires pour les entreprises américaines, proscrivent la possibilité d’une taxe sur les services numériques et s’appliquent à la Chine.

Ø  La banque britannique HSBC a annoncé le 26 mai qu’elle mettait un terme à ses activités de banque de détail aux États-Unis. HBSC précise qu’elle fermera 90 de ses 148 agences aux États-Unis, qui seront cédées  aux banques Citizens Bank et Cathay Bank, pour se recentrer sur ses activités de gestion de patrimoine.

Ø  Le 20 mai, le Treasury a publié un rapport précisant les mesures de l’American Families Plan destinées à améliorer le taux de recouvrement des impôts fédéraux. Parmi les principales propositions figurent une obligation pour les banques de communiquer à l’administration fiscale les flux des comptes bancaires des particuliers.

Ø  Lors d’une audition à la Chambre des représentants, Gary Gensler, le président de la SEC, a déclaré que la SEC envisageait de mettre en place de nouvelles règles pour mieux encadrer les opérations d’introduction en bourse via des Special-Purpose Acquisition Companies (SPAC), entreprises   ad hoc non-opérationnelles ayant vocation à fusionner avec des entreprises non cotées pour entraîner la cotation de celles-ci. Gary Gensler a fait part de ses inquiétudes concernant la protection des petits investisseurs participant à ces opérations ainsi que le coût et le caractère dilutif des structures faisant intervenir des SPAC.

Ø  Lors d’une intervention le  27 mai, Randal Quarles, vice-président de la Fed chargé de la supervision bancaire, s’est exprimé sur les travaux de l’International Association of Insurance Supervisors (IAIS) autour de la mise en place d’exigences en capital pour les assureurs (International Capital Standards, ICS). Randal Quarles a rappelé que les autorités américaines considéraient qu’en l’état, ces standards n’étaient pas adaptés aux assureurs américains, et que les travaux visant à faire reconnaître l’équivalence de la méthode privilégiée par les États-Unis (aggregation method) étaient toujours en cours. Il s’est également déclaré favorable au prolongement, d’un an ou plus, de la période d’évaluation (monitoring) de ces standards compte tenu de la crise liée au Covid-19.

Ø  La Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), a annoncé le 26 mai que les 4 531 banques placées sous sa supervision avaient enregistré pour le 1er trimestre 2021 un résultat net agrégé de 76,8 Md USD, une hausse de 29 % par rapport au trimestre précédent. Au T1 2021, la marge nette d’intérêt des banques s’est élevée à 2,56 % (57 p.b. de moins qu’au T1 2020) tandis que le volume de prêts a poursuivi sa baisse (- 0,4 % par rapport au T4 2020).

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