Washington Wall Street Watch n°2021-16

Washington Wall Street Watch n°2021-16

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire       

Politiques macroéconomiques                                                        

  • Le Treasury ne qualifie plus la Suisse et le Vietnam de pays « manipulateurs de monnaie »

Services financiers                                  

  • L’administration Biden souligne le rôle de la finance durable dans la lutte contre le changement climatique
  • Plusieurs acteurs financiers américains font écho aux annonces de Joe Biden pour le climat

Brèves

 


                          

Politiques macroéconomiques

 

Le Treasury ne qualifie plus la Suisse et le Vietnam de pays « manipulateurs de monnaie »

Le département du Trésor a publié le 16 avril son rapport semestriel sur la politique de change des principaux partenaires économiques des États-Unis pour la période allant de janvier à décembre 2020 inclus. Ce rapport effectue un suivi régulier des pays satisfaisant au moins deux des trois critères suivants : (i) un excédent commercial bilatéral avec les États-Unis supérieur à 20 Md USD, (ii) un excédent du compte courant supérieur à 3 % du PIB du pays et (iii) une intervention sur le marché des changes supérieure à 2 % du PIB du pays au cours des 12 derniers mois.

Sur la période allant de janvier à décembre 2020, le Vietnam, la Suisse et, pour la première fois, Taïwan satisfont les trois critères définissant un pays manipulateur de monnaie. Contrairement à l’administration Trump, l’administration Biden se refuse toutefois à les qualifier comme tels, estimant ne pas disposer de preuves probantes démontrant que leurs interventions de change avaient pour objectif de leur offrir un avantage compétitif indu. Le Treasury indique poursuivre ses échanges avec les pays déjà concernés (Vietnam et Suisse) et va travailler avec Taïwan pour traiter les facteurs contribuant à la sous-évaluation de sa devise.

Le Treasury garde en outre sous surveillance, parce que ces pays respectent au moins deux des trois critères, la Chine, le Japon, la Corée du sud, l’Allemagne, l’Italie, l’Inde, la Malaisie, Singapour et la Thaïlande, tandis que l’Irlande et le Mexique sont ajoutés à la liste.

 


 

Services financiers                                  

 

L’administration Biden souligne le rôle de la finance durable dans la lutte contre le changement climatique

En marge d’un sommet virtuel sur le climat organisé par les États-Unis les 22 et 23 avril, marqué notamment par l’engagement pris par Joe Biden de réduire d’ici 2030 de 50 % les émissions de gaz à effet de serre des États-Unis par rapport à leurs niveaux de 2005, la Maison-Blanche a publié un plan (« U.S. International climate finance plan ») destiné à accélérer la mobilisation des capitaux publics et privés dans la lutte contre le changement climatique.

Outre la hausse de la contribution des États-Unis au financement public du climat et du développement, l’exécutif y rappelle la nécessité  d’une réorientation des capitaux privés vers des activités plus sobres en carbone. Pour cela, le plan retient quatre éléments primordiaux : l’amélioration de l’information des entreprises sur les risques et opportunités liés au climat, l’identification des investissements durables, la gestion des risques financiers liés au climat et l’alignement des stratégies financières avec les objectifs climatiques. Afin de mettre en œuvre ces priorités, l’exécutif entend accentuer le dialogue sur ces sujets au sein des instances internationales concernées et prévoit d’orienter les agences de régulation financière américaines dans l’identification des actifs « verts ».

Dans une allocution donnée en amont du sommet, Janet Yellen, la secrétaire au Trésor, a également souligné la nécessité d’améliorer le niveau de transparence autour des informations climatiques, déclarant que la Task-Force on Climate-Related Financial Disclosures (TCFD) représenterait à cette fin un cadre « solide ».

Le 19 avril, le Treasury a par ailleurs nommé John Morton à la tête de sa nouvelle plateforme consacrée aux enjeux climatiques (« climate hub »). Ancien conseiller de Barack Obama, John Morton y coordonnera l’action du Trésor en matière climatique sur les sujets économiques, fiscaux et financiers.

 

Plusieurs acteurs financiers américains font écho aux annonces de Joe Biden pour le climat

Le 22 avril, l’Investment Company Institute (ICC), une organisation regroupant plusieurs gestionnaires d’actifs dont notamment les sociétés américaines BlackRock, Vanguard et Fidelity, a apporté son soutien aux annonces de l’exécutif (voir supra) en faveur d’une plus grande transparence des entreprises sur les enjeux climatiques.

Les banques Citi, Bank of America et Morgan Stanley ont quant à elles rejoint une nouvelle alliance (« Glasgow financial alliance for net zero ») regroupant 43 banques internationales s’engageant à se doter de plans détaillés et d’objectifs intérimaires pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Les banques JP Morgan, Goldman Sachs et Wells Fargo, qui ont déjà annoncé des engagements similaires, n’y ont pour l’heure pas adhéré.

 


 

Brèves                                                                                 

  • Pour la semaine du 12 au 17 avril, le département du Travail a enregistré 547 000 nouvelles demandes d’allocations chômage (initial claims), contre une moyenne hebdomadaire de 219 000 en 2019. S’y ajoutent 133 000 demandes faites au titre de l’extension de l’assurance chômage par l’État fédéral aux personnes qui n’y sont normalement pas éligibles (Pandemic Unemployment Assistance). Au total, les demandes ont baissé de 5 % par rapport à la semaine précédente.
  • Le 22 avril, les parlementaires républicains ont présenté une contre-proposition de plan d’investissement dans les infrastructures. D’un montant de 568 Md USD sur cinq ans (contre 2 250 Md USD sur huit ans pour l’American Jobs Plan), ce paquet prévoit notamment (i) 299 Md USD pour la modernisation des routes et des ponts, (ii) 81 Md USD d’investissement dans les transports publics (dont le transport ferroviaire), (iii) 65 Md USD pour l’extension du réseau Internet à haut débit et (iv) 44 Md USD pour le développement des aéroports. Ce projet serait financé par l’utilisation de crédits non consommés issus des plans de soutien adoptés en 2020 ainsi que par une taxe ciblant les véhicules électriques et hybrides, qui échappent à la taxe fédérale sur les carburants.
  • Le 17 avril, Gary Gensler a pris ses fonctions de président de la Securities and Exchange Commission, le régulateur des marchés boursiers. Son mandat courra jusqu’au 6 juin 2026.
  • Morgan Stanley a publié le 16 avril ses résultats pour le 1er trimestre 2021. Avec un produit net bancaire de 15,7 Md USD (+61 % par rapport au T1 2020) et un résultat net de 4,1 Md USD (+143 %), ces résultats sont en forte augmentation, à l’instar des autres grandes banques américaines. Cette hausse tient notamment aux performances des activités de marché et à l’intégration dans les comptes de Morgan Stanley de deux acquisitions récentes, celle de la société de gestion Eaton Vance et celle de la plateforme de courtage E*Trade. Enfin, Morgan Stanley a rendu publique une perte de 911 M USD liée à la faillite du fonds de family office
  • Le prestataire de paiement entre particuliers Venmo, filiale de PayPal, a annoncé le 20 avril qu’il permettrait à ses utilisateurs d’investir sur quatre actifs numériques : le Bitcoin, le Bitcoin Cash, l’Ethereum et le Litecoin. PayPal a déjà ouvert une possibilité analogue sur sa plateforme en octobre 2020. Comptant 70 millions d’utilisateurs, Venmo prévoit de proposer des « vidéo éducatives » à destination de ses clients, ainsi que la possibilité pour ceux-ci de partager avec leurs contacts leurs investissements en actifs numériques. Ces investissements seront possibles à partir de 1 USD. Cette activité sera supervisée par le département des services financiers de l’État de New York (NY DFS) au titre de la licence (BitLicense) déjà obtenue par PayPal.
  • La Chambre des représentants a adopté le 19 avril une proposition de loi visant à permettre aux banques actives aux États-Unis de fournir des financements aux entreprises liées à l’industrie du cannabis. Adoptée à 321 voix contre 101 sur une base bipartisane, la loi interdirait aux régulateurs bancaires fédéraux de sanctionner les banques en raison de services s’adressant à des entreprises liées au secteur du cannabis opérant dans un cadre légal. À ce jour, 36 États fédérés ont légalisé l’usage du cannabis à des fins médicales et 17 l’ont autorisé pour un usage récréatif. Une proposition de loi analogue avait déjà été adoptée par la Chambre des représentants en 2019, mais n’avait jamais été examinée par le Sénat.
  • Le 19 avril, le Bureau de protection des consommateurs de services financiers (CFPB) a publié une règle obligeant les collecteurs de dette à informer les locataires étant en situation de défaut de paiement des droits les protégeant lors d’une procédure d’expulsion. Dans le cadre d’un moratoire mis en place par le Center for Disease Control and Prevention en vigueur jusqu’au 30 juin 2021, un propriétaire ne peut expulser un locataire incapable d’honorer le paiement de ses loyers si celui-ci déclare qu’il se retrouverait alors sans domicile.

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