Washington Wall Street Watch n°2020-27

Washington Wall Street Watch n°2020-27

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire
Conjoncture                                                                            
         Le nombre de nouvelles inscriptions au chômage reste élevé
Politiques macroéconomiques      
         La Fed constate un tassement de la reprise économique lié à la résurgence de l’épidémie de COVID-19
         Le Congressional Budget Office pointe la baisse des moyens et des résultats de l’administration fiscale
Régulation financière
         Le CFPB abroge partiellement sa règle sur les payday loans
         La CFTC présente son plan stratégique pour la période 2020-2024
Brèves 
              

                                                                                                                                        

Conjoncture                                                                                           

 

Le nombre de nouvelles inscriptions au chômage reste élevé

Pour la semaine du 29 juin au 4 juillet, le département du Travail enregistre 1,31 million de nouvelles demandes d’allocations chômage (initial claims) après 1,42 million la semaine précédente (contre une moyenne hebdomadaire 219 000 en 2019) ainsi que 1,03 million de demandes faites au titre de l’extension de l’assurance chômage par l’État fédéral en faveur des personnes normalement non éligibles (Pandemic Unemployment Assistance – PUA). Le total des demandes en légère baisse (‑2,3 %) par rapport à la semaine précédente. Ces données doivent être interprétées avec prudence car la semaine du 4 juillet (fête nationale américaine) se caractérise traditionnellement par une baisse de l’activité.
En parallèle, le nombre de bénéficiaires d’une allocation chômage (continuous claims), tous régimes  confondus, a augmenté de 4,5 % entre le 13 et le 20 juin. Si le nombre d’allocataires au régime classique de l’assurance chômage recule (-1,3 %), celui des inscrits à la PUA et des bénéficiaires de l’extension de la durée d’indemnisation du chômage augmente (respectivement + 11,7 % et 10,5 %).
              

              

Politiques macroéconomiques

 

La Fed constate un tassement de la reprise économique lié à la résurgence de l’épidémie de COVID-19

Richard Clarida, Raphael Bostic, Loretta Mester et Eric Rosengren (respectivement vice-président de la Fed et présidents des Fed d’Atlanta, Cleveland et Boston) disent constater un tassement (« leveling off ») de la reprise au cours des dernières semaines, en raison de la résurgence de l’épidémie dans de nombreux États américains. Sans envisager de nouveau confinement généralisé, ils soulignent la nervosité actuelle des entreprises. Seul James Bullard (président de la Fed de Saint Louis) se montre optimiste sur l’évolution de la situation économique.
Les responsables de la Fed craignent que la reprise ne soit sensiblement moins marquée qu’anticipé en raison de la dégradation de la situation sanitaire. De manière générale, ils estiment que l’économie américaine pourrait avoir besoin d’une longue période avant de retrouver sa situation du début d’année 2020, Mary Daly (présidente de la Fed de San Francisco) évaluant ce délai à « quatre à cinq ans » même en cas de découverte d’un vaccin. Sur la base de ce constat, les membres du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) ont tous réitéré leurs appels au Congrès en faveur d’un nouvel appui de la politique budgétaire, sous la forme d’un soutien direct et ciblé pour les secteurs et les personnes les plus affectés par la crise.
Les membres du FOMC ont réaffirmé l’engagement de la Fed à soutenir l’économie autant que nécessaire, R. Clarida déclarant qu’il « n’y a pas de limite à la taille du bilan de la Fed ». Ils ont toutefois indiqué être en période de réflexion sur les méthodes employées pour soutenir l’économie. En parallèle, la banque centrale américaine continue de se satisfaire de la normalisation des conditions de marché, qu’elle attribue à l’efficacité des mesures d’urgences mobilisées depuis mars. Daleep Singh, vice-président de la Fed de New York chargé des opérations de marché, a d’ailleurs indiqué le 8 juillet que le rythme journalier des achats de dette d’entreprise sur le marché secondaire a été réduit d’un tiers et pourrait continuer de diminuer si les conditions financières restaient favorables.
              

Le Congressional Budget Office pointe la baisse des moyens et des résultats de l’administration fiscale

Le Congressional Budget Office (CBO), l’organe d’évaluation budgétaire du Congrès, a publié un rapport évaluant le financement et les performances de l’administration fiscale américaine, l’Internal Revenue Service (IRS).
Le CBO souligne que le budget alloué aux services fiscaux a diminué de 20 % en termes réels entre 2010 et 2018, occasionnant une baisse de 22 % de ses effectifs, dont 30 % pour les agents des contrôles et des audits fiscaux. En conséquence, le taux d’audit des contribuables a baissé de 46 % pour les personnes physiques et de 37 % pour les entreprises. Cette tendance est particulière marquée pour les contribuables à hauts revenus (plus d’1 M USD, ‑63 %).
À partir des données produites par l’IRS, le CBO rappelle que le manque à gagner fiscal (tax gap) représente environ 16 % des recettes théoriques, soit environ 2,7 % du PIB. Ces pertes sont principalement liées aux erreurs importantes dans l’estimation du crédit d’impôt pour les travailleurs modestes (earned income tax credit) et la sous-déclaration des revenus du capital, notamment ceux liés aux entreprises individuelles.
Selon le CBO, une hausse du budget de l’IRS aurait un effet multiplicateur de 3 sur les recettes collectées grâce aux seuls revenus tirés d’une amélioration de l’efficacité de l’administration fiscale et des nouveaux contrôles effectués. Cette estimation est volontairement bâtie sur des hypothèses plus conservatrices que la littérature économique et ne prend pas en compte les effets indirects d’un contrôle plus strict des contribuables.
              

              

Régulation financière

              

Le CFPB abroge partiellement sa règle sur les payday loans

Le Bureau de protection des consommateurs de produits financiers (Consumer Financial Protection Bureau – CFPB) a révoqué le 7 juillet l’une des principales dispositions de sa règle relative aux payday loans, des prêts de court terme et pour des montants limités, sans garantie ni collatéral associé, émis par des institutions non bancaires et généralement assortis de taux d’intérêt très élevés (pouvant atteindre 400 % en taux annuel effectif). Publiée par le CFPB en 2017, cette règle visait notamment à éviter que les emprunteurs ne tombent dans un cercle vicieux, où leur incapacité à rembourser le principal déboucherait sur un nouveau prêt avec des frais plus élevés encore.  
Proposée en février 2019, cette révision retire de la règle les conditions liées à la capacité de remboursement de l’emprunteur (« ability to repay »), qui requéraient des prêteurs qu’ils déterminent à l’avance si le débiteur était en mesure de rembourser ou non le prêt tout en continuant à assumer ses dépenses courantes.
Le CFPB a par ailleurs précisé qu’une autre disposition de la règle, qui oblige les prêteurs à obtenir l’accord du débiteur pour lui ponctionner des sommes supplémentaires si deux paiements à la suite ont été refusés par sa banque, est en revanche maintenue.
Sherrod Brown, le chef de file démocrate au sein de la commission bancaire du Sénat, a fustigé la révision de cette règle, citant en particulier un document qui accuse la CFPB d’avoir manipulé une étude sur les payday loans afin de justifier cette révision.
              

La CFTC présente son plan stratégique pour la période 2020-2024

Le 8 juillet, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur des marchés dérivés, a publié  son « plan stratégique » pour la période 2020-2024.
Ce plan s’articule autour de cinq objectifs : (i) renforcer la résilience et l’intégrité des marchés dérivés, grâce notamment à la coopération avec les régulateurs internationaux et la finalisation des exigences en capital des swap dealers ; (ii) défendre les intérêts de « tous les Américains », y compris par exemple les agriculteurs se couvrant sur ces marchés ; (iii) encourager l’innovation (via entre autres le développement d’un cadre complet pour la régulation des crypto-monnaies) et améliorer la clarté et la transparence de l’action de l’agence (« regulatory experience ») ; (iv) sanctionner fermement les participants de marché contrevenant à ses règles et (v) améliorer la gestion de l’agence à travers entre autres un meilleur usage des données et la réduction de certaines dépenses.

 


              

Brèves                                

 

Ø  Le 7 juillet, le CFPB a indiqué que la validité des régulations et décisions prises par l’agence depuis 2012 n’était pas remise en question par le jugement de la Cour suprême, le 29 juin dernier, ayant établi que son mode de direction était anticonstitutionnel.

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