Washington Wall Street Watch n°2019-34

Washington Wall Street Watch n°2019-34

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Politiques macroéconomiques                                                 

-La Fed va poursuivre ses interventions sur le marché interbancaire jusqu’au 10 octobre

-Le Congrès adopte un budget temporaire qui finance l’État fédéral jusqu’au 21 novembre

-Deux responsables de la Fed expliquent leur opposition à la dernière baisse de taux d’intérêt

Régulation financière                                                                                                                           

-La SEC simplifie le cadre règlementaire des fonds indiciels cotés (ETF)

-Le nouveau président de la CFTC s’inquiète de la révision du règlement européen EMIR

-La ville de New York veut créer un dispositif d’épargne-retraite pour les salariés du privé

-Le Treasury va publier les données des échanges sur le marché de la dette publique américaine

Brèves  

 


                                                                                                                      

Politiques macroéconomiques

                                               

La Fed va poursuivre ses interventions sur le marché interbancaire jusqu’au 10 octobre

Le 20 septembre, la Fed de New York a annoncé un programme d’interventions jusqu’au 10 octobre afin de répondre aux tensions persistantes sur le marché interbancaire.

Ce plan d’action comprend (i) des opérations quotidiennes de pension livrée (repo) au-jour-le-jour pour un montant d’au minimum 100 Md USD et (ii) des opérations de repo à terme les 24, 26 et 27 septembre, assorties d’une maturité de 14 jours et pour un montant fixé à 60 Md USD. Ces seuils étaient initialement fixés à respectivement 75 et 30 Md USD, mais la Fed a décidé d’en augmenter les montants après avoir constaté une demande importante de la part des établissements financiers.

Ces interventions visent à contenir d’éventuelles tensions sur le marché interbancaire en perspective de la fin de trimestre, une période généralement propice à une forte hausse du coût de financement des banques. Les craintes d’une matérialisation du risque de liquidité avaient alimenté une progression significative du taux de repo à deux semaines (+35 pb, à 2,70 % avant l’annonce de la Fed).

 

Le Congrès adopte un budget temporaire qui finance l’État fédéral jusqu’au 21 novembre

Le Sénat a adopté le 26 septembre le texte de budget temporaire (continuing resolution) entériné le 19 septembre par la Chambre des Représentants.

En l’absence de loi de finances pour l’année fiscale 2020, ce budget temporaire assure la continuité du financement des services publics pour le début de la nouvelle année fiscale et jusqu’au 21 novembre.

La Maison-Blanche a annoncé son soutien au texte, qui devrait être promulgué d’ici le 1er octobre, début l’année fiscale 2020.

 

Deux responsables de la Fed expliquent leur opposition à la dernière baisse de taux d’intérêt

Eric Rosengren et James Bullard, respectivement présidents de la Fed de Boston et de Saint Louis, s’étaient opposés à la baisse des taux directeurs de 25 points de base décidée lors de la réunion de politique monétaire de 17 et 18 septembre.

Bullard a motivé sa décision sur le blog de la Fed de Saint Louis. Il y argue que les risques sur l’activité et la faiblesse des pressions inflationnistes aurait nécessité un soutien plus important de la politique monétaire, sous forme d’une baisse des taux de 50 points de base.

Rosengren a quant à lui défendu son point de vue à l’occasion d’un discours dans lequel il estime que la politique monétaire était déjà relativement accommodante avant la dernière décision de la Fed et qu’un soutien trop marqué de la Fed à l’économie est de nature à augmenter les risques pour la stabilité financière. Il pointe notamment ceux liés à l’augmentation de l’endettement des entreprises et la valorisation élevée de l’immobilier commercial, accentuée par l’essor des entreprises de location d’espaces de travail (co-working), qu’il juge susceptibles d’amplifier l’effet d’une récession.

 


           

Régulation financière

 

La SEC simplifie le cadre règlementaire des fonds indiciels cotés (ETF)

Le 26 septembre, la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers, a adopté une règle visant à simplifier l’accès au marché de la plupart des fonds indiciels cotés (Exchange-Traded Funds, ETF), des véhicules financiers répliquant la performance d’indices boursiers.

Cette règle (6c-11) permettra aux fonds indiciels « ouverts » (soit la majorité des ETF) d’intégrer le périmètre de l’Investment Company Act de 1940. Ce nouveau statut facilitera l’accès au marché des ETF concernés, ces derniers devant aujourd’hui demander une procédure d’exemption individuelle (exemptive order) pour être commercialisés auprès des investisseurs.

Pour être éligibles à ce nouveau statut, les ETF devront respecter plusieurs règles de transparence, à savoir la publication d’informations sur l’historique, la performance quotidienne et le mode de gestion du fonds.

 

Le nouveau président de la CFTC s’inquiète de la révision du règlement européen EMIR

Dans un discours prononcé le 24 septembre, le nouveau président de la CFTC, Heath Tarbert, a, dans la lignée de son prédécesseur, exprimé ses inquiétudes au sujet du projet de révision du règlement européen sur les infrastructures de marché (EMIR). Selon lui, cette révision conduirait à ce que plusieurs chambres de compensation de produits dérivés américaines soient placées sous la supervision directe des régulateurs européens, ce qui pourrait fragmenter le marché et augmenter le risque systémique aux États-Unis.

Tarbert a également encouragé les régulateurs financiers américains et leurs homologues internationaux à harmoniser leurs exigences relatives aux marges des produits dérivés non compensés (margin for uncleared swaps).

 

Le Treasury va publier les données des échanges sur le marché de la dette publique américaine

Le 23 septembre, à l’occasion d’une conférence organisée par la Fed de New York, Justin Muzinich, le secrétaire adjoint au Treasury, a annoncé la publication, dès 2020 et à un rythme hebdomadaire, de données relatives aux échanges de dette publique américaine, en collaboration avec la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA), un organisme d’autorégulation des marchés financiers.

Ces données, qui sont collectées depuis 2017 par la FINRA au travers de son outil TRACE (Trade Reporting and Compliance Engine), porteront sur les volumes, les marchés, les plateformes et les types de titres échangés.

Cette démarche a vocation à permettre au Treasury et aux participants du marché de mieux comprendre certains événements, à l’instar du flash rally du 15 octobre 2014 sur les marchés des bons du Trésor américains.

 

La ville de New York veut créer un dispositif d’épargne-retraite pour les salariés du privé

Le 23 septembre, le maire de New York et ex-candidat à la primaire démocrate pour l’élection présidentielle de 2020, Bill de Blasio, a proposé d’instaurer un dispositif public d’épargne-retraite pour les salariés ne bénéficiant pas d’un plan de retraite collective dans leur entreprise (dit plan « 401(k) »).

Les salariés éligibles à ce dispositif (notamment les employés à temps partiel travaillant plus de 20 heures par semaine) confieraient la gestion financière de leur épargne-retraite à un organisme public, en pouvant l’abonder par des prélèvements automatiques sur leur salaire. Le dispositif garantirait par ailleurs la portabilité de cette épargne en cas de changement d’emploi.

Avec cette proposition, Bill de Blasio entend faire de New York la première ville américaine à se doter d’un tel programme, imitant des initiatives semblables prises l’an dernier par plusieurs États américains, comme l’Oregon, la Californie et l’Illinois. Plus d’un million et demi de travailleurs new-yorkais n’auraient pas accès à un plan d’épargne-retraite d’entreprise et 40 % des New-Yorkais aujourd’hui âgés de 50 à 64 ans disposeraient d’une épargne-retraite inférieure à 10 000 USD.

 


 

Brèves

 

-Le 24 septembre, le Department of Labor (DOL) a adopté une règle relative à la rémunération des heures supplémentaires (au-dessus de 40 heures travaillées par semaine). La règle relève le seuil salarial maximum exigé pour prétendre à la majoration du taux horaire, ce qui étendrait l’accès à une rémunération plus élevée pour 1,3 million de travailleurs supplémentaires.

 

-Le 26 septembre, la SEC a adopté une règle visant à étendre à toutes les entreprises le dispositif actuellement offert aux petites entreprises pour s’introduire en bourse, en leur permettant de sonder l’intérêt des investisseurs institutionnels préalablement à l’enregistrement de leur introduction en bourse (test-the-waters).

 

-Le 26 septembre, la SEC a publié une proposition de règle visant à introduire davantage de transparence et de protection pour les investisseurs individuels sur les marchés de titres de gré à gré. La règle exigerait des courtiers qu’ils s’assurent de la disponibilité de certaines informations sur une entreprise émettrice de titres avant de proposer ses titres aux investisseurs individuels. La proposition est soumise à commentaire public pendant 60 jours.

 

-Le 26 septembre, lors d’une intervention à l’occasion d’un séminaire du conseil de stabilité financière (Financial Stability Board, FSB), le président du FSB et par ailleurs vice-président de la Fed chargé de la supervision, Randal Quarles, a souligné l’importance de la coopération internationale entre les régulateurs internationaux en matière de stabilité financière.

 

-Le 23 septembre, John Williams, le président de la Fed de New York, a enjoint les banques américaines à préparer leur transition vers un indice de référence alternatif au LIBOR, préférentiellement le Secured Overnight Financing Rate (SOFR) recommandé par l’Alternative Reference Rates Committee (ARRC) américain (« the clock is ticking »).

 

-Le 24 septembre, David Marcus, le responsable de Facebook chargé du projet Libra, a adressé une lettre à Emanuel Cleaver, membre de la commission des services financiers de la Chambre des Représentants, indiquant que Facebook ne lancerait pas sa monnaie virtuelle tant que toutes les préoccupations réglementaires n’auraient pas été résolues.

 

-Le 25 septembre, la Chambre des Représentants a voté de manière bipartisane en faveur d’une proposition de loi qui rendrait légal le financement par les banques d’entreprises dont l’activité est liée à la consommation de cannabis. Le texte de loi doit désormais être examiné par le Sénat.

 

-Le 23 septembre, Brad Katsuyama, le co-fondateur et PDG de la plateforme boursière IEX (Investors Exchange), a annoncé la fin de l’activité de cotation d’entreprises d’IEX, n’étant pas parvenu à concurrencer le duopole constitué par les plateformes ICE et Nasdaq.

 

-Le 22 septembre, IntercontinentalExchange Inc. (ICE, maison-mère du New York Stock Exchange), a inauguré sa plateforme boursière destinée aux échanges de contrats à terme (Futures) sur les Bitcoins. Le lancement de cette plateforme avait été repoussé deux fois depuis 2018.

 

-Le 26 septembre, le Sénat a confirmé la nomination d’Eugene Scalia au poste de secrétaire au Travail. Il remplace à cette fonction Alexander Acosta, démissionnaire.

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