Washington Wall Street Watch n°2017-5

Washington Wall Street Watch n°2017-5

Crédit photo : F. Jonkisz

Cette semaine au sommaire du Washington Wall Street Watch

Sommaire :

  • Comme attendu, la Fed n’a pas fait évoluer ses taux d’intérêt à l’issue de la réunion du FOMC.
  • D. Trump continue de constituer ses équipes économiques, mais fait face à une forte résistance des Démocrates au Sénat.
  • Peter Navarro critique les excédents courants allemands.
  • La Fed supprime le volet qualitatif des procédures de validation des plans de distribution de capital (CCAR) pour certaines banques aux actifs inférieurs à 250 Mds USD.
  • Patrick McHenry, vice-président républicain du comité des finances de la Chambre des Représentants, a envoyé une lettre à Janet Yellen demandant à la Fed de stopper les négociations internationales en matière de régulation financière.

 

Politique monétaire – Statu quo lors de la réunion du FOMC

A l’issue de sa réunion du comité de politique monétaire (FOMC) de cette semaine, la Fed a laissé ses taux inchangés. Le communiqué évolue très peu et ne fait pas mention des sujets de politique économique liés la nouvelle administration. Comme attendu, la réunion du FOMC a donné lieu à un statu quo : la fourchette de son taux-cible reste inchangée à [0,5% ; 0,75%], décision prise à l’unanimité des membres. Le communiqué n’introduit que des évolutions minimes par rapport à décembre et prend note d’une croissance modérée de l’activité économique et d’un marché du travail toujours solide. La Fed souligne également la récente amélioration de la confiance des consommateurs et des entreprises. Les membres anticipent toujours une convergence de l’inflation vers la cible de 2 % mais ne mentionnent plus les effets négatifs liés aux prix de l’énergie. Malgré les déclarations récentes de plusieurs membres du comité sur les conséquences d’une politique budgétaire trop expansionniste, le communique se garde tout commentaire car les contours de ce stimulus budgétaire demeurent incertains.

 

Administration Trump – Nominations au Sénat

Les confirmations par le Sénat des candidats désignés par D. Trump aux postes clés de son administration se poursuivent, et continuent d’être contestées par les Démocrates. Le processus a pris un certain retard : en comparaison, au 1er février 2009 B. Obama avait rempli 4 postes économiques clés qui sont aujourd’hui vacants dans l’Administration Trump (Trésor, Office of Management and Budget, Securities and Exchange Commission, Council of Economic Advisors). Les candidats qui ont été confirmés ces derniers jours sont notamment E. Chao au Département des transports et R. Tillerson aux affaires étrangères. Les Démocrates ont entre-temps décidé de bloquer les nominations de Scott Pruitt à la tête de l’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA), de Tom Price à la Santé, et surtout de Steven Mnuchin au Trésor, en boycottant les séances de vote au sein des comités du Sénat. Face à ce blocage, en particulier pour le vote de confirmation de Steven Mnuchin, les Républicains ont décidé mercredi 2 février de suspendre les règles du comité pour renvoyer le vote de confirmation directement en assemblée plénière, pour lequel aucune date n’a encore été fixée.

 

Change – Prises de positions sur la politique économique de l’Allemagne

Peter Navarro, conseiller principal sur les questions de commerce international, a effectué des déclarations critiques à l’égard de l’Allemagne cette semaine dans la presse, notamment liées à des accusations de manipulation de change. Dans un entretien donné mardi 31 janvier au Financial Times, Peter Navarro a accusé l’Allemagne d’utiliser un euro sous-évalué pour « exploiter » ses partenaires commerciaux. Il a assimilé l’euro à un « Deutsche Mark implicite » dont la faiblesse avantage les exportations allemandes dans les échanges commerciaux avec les Etats-Unis et les autres partenaires de la zone euro. P. Navarro, qui est aussi directeur du nouveau National Trade Council rattaché à la Maison blanche, considère que les négociations du traité de libre-échange transatlantique (TTIP) sont bloquées par cette position de l’Allemagne qui transforme, selon lui, l’accord bilatéral entre zones en un accord multilatéral (« A big obstacle to viewing TTIP as a bilateral deal is Germany. […] The German structural imbalance in trade with the rest of the EU and the US underscores the economic heterogeneity [diversity] within the EU — ergo, this is a multilateral deal in bilateral dress »). Cette accusation intervient dans un contexte où le Trésor américain avait déjà alerté sur les risques posés par l’excédent commercial allemand, l’Allemagne remplissant deux des trois critères mis en avant par le Trésor pour identifier les comportements de manipulation de change (un important surplus commercial bilatéral avec les Etats-Unis, un surplus de balance courante supérieur à 3 % du PIB, des interventions répétées pour éviter une appréciation de la devise).

 

Fed – Plans de distributions de capital des banques

La Réserve fédérale américaine a publié le 30 janvier 2017 une règle supprimant le volet qualitatif des procédures de validation des plans de distribution de capital (Comprehensive Capital Analysis and Review, CCAR) pour les banques qui ne sont pas qualifiées de « complexes » par la Fed. Ces banques doivent disposer d’actifs consolidés compris entre 50 Mds USD et 250 Mds USD, des actifs non bancaires inférieurs à 75 Mds USD , et ne doivent pas avoir été désignés comme des banques mondiales d’importance systémique (G-SIB). Les banques concernées par ce changement sont essentiellement des banques régionales et des holdings intermédiaires de banques étrangères (Intermediate Holding Company, IHC), dont BNP Paribas. Se fondant sur les plans de distribution en capital envisagés par les établissements bancaires (rachats d’actions, mises en réserve ou distribution de dividendes), la Fed évalue l’impact de cette distribution de capital sur les ratios prudentiels dans un scénario de stress (aspect quantitatif) mais en jugeant également la qualité du processus de planification des fonds propres (aspect qualitatif). En cas d’échec au CCAR, la Fed peut bloquer partiellement ou totalement la distribution de dividendes aux actionnaires, ou de capital vers la maison-mère. La règle entre en vigueur pour le cycle 2017 des CCAR.

 

Régulation bancaire – Lettre du Congressman Mc Henry à Janet Yellen

Le Vice Chairman républicain du comité des services financiers de la Chambre des Représentants, Patrick McHenry, a envoyé mardi une lettre à Janet Yellen demandant à la Fed d’arrêter toute tentative de négociation de standards internationaux contraignants, en attendant de clarifier les nouvelles orientations souhaitées par l’Administration Trump.

Cette lettre s’inscrit dans un ensemble plus large de projets visant à accroître le contrôle du Congrès sur les agences de régulation financière et à limiter les pouvoirs autonomes de ces dernières. Diverses propositions de loi ont été introduites récemment afin de contraindre des agences telles que la Fed, la Securities and Exchange Commission (SEC) et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), à la fois dans le cadre de leurs négociations internationales mais aussi dans celui de la mise en œuvre de règles domestiques, via notamment (i) l’obligation de mener des analyses coûts-bénéfices pour jusitifier toute nouvelle règle ou accord, (ii) le plafonnement des budgets ou (iii) une consultation obligatoire du Congrès.

 

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