Washington Wall Street Watch n°2016-40

Washington Wall Street Watch n°2016-40

Sommaire :

  • Le FOMC a maintenu le taux-cible fed funds dans la fourchette [0,25-0,5 %] suite à sa réunion des 1er et 2 novembre
  • Le Secrétaire au Trésor américain a plaidé pour une transition en douceur du Royaume Uni vers la sortie de l’UE
  • Les principaux assureurs américains ont publié leurs résultats du troisième trimestre 2016
  • Les régulateurs américains ont publié une proposition de règle visant à faciliter le recours à des assurances privées contre les inondations dans les prêts immobiliers
  • Des représentants du Trésor américain se sont exprimés sur les réformes à mettre en œuvre pour réformer le marché du financement immobilier résidentiel aux Etats-Unis

 

FED – Réunion du Comité de Politique Monétaire

Le Comité de Politique Monétaire de la Fed (FOMC) a maintenu le taux-cible fed funds dans la fourchette [0,25-0,5 %] suite à sa réunion des 1er et 2 novembre. Cette décision a été prise à une majorité de 8 voix contre 2 (celles d’E. George et de L. Mester, qui se sont prononcés en faveur d’une hausse des taux de 25pb dès novembre). Le communiqué a été très peu modifié par rapport à celui de septembre, à quelques exceptions ; il mentionne l’amélioration des perspectives d’inflation et souligne que les arguments en faveur d’une hausse des taux ont continué à se renforcer (« continued to strengthen  »). Les observateurs de marché ont interprété ce communiqué comme une confirmation de la probabilité d’une hausse lors de la réunion de décembre.

Brexit – Déclarations de Jack Lew

Le Secrétaire au Trésor américain, Jack Lew, a plaidé lundi pour une transition en douceur vers la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne (smooth Brexit). Après une réunion avec les représentants de l’industrie britannique à Londres lundi, Jack Lew a déclaré que la Royaume Uni et l’UE devaient s’assurer que leurs économies restent « très intégrées » après le Brexit. Il a insisté sur le fait qu’un processus fluide, transparent et coopératif, aboutissant à des relations économiques très intégrées, était dans l’intérêt de l’Europe, des Etats-Unis et de l’économie mondiale. Il a ajouté que les Etats-Unis restaient engagés à maintenir des relations privilégiées avec le Royaume Uni et un partenariat fort avec l’Europe. Le Secrétaire Lew a notamment rencontré à cette occasion des dirigeants de Barclays, Standard Chartered, la London Stock Exchange, Citigroup et JP Morgan.

Assurance – Publication des résultats du 3ème trimestre 2016

Les principaux assureurs américains ont publié leurs résultats du 3ème trimestre 2016. Les assureurs vie ont fait état de résultats globalement positifs, malgré le maintien de l’environnement de taux bas qui dégrade leurs résultats financiers, et les incertitudes réglementaires qui pèsent sur des produits traditionnellement rentables comme les annuités variables. Si MetLife (bénéfice d’exploitation doublé à 1,4 Md USD) et Prudential (+7,3% à 1,2 Md USD) ont dépassé les estimations des analystes du marché, AIG a fait état de profits moins élevés qu’attendu (bénéfice d’exploitation à 1,1 Md USD), en raison notamment des coûts importants liés à ses efforts récent de restructuration (réduction des activités et augmentation des versements aux actionnaires). MetLife a notamment annoncé une augmentation de 6% de ses revenus d’investissement nets, dûs notamment à une performance solide sur les marchés de ses participations dans des instruments financiers non cotés (private equity). Prudential continue d’être sur une trajectoire qui devrait lui permettre de dépasser MetLife en tant que leader du marché de l’assurance vie, porté notamment par d’importantes activités internationales et l’élargissement de ses opérations dans les secteurs des retraites et de la gestion d’actifs. La valeur boursière des actions d’AIG a chuté de 3,4% suite à l’annonce, celles de MetLife ont augmenté de 2,5%, les autres sont restées relativement stables.

Banques – utilisation des assurances inondations en garanties de prêts immobiliers

Cinq agences fédérales régulant les banques (Fed, Office of the Comptroller of the Currency, Federal Deposit Insurance Corporation notamment) ont publié une proposition de règle visant à faciliter le recours à des assurances privées contre les inondations dans le cadre de l’octroi de prêts immobiliers, afin de réduire le recours au fonds de garantie public. Le Biggert Waters Act, adopté en 2012, oblige les banques à accepter des assurances privées respectant certaines conditions (montant des primes et des frais, nature et montant des couvertures, reconnaissance par les régulateurs assurance des Etats fédérés) dans le cadre de l’octroi d’un prêt immobilier. Historiquement, les banques n’acceptaient que les prêts émis par le fonds fédéral d’assurance des inondations, mais les législateurs souhaitent le transfert d’une partie du risque vers les assureurs privés afin de soulager le fonds, en difficulté financière. Les règles publiées cette semaine visent à aider les banques à identifier les assurances privées qu’elles sont obligées d’accepter dans le cadre de la loi, en clarifiant les conditions que les assureurs doivent remplir. La proposition permet également de rappeler que les banques conservent toute liberté de refuser des assurances privées ne rentrant pas dans ces critères. La proposition de règle sera soumise à une période de recueil des commentaires publics pendant 60 jours, puis sera finalisée.

Financement du marché immobilier résidentiel

Deux représentants du Trésor américain, Antonio Weiss, Conseiller du Secrétaire au Trésor, et Karen Dynan, Chef économiste, ont publié le 26 octobre 2016 une tribune sur les réformes qui pourraient être mises en œuvre sur le marché du financement immobilier résidentiel aux Etats-Unis. Selon les auteurs, la priorité serait d’étendre l’accès à la propriété, en particulier pour les primo-accédants et les ménages aux notations de crédit les plus faibles. La situation actuelle conduirait selon eux à une moindre mobilité géographique aux Etats-Unis et à des pressions inflationnistes sur les loyers. Leur tribune mentionne le quasi-consensus sur la nécessité de mettre un terme à la tutelle par le gouvernement américain des Government Sponsored Enterprises (GSEs), Fannie Mae et Freddie Mac, afin d’aboutir à un système soutenable, transparent et sûr. Les auteurs se prononcent par ailleurs en faveur de subventions croisées des prêts immobiliers, par l’intermédiaire d’une facturation homogène pour la garantie du risque de défaut.

Cette prise de position intervient alors que pour la première fois depuis 30 ans, la part des crédits immobiliers octroyés par les institutions de dépôts est passé sous le seuil de 50% au 3ème trimestre 2016, d’après une étude publiée le 27 octobre 2016 par le journal spécialisé Inside Mortgage Finance. Les banques sont progressivement remplacées par des prêteurs non bancaires (nonbank lenders), davantage enclins à prendre des risques et soumis à une moindre pression réglementaire. Ces nouveaux acteurs ont en particulier gagné des parts de marché sur le segment des ménages aux notations de crédit les plus faibles. Les prêts qu’ils octroient peuvent également être garantis par les GSEs, et par conséquent l’essentiel des pertes en cas de défaut sont in fine supportées par le gouvernement américain. Certains observateurs s’inquiètent toutefois des risques que pourraient poser les nonbank lenders pour la stabilité financière, en cas de retournement économique.

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