Washington Wall Street Watch n°2016-39

Washington Wall Street Watch n°2016-39

Sommaire :

  • Les régulateurs financiers américains renforcent l’encadrement du marché des Treasuries
  • La Réserve fédérale maintient à 0% le coussin de fonds propres contracyclique pour les plus grandes banques américaines.
  • L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) annonce la création d’une entité dédiée à l’innovation dans les services financiers
  • Les six plus grandes banques américaines ont publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes du marché, en raison notamment de l’évolution favorable de leurs activités de trading.

 

Régulation du marché des Treasuries

La Securities and Exchange Commission  (SEC) a approuvé le 19 octobre 2016 une règle exigeant le reporting par les brokers à la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA)  de certaines transactions sur les bons du Trésor américain (Treasuries), à travers le système Trade Reporting and Compliance Engine (TRACE), déjà utilisé pour les transactions sur les obligations d’entreprise (corporate bonds). L’entrée en vigueur de cette exigence a été fixée au 10 juillet 2017. Pour le moment, les informations sur ces transactions ne seront pas diffusées dans un premier temps (les régulateurs souhaitant travailler dès que possible aux modalités de publication des données) et seront donc uniquement utilisées par les régulateurs pour mieux comprendre le fonctionnement du marché. Cette règle devrait permettre de capturer 90% des transactions sur le marché secondaire des Treasuries. Pour compléter les 10% restants, la Réserve fédérale a annoncé le 21 octobre 2016 qu’elle avait l’intention de collecter les données sur les transactions entre banques, afin de les fournir à la FINRA.

Le marché des Treasuries, qui représente USD 13 400 Mds et est considéré comme le plus profond et liquide au monde, est devenu plus volatile depuis plusieurs années, comme l’a révélé l’épisode de « Flash Crash » du 15 octobre 2014 au cours duquel le taux des bons du Trésor à 10 ans avait chuté de 37pb sans raison économique apparente. Les régulateurs américains (Trésor, Fed, SEC, CFTC) avaient publié en juillet 2015 un rapport commun qui n’apportait pas de conclusions claires sur les événements, et recommandait une série d’analyses complémentaires et un suivi régulier du marché des Treasuries ainsi que l’élaboration d’instruments de mesure de la liquidité plus adaptés aux changements qu’a connu ce marché avec l’essor du trading électronique. Le Trésor avait ensuite lancé un appel à consultation en janvier 2016 sur les changements structurels du marché des Treasuries et sur leurs implications sur le fonctionnement du marché. Cette nouvelle exigence de la FINRA fait suite à ces initiatives des régulateurs américains.

La Présidente de la SEC, Mary Jo White, a indiqué le 24 octobre 2016 qu’elle était favorable à un alignement de la régulation du marché des Treasuries sur celui des actions (equities). Selon elle, le reporting public des données de transactions devra être accru, afin de rendre le marché plus transparent pour les investisseurs. Les firmes de trading propriétaire devront s’enregistrer en tant que dealers et être soumises à la supervision de la SEC. Enfin, les plateformes de trading devront faire l’objet d’un encadrement plus strict.

Fed – Coussin contracyclique

La Réserve fédérale a annoncé le 24 octobre 2016 que le coussin de fonds propres contracyclique pour les plus grandes banques américaines sera maintenu à 0%. Le coussin contracyclique est un outil macroprudentiel qui peut être utilisé pour renforcer la résilience du système financier en augmentant les exigences en capital en cas de risque élevé de pertes. Afin de déterminer les paramètres du coussin, la Fed prend en compte une série de facteurs, parmi lesquels les niveaux d’endettement du secteur non-financier et du secteur financier, la transformation de liquidité et de maturité dans le secteur financier, et les pressions sur les valorisations d’actifs. Le coussin s’applique aux banques soumises à l’« approche avancée », c’est-à-dire essentiellement les banques ayant plus de 250 Mds USD d’actifs consolidés ou plus de 10 Mds USD d’exposition à l’international, ainsi que les filiales de dépôts de ces institutions. Pour prendre sa décision, la Fed avait consulté le Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) et l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC).

Fintechs – Réorganisation de l’OCC

L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) a annoncé la creation d’une entité dédiée à l’innovation dans les services financiers, ainsi que le lancement d’un programme pilote dédié aux fintechs, en lien avec l’industrie. L’OCC affirme sa volonté developer des relations et dialoguer avec les starts-ups, mais également avec les banques, en dehors de son role de supervision et de régulateur. Sans aller jusqu’à la mise en place de bacs à sable réglementaires ou à l’exemption de certaines règles, l’OCC accompagnera dans le cadre de son programme pilote les initiatives des banques qu’il supervise déjà, ainsi que celles des fintechs ayant des partenariats avec des banques sous son autorité. Par ailleurs, l’OCC a annoncé qu’un papier blanc sur la mise en place éventuelle d’une licence fédérale dédiée aux fintechs sera publié d’ici la fin de l’année.

Banques – Résultats du 3ème trimestre 2016

Les six plus grandes banques américaines ont publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes du marché, en raison notamment de l’évolution favorable de leurs activités de trading, liée à la volatilité des marchés suite au Brexit et aux spéculations sur l’évolution des politiques monétaires aux Etats-Unis, en Europe et au Japon.

Sur le 3ème trimestre 2016, Goldman Sachs a ainsi vu ses revenus tirés du trading d’obligations, de matières premières et de changes progresser de 34% à 1,96 Mds USD. Son bénéfice net est en hausse de 58% à 2,10 Mds USD.

Morgan Stanley a enregistré un bond de près de 62% de son résultat net trimestriel (à 1,52 Mds USD), en raison notamment de la très forte augmentation de ses revenus tirés des activités de taux fixe (doublement à 1,5 Mds USD).

Le résultat net de Bank of America est en hausse de 6,6% à 4,45 Mds USD, et s’explique notamment par une augmentation de 39% de ses revenus issus du courtage d’obligations, de devises et de matières premières.

JPMorgan Chase a publié un bénéfice trimestriel en baisse de 7,6% à 6,29 Mds USD, conséquence d’une important effet fiscal (le résultat du troisième trimestre 2015 intégrait un gain fiscal de 2,2 Mds USD), mais son produit net bancaire (+8,4% par rapport au 3ème trimestre 2015) et ses profits ont dépassé les attentes du marché.

Citigroup a réalisé un résultat net en retrait de 11% à 3,84 Mds USD, mais supérieur aux attentes du marché, grâce à la bonne performance des activités de courtage et aux réductions de coûts.

La banque Wells Fargo, dont le PDG John Stumpf vient de démissionner après un scandale lié à l’ouverture de comptes fictifs, a enregistré lors du troisième trimestre des résultats en baisse mais supérieurs aux attentes du marché. Le bénéfice net a atteint 5,64 Mds USD, en baisse de 2,6% sur un an. Le chiffre d’affaires a atteint 22,33 Mds USD, en progression de 2%.

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