Washington Wall Street Watch 2020-08

Washington Wall Street Watch 2020-08

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture                                                                            

-La menace d’une épidémie de coronavirus conduit à une forte correction des marchés actions

Politiques macroéconomiques                                                                       

-Les responsables de la Fed n’envisagent pas encore de réponse à l’épidémie de coronavirus

-Le Congrès étudie une loi de finances rectificative en préparation de cette menace

Régulation financière                                                                                       

-La CFTC propose plusieurs modifications des exigences de reporting des transactions de dérivés

-L’administration répond aux élus démocrates sur son projet de réforme du financement de l’immobilier

Brèves


                                                                                                                                                            

Conjoncture                                                                                  

 

La menace d’une épidémie de coronavirus conduit à une forte correction des marchés actions

Les principaux indices boursiers américains (le S&P 500, le Dow Jones et le Nasdaq) ont connu plusieurs séances consécutives de fortes baisses entre les 21 et 27 février, pour un recul cumulé de l’ordre de 10,5 %. Ce mouvement baissier s’est accompagné d’une forte hausse de la volatilité : le VIX, l’indicateur de volatilité du S&P 500, a atteint 39,2 points au terme de la séance du 27 février (+22 points depuis le 21 février), atteignant ainsi son plus haut depuis août 2015.

                                                                 Source : Thomson Reuters

Cet épisode d’aversion au risque se traduit également par une « fuite vers la qualité » : les taux d’intérêt souverains américains à 2 ans et à 10 ans ont atteint des respectivement 1,11 % et 1,3 % (-23 et -16 points de base depuis le 21 février), le taux à 10 ans enregistrant à un point bas historique.

                                                        Courbe des taux d’intérêt des obligations d’État

                                                                        Source : U.S. Treasury

 


 

Politiques macroéconomiques                                                

 

Les responsables de la Fed n’envisagent pas encore de réponse à l’épidémie de coronavirus

 Dans un discours à Washington le 25 février, Richard Clarida, le vice-président de la Fed, a indiqué que la Fed surveille attentivement l’évolution de l’épidémie de coronavirus, mais a estimé « qu’il est encore trop tôt pour ne serait-ce que spéculer sur l’ampleur et la persistance de ces effets ou même pour savoir s’ils vont altérer les perspectives économiques ».

Cette position fait écho aux déclarations d’autres membres du comité de politique monétaire de la Fed. Robert Kaplan, le président de la Fed de Dallas, a expliqué dans un entretien au Wall Street Journal que le manque de recul et le degré d’incertitude devaient inciter à une grande prudence avant de décider d’une baisse des taux d’intérêt. Loretta Mester, la présidente de la Fed de Cleveland, a souligné le risque économique lié au problème sanitaire mais insisté sur les incertitudes entourant l’épidémie. Enfin, selon le président de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari,  il conviendra de disposer de davantage d’informations sur l’épidémie avant toute décision.

Malgré ces déclarations, les investisseurs ont sensiblement révisé leurs anticipations de taux d’intérêt directeurs. Ils créditent l’hypothèse d’une baisse de taux d’intérêt de 25 points dès la réunion de politique des 17 et 18 mars d’une probabilité d’environ 75 %, selon les contrats futures fed funds.

 

Le Congrès étudie une loi de finances rectificative en vue de cette menace

 L’extension de l’épidémie de COVID-19 a conduit l’administration Trump à demander, le 24 février, une augmentation du budget de département de la Santé de 2,5 Md USD au titre de l’exercice budgétaire 2020.

Les parlementaires, Républicains comme Démocrates, ont repoussé la proposition de la Maison-Blanche, la jugeant insuffisante et critiquant ses modalités (réutilisation de fonds dédiés à la lutte contre le virus Ebola, réallocation d’autres crédits, etc.). Déçus des travaux de l’administration, les parlementaires ont donc entamé des discussions bipartisanes sur une loi de finances rectificative (supplemental appropriation bill) d’un montant d’au moins 6 Md USD. Son examen est prévu pour la semaine du 9 mars.

D.Trump a fait savoir au cours d’une conférence de presse consacrée à l’urgence sanitaire qu’il suivrait l’initiative du Congrès en la matière.

 


 

Régulation financière                                                      

 

La CFTC propose plusieurs modifications des exigences de reporting des transactions de dérivés

 Le 20 février, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur des marchés dérivés, a adopté deux propositions de règles  relatives aux obligations de reporting des données sur les échanges de dérivés.

Ces propositions visent à simplifier les règles encadrant la collecte et la distribution des données de swaps, en exemptant notamment certains utilisateurs finaux (tels que ceux y recourant de façon occasionnelle dans une stratégie de couverture de leur risque commercial) de certaines obligations de reporting, en supprimant l’obligation de transparence pour les swaps conçus pour neutraliser le risque d’un contrat antérieur (swaps « miroirs ») et en accordant un délai de 48 heures pour le reporting des transactions concernant un grand nombre de contrats (block transactions).

Par ailleurs, ces propositions introduisent des exigences de reporting de marge pour les opérations de dérivés non compensés qui, jusque-là, en étaient exemptés. Dans son commentaire public, Heath Tarbert, le président de la CFTC, a estimé que la mise en place d’obligations de transparence pour ces swaps permettrait d’aligner davantage le régime américain avec les cadres internationaux, citant notamment l’autorité européenne des marchés financiers (ESMA).

Ces propositions, adoptées à l’unanimité des cinq commissaires de la CFTC, feront l’objet d’une période de commentaires de 90 jours.

 

L’administration répond aux élus démocrates sur son projet de réforme du financement de l’immobilier

 Dans une lettre en date du 11 février adressée à plusieurs sénateurs démocrates, Steven Mnuchin, le Secrétaire au Trésor, et Mark Calabria, le directeur de  la Federal Housing  Finance Agency, ont précisé la feuille de route de l’administration au sujet du projet de réforme, publié en septembre 2019, du financement de l’immobilier américain.

Mnuchin et M. Calabria y ont en particulier détaillé leur vision pour la fin de la mise sous tutelle de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux principales entreprises parapubliques  (government-sponsored entreprises, GSE) chargées de la titrisation du marché immobilier. Ils y spécifient entre autres que les GSE pourraient conserver une forme de garantie publique (« limited and tailored government support») après leur privatisation, et confirment qu’elles devraient prochainement procéder à une levée de capital, sans toutefois en préciser les modalités.

Par ailleurs, la Maison-Blanche a annoncé, le 20 février, la nomination de Dana Wade au poste de commissaire de la Federal Housing Administration. Ce choix devra être confirmé par le Sénat.

 


 

Brèves                                                                                                 

 

-Le 25 février, la banque J.P. Morgan a annoncé qu’elle allait recourir de manière occasionnelle à la facilité de prêt marginale (discount window) de la Fed afin de réduire le signal négatif généralement associé à son utilisation. Conçu pour apporter de la liquidité aux établissements en cas d’urgence, ce dispositif est largement délaissé par les banques car son utilisation est rendue publique et est associée à un signal de marché négatif (stigma). J.P. Morgan a indiqué que cette décision faisait suite à des discussions avec la Fed en lien avec les problèmes apparus sur le marché interbancaire en septembre 2019.

 

-Le 14 février, le régulateur financier de l’État de Massachusetts a finalisé une règle relative aux obligations fiduciaires des conseillers en investissement financier (investment advisers) et des courtiers (brokers). Cette règle serait la première règle d’un régulateur infra-fédéral qui s’éloignerait du standard établi en 2019 par la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers (Regulation Best Interest). Les régulateurs des États du New Jersey et du Nevada étudient également la création de leurs propres règles en la matière.

 

-Le 21 février, le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB) a proposé un addendum (supplemental notice) à sa Regulation F de 2019, qui obligerait les agents de recouvrement à informer les débiteurs d’un éventuel dépassement du délai de prescription de leur dette.

 

-Le 25 février, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) a publié les résultats consolidés des 5 177 institutions dont elle assure la supervision. Au quatrième trimestre 2020, leur résultat net agrégé s’est élevé à 55,2 Md USD, soit une baisse de 6,9 % en glissement annuel. Sur l’ensemble de l’exercice 2019, le résultat net de ces banques a atteint 233,1 Md USD (en baisse de 1,5 % par rapport à 2018).

 

-Dans un document publié le 5 février, le Département de la Justice a soutenu la proposition de règle de la SEC du 5 novembre 2019 relative au régime des agences en conseil de vote (proxy advisors). Selon le Département de la Justice, cette règle, qui prévoit entre autres de donner aux sociétés cotées la possibilité de consulter les commentaires et recommandations de vote avant que ceux-ci ne soit diffusés auprès des actionnaires, permettrait d’accroître le niveau de transparence et de concurrence sur le marché des proxy advisors.

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