Washington Wall Street Watch 2020-07

Washington Wall Street Watch 2020-07

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture                                                                            

-La production industrielle a de nouveau reculé en janvier

Politiques macroéconomiques                                                                       

-La Fed considère que le niveau des taux d’intérêt reste approprié

-La Fed discute de l’interaction entre politique monétaire et stabilité financière

Régulation financière                                                                                       

-Le président de la CFTC identifie trois risques pour le système financier américain

Brèves

 


                                                                                                                                                            

Conjoncture

                                                                                 

La production industrielle a de nouveau reculé en janvier

L’indice de production industrielle enregistre une baisse de 0,3 % en janvier selon les données publiées le 14 février par la Fed, ce qui amplifie la contraction de l’activité constatée en décembre (-0,4 %). Ce résultat négatif est imputable aux secteurs de l’énergie (-4 %) et des biens d’équipement des entreprises (-2,6 %). Sur un an, la production industrielle recule de 0,8 %.

Le taux d’utilisation des capacités de production fléchit également, à 76,8 % (-0,3 point).

 


 

Politiques macroéconomiques                                                

 

La Fed considère que le niveau des taux d’intérêt reste approprié

Le procès-verbal de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) des 28 et 29 janvier confirme la confiance de la banque centrale américaine dans l’orientation actuelle de la politique monétaire, qu’elle considère adéquate au regard de la situation favorable du marché du travail et des multiples risques susceptibles de fragiliser l’activité. La Fed se montre légèrement plus optimiste sur les perspectives économiques que lors du précédent FOMC et elle estime que la ratification du nouvel accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, la récente signature d’un pré-accord entre les États-Unis et la Chine ainsi que les perspectives d’un Brexit ordonné contribuent à réduire le degré d’incertitude. Le risque lié à l’épidémie de coronavirus est brièvement mentionné, sous l’angle de ses effets sur les prix des actifs et de la situation sanitaire en Chine.

Au titre de la revue stratégique qu’elle a entamée en janvier 2019, la Fed a également discuté de l’opportunité de communiquer autour d’une cible d’inflation sous forme de fourchette (range) à la place d’un chiffre précis. S’ils regrettent que le passage, en mai 2018, à un objectif d’inflation « symétrique » ait pu laisser croire que la Fed tolérait une inflation inférieure à 2 %, les responsables de la Fed se montrent cependant sceptiques sur l’efficacité d’une logique de fourchette.

 

La Fed discute de l’interaction entre politique monétaire et stabilité financière

Toujours dans le cadre de la revue stratégique (cf. supra), le FOMC des 28 et 29 janvier a longuement discuté de la relation entre la politique monétaire et les enjeux de stabilité financière.

La Fed estime que les ajustements de la politique monétaire ont des effets limités sur les différents facteurs affectant la stabilité financière (prise de risque, valorisation des actifs, liquidité, etc.) mais reconnaît qu’une période prolongée de taux d’intérêt faibles est de nature à alimenter la formation de déséquilibres financiers.

Débattant des mesures préventives pour enrayer ces risques, les responsables de la Fed considèrent que les instruments macro-prudentiels doivent être utilisés en premier ressort, tout en déplorant qu’ils n’agissent que sur le secteur bancaire sans atteindre les institutions financières non bancaires. Un resserrement de la politique monétaire pour réduire ces risques n’est envisagé qu’en cas d’inefficacité des leviers macro-prudentiels, la Fed estimant qu’un tel resserrement pénaliserait l’économie réelle.

 


 

Régulation financière                                                      

 

Le président de la CFTC identifie trois risques pour le système financier américain

Dans un discours prononcé le 10 février à l’Economic Club of New York, Heath Tarbert, le président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur américain des marchés des dérivés, a expliqué que le Brexit représentait une opportunité pour l’attractivité de la place financière de New York. Il a cependant identifié trois risques qui menaceraient aujourd’hui la suprématie de New York comme place financière internationale.

Il a d’abord évoqué la « diabolisation » du secteur financier et, plus généralement, du monde des affaires, dans le débat politique américain. Pour l’illustrer, il a cité les propositions de taxe sur les transactions financières (TTF), qui émanent notamment de candidats à la primaire du parti démocrate. Selon H. Tarbert, une telle taxe serait néfaste à tous les investisseurs et, plus particulièrement, aux salariés qui épargnent pour leur retraite. La TTF serait même, selon lui, incompatible avec le modèle capitaliste américain.

Il a ensuite présenté la fragmentation des marchés financiers internationaux comme étant une source de volatilité préjudiciable au financement de l’économie réelle. Selon lui, le cadre prudentiel issu de la dernière crise financière, notamment la réglementation des plateformes d’échange de produits dérivés (SEF) introduite par le Dodd-Frank Act en 2010, a pénalisé les transactions financières transfrontalières. Il a également réitéré les critiques de la CFTC à l’égard de la nouvelle réglementation européenne relative aux infrastructures de marché (EMIR 2.2), en déplorant que des chambres de compensation américaines, qui « ne présentent aucun risque systémique pour le marché européen », puissent être supervisées par l’Union européenne. Selon lui, la règlementation EMIR 2.2 pourrait même réduire la liquidité des marchés financiers américains et générer ainsi un nouveau risque systémique aux États-Unis.

Enfin, H. Tarbert a mis en garde contre un excès de règlementation (« overregulation ») et appelé à une meilleure coopération entre les grandes économies, en plaidant pour une plus grande subsidiarité dans la supervision des risques financiers (regulatory deference). Le président de la CFTC s’est aussi dit prêt à partager davantage d’informations avec son homologue européen.

 

La SEC souhaite renforcer la transparence des activités de courtage

Le 14 février, la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers, a publié une proposition de règle amendant plusieurs dispositions de sa règlementation NMS (National Market System) relative à l’obligation de transparence applicable aux courtiers en bourse (broker-dealers).

La proposition de règle élargit le périmètre du dispositif NMS pour appliquer l’obligation d’information aux : (i) données relatives à des ordres inférieurs au lot régulier (évalué en nombre d’actions) pour les actions dépassant un certain niveau de cotation ; (ii) 5 prix immédiatement supérieurs à la meilleure offre et inférieurs à la meilleure demande ; (iii) et aux données supplémentaires sur les ordres passés à la fixation du prix (fixing).

Par ailleurs, la proposition de règle décentralise la collecte d’informations, jusque-là gérée exclusivement par des securities information processors (SIP), en permettant l’agrégation de données par des consolidateurs indépendants et par les courtiers eux-mêmes.

 


 

Brèves                                                                                                 

 

-Le département de la Défense a notifié au Congrès le transfert de 3,8 Md USD de crédits budgétaires au département de la Sécurité intérieure afin de poursuivre la construction du mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Cette opération, qui contrevient aux instructions des lois de finances de l’exercice budgétaire pour 2020, intervient en application de la déclaration d’urgence nationale de la Maison-Blanche de février 2019.

 

-Le 18 février, l’Office of Financial Research (OFR), le centre de recherche financière adossé au Treasury, a publié un nouvel outil d’évaluation du risque systémique induit par les plus grands établissements bancaires. Les critères retenus sont entre autres la surcharge en capital des banques évaluées, un indice de contagion, leur ratio de levier et la qualité de leur mode de financement.

 

-Dans une lettre en date du 18 février, Randal Quarles, le président du Financial Stability Board (FSB) et par ailleurs vice-président de la Fed chargé de la supervision, met en garde les États membres du G20 contre plusieurs risques qui pèsent actuellement sur la stabilité financière. R. Quarles mentionne en particulier les enjeux liés à la transition des marchés vers des indices de référence alternatifs au LIBOR, les conséquences de l’innovation technologique dans le secteur financier, l’émergence des stablecoins ainsi que l’intermédiation financière non-bancaire.

 

-Le 18 février, le gestionnaire d’actifs américain Franklin Templeton a annoncé l’acquisition pour 4,5 Md USD de son concurrent Legg Mason. À la suite de cette acquisition, Franklin Templeton gérerait environ 1 500 Md USD d’encours, pour le compte d’investisseurs particuliers (retail) et institutionnels répartis dans 170 pays.

 

-Le 20 février, la banque Morgan Stanley a annoncé l’acquisition pour 13 Md USD (réglés en titres) de E*TRADE, un site de services financiers et de courtage en ligne pour investisseurs retail.

COMMENTS

WORDPRESS: 0
DISQUS: 0