Washington Wall Street Watch 2020-03

Washington Wall Street Watch 2020-03

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture                                                                            

-La production industrielle fléchit de nouveau en décembre

-Le Treasury annonce le lancement d’un programme d’émission de dette à 20 ans

-Le FMI révise à la baisse ses prévisions de croissance américaine pour 2020

Politiques macroéconomiques                                                                       

-Les marchés s’attendent à un statu quo à l’issue de la réunion de la Fed des 28 et 29 janvier

Régulation financière                                                                                       

-Randal Quarles souhaite alléger le régime de supervision des grandes banques

 Brèves    

 


                                                                                                                                      

Conjoncture                                                                                  

 

La production industrielle fléchit de nouveau en décembre

D’après les données publiées par la Fed le 17 janvier, l’indice de production industrielle a reculé de 0,3 % au mois de décembre après le rebond enregistré en novembre (+0,8 %, résultat révisé à la baisse de 0,3 point, tandis que la variation d’octobre est révisée de -0,9 % à -0,5 %). La baisse de l’activité provient, en premier lieu, du recul de la production des biens de consommation (-1,6 %).

La production manufacturière a quant à elle progressé de 0,2 % en décembre.

Le taux d’utilisation des capacités de production recule à 77 % (+0,4 point, le taux en novembre étant révisé à 76,6 % au lieu de 77,3 %).

 

Le Treasury annonce la création d’un programme d’émission de dette à 20 ans

Le 16 janvier, le département de Trésor a annoncé la création d’un programme d’émission de dette à 20 ans au cours du premier semestre 2020. Ces nouvelles obligations sont destinées à diversifier les sources de financement de l’État fédéral dans un contexte d’augmentation du déficit budgétaire (1 070 Md USD en 2020).

Le Treasury relance ainsi un programme d’émission qui avait été momentanément utilisé en 1981 et 1982 puis annulé pour des contraintes liées au plafond de dette.

Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, a fait la  publicité de ces nouveaux titres sur son compte Instagram et a également indiqué que des programmes d’émission de dette à très long terme (50 et 100 ans) restaient toujours à l’étude.

 

Le FMI révise à la baisse ses prévisions de croissance américaine pour 2020

Dans le cadre de ses nouvelles prévisions économiques, le Fonds monétaire international a revu à 2 % (-0,1 point) sa prévision de croissance pour l’année 2020 aux États-Unis, après 2,3 % en 2019. Sa prévision pour 2021 reste inchangée, à 1,7 %.

Les services du FMI soulignent la contribution toujours positive des conditions financières, grâce à l’effet des baisses de taux d’intérêt opérées par la Fed en 2019.

Le FMI prévoit une croissance de l’activité mondiale de 3,3 % en 2020 et de 3,4 % en 2021.

 


 

Politiques macroéconomiques                                                

 

Les marchés s’attendent à un statu quo à l’issue de la réunion de la Fed des 28 et 29 janvier

La réunion du comité de politique monétaire de la Federal Reserve (FOMC) des 28 et 29 janvier devrait se conclure sur un maintien de la fourchette des taux directeurs à [1,5 %-1,75 %]. Les marchés accordent en effet à cette hypothèse une probabilité d’environ 90 % (selon les contrats futures fed funds à 30 jours).

En l’absence de changement notable de la situation économique depuis leur dernière réunion, les membres du FOMC devraient réitérer leur confiance dans l’orientation actuelle de la politique monétaire.

 


 

Régulation financière                                                      

 

Randal Quarles souhaite alléger le régime de supervision des grandes banques

À l’occasion d’un discours qu’il a donné le 17 janvier devant l’American Bar Association, Randal Quarles, le vice-président de la Fed chargé de la supervision, a dessiné les contours d’une réforme du régime de supervision des banques opérant aux États-Unis. Après avoir rappelé le rôle essentiel de la supervision dans le contrôle de l’application des règles prudentielles et dans le suivi de la gestion des risques financiers, R. Quarles a esquissé trois axes de réforme.

Premièrement, R. Quarles recommande de modifier le régime de supervision des plus grandes institutions financières. En particulier, il propose de réduire la liste des banques soumises au dispositif de la Fed de supervision des grandes institutions financières (large institution supervision coordinating committee, LISCC), en l’alignant sur celle des banques soumises aux standards prudentiels renforcés les plus stricts (catégorie I de la règle adoptée en octobre 2019). Cette catégorie regroupe les seules banques américaines d’importance systémique (U.S. global systemically important banks, GSIB). Cet alignement exempterait donc du LISCC quatre banques non-américaines (UBS, Crédit Suisse, Deutsche Bank et Barclays), ce que R. Quarles justifie par la réduction de l’empreinte américaine de ces établissements depuis la crise de 2008. Par ailleurs, R. Quarles souhaite accorder aux banques un délai plus long pour ajuster leurs niveaux de fonds propres aux résultats des tests de résistance (stress tests). Il propose également de réduire la « volatilité » des exigences de stress tests d’une année à l’autre.

Deuxièmement, R. Quarles promeut davantage de transparence dans l’action du superviseur. Sont notamment proposées la création d’un outil de recherche en ligne pour consulter certaines interprétations de règles par la Fed et l’introduction de périodes de commentaires sur les recommandations (guidance) adoptées en matière de supervision.

Enfin, R. Quarles recommande d’améliorer certains aspects du processus de supervision, en clarifiant, par le truchement d’une règle, le fait que les guidances de la Fed ne sont pas contraignantes et ne peuvent donner lieu à des sanctions, et en précisant les conditions d’application du dispositif de signalement des mauvaises pratiques (Matter Acquiring Attention, MRA).

 


 

Brèves

 

-Le 16 janvier, la Maison-Blanche a transmis au Congrès les nominations de Judy Shelton et Christopher Waller aux postes de gouverneurs de la Fed. D. Trump avait initialement annoncé leur nomination en juillet 2019 mais n’avait pas formellement déclenché le processus politique. Ces nominations sont désormais soumises à un vote du Sénat, qui interviendra après l’audition des deux candidats.

 

-Lors d’un entretien télévisé réalisé en marge du forum économique mondial de Davos le 22 janvier, Donald Trump a annoncé à plusieurs reprises que la Maison-Blanche allait proposer « sous 90 jours » un nouveau plan de baisses d’impôts. Il a ajouté que ce plan portera sur les classes moyennes et prévoira notamment de rendre permanentes les baisses de l’impôt sur le revenu actées lors de la réforme fiscale de 2017. Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, a confirmé ce plan le 23 janvier.

 

-Selon le Bureau of Labor Statistics (BLS), le taux de syndicalisation a baissé à 10,3 % en 2019 (-0,2 point). Ce recul provient de la baisse du taux de syndicalisation des salariés du secteur privé (6,2 %, -0,2 point) alors que celui du secteur public, toutes entités confondues, reste stable, à 33,6 %. Le rapport indique que le salaire médian des travailleurs non syndiqués est inférieur de 19 % à celui des travailleurs syndiqués.

 

-Le 21 janvier, le département du Travail, qui héberge notamment le Bureau of Labor Statistics, a annoncé que les statistiques économiques seront désormais publiées directement sur Internet, et non plus par l’intermédiaire des organes de presse. Cette modification, qui prendra effet au 1er mars 2020, avait été recommandée par l’administration Obama en 2016 et vise à supprimer l’avantage compétitif dont disposent aujourd’hui les médias concernés. Le Bureau of Economic Analysis (BEA), qui dépend du département du Commerce et dont les données sont hébergées par le BLS, a indiqué qu’il se conformerait aussi à cette procédure.

 

-Selon des propos du directeur de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), Joseph Otting, rapportés par la presse le 22 janvier, les agences de régulation bancaire américaines s’apprêteraient à engager une réflexion avec les banques pour l’adoption d’un indice de référence alternatif au LIBOR sur le marché du crédit. Plusieurs banques américaines s’inquiètent en effet des effets potentiellement négatifs d’une transition de l’indice LIBOR vers l’indice SOFR sur ce marché.

 

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