Washington Wall Street Watch 2020-01

Washington Wall Street Watch 2020-01

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture                                                                            

-Lindice manufacturier PMI a fortement baissé en décembre

Politiques macroéconomiques                                                                       

-La Fed juge ses taux dintérêt actuels à un niveau adéquat

-… et réfléchit aux prochains aménagements de son action sur le marché interbancaire

Régulation financière                                                                                       

-La SEC assouplit le cadre dintervention des sociétés daudit

Brèves   

                                 


                                                                                                                                       

Conjoncture        

                                                                                                          

L’indice manufacturier PMI a fortement baissé en décembre

L’indice des directeurs des achats du secteur manufacturier (PMI), publié par l’Institute of Supply Management (ISM) le 3 janvier, a reculé à 47,2 % en décembre (- 0,9 point) et s’établit ainsi à son plus bas niveau depuis juin 2009 (46,3 %). Il s’agit du cinquième mois consécutif de baisse de cet indice.

Les tensions commerciales demeurent le premier facteur d’inquiétude du secteur manufacturier américain.

                                


                                

Politiques macroéconomiques                                                

                                

La Fed juge ses taux d’intérêt actuels à un niveau adéquat …

 Le procès-verbal de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) des 10 et 11 décembre 2019 confirme que le niveau actuel des taux d’intérêt est jugé adéquat pour prémunir l’économie américaine contre les effets négatifs des tensions commerciales et du ralentissement économique mondial. La Fed manifeste aussi des inquiétudes marquées quant à la faiblesse de l’inflation, bien que la situation soit en partie attribuée à des facteurs ponctuels.

Au cours des débats consacrés à la revue stratégique menée au cours de l’année 2019, le FOMC a mis en exergue la diffusion insuffisante des bénéfices de la croissance à certaines parties du territoire américain ainsi que leurs difficultés à accéder au crédit. Ces deux problèmes exacerberaient les effets d’une récession, en particulier si la politique monétaire devenait contrainte par le plancher des taux d’intérêt nuls.

                                

…et réfléchit aux prochains aménagements de son action sur le marché interbancaire

 Les résultats de ses actions menées depuis plusieurs semaines pour stabiliser le marché interbancaire sont jugés satisfaisants par la Fed. Cependant, elle redoute que ses opérations d’achats d’actifs, centrées sur des maturités inférieures à un an, ne conduisent à une baisse de la liquidité de ce segment de marché en cas de réduction des émissions de dettes par le Treasury. Pour éviter cet écueil, elle envisage l’acquisition d’actifs de maturité légèrement plus longue.

La Fed entend également amorcer la fin progressive de ses opérations de refinancement sur le marché interbancaire, dont les montants pourraient diminuer à partir de mi-janvier. L’arrêt de ces opérations n’est toutefois pas envisagé avant le mois d’avril, période de paiement des impôts sur le revenu et sur le bénéfice des sociétés.

Enfin, le FOMC envisage d’ajuster le corridor de ses taux d’intérêt directeurs, actuellement de [1,45 %-1,55 %] afin de le remettre en cohérence avec la fourchette cible des taux d’intérêt, de [1,5 %-1,75 %].

                                

Un ancien président de la Fed défend l’efficacité des nouveaux instruments de politique monétaire

 Lors d’une allocution qu’il prononçait en conclusion de son année passée à la tête de l’American Economic Association (une organisation publiant les principales revues économiques américaines), Ben Bernanke, qui a été le président de la Fed de 2006 à 2014, a exposé sa réflexion sur la politique monétaire dans le cadre d’un environnement marqué par une baisse du taux d’intérêt d’équilibre et une inflation durablement inférieure à 2 %. Selon lui, cet environnement augmente la probabilité que l’action de la Fed et des autres banques centrales soit entravée par la contrainte représentée par le plancher des taux d’intérêt nuls (zero lower bound).

Ben Bernanke a néanmoins refusé de considérer cette difficulté comme irrémédiable. En premier lieu, il estime que les programmes d’achats d’actifs (quantitative easing) et la communication prospective (forward guidance) déployés par la Fed depuis 2008 ont permis de baisser les taux d’intérêt de moyen et long termes, stimulant ainsi l’activité. Ces deux instruments devraient, selon lui, être réutilisés avec d’autant moins de réticences que les effets négatifs collatéraux initialement redoutés (inflation excessive et perte de confiance dans la monnaie) ne se sont pas matérialisés.

En outre, les instruments de politique monétaire peuvent, selon lui, être aménagés afin d’en accroître l’efficacité ou de les adapter à de nouveaux besoins. L’ancien président de la Fed a cité le projet d’une stratégie de contrôle de la courbe des taux d’intérêt (yield curve control), mise en place au Japon et soutenue par la gouverneure de la Fed Lael Brainard, ainsi que le mécanisme de financement incitatif pour les prêts bancaires (funding for lending) instauré par la Bank of England.

Enfin, il a dessiné deux chantiers possibles pour adapter la politique monétaire de la Fed à cet environnement contraint : (i) une augmentation de la cible d’inflation, qui réduirait la probabilité d’atteindre la zero lower bound et (ii) la mise en place de taux d’intérêt négatifs, possibilité qu’il  invite les responsables actuels à ne pas écarter tout en « maintenant une ambiguïté constructive ».

En conclusion, soulignant le risque que les marges de manœuvre de la Fed soient encore plus réduites qu’estimé ou que les banques centrales voient leur crédibilité s’éroder, Ben Bernanke a appelé à un soutien plus actif de la politique budgétaire.

 


                                

Régulation financière                                                      

                                

La SEC assouplit le cadre d’intervention des sociétés d’audit

 Le 30 décembre, la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers, a publié une proposition de règle modifiant les conditions d’application des exigences d’indépendance auxquelles sont soumises les sociétés d’audit. Cette proposition de règle vise entre autres à introduire une nouvelle définition des entités dites « affiliées » à un client, un raccourcissement de la période rétrospective retenue dans l’analyse des liens entre l’auditeur et son client, des exemptions règlementaires élargies à de nouvelles gammes de prêts bancaires (notamment les crédits étudiants) et encore la mise en place d’un dispositif de transition spécifique pour le cas d’auditeurs de sociétés concernées par une fusion ou acquisition.

Cette proposition de règle fera l’objet d’une période de commentaires publics de 60 jours.

                                


                                

Brèves

 

-Faisant suite à une invitation de Nancy Pelosi, chef de file de l’opposition démocrate, Donald Trump tiendra son discours sur l’état de l’Union le 4 février, à la Chambre des Représentants.

 

-Le 7 janvier, le Sénat a approuvé la nomination de Jovita Carranza au poste d’administratrice du Small Business Administration (SBA), une agence fédérale dédiée au développement des petites et moyennes entreprises.

 

-Le 8 janvier, la gouverneure de la Fed Lael Brainard a plaidé pour un renforcement de l’accès des Américains aux services financiers de base. Elle a souligné les nombreux travaux menés en ce sens par les régulateurs financiers, notamment par la Fed, dans le cadre du Community Reinvestment Act de 1977.

 

-Le 7 janvier, le ministère américain chargé du logement a publié une nouvelle version de la règle « Affirmatively Furthering Fair Housing », un dispositif introduit sous l’administration Obama pour accompagner les États et les administrations locales dans leurs politiques de logement social. Cette règle avait été suspendue en 2018.

 

-Le 8 janvier, la SEC a annoncé une proposition de règle visant à « améliorer la transparence et réduire le risque de conflit d’intérêts » du National Market System (NMS), un dispositif exigeant la publication, par les plateformes boursières, des informations de trading. Cette règle introduirait notamment un nouveau cadre pour les données des marchés actions (« New Consolidated Data Plan »).

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