Washington Wall Street Watch 2019-40

Washington Wall Street Watch 2019-40

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-Les créations d’emplois se poursuivent à un rythme soutenu

-L’indice manufacturier repart à la hausse en octobre

-Le Treasury révise à la baisse le montant de ses émissions de dette et envisage de nouvelles maturités

Politiques macroéconomiques                                                                       

-Des gouverneurs de la Fed s’expriment sur la baisse récente des taux d’intérêt

Régulation financière                                                                                                                           

-La SEC rigidifie le cadre d’intervention des proxy advisors et des petits actionnaires

-La SEC proroge ses mesures transitoires pour faciliter l’application de MiFID II

Brèves

 


                                                                                                                        

Conjoncture                                                                                  

           

Les créations d’emplois se poursuivent à un rythme soutenu

 Le rapport sur la situation de l’emploi du Bureau of Labor Statistics publié le 1er novembre fait état de 128 000 créations d’emplois en octobre aux États-Unis (après + 180 000 en août, un nombre révisé à la hausse de 44 000). Le taux de chômage rebondit à 3,6 % et à 7,0 % dans sa définition intégrant le temps partiel subi (+0,1 point dans les deux cas), mais cette évolution est imputable à la hausse du taux d’activité, qui atteint 63,3 %. Les salaires ont augmenté de 0,2 % sur le mois et progressent de 3,0 % sur un an, un rythme inchangé.

           

L’indice manufacturier repart à la hausse en octobre

 L’indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier (PMI), publié le 1er novembre par l’Institute of Supply Management, a connu sa première hausse en octobre, à 48,3 %, après six mois consécutifs de repli. L’indice reste toutefois inférieur au seuil de 50 % indiquant une augmentation de l’activité et ressort en-deçà des attentes du consensus (49,3 %).

Cette évolution favorable s’explique avant tout par la forte progression des nouvelles commandes à l’export (+9,4 points, à 50,4 %). Les éléments qualitatifs font néanmoins ressortir la perception d’une baisse de la demande par les entreprises.

L’indice des directeurs d’achats du secteur des services est également à la hausse et s’établit à 54,7 %, en progression de 2,1 % par rapport à septembre.

           

Le Treasury révise à la baisse le montant de ses émissions de dette et envisage de nouvelles maturités

 Le 28 octobre, le Treasury a annoncé qu’il prévoyait d’émettre 352 Md USD de dette nette au 4ème trimestre 2019, un montant légèrement inférieur (-29 Md USD) à celui prévu en juillet pour la même période. Un volume de 389 Md USD de dette nette serait ensuite émis au 1er trimestre 2020.

À ce stade et au regard de ses besoins de financement, le Treasury estime qu’il n’est pas pertinent de modifier son programme d’émission pour l’année fiscale 2020, qui s’achève le 30 septembre 2020, en réaction à la reprise des achats d’actifs décidés par la Fed.

Le Treasury a en outre indiqué qu’il envisageait de créer des programmes d’émissions à 20 ans et 50 ans ainsi que des obligations à taux variables de maturité 1 an et adossées au SOFR, le taux d’intérêt interbancaire destiné à remplacer le LIBOR.

           


 

Politiques macroéconomiques                

                                           

Deux gouverneurs de la Fed s’expriment sur la baisse des taux d’intérêt

À l’occasion de deux discours prononcés simultanément le 1er novembre, les gouverneurs de la Fed Randal Quarles et Richard Clarida ont commenté la décision du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), la semaine dernière, de baisser les taux fed funds pour la troisième fois de l’année.

Quarles a d’abord insisté sur le bon état de l’économie américaine, se félicitant que les deux objectifs de la Fed, un taux d’emploi élevé (maximum sustainable employment) et la stabilité des prix, soient quasiment atteints, le taux de chômage étant au plus bas depuis 50 ans et l’ inflation PCE (Personal Consumption Expenditures) à 1,7 % dans sa composante sous-jacente. Il s’est montré optimiste sur les perspectives à long-terme de l’économie américaine, en soulignant notamment la hausse de la productivité des travailleurs américains au premier semestre (qui aurait atteint un taux annuel de 3 %, contre environ 1 % en moyenne depuis 2011). Il a toutefois signalé deux faiblesses conjoncturelles : (i) une croissance atone chez les partenaires commerciaux des États-Unis, qui fragilise les exportateurs américains, et (ii) un faible niveau d’investissement.

 Clarida a lui aussi exprimé son optimisme quant à la situation économique américaine, saluant une période de croissance ininterrompue depuis 11 ans, soutenue par le bon niveau de la consommation des ménages et le dynamisme du marché du travail. Pour justifier la baisse des taux de la Fed, R. Clarida a mentionné la faiblesse de la croissance de l’économie mondiale, qui tend à renforcer le dollar et réduit ainsi la compétitivité des exportateurs américains. Il a également évoqué le Brexit, les incertitudes autour de l’économie chinoise et les pressions désinflationnistes mondiales.

           


 

Régulation financière     

           

La SEC rigidifie le cadre d’intervention des proxy advisors et des petits actionnaires

 Le 5 novembre, la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers, a approuvé des amendements à sa règlementation relative aux agences en conseil de vote (proxy advisors) et au droit d’initiative des actionnaires d’entreprises cotées.

Premièrement, la SEC donne aux sociétés cotées la possibilité de consulter en amont les recommandations de vote formulées par les proxy advisors et d’y apporter leurs commentaires avant qu’elles ne soient transmises aux actionnaires. Sur demande de la société cotée, les proxy advisors devront également permettre aux actionnaires de consulter (via un lien hypertexte renvoyant vers un communiqué) l’avis de l’entreprise sur la recommandation en question. Les proxy advisors devront par ailleurs communiquer aux actionnaires tout conflit d’intérêt éventuel qui pourrait influencer leur recommandation de vote.

Deuxièmement, la SEC restreint la capacité des actionnaires minoritaires à proposer des résolutions. Ce deuxième volet prévoit : (i) une hausse des niveaux de participation requis pour qu’un actionnaire puisse soumettre une proposition (un actionnaire devra désormais détenir 2 000 USD de titres de la société depuis 3 ans, 15 000 depuis 2 ans ou 25 000 depuis 1 an, contre actuellement 2 000 USD ou 1 % des parts depuis 1 an), (ii) l’obligation pour les actionnaires soumettant une proposition de se tenir à disposition de l’entreprise pour en discuter, (iii) la limitation à une proposition par personne au cours d’une même assemblée (et non plus à une proposition par actionnaire), (iv) la hausse des seuils requis pour soumettre à nouveau une proposition déjà soumise par le passé (« resubmission threshold », les seuils passant à 5, 15 et 25 % pour des propositions soumises respectivement une fois, deux fois ou plus de deux fois au cours des cinq dernières années, contre actuellement 3, 6 et 10 %), et (v) l’impossibilité de soumettre une proposition déjà soumise 3 fois ou plus au cours des 5 dernières années si celle-ci n’atteint pas 50 % d’actionnaires favorables ou si elle a connu un déclin de 10 % par rapport à sa dernière soumission.

Les deux commissaires démocrates de la SEC, Allison Lee et Robert Jackson, ont voté contre ces amendements, ce dernier leur reprochant notamment d’atténuer la responsabilité (accountability) des dirigeants de sociétés devant leurs actionnaires. Les trois commissaires républicains ont voté pour.

Ces amendements font désormais l’objet d’une période de commentaires publics de 60 jours.

           

La SEC présente des mesures transitoires pour faciliter l’application de MiFID II

 Le 4 novembre, la SEC a annoncé la prorogation, jusqu’au 3 juillet 2023, de la doctrine qu’elle avait définie dans une no-action letter d’octobre 2017 et qui vise à faciliter le respect par les courtiers (broker-dealers) américains des dispositions de MiFID II relatives à la facturation de la recherche financière en Europe.

La SEC exempte ces courtiers de l’obligation de s’enregistrer comme conseillers en investissement (investment adviser) aux États-Unis quand ils facturent leurs clients pour des travaux de recherche régis par MiFID II. Les courtiers américains, représentés par la Securities Industry and Financial Markets Association (SIFMA), avançaient qu’un tel enregistrement aurait généré un coût administratif et des restrictions susceptibles de menacer leur modèle économique.

Le président de la SEC, Jay Clayton, a expliqué que le régulateur américain s’adaptait ainsi aux contraintes issues de la législation européenne et que sa doctrine à cet égard pouvait encore évoluer.

           


           

Brèves

           

-Le 4 novembre, la Fed de New York a annoncé qu’elle allait mener, courant novembre, deux tests pour évaluer sa capacité à bien mettre en œuvre les actions décidées par la Fed sur la liquidité interbancaire. Ces exercices porteront sur des opérations de pension-livrée (« repo » et « reverse repo »).

 

-Members Exchange (MEMX), une nouvelle plateforme boursière financée notamment par Morgan Stanley, UBS, Virtu Financial, Citadel Securities, Fidelity Investments et TD Ameritrade, a vu sa demande d’autorisation auprès de la SEC publiée pour commentaires le 31 octobre, un pas réglementaire important signifiant la fin de l’examen de cette demande par le régulateur. La plateforme, annoncée en janvier, débutera au milieu de l’année prochaine si elle obtient les autorisations nécessaires.

 

-First Horizon National et Iberiabank, deux banques régionales américaines, ont annoncé le 4 novembre leur projet de fusion, ce qui constitue la troisième annonce du genre en 2019, après celles de BB&T Corp.-SunTrust et de TCF Financial-Chemical Financial. La fusion envisagée créerait une banque de 75 Md USD d’actifs aux États-Unis.

-Le 31 octobre, le Treasury et l’Internal Revenue Service ont publié des recommandations (guidance) pour alléger plusieurs règlementations introduites par l’administration Obama contre l’optimisation fiscale. Les recommandations assouplissent en particulier les exigences règlementaires visant à éviter les montages dits d’ « inversion », qui consistent pour une entreprise américaine à déplacer son siège social à l’étranger via l’acquisition d’une entreprise extranationale.

 

-Le 5 novembre, la CFTC a approuvé l’enregistrement d’Euronext Amsterdam, d’Euronext Paris ainsi que de la plateforme allemande European Energy Exchange au Foreign Board of Trade (FBOT), un comité permettant à des plateformes boursières étrangères d’avoir un accès direct au marché américain.

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