Washington Wall Street Watch 2019-39

Washington Wall Street Watch 2019-39

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-La croissance du PIB américain ressort à 0,5 % au 3ème trimestre

-Le déficit budgétaire fédéral pour l’année fiscale 2019 s’est établi à 4,6 % du PIB

Politiques macroéconomiques                                                                       

-La Fed baisse de nouveau ses taux d’intérêt mais n’entend pas amplifier son soutien à l’économie

Régulation financière                                                                                                                           

-La Fed réfléchit à une modification des règles de liquidité intra-journalière

-Les régulateurs entérinent l’allègement des plans de résolution bancaire

-Les régulateurs simplifient les exigences prudentielles applicables aux petites banques

-La FHFA prépare la fin de la mise sous tutelle de Fannie Mae et Freddie Mac

Brèves     

 


                                                                                                                   

Conjoncture       

                                                                                          

La croissance du PIB américain ressort à 0,5 % au 3ème trimestre

 La première estimation du Bureau of Economic Analysis, publiée le 30 octobre, fait état d’une croissance du PIB américain de 0,5 % au 3ème trimestre de 2019 (1,9 % en rythme annualisé), un rythme très proche de celui observé au 2ème trimestre (2,0 % en rythme annualisé).

La croissance a été principalement portée par la consommation des ménages (contribution de 0,5 point), dans un contexte de faible chômage, et par la demande publique (0,1 point). En revanche, la dynamique de croissance est grevée par l’investissement privé (-0,4 %, contribution de -0,1 point), la composante non immobilière affichant un nouveau recul, en raison notamment des effets des tensions commerciales avec la Chine.

 

Le déficit budgétaire fédéral pour l’année fiscale 2019 s’est établi à 4,6 % du PIB

 Le 25 octobre, le Treasury et l’Office of Management and Budget (OMB) ont indiqué que le déficit budgétaire de l’État fédéral avait atteint 984 Md USD sur l’année fiscale 2019, qui s’est achevée le 30 septembre. À 4,6 % du PIB, le déficit atteint ainsi son plus haut niveau depuis 2012, une année durant laquelle la situation de l’économie américaine était encore fortement affectée par la crise financière.

À la lumière de ces résultats budgétaires, le sénateur républicain Mike Braun a demandé au Congressional Budget Office (l’organe non partisan du Congrès chargé d’évaluer l’effet budgétaire des lois) d’évaluer l’impact de la réforme fiscale de 2017 sur les recettes perçues par l’État fédéral en 2018 et 2019. Dans sa réponse, le CBO met en exergue des écarts importants entre les prévisions de recettes et l’exécution budgétaire. Ces écarts concernent principalement l’impôt sur les sociétés (-18,6 % en 2018 et – 20 % en 2019 par rapport aux prévisions). Le CBO se montre toutefois très prudent sur les effets budgétaires de la réforme fiscale de 2017 et ajoute qu’il est également difficile de quantifier les effets des mesures commerciales de l’administration Trump sur les recettes fiscales fédérales.

 


 

Politiques macroéconomiques                                                

 

La Fed baisse de nouveau ses taux d’intérêt mais n’entend pas amplifier son soutien à l’économie

 La réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) des 29 et 30 octobre 2019 s’est conclue sur une baisse de 25 points de base de la fourchette cible des taux fed funds, désormais fixée à [1,5 %-1,75 %]. Ce nouveau soutien monétaire à l’activité reste motivé par la dégradation de l’environnement macroéconomique, politique et commercial ainsi que par l’insuffisance des niveaux d’inflation.

La Fed a néanmoins signalé qu’elle observerait désormais une pause dans l’assouplissement de sa politique monétaire. Le président de la Fed, Jerome Powell, a estimé que les taux d’intérêt étaient à un niveau adéquat et qu’ils devraient le rester (« likely to remain appropriate ») tant que l’environnement économique n’aurait pas évolué significativement.

L’hypothèse d’un futur resserrement de politique monétaire, soulevée par des journalistes lors de la conférence de presse, a été écartée sans ambiguïté par le président de la Fed, qui a précisé qu’une hausse marquée de l’inflation était impérative avant tout relèvement des taux. Interrogé également à plusieurs reprises sur son appréciation des discussions commerciales en cours entre les États-Unis et la Chine, il a répondu que seule la conclusion d’un véritable accord serait de nature à lever l’incertitude et à avoir un effet durable sur l’activité.

J. Powell a par ailleurs fait savoir que la Fed continuait de réfléchir à une évolution de sa cible d’inflation, afin de renforcer la crédibilité de sa politique monétaire. Les conclusions de la Fed devraient être publiées à l’issue de la revue de politique monétaire, en milieu d’année 2020.

Réagissant à cette troisième baisse des taux en 2019, Donald Trump a critiqué la décision de la Fed, jugeant que « le peuple américain est vraiment déçu par J. Powell et la Fed ». Il a aussi désigné la banque centrale comme étant le principal problème des États-Unis, devant la Chine, renouvelant ainsi une diatribe déjà formulée en août dernier.

 


 

Régulation financière     

 

La Fed réfléchit à une modification des règles de liquidité intra-journalière

 Interrogé à l’issue de la réunion de politique monétaire (cf. supra) sur les tensions persistantes que connaît le marché interbancaire, le président de la Fed, J. Powell, a suggéré que ces tensions aient pu être accentuées par une mauvaise circulation de la liquidité entre les établissements bancaires. Dans ce contexte, il s’est dit ouvert à des modifications techniques des règles relatives à la gestion de la liquidité intra-journalière (notamment les modalités du daylight overdraft). Il a également rejeté une possible réforme des exigences de liquidité des banques (liquidity coverage ratio, LCR).

Ces propos font écho à ceux du secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, rapportés par Bloomberg le 28 octobre et qui préconisent un aménagement des règles de liquidité intra-journalières afin de stabiliser le marché interbancaire. Bien que dépourvus de recommandations précises, les propos de S. Mnuchin suggèrent qu’il envisage des aménagements des règles de liquidité plus importants que ceux évoqués par J. Powell.

 

Les régulateurs entérinent l’allègement des plans de résolution bancaire

 Le 28 octobre, la Fed et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) ont entériné l’allègement des plans de résolution bancaire (living wills), qui visent, depuis leur instauration en 2012, à organiser la stratégie de liquidation ordonnée d’un établissement bancaire en cas de défaillance.

Mandaté par la loi EGRRCP de mai 2018 (« Crapo Bill ») et proposé par les agences en avril 2019, cet allègement exempte des plans de résolution les banques dont les actifs totaux consolidés sont inférieurs à 250 Md USD. Les autres banques bénéficient d’une réduction de la fréquence de soumission et du contenu des plans de résolution, en fonction de la taille de leur bilan. Ainsi, les huit banques systémiques américaines (GSIB) devront soumettre leur plan à un rythme non plus annuel mais biennal et les grandes banques non-américaines (FBO) à un rythme triennal. De plus, les plus grandes banques ne fourniront un plan de résolution complet (full plan) que lors d’un exercice sur deux, soit tous les quatre ans (pour les GSIB) ou tous les six ans (pour les plus grandes FBO). Les FBO de taille moyenne sont quant à elles exemptées du plan complet et ne devront fournir qu’un plan partiel (reduced plan), tous les trois ans.

Cette règle entrera en vigueur début 2020.

                     

Les régulateurs simplifient les exigences prudentielles applicables aux petites banques

 Le 29 octobre, la Fed, la FDIC et l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) ont publié une règle finale qui vise à simplifier l’application des exigences prudentielles aux petits établissements bancaires (community banks) dont les actifs sont inférieurs à 10 Md USD.

Mandatée par la loi EGRRCP de mai 2018 (« Crapo Bill ») et proposée par les agences en novembre 2018, cette règle exempte les community banks dont le ratio de levier est supérieur ou égal à 9 % (community banks leverage ratio, CBLR) de toute autre exigence de détention de fonds propres. Les agences estiment qu’environ 85 % des community banks (environ 4 000) seront éligibles à ce nouveau régime qui entrera en vigueur le 31 mars 2020.

 

La FHFA prépare la fin de la mise sous tutelle de Fannie Mae et Freddie Mac

Le 28 octobre, la Federal Housing Finance Agency (FHFA) a annoncé la préparation d’un nouveau plan stratégique pour Fannie Mae et Freddie Mac, les deux entreprises parapubliques chargées de la titrisation des prêts immobiliers américains (government-sponsored entreprises, GSE).

Ce plan stratégique se déclinera en trois objectifs : (i) recentrer les GSE sur leur cœur de métier, à savoir assurer la compétitivité, la liquidité, l’efficience et la résilience du marché immobilier américain ; (ii) veiller à la sûreté (« safety and soundness« ) de leurs activités de titrisation et (iii) préparer la fin de leur mise sous tutelle.

Dans une intervention le même jour, le président de la FHFA, Mark Calabria, a mis en avant le besoin de recapitaliser les deux GSE, indiquant que le mécanisme actuel qui prévoit le versement au Treasury des dividendes de Fannie Mae et Freddie Mac pourrait être à nouveau modifié. Le mois dernier, le Treasury et la FHFA s’étaient mis d’accord sur un doublement de la part des bénéfices annuels que les GSE peuvent conserver.

 


 

Brèves

 

-Le 28 octobre, les agences de régulation financière ont publié une proposition de règle qui réduit certaines exigences de marges adossées à des produits dérivés non compensés (uncleared swap margin rule). Le texte propose d’exempter de la constitution de marges initiales les échanges de produits dérivés qui ont lieu au sein d’un même établissement financier (inter-affiliate transactions).

 

-Dans un discours prononcé le 30 octobre à Chicago et cité par Politico, Heath Tarbert, le président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), a présenté le plan d’action de l’agence pour les 6 mois à venir sur un certain nombre de questions relatives aux marchés des dérivés. Il a notamment indiqué que la CFTC travaillait actuellement sur les exigences de fonds propres applicables aux swap dealers, sur leurs limites d’exposition, sur les activités transfrontalières et sur l’encadrement des actifs numériques.

 

-Le 24 octobre, la banque JP Morgan a publié un document réclamant une meilleure régulation des chambres de compensation (central counterparties, CCP). Elle est soutenue dans cette démarche par trois banques (Citi, Goldman Sachs et Société Générale), et par cinq gestionnaires d’actifs (Allianz GI, BlackRock, State Street, T. Rowe Price et Vanguard). Le document appelle à améliorer les standards de gestion du risque en imposant la détention par les CCP de capitaux propres suffisants pour faire face notamment à une crise financière.

 

-Le 31 octobre, ISS, une des deux principales agences en conseil de vote (proxy advisors), a annoncé avoir porté plainte contre la SEC au motif notamment que les recommandations (guidance) publiées en août 2019 par le régulateur des marchés boursiers pour mieux encadrer les pratiques des proxy advisors outrepassaient son mandat.

 

-Le 25 octobre, le Bureau du contrôleur général de l’État de New York (New York State Comptroller) a publié les résultats agrégés des entreprises financières cotées à la bourse de New York (NYSE) pour l’année 2018. Les profits de ces entreprises ont augmenté de 11 %, à 27,3 Md USD, soit leur plus haut niveau depuis 2010. Le salaire moyen (bonus inclus) a quant à lui baissé de 5,6 % pour atteindre 398 600 USD.

 

-Le 28 octobre, la société Uber a annoncé la constitution d’une nouvelle équipe-projet, dénommée Uber Money. Elle sera chargée de développer, en partenariat avec la banque Green Dot, des moyens de paiement instantanés qui serviront dans un premier temps à rémunérer les chauffeurs et les livreurs travaillant pour Uber aux États-Unis.

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