Washington Wall Street Watch 2019-35

Washington Wall Street Watch 2019-35

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-L’indice de l’activité manufacturière (PMI) atteint son plus bas niveau depuis 2009

-Les inégalités ont progressé en 2018, atteignant leur plus haut niveau depuis 1967

-La fin du troisième trimestre n’a pas vu de nouvelles tensions sur le marché interbancaire

Politiques macroéconomiques                                                 

-Le Congrès veut mettre en échec le projet de l’exécutif de financement du mur à la frontière mexicaine

Régulation financière                                                                                                                           

-Le régulateur bancaire supprime les tests de résistance pour les petites et moyennes banques

-Le Treasury donne son feu vert à une recapitalisation de Fannie Mae et Freddie Mac

Brèves   

 


                                                                                                                     

Conjoncture                                                                                  

                    

L’indice de l’activité manufacturière (PMI) atteint son plus bas niveau depuis 2009

L’indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier (PMI), publié par l’Institute of Supply Management, a reculé pour le sixième mois consécutif en septembre pour atteindre 47,8 % (-1,3 point). Un résultat inférieur à 50 % traduit une contraction de l’activité. L’indice PMI atteint ainsi son plus faible niveau depuis juin 2009.

La quasi-totalité des composantes de l’indice recule, notamment les commandes à l’export (-2,1 points, à 41 %). Les éléments qualitatifs font apparaître les effets du ralentissement mondial de l’activité et des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine.

Donald Trump a réagi à la publication de ces statistiques en fustigeant de nouveau la politique monétaire de la Fed, dont il estime qu’elle a favorisé l’appréciation du dollar au détriment de la compétitivité de l’industrie américaine.

Dans le même temps, l’indice non-manufacturier a aussi connu un recul significatif, à 52,6 % (-3,8 points), provoqué par le décrochage des composantes relatives à l’activité et aux nouvelles commandes (respectivement -6,3 et -6,6 points, à 55,2 % et 53,7 %). Il reste néanmoins supérieur à 50 %, ce qui augure une croissance de l’activité dans les prochains mois.

                    

Les inégalités ont progressé en 2018, atteignant leur plus haut niveau depuis 1967

Le rapport du Census Bureau issu de l’édition 2018 de l’American Community Survey fait état d’une progression des inégalités aux États-Unis en 2018.

L’indice de Gini, dont la valeur 0 signifie une égalité parfaite des revenus et 1 une concentration de l’ensemble des revenus par une seule personne, a progressé pour atteindre 0,485 (+0,003 point) Il atteint son niveau le plus élevé depuis sa première estimation en 1967. À titre de comparaison, l’indice de Gini était de 0,289 en France en 2017 selon l’INSEE.

Les États les plus inégalitaires sont l’État de New York (0,513), le Connecticut (0,501), la Louisiane (0,494), la Californie (0,491), le Massachussetts (0,488), le Nouveau-Mexique (0,489) et le New Jersey (0,484), ainsi que le District de Columbia (0,524).

 

La fin du troisième trimestre n’a pas vu de nouvelles tensions sur le marché interbancaire

Après les tensions apparues sur le marché interbancaire lors des séances des 16 et 17 septembre, qui s’étaient matérialisées par une progression brutale des taux des transactions sur les pensions-livrées (repo), les observateurs surveillaient attentivement l’évolution des taux interbancaires le 30 septembre. La fin du trimestre est en effet une période traditionnellement marquée par une forte activité sur le marché interbancaire, les banques cherchant de la liquidité à des fins bilancielles.

Or, avec un pic à environ 2,4 % durant la séance du 30 septembre, le taux de repo au-jour-le-jour est resté très en-deçà des niveaux observés mi-septembre (jusqu’à 10 %). Les interventions opérées par la Fed sur le marché interbancaire pourraient avoir contribué à éviter un nouvel emballement.

L’ampleur de la variation observée au cours de la dernière journée du trimestre reste néanmoins supérieure à celle des 1er et 2ème trimestres 2019, ce qui pourrait suggérer que des besoins élevés en liquidité subsistent au sein des établissements bancaires américains.

 


 

Politiques macroéconomiques                                                

 

Le Congrès veut mettre en échec le projet de l’exécutif de financement du mur à la frontière mexicaine

Le Sénat (à une majorité de 54-41), le 25 septembre, puis la Chambre des Représentants (236-174), le 27 septembre, ont adopté une résolution (resolution of disapproval) visant à mettre un terme à la procédure d’urgence nationale invoquée par la Maison-Blanche en février 2019 pour affecter des fonds des départements du Trésor et de la Défense au financement d’un mur à la frontière avec le Mexique.

Le Congrès s’était déjà prononcé en ce sens en mars dernier, dans le cadre d’une initiative amorcée alors par la chambre basse, contrôlée par les Démocrates. À la suite d’un véto présidentiel, cette initiative avait échoué face à l’impossibilité de réunir une majorité des deux tiers au Sénat pour contourner ce véto.

La Maison-Blanche a déjà fait savoir que cette nouvelle tentative du Congrès ferait l’objet d’un nouveau véto présidentiel.

 


 

Régulation financière

 

Le régulateur bancaire supprime les tests de résistance pour les petites et moyennes banques

Le 2 octobre, l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), l’agence de régulation des banques nationales américaines, a adopté sa règle finale relative aux tests de résistance (stress tests).

Cette règle, prise en application de la loi EGRRCP (« Crapo Bill ») de mai 2018 qui modifie le Dodd-Frank Act, relève le seuil à partir duquel une banque doit se soumettre à l’exercice des stress tests : ce seuil passe de 10 Md USD d’actifs à 250 Md USD.

La nouvelle règle réduit également la fréquence des stress tests, en faisant un exercice biennal et non plus annuel. Enfin, elle supprime un des trois scénarios à simuler lors des tests, à savoir le scénario médian (adverse scenario).

Cette règle entrera en vigueur le 24 novembre prochain.

 

Le Treasury donne son feu vert à une recapitalisation de Fannie Mae et Freddie Mac

Le 30 septembre, le Treasury et la Federal Housing Finance Agency (FHFA) ont annoncé avoir trouvé un accord qui autorise Fannie Mae et Freddie Mac, les deux entreprises parapubliques chargées de la titrisation des prêts immobiliers américains (GSE – government-sponsored entreprises), à conserver une part supplémentaire de leurs bénéfices, qu’elles redistribuent en partie au Treasury sous forme de dividendes. Le plafond autorisé passe ainsi de 3 Md USD à 25 Md USD pour Fannie Mae et de 3 Md USD à 20 Md USD pour Freddie Mac.

La recapitalisation de Fannie Mae et de Freddie Mac, qui figure parmi les recommandations du Treasury Housing Reform Plan de septembre 2019, est une étape clé dans le processus de privatisation des deux GSE souhaitée par l’administration Trump.

 


Brèves

 

-Le 27 septembre, Donald Trump a promulgué le texte de prorogation budgétaire (continuing resolution) qui assure la continuité du financement de l’État fédéral jusqu’au 21 novembre.

 

-La cour fédérale de Manhattan a débouté les quatre États (Connecticut, New Jersey, État de New York et Maryland) qui avaient déposé un recours à l’encontre d’une disposition de la réforme fiscale de 2017 instaurant un plafond de 10 000 USD pour la déductibilité des impôts locaux dans le calcul de l’impôt fédéral sur le revenu. Cette mesure pénalise fortement les contribuables de ces États, où les taux locaux d’imposition sont les plus élevés des États-Unis.

 

-Le 1er octobre, la SEC a publié une proposition d’amendement à sa réglementation National Market System (NMS) qui vise à mieux encadrer l’évolution des frais facturés aux investisseurs par les plateformes boursières et la Financial Industry Regulation Authority (FINRA). Jusqu’à présent, seule une notification au régulateur était requise préalablement à une hausse des frais. La SEC propose que toute hausse soit à l’avenir conditionnée à une période de commentaires publics et à son approbation expresse.

 

-Le 27 septembre, lors d’un discours sur l’évolution de la réglementation macro-prudentielle depuis la crise, Randal Quarles, le vice-président de la Fed chargé de la supervision, a évoqué trois priorités: (i) le suivi du secteur bancaire dans sa totalité ; (ii) la prise en compte des conséquences macroéconomiques de l’instabilité financière et (iii) la nécessité de limiter le caractère procyclique de l’activité financière. R. Quarles a également rappelé qu’il souhaitait renforcer la transparence des méthodes de supervision des banques par la Fed, notamment lors des tests de résistance.

 

-Le 1er octobre, lors d’une intervention à une conférence organisée par la Fed de Saint-Louis, la présidente de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), Jelena McWilliams, a présenté le FDIC Tech Lab (FDiTech), dont la mission sera d’accompagner les petites banques dans leurs projets de transformation numérique.

 

-Le 30 septembre, dans une lettre adressée au Financial Accounting Standards Board (FASB), 13 sénateurs, majoritairement démocrates, ont appelé le normalisateur comptable à exiger des entreprises qu’elles publient le montant d’impôts sur les bénéfices qu’elles paient dans chaque État fédéré ou pays où elles ont une activité.

 

-Le 27 septembre, la banque Wells Fargo a annoncé la nomination d’un nouveau PDG, Charles Scharf, qui dirigeait jusqu’à présent la banque Bank of New York Mellon. D’après le communiqué de presse, C. Scharf prendra ses fonctions le 21 octobre et sera basé à New York, bien que le siège de Wells Fargo soit à San Francisco.

 

-Le 30 septembre, plusieurs acteurs majeurs du marché américain des crypto-actifs (Anchorage, Bittrex, Circle, Coinbase, DRW Cumberland, Genesis, Grayscale Investments et Kraken) ont annoncé la création du Crypto Rating Council (CRC), un système de notation indépendant qui déterminerait si les crypto-actifs s’apparentent ou non à des actifs financiers (securities) et doivent à ce titre être placés sous la supervision de la SEC. Cette notation s’appuierait sur un questionnaire inspiré de la SEC et attribuerait à un crypto-actif un score pouvant aller de 1 (pour des actifs qui ne sont pas considérés comme des securities, le bitcoin par exemple) à 5 (pour les securities).

 

-Le 30 septembre, la SEC a annoncé avoir condamné la plateforme de blockchain Block.One à une amende de 24 MUSD pour avoir mené une initial coin offering (ICO) sans l’enregistrer au préalable auprès du régulateur. Cette ICO, conduite entre juin 2017 et juin 2018, aurait permis à Block.one de lever plusieurs milliards de dollars.

 

-À l’occasion d’un discours prononcé le 3 octobre, Randal Quarles, le président du conseil de stabilité financière (Financial Stability Board – FSB), a indiqué que le FSB avait été chargé d’émettre des recommandations au G20 en matière de régulation des crypto-monnaies adossées à des actifs « stables » (stablecoins), en particulier le Libra.

 

-Dans une lettre adressée à Jerome Powell le 30 septembre, les représentants démocrate et républicain Bill Foster et French Hill ont enjoint le président de la Fed à envisager la création d’une crypto-monnaie souveraine.

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