Washington Wall Street Watch 2019-27

Washington Wall Street Watch 2019-27

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-Le marché du travail a été dynamique en juin

-L’inflation globale marque le pas en juin, tandis que l’inflation sous-jacente progresse

Politiques macroéconomiques                                                 

-La Fed accrédite l’hypothèse d’une baisse des taux d’intérêt en juillet

-La contrainte posée par le plafond de dette s’alourdit

-Donald Trump accuse la Chine et la zone euro de manipuler leurs devises

-Le CBO évalue l’effet d’une hausse du salaire minimum sur le marché du travail

-D. Trump souhaite nommer Judy Shelton et Christopher Waller au conseil des gouverneurs de la Fed

Régulation financière

-Les régulateurs simplifient les exigences réglementaires pour les petites et moyennes banques

-La SEC et la FINRA souhaitent clarifier les règles s’appliquant aux activités de dépôt d’actifs numériques pour les broker-dealers                                                                      

Brèves                                                                                                                       

 


 

Conjoncture     

                                                                             

Le marché du travail a été dynamique en juin

Le rapport mensuel sur la situation de l’emploi publié par le Bureau of Labor Statistics indique que 224 000 nouveaux ont été créés aux États-Unis en juin. Ce résultat, élevé et nettement supérieur aux attentes (+165 000), a contribué à rassurer les observateurs sur l’évolution récente de l’activité après des statistiques décevantes en mai (+72 000 emplois).

Le taux de chômage progresse paradoxalement à 3,7 % (+0,1 point), mais cette évolution s’explique par la remontée concomitante du taux d’activité, à 62,9 % (+0,1 point).

Les salaires progressent de 0,2 % en mai et le rythme de progression sur un an s’établit à 3,1 % (après 3,2 %, statistique révisée à la hausse de 0,1 point).

 

L’inflation globale marque le pas en juin, tandis que l’inflation sous-jacente progresse

L’indice des prix à la consommation ressort en hausse de 0,1 % en juin, selon le Bureau of Labor Statistics, déprimé par la forte baisse des prix de l’énergie sur la même période (-2,3 %). La composante sous-jacente progresse de 0,3 %, portée notamment par le rebond des prix de l’habillement (+1,1 %) et l’augmentation du coût de logement (+0,4 %).

Sur douze mois glissants, l’inflation globale décélère à 1,6 % (-0,2 point) mais progresse à 2,1 % dans sa composante sous-jacente.

 


 

Politiques macroéconomiques                                                

 

La Fed accrédite l’hypothèse d’une baisse des taux d’intérêt en juillet

Le procès-verbal de la réunion du comité de politique monétaire (FOMC) de juin montre qu’une majorité de membres du FOMC envisagent une baisse des taux d’intérêt directeurs dans un futur proche si les incertitudes élevées continuent à peser sur l’économie. Une partie du FOMC voit une telle décision comme un moyen de limiter l’effet d’autres chocs négatifs sur l’activité. La Fed s’inquiète par ailleurs du recul des anticipations d’inflation en-deçà de la cible d’inflation de 2 %.

Dans son intervention semestrielle devant le Congrès, le président de la Fed Jerome Powell a confirmé l’orientation des minutes, insistant sur le ralentissement de la croissance mondiale et la baisse de la confiance induite par l’incertitude élevée.

Les parlementaires, démocrates comme républicains, ont profité de l’audition de J. Powell pour réaffirmer avec force leur soutien à l’indépendance de la Fed et à son président, dénonçant les critiques de D. Trump.

 

La contrainte posée par le plafond de dette s’alourdit

Le plafond de dette, redevenu actif le 2 mars dernier, empêche l’État fédéral d’augmenter sa dette, le contraignant à payer ses dépenses courantes en mobilisant sa trésorerie dans l’attente d’une révision du plafond de dette par le Congrès.

Une étude du think tank Bipartisan Policy Center suggère que le Treasury pourrait se retrouver à court de liquidités au début du mois d’octobre. Dans un scénario défavorable, cette échéance pourrait même intervenir dès le début du mois de septembre. La date limite était auparavant estimée à la fin du mois d’octobre mais les faibles recettes fiscales de l’impôt sur les sociétés depuis le début d’année civile (-9 % par rapport à la même période en 2019, contre +20 % attendus par le Congressional Budget Office, organe non bipartisan rattaché au Congrès et chargé d’évaluer les lois) fragilisent davantage la situation financière à court terme. En cas de trésorerie insuffisante, l’État fédéral se retrouverait en situation de défaut de paiement, ce qui pourrait créer une situation de panique sur les marchés.

La publication de cette étude a ravivé les craintes d’un possible défaut de paiement car les vacances parlementaires, du 27 juillet au 9 septembre, empêcheront toute action législative. Le Congrès et l’administration ont donc accéléré les négociations en vue d’un accord. De nombreux parlementaires des deux partis souhaitent que la décision relative au plafond de dette soit adossée à une hausse des plafonds de dépenses discrétion­naires.

 

Donald Trump accuse la Chine et la zone euro de manipuler leurs devises

Par voie de tweet, D. Trump a accusé la Chine et la zone euro de manipuler leur devise afin de s’octroyer un avantage compétitif par rapport aux États-Unis. En réponse, il souhaite que les États-Unis imitent cette pratique.

Cette critique fait suite à la publication le 28 mai par le Department of Commerce d’une proposition de droits de douane supplémentaires aux pays accusés de manipuler leur devise.

 

Le CBO évalue l’effet d’une hausse du salaire minimum sur le marché du travail

Le Congressional Budget Office a étudié l’effet d’une hausse du salaire minimum fédéral, en réponse à la proposition de loi démocrate qui porterait le salaire minimum fédéral horaire à 15 USD d’ici à 2025.

Selon le scénario central du CBO, une augmentation du salaire minimum horaire à 15 USD conduirait à une hausse de salaire pour 27,3 millions de salariés (16,7 % de la population active), dont 17,3 millions de personnes (10,6 %) gagnent actuellement moins que le seuil proposé par les Démocrates. Environ 1,3 millions de personnes seraient sorties d’une situation de pauvreté. En revanche, entre 1,3 et 3,7 millions d’emplois seraient détruits. Le CBO évalue également des hausses du salaire minimum horaire à 10 et 12 USD, qui auraient des effets positifs plus limités mais avec de faibles destructions d’emplois.

Ce rapport, largement commenté, a toutefois été critiqué par certains économistes car il n’intègre pas l’existence de salaires minimum locaux (villes et comtés) supérieurs à ceux fixés au niveau des États fédérés, ce qui favorise une surestimation des gains.

 

Trump souhaite nommer Judy Shelton et Christopher Waller au conseil des gouverneurs de la Fed

Annoncées le mardi 2 juillet, ces nominations visent à pourvoir les deux sièges vacants au conseil des gouverneurs de la Fed, composé de 7 membres. J. Shelton est depuis mars 2018 l’administratrice pour les États-Unis à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et avait fait partie de l’équipe de transition de D. Trump après son élection en 2016. C. Waller est actuellement le vice-président exécutif et le directeur de la recherche de la Fed de Saint Louis.

Ces nominations, qui devront être confirmées par le Sénat à la majorité simple, font l’objet d’une attention marquée après que la Maison blanche avait tenté, en vain, de nommer en avril dernier deux personnalités controversées. À l’instar des précédents candidats, ces deux personnalités se sont récemment exprimées en faveur d’une baisse des taux d’intérêt. La nomination de Judy Shelton suscite toutefois une inquiétude spécifique en raison de ses positions jugées hétérodoxes concernant le poids de la Fed dans l’économie, qu’elle estime excessif, ou la possibilité d’un retour vers l’étalon-or (ou une parité fixe avec une crypto-monnaie).

 


 

Régulation financière

 

Les régulateurs simplifient les exigences réglementaires pour les petites et moyennes banques

Le 9 juillet, les trois régulateurs bancaires, la Fed, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) et l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) ont adopté à l’unanimité leur règle finale de simplification des exigences réglementaires en capital pour les établissements bancaires qui appliquent un traitement standardisé de leurs actifs (standardized approaches). Cette simplification touchera principalement les établissements disposant de moins de 250 Md USD d’actifs ou de moins de 10 Md USD d’exposition à des actifs non-américains. La règle entrera en vigueur en avril prochain.

D’autre part, le même jour, les cinq agences fédérales de régulation financière, la Fed, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), la FDIC, l’OCC et la Securities and Exchange Commission (SEC), ont adopté la règle finale exemptant les petites banques locales (community banks, i.e. disposant d’actifs inférieurs à 10 Md USD et dont l’activité de trading représente moins de 5 % du bilan) de la règle Volcker. Pour mémoire, cette dernière interdit aux banques dont les dépôts sont garantis par la FDIC de mener des activités spéculatives pour leur compte propre.

 

La SEC et la FINRA souhaitent clarifier les règles s’appliquant aux activités de dépôt d’actifs numériques pour les broker-dealers 

Le 8 juillet, dans une lettre, la SEC et la Financial Industry Regulation Authority (FINRA), organisme d’auto-régulation des marchés financiers américains, ont répondu aux questions soulevées par différents acteurs des marchés concernant les activités de dépôt (custody) des courtiers en matière d’actifs numériques (digital asset securities).

Les deux régulateurs ont notamment déclaré que l’application aux actifs numériques de certaines règles fédérales concernant les activités de dépôt, dont la Customer Protection Rule qui vise à protéger les consommateurs de potentielles pertes liées à des failles dans la détention des actifs, était sujette à une incertitude juridique.

 


 

Brèves

 

-Le 9 juillet, la SEC et la CFTC ont publié une proposition de règle commune visant à harmoniser les exigences réglementaires concernant certains produits financiers non assurés (unhedged). La proposition vise plus spécifiquement à réduire les marges des contrats futures de 20 % à 15 % de la valeur de marché du produit afin d’aligner cette exigence sur celle d’autres produits similaires. Cette proposition est soumise à commentaires publics pendant une durée de 30 jours.

 

-Le 8 juillet, Allison Lee a pris ses fonctions en tant que commissaire démocrate de la SEC. Elle a été nommée par le Président Trump en avril et confirmée par le Sénat à l’unanimité le 8 juillet. A. Lee, dont le mandat expire le 5 juin 2022, occupe ainsi le dernier siège démocrate vacant à la SEC.

 

-Le 10 juillet, le commissaire démocrate de la CFTC, Rostin Behnam, a annoncé la création d’un sous-comité dédié à l’étude des risques que fait peser le changement climatique sur le secteur financier (Climate-Related Market Risk Subcommittee), afin de les en compte dans l’élaboration des règles et des tests de résistance et plus généralement dans la supervision des acteurs financiers.

 

-Le même jour, la sénatrice Elizabeth Warren, candidate à l’investiture démocrate en vue de l’élection présidentielle de 2020, a annoncé une proposition de loi soutenue par huit autres sénateurs démocrates, qui exigerait des entreprises cotées qu’elles publient tous les risques relatifs au changement climatique qu’elles rencontreraient ainsi que des données concernant leur empreinte carbone.

 

-Le 27 juin, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) a annoncé la création de la division Complex Institution Supervision and Resolution (CSIR), qui sera chargée de la supervision et des procédures de résolution des établissements bancaires dont les actifs consolidés sont supérieurs à 100 Md USD. Celle-ci sera opérationnelle à compter du 21 juillet.

 

-Le 28 juin, la National Association of Insurance Commissioners (NAIC) – organe de coordination des régulateurs assurantiels des États fédérés – a publié les statistiques de 2018 concernant le marché de l’assurance dommages (property / casualty) aux États-Unis. Le rapport fait notamment état d’une augmentation de 5,4 % des primes d’assurance souscrites sur ce segment entre l’année 2017 et 2018, avec une croissance marquée des assurances automobiles. En outre, le rapport souligne que les 10 premiers groupes assurantiels présents sur ce segment détiennent une part de marché de 47 %.

 

-Le 26 juin, dans une lettre adressée aux trois dirigeants de la Fed, la FDIC et de l’OCC, 17 représentants démocrates ont enjoint les régulateurs à réduire les exigences relatives à la compensation des swaps entre banques affiliées. Selon les parlementaires, cette exigence issue du Dodd-Frank Act s’appliquerait à des actifs financiers n’augmentant pas l’exposition globale du groupe à une tierce partie externe. Les exigences de marge pour la compensation de ces swaps mobiliseraient à cet effet des ressources financières à mauvais escient.

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