Washington Wall Street Watch 2019-23

Washington Wall Street Watch 2019-23

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-L’inflation a légèrement accéléré au mois d’avril

-L’environnement économique a peu évolué au cours des dernières semaines, selon le Beige Book

Politiques macroéconomiques                                                 

-Le président de la Fed se dit prêt à réagir face aux risques pesant sur l’économie

Régulation financière

-La SEC adopte un nouveau cadre règlementation pour le conseil en investissement

-Sur le départ, le président de la CFTC promeut la coopération internationale sur le marché des swaps

-Le vice-président de la Fed chargé de la supervision enjoint les banques à adopter un indice de référence alternatif au LIBOR

Brèves 

                                                                                                                       


 

Conjoncture

 

L’inflation a légèrement accéléré au mois d’avril

L’inflation PCE (Personal Consumption Expenditures), l’indicateur de prix préférentiel de la Federal Reserve (Fed), s’établit à +0,3 % en avril (+0,2 % en mars), sa plus forte hausse depuis janvier 2018. L’indice sous-jacent (qui exclut les dépenses énergétiques et d’alimentation) s’établit à 0,2 %. Sur douze mois, l’inflation atteint 1,5 % (+1,4 % au mois de mars) et 1,6 % pour l’indice sous-jacent.

Ces données pourraient corroborer l’hypothèse exprimée par plusieurs dirigeants de la Fed selon laquelle la faiblesse actuelle de l’inflation viendrait de facteurs ponctuels négatifs, ce qui pourrait augurer d’une hausse des prix plus soutenue dans les prochains mois.

 

L’environnement économique a peu évolué au cours des dernières semaines, selon le Beige Book

Le nouveau Beige Book de la Fed, publié le 5 juin et qui décrit l’évolution de l’activité économique dans les 12 districts des Fed régionales, indique que l’économie américaine a continué de croître à un rythme faible ou modéré, entre avril et mi-mai. Les perspectives d’activité pour les prochains mois sont positives mais modérées, notamment en raison des tensions commerciales avec la Chine.

L’emploi continue de progresser, même si certains secteurs signalent des difficultés de recrutement. Le déficit de main d’œuvre très qualifiée comme peu qualifiée engendrerait une légère appréciation des salaires.

Les prix continuent d’augmenter à un rythme modéré, certains districts soulignant une hausse des prix des intrants qui serait supérieure à celle des produits finis.

 


 

Politiques macroéconomiques                                     

 

Le président de la Fed se dit prêt à agir face aux risques pesant sur l’économie

Une partie du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) s’est réunie les 4 et 5 juin à Chicago, à l’occasion du premier exercice de revue par la Fed de sa stratégie de politique monétaire.

Jerome Powell, le président de la Fed, a déclaré que la Fed surveillait de près (« closely monitoring ») l’évolution des tensions commerciales, et qu’elle se tenait prête à agir, si nécessaire, pour tenir ses objectifs d’inflation et de plein emploi.

Il a également présenté le risque posé par une baisse des taux d’intérêt nominaux au niveau de leur limite inférieure (Effective Lower Bound, ELB) comme étant le « principal défi » pour la politique monétaire, en cas de retournement du cycle économique et de déflation. Il a ajouté que si la marge de manœuvre de la Fed pour abaisser ses taux était trop faible, l’instrument conventionnel de la politique monétaire serait alors inefficace pour atteindre la cible d’inflation. Cette situation pousserait la Fed à recourir à des politiques non conventionnelles de rachats d’actifs, comme elle l’a déjà fait à la suite de la crise de 2008.

Le constat d’une faible marge de manœuvre de la politique monétaire conventionnelle est partagé par le président de la Fed New de York, John Williams. Ce dernier, lors d’un discours au Council on Foreign Relations à New York le 6 juin, a estimé que le ralentissement de la croissance et la baisse du taux d’intérêt « neutre » (neutral rate of interest, ou « R-star ») justifiaient une nouvelle approche dans les politiques économiques en général. Il a notamment jugé nécessaire de réévaluer les moyens d’atteindre, par la politique monétaire, l’objectif de 2 % d’inflation.

Lors d’une conférence le 3 juin, James Bullard, le président de la Fed de Saint-Louis, a quant à lui déclaré qu’une baisse des taux pourrait bientôt se justifier en raison du ralentissement attendu de l’économie et d’un regain de tensions commerciales.

Ces différentes interventions ont été accueillies par les marchés comme le signal d’une ouverture de la Fed à une baisse des taux avant la fin de l’année.

 


 

Régulation financière

 

La SEC adopte un nouveau cadre règlementaire pour le conseil en investissement

Le 5 juin, la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers, a adopté, à une majorité de 3 voix contre 1, plusieurs textes définissant le code de conduite à respecter par les conseillers financiers (investment advisers) et les courtiers (brokers), ainsi que le type d’informations que ceux-ci doivent communiquer aux investisseurs individuels.

En particulier, la Regulation Best Interest dispose que les courtiers doivent agir dans le meilleur intérêt de leurs clients lorsqu’ils recommandent un produit financier. L’introduction d’un nouveau document de mise en relation (Form CRS Relationship Summary) doit par ailleurs permettre à l’investisseur d’appréhender, de manière synthétique, les risques de conflit d’intérêts chez son conseiller, en obligeant ce dernier à divulguer la nature de ses relations avec les entreprises financières dont il promeut les fonds.

Afin de réduire le risque de conflit d’intérêts, la SEC interdit également certaines pratiques de rétribution des courtiers, telles que le versement de bonus en cas de vente d’un volume minimum de produits financiers.

Jay Clayton, le président de la Fed, a indiqué que ces textes permettront de rapprocher le régime juridique des courtiers de celui des conseillers financiers. Le président de la Securities Industry and Financial Markets Associations (SIFMA), Ken Bentsen, s’est félicité de ce vote, tout en prédisant que ces nouvelles normes, qui entreront en vigueur le 30 juin 2020, entraîneraient des coûts de mise en conformité pour les participants de marché.

Robert Jackson, le commissaire démocrate de la SEC, a voté contre ce qu’il considère être un « weak mix of measures ». Le sénateur démocrate Dick Durbin a quant à lui dénoncé des mesures qui ne protégeaient pas suffisamment les épargnants.

 

Sur le départ, le président de la CFTC promeut la coopération internationale sur le marché des swaps

Lors d’un discours prononcé le 5 juin à Londres, à l’occasion d’un événement annuel sur le marché des produits dérivés, le président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), C. Giancarlo, a présenté trois propositions relatives à la compensation (clearing) de swaps libellés en dollars hors des États-Unis. Ces propositions, qui sont en voie de finalisation, s’inscrivent dans le prolongement du livre-blanc (white paper) qu’il a publié en octobre 2018.

Les deux premières propositions portent sur la supervision des chambres de compensation non-américaines (non-U.S. Derivatives Clearing Organizations, DCO). Selon C. Giancarlo, la CFTC va proposer de déléguer au régulateur du pays d’origine (« deference ») la supervision de certaines DCO non-américaines qui ne posent pas un risque financier important pour les États-Unis (le niveau de risque étant principalement déterminé à partir de leur volume d’activité aux États-Unis).

La troisième proposition (Swap Entity Cross-Border Proposal) concerne les règles applicables aux swap dealers non-américains et aux branches étrangères de banques américaines. Le président de la CFTC a dit vouloir adapter les exigences d’enregistrement des participants de marché en tenant compte des règles qui s’appliquent à eux dans d’autres juridictions.

Enfin, C. Giancarlo a indiqué qu’il quitterait ses fonctions à la mi-juillet. Il sera remplacé par Heath Tarbert, qui a été confirmé par le Sénat à une très large majorité (84 voix contre 9) lors d’un vote organisé le 5 juin.

 

Le vice-président de la Fed chargé de la supervision enjoint les banques à adopter un indice de référence alternatif au LIBOR

S’exprimant lors d’une table ronde du comité sur les taux de référence alternatifs (Alternative Reference Rates Committee, ARRC) organisée par l’université de New York, Randal Quarles, le vice-président de la Fed chargé de la supervision, a encouragé les banques à accélérer leur processus de transition vers un indice de référence alternatif au LIBOR, citant le Secured Overnight Financing Rate (SOFR), qui est recommandé par l’ARRC.

Quarles a rappelé les risques d’instabilité financière associés au LIBOR et les dispositions prises par l’ARRC et les régulateurs pour faciliter la transition des banques vers un indice alternatif.

 


 

Brèves

 

-Un rapport sur l’emploi publié le 5 juin par l’institut de recherche ADP et Moody’s Analytics indique que les créations d’emplois non-agricoles dans le secteur privé se sont élevées à 27 000 en mai, soit le plus faible score mensuel depuis 2009. Ce résultat contraste avec les 271 000 créations nettes d’emplois non-agricoles au mois d’avril. Les petites entreprises (de moins de 49 salariés) et les entreprises du secteur secondaire ont été particulièrement affectées par les suppressions nettes d’emplois (respectivement de 52 000 et 43 000).

 

-Le 2 juin, D. Trump a annoncé la démission prochaine de Kevin Hassett, le président du Council of Economic Advisers qui conseille la Maison Blanche en matière de politique économique.

 

-Le 3 juin, la Chambre des Représentants a voté la prorogation jusqu’à fin septembre du programme fédéral d’assurance contre les inondations (National Flood Insurance Program, NFIP). Cette prorogation a été introduite dans une loi qui octroie une enveloppe de 19 Md USD aux victimes de catastrophes naturelles. Elle a été signée par D. Trump le 6 juin. Il s’agit de la 12ème prorogation du NFIP en deux ans.

 

-Le président de la CFTC, C. Giancarlo, a déclaré dans un discours tenu à Londres, le 4 juin, que New York, Hong Kong et Singapour seraient les principaux bénéficiaires du déclin de la place financière de Londres en conséquence du Brexit. Un Brexit sans accord entre le Royaume-Uni et l’UE dans les services financiers provoquerait, selon lui, une fragmentation financière de l’UE et  un ralentissement de l’économie européenne dans son ensemble.

 

-Le 31 mai, la Réserve fédérale a annoncé le calendrier de publication des résultats des tests de résistance (stress tests) des grandes banques (celles dont l’actif est supérieur à 250 Md USD) : les résultats des tests pour les grandes banques soumises au Comprehensive Capital Analysis and Review (CCAR) seront publiés le 27 juin.

 

-Le 4 juin, la SEC a annoncé qu’elle avait engagé des poursuites contre Kik Interactive, une société canadienne spécialisée dans la messagerie en ligne. La SEC accuse Kik d’avoir levé 100 MUSD de fonds en crypto-actifs en 2017 sans s’être enregistrée préalablement auprès du régulateur.

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