Washington Wall Street Watch 2019-22

Washington Wall Street Watch 2019-22

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-La confiance des ménages américains est en hausse en mai

-L’inversion de la courbe des taux américains s’accentue

Politiques macroéconomiques                                                 

-Le rapport du Treasury sur les changes ne désigne aucun pays comme étant manipulateur de devises

-Le bien-être économique des Américains s’est amélioré en 2018 selon la Fed

-Le vice-président de la Fed chargé de la supervision expose les conflits possibles entre politique monétaire et stabilité financière

Régulation financière

-Une commissaire de la SEC s’exprime en faveur des crypto-ETF

-Un ancien gouverneur de la Fed s’inquiète de la dérégulation financière aux États-Unis

-La FDIC publie les résultats consolidés des banques au premier trimestre 2019

Brèves                                                                                                                       

 


 

Conjoncture

 

La confiance des ménages américains est en hausse en mai

L’indice de confiance des consommateurs, publié le 28 mai par le Conference Board, affiche une progression de 4,9 points en mai, passant de 129,2 (avril) à 134,1 points, soit un résultat sensiblement supérieur au consensus de marché (130 points). L’indice atteint ainsi son plus haut niveau en six mois, malgré la volatilité des marchés et les tensions commerciales avec la Chine.

Les ménages se montrent davantage confiants vis-à-vis de la situation économique à court terme. Les données de l’enquête permettent également d’attribuer cet élan d’optimisme à l’amélioration de la situation sur le marché du travail.

Toutefois, l’enquête s’est achevée seulement une semaine après le regain de tensions entre la Chine et les États-Unis et cet événement pourrait n’avoir été que partiellement intégré par les ménages interrogés.

 

L’inversion de la courbe des taux américains s’accentue

Le taux d’intérêt souverain américain à 10 ans a baissé de 18 points de base entre le 21 et le 29 mai, pour s’établir à 2,25 %, creusant l’écart avec le taux à 3 mois qui ressort à 2,37 % le 29 mai.

Selon la théorie économique, les taux d’intérêt sont formés à partir des anticipations de taux d’intérêt courts et d’une prime de risque, dite prime de terme, qui est d’autant plus élevée que la maturité progresse et que les risques supportés par l’investisseur sont importants. En conséquence, les taux d’intérêt progressent habituellement avec la maturité.

Une « inversion de la courbe des taux », comme celle constatée aux États-Unis, est généralement perçue comme le signal d’une défiance des investisseurs envers l’endettement à court terme et comme un indicateur avancé de récession.

La récente baisse des taux longs américains est notamment attribuée aux craintes d’un échec des négociations commerciales et d’une escalade des tensions entre la Chine et les États-Unis.

                                      Structure par maturité des rendements des bons du Trésor américains

 


 

 

Politiques macroéconomiques                                                

 

Le rapport du Treasury sur les changes ne désigne aucun pays comme étant manipulateur de devises

Le 28 mai, le Treasury a publié son rapport semestriel sur les changes. Ce rapport effectue un suivi régulier des pays satisfaisant au moins deux des trois critères suivants : (1) un excédent commercial bilatéral avec les États-Unis supérieur à 20 Md USD, (2) un excédent du compte courant supérieur à 3 % du PIB du pays et (3) une intervention sur le marché des changes supérieure à 2 % du PIB du pays au cours des 12 derniers mois.

Si aucun État n’est aujourd’hui accusé par le Treasury de manipulation de devises, celui-ci a cependant actualisé la liste des États soumis à un suivi spécifique, car remplissant 2 des 3 conditions précitées : la Chine, l’Allemagne, le Japon et la Corée du Sud sont confirmés dans cette liste qu’intègrent désormais l’Italie, l’Irlande, Singapour, la Malaisie et le Vietnam. En revanche, la Suisse et l’Inde en sont sorties.

Le Treasury explique par ailleurs qu’il continue de suivre de près le renminbi chinois en raison de la dépréciation de ce dernier de 8 % face au dollar en 2018, dans un contexte d’excédent commercial croissant avec les États-Unis. Le Treasury estime que les interventions de la banque centrale chinoise sur le marché des changes manquent de transparence mais qu’elles restent encore limitées.

 

Le bien-être économique des Américains s’est amélioré en 2018 selon la Fed

Le 23 mai, le conseil des gouverneurs de la Fed (Federal Reserve Board) a publié son rapport sur le bien-être économique des ménages américains. Les conclusions de l’enquête réalisée en 2018 sont dans l’ensemble en ligne avec celles de 2017.

Le bien-être économique des Américains est en progression depuis 2013 et une large majorité d’entre eux (75 %) jugent leur situation financière satisfaisante en 2018. Si le rapport dresse une image d’ensemble positive de la situation économique des ménages américains, il pointe cependant la persistance d’inégalités selon l’ethnie, le niveau d’études ou le lieu de vie des sondés. De plus, en cas de dépense exceptionnelle (provoquée par un problème de santé ou une perte d’emploi par exemple) d’un montant supérieur à 400 USD, 39 % des sondés seraient en difficulté pour y faire face (27 % devraient emprunter, 12 % ne pourraient pas payer).

 

Le vice-président de la Fed chargé de la supervision expose les conflits possibles entre politique monétaire et stabilité financière

Dans un discours prononcé le 30 mai lors d’une conférence économique à Washington, Randal Quarles, le vice-président de la Fed chargé de la supervision, a souligné l’incompatibilité  potentielle entre les objectifs de la politique monétaire et celui de la stabilité financière.

Quarles a rappelé que l’action monétaire de la Fed visait un double objectif de plein emploi et de stabilité des prix, en utilisant à cet effet les taux d’intérêt directeur comme instrument principal.

Or, la baisse de ces taux pour stimuler l’activité économique (via une baisse du coût du crédit, une dépréciation du dollar et une valorisation des titres) pourrait, selon R. Quarles, accroître les vulnérabilités du secteur financier (risques de surendettement et de formation de bulles spéculatives).

Il en a déduit que l’utilisation de la politique monétaire à des fins de stabilisation financière pourrait conduire à une situation économique sous-optimale. Selon R. Quarles, l’instrument principal pour la stabilité financière doit rester les mesures macro-prudentielles (exigences en matière de fonds propres, tests de résistance, coussin de fonds propres contracyclique, etc.).

 


 

Régulation financière

 

Une commissaire de la SEC s’exprime en faveur des crypto-ETF

Le 21 mai, la commissaire (républicaine) de la Securities and Exchange Commission (SEC), Hester Peirce, est intervenue au cours d’une conférence portant sur les exchange-traded funds (ETF).

À cette occasion, H. Peirce a renouvelé son soutien à l’enregistrement auprès de la SEC des ETF liés aux crypto-actifs. Pour mémoire, il n’existe actuellement aucun ETF portant sur des crypto-actifs, la SEC ayant rejeté en juillet 2018 une demande de la société Winklevoss Bitcoin Trust visant à commercialiser un tel produit. La SEC avait alors expliqué que le niveau de risque, notamment de fraude et de manipulation, associé à ce type de produits demeurait trop élevé.

Enfin, H. Peirce a indiqué que la règle proposée mi-2018 par la SEC pour clarifier la procédure d’enregistrement des ETF pourrait être prochainement finalisée.

 

Un ancien gouverneur de la Fed s’inquiète de la dérégulation financière aux États-Unis

Le 21 mai, lors d’une conférence à Washington, un ancien gouverneur de la Fed, Daniel Tarullo, a critiqué la dérégulation financière « de basse intensité » en cours aux États-Unis. Il reproche notamment aux régulateurs bancaires de vouloir modifier le ratio de levier supplémentaire (enhanced Supplementary Leverage Ratio, eSLR), dans un sens qui réduirait le montant requis en fonds propres de premier niveau (Tier 1) exigé auprès des huit grandes banques systémiques américaines.

Tarullo a également mis en garde contre les effets indésirables d’une trop grande communication des régulateurs vis-à-vis des banques qu’ils supervisent, citant le cas des tests de résistance (stress tests) dont l’intérêt pourrait, selon lui, se réduire si les régulateurs dévoilent leur méthodologie aux banques.

 

La FDIC publie les résultats consolidés des banques au premier trimestre 2019

Le 29 mai, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) a publié les résultats consolidés des 5 362 institutions dont elle assure la supervision. Au premier trimestre 2019, leur résultat net agrégé s’est élevé à 60,7 Md USD, soit une hausse de 8,7 % par rapport au premier trimestre 2018.

Cette croissance s’explique principalement par la hausse des revenus d’intérêts (net interest income), et par un marché du crédit dynamique, en augmentation de 4,1 % par rapport au T1 2018.

La présidente de la FDIC, J. McWilliams, a indiqué que la stabilisation de l’environnement de taux pourrait réduire la capacité des banques à répondre à la demande de crédit.

 


 

Brèves

 

-La deuxième estimation du PIB américain pour le 1er trimestre 2019, publiée le 30 mai par le Bureau of Economic Analysis (BEA), fait état d’une croissance de 3,1 % en rythme annualisé (contre 3,2 % dans la première estimation).

 

-Le 24 mai, le Sénat a voté une prorogation de deux semaines du programme fédéral d’assurance contre les inondations (National Flood Insurance Program, NFIP), jusqu’au 14 juin. La Chambre des Représentants a toutefois bloqué, le 29 mai, l’extension du programme, ce qui pourrait entraîner son arrivée à échéance dès le 31 mai. Ces votes surviennent après l’appel lancé le 23 mai par plusieurs sénateurs en faveur d’une réforme structurelle du NFIP, qui a fait l’objet de dix prorogations en deux ans.    

 

-Le 30 mai, la Fed, la FDIC et l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) ont publié leur règle finale sur la requalification des obligations municipales en tant qu’actifs liquides de haute qualité (high-quality liquid assets, HQLA) dans le ratio de levier prudentiel. Cette modification découle de la loi Economic Growth, Regulatory Relief, and Consumer Protection Act (« Crapo Bill ») promulguée en mai 2018.

 

-Le 29 mai, le Trésor américain et le Trésor britannique ont annoncé la mise en place d’un partenariat dans le domaine de l’innovation financière. Ce partenariat comprend la promotion de la coopération entre les secteurs financiers américain et britannique et le partage d’informations et d’expertise entre les régulateurs des deux pays.

 

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