Washington Wall Street Watch 2019-17

Washington Wall Street Watch 2019-17

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture                                                          

-Une nouvelle étude met en exergue les retombées économiques limitées de l’accord USMCA

Politiques macroéconomiques                                                 

-Les marchés anticipent un statu quo à l’issue de la prochaine réunion de la Fed (30 avril – 1er mai)

-H. Cain n’est plus candidat à un poste de gouverneur de la Fed

-Les administrateurs des programmes sociaux Social Security et Medicare publient leur rapport annuel

-E. Warren promeut un effacement partiel de la dette étudiante et la gratuité des études supérieures

Régulation financière                                                                                 

La Fed veut encourager les investisseurs à entrer au capital des établissements de crédit

Brèves                                                                                                                       

 


 

Conjoncture                                               

 

Une nouvelle étude met en exergue les retombées économiques limitées de l’accord USMCA

 L’International Trade Commission (ITC), une agence fédérale indépendante, a publié, le 18 avril, son évaluation des effets économiques du nouvel accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada (USMCA). La publication de cette étude, requise par la procédure accélérée de ratification des traités commerciaux (Trade Promotion Authority), avait été retardée en raison du dernier shutdown.

Selon l’ITC, la mise en œuvre de l’USMCA n’apporterait qu’un gain minime à l’économie américaine, sous la forme d’une hausse du PIB de 68,2 Md USD (+0,35 %) à un horizon de six ans. Ce surcroît d’activité s’accompagnerait de la création de 176 000 emplois (+0,12 % de l’emploi agrégé).

Le nouvel accord commercial aurait également pour effet de stimuler les échanges commerciaux des États-Unis avec le Canada (hausse de +5,9 % des exportations et +4,8 % des importations) et le Mexique (hausse des exportations de +6,7 % et des importations de +3,8 %). L’effet sur la balance commerciale américaine resterait toutefois minime.

Ces estimations convergent fortement avec celles publiées récemment par le FMI.

 


 

Politiques macroéconomiques                        

 

Les marchés anticipent un statu quo à l’issue de la prochaine réunion de la Fed (30 avril – 1er mai)

 La réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) des 30 avril et 1er mai devrait aboutir à un maintien de la fourchette cible des taux fed funds à [2,25 %-2,5 %].

Les marchés s’attendent à ce que la Fed maintienne son scénario central, annoncé en mars, d’un arrêt provisoire des hausses de taux d’intérêt, étant donné l’incertitude encore importante sur l’évolution de l’économie américaine et l’absence de pressions inflationnistes. Les marchés accordent une probabilité supérieure à 99 % à cette hypothèse (selon les contrats futures à 30 jours).

 

Herman Cain n’est plus candidat à un poste de gouverneur de la Fed

 Le 22 avril, Donald Trump a annoncé par la voie d’un tweet qu’Herman Cain avait demandé le retrait de sa nomination à un poste de gouverneur de la Fed. Dans une tribune publiée peu après dans le Western Journal, dont il est l’un des plumes régulières, H. Cain explique avoir renoncé à cette candidature en raison d’une rémunération qu’il juge insuffisante (183 100 USD par an pour un gouverneur, 203 500 USD pour le président et le vice-président de la Fed).

Cette annonce intervient après que plusieurs sénateurs Républicains avaient exprimé de fortes réserves vis-à-vis de la candidature d’Herman Cain. Ce dernier risquait dès lors de ne pas obtenir la majorité des voix au Sénat.

En conséquence de ce retrait, la Maison Blanche devra annoncer ultérieurement quel nouveau candidat elle entend nommer à ce siège de gouverneur au sein du FOMC. La candidature de Stephen Moore au second poste de gouverneur encore vacant reste quant à elle d’actualité.

 

Les administrateurs des programmes sociaux Social Security et Medicare ont publié leur rapport annuel

 Ces deux rapports annuels des administrateurs des caisses de Social Security (pensions de retraites, allocations d’invalidités) et de Medicare (assurance-santé des personnes de plus de 65 ans) actualisent l’évaluation de la trajectoire financière de ces programmes et sonnent de nouveau l’alerte sur les déséquilibres croissants entre cotisations et prestations versées.

Pour Social Security, les estimations du rapport sont moins pessimistes que l’an dernier. Les fonds dédiés à l’assurance-vieillesse seraient épuisés en 2035, soit un an plus tard que dans l’estimation du rapport 2018, mais restent fondamentalement affectés par le  vieillissement démographique. Les fonds dédiés aux pensions d’invalidité seraient à l’équilibre jusqu’en 2052, soit 18 ans plus tard que dans la prévision de l’an dernier. Cette amélioration significative découle du retour de nombreux bénéficiaires sur le marché du travail depuis 2014, une tendance encore plus marquée au cours de l’année écoulée.

La situation financière de Medicare paraît plus préoccupante : la caisse consacrée au financement des soins hospitaliers (Hospital Insurance fund – Medicare Part A) serait en déficit dès 2026, une échéance inchangée par rapport à l’an dernier.

Ces programmes ne pouvant pas directement contribuer à creuser le déficit budgétaire, en l’absence d’intervention politique, le déséquilibre financier de ces caisses entraînera une réduction automatique de leurs dépenses (prestations versées et rémunération du personnel notamment). Pour éviter pareille situation, il appartient au Congrès d’augmenter les cotisations sociales, d’adopter des réformes structurelles ou d’autoriser l’État fédéral à financer le déficit de ces caisses.

 

Elizabeth Warren promeut un effacement partiel de la dette étudiante et la gratuité des études supérieures

 La sénatrice Elizabeth Warren,  qui est candidate à l’investiture démocrate en vue de l’élection présidentielle de 2020, a publié, le 22 avril, ses propositions visant à renforcer l’accès des Américains à l’enseignement supérieur.

Le premier volet consiste en l’annulation d’une partie de la dette étudiante existante, qu’elle ait été contractée auprès du gouvernement fédéral ou d’un créancier privé. Le coût de cette mesure serait pris en charge par l’État fédéral. Les ménages dont le revenu est inférieur à 100 000 USD par an verraient leur dette étudiante effacée à hauteur de 50 000 USD. Entre 100 000 USD et 250 000 USD, l’allègement s’appliquerait selon un taux marginal décroissant de 33 %. Une évaluation de cette proposition, menée par l’université Brandeis à la demande de la sénatrice, conclut que 75 % des emprunteurs concernés bénéficieraient d’un effacement total de leur dette étudiante.

Le second volet porte sur la gratuité complète des études supérieures, tous programmes confondus (formations techniques de deux ans ou bachelor). Le coût des frais d’inscription serait alors supporté par  le budget fédéral et les États fédérés, à parts égales. La sénatrice propose également d’augmenter le montant des bourses octroyées aux étudiants issus d’une famille défavorisée ou d’une minorité ethnique.

Le coût combiné de ces mesures s’élèverait à 1 250 Md USD sur dix ans, dont un coût immédiat de 640 Md USD lié à l’effacement des dettes étudiantes. Ce projet serait financé par les recettes générées par la surtaxe qu’Elizabeth Warren propose de créer sur les fortunes  supérieures à 50 MUSD.

 


 

Régulation financière

 

La Fed veut encourager les investisseurs à entrer au capital des établissements de crédit

 Le 23 avril, la Fed a publié une proposition dans laquelle elle révise ses critères d’appréciation du contrôle d’un établissement de crédit (Bank Holding Company, BHC, ou Savings and Loan Holding Company, SLHC) par une entreprise d’un autre secteur, et réciproquement.

Pour rappel, la Fed analyse la structure actionnariale et le modèle économique de chaque établissement sous sa supervision, afin de déterminer si les entités présentes à leur capital doivent être elles aussi soumises à la règlementation bancaire (exigences de fonds propres, de liquidité, etc.). Réciproquement, la Fed détermine si la prise de participation d’un établissement de crédit dans une entreprise est de nature à soumettre cette dernière à la règlementation bancaire.

Selon Randal Quarles, le vice-président de la Fed chargé de la supervision, l’objectif de la proposition est de clarifier la méthodologie utilisée par le régulateur, dont la complexité actuelle dissuaderait de nombreuses entreprises de détenir une participation inférieure à 25 % dans un établissement de crédit. Or, cette situation pénaliserait notamment les petites banques locales (community banks) en recherche de financement.

Dans sa proposition,  la Fed définit une procédure de détermination du contrôle en deux étapes. Elle explique qu’elle considèrera, dans un premier temps, le pourcentage de détention des droits de vote en observant différents seuils (moins de 5 %, entre 5 et 10 %, entre 10 et 15 % et entre 15 et 25 %). Dans un second temps, elle appréciera d’autres critères (nombre de dirigeants nommés par l’actionnaire, part du capital social détenue, intensité des liens commerciaux entre les deux entités, etc.) pour confirmer, ou infirmer, sa présomption initiale. Aussi, la Fed pourrait-elle considérer qu’une société d’investissement qui détiendrait entre 15 et 25 % des droits de vote d’un établissement de crédit ne le contrôle pas pour autant, si leurs autres liens, de nature capitalistique ou commerciale, sont peu significatifs.

Plusieurs observateurs indiquent que cette proposition pourrait encourager les prises de participation des banques dans les Fintechs et celles des fonds d’investissement dans le secteur bancaire.

 La proposition est soumise à commentaires publics pendant 60 jours.

 


 

Brèves

 

-Le Congressional Budget Office, l’agence parlementaire indépendante chargée de l’évaluation budgétaire des lois, a publié son estimation de l’effet de la progression de la dette publique sur les taux d’intérêt de long terme. Le CBO conclut qu’une progression d’1 point de l’encours de dette se traduirait par une hausse des taux d’intérêt de 2 à 3 points. Elle précise toutefois que cet effet d’éviction peut être réduit si la politique budgétaire conduit à favoriser l’investissement privé et l’offre de travail.

 

-Dans un document de travail publié le 18 avril, trois économistes de l’université de Chicago et de la Fed estiment que les hausses des droits de douane frappant les importations de lave-linge, notamment de fabrication coréenne et chinoise, ont conduit à une augmentation des prix de ces produits de 12 %. Ils notent également que les prix des sèche-linge, bien que non concernés par la mesure, ont progressé d’une ampleur similaire. En effet, les entreprises affectées par les mesures tarifaires sur les ventes de lave-linge en auraient limité l’impact en répartissant leur surcoût sur d’autres produits. Les auteurs en infèrent une forte élasticité de la demande à l’évolution des prix (entre 110 % et 230 %).

 

-Dans une lettre adressée le 23 avril au président de la Securities and Exchange Commission (SEC), Jay Clayton, cinq élus républicains ont exprimé leurs inquiétudes concernant la collecte d’informations financières dans le cadre du Consolidated Audit Trail (CAT). Pour rappel, le système CAT permet au régulateur américain des marchés boursiers de disposer d’informations consolidées sur l’ensemble des cotations et des flux d’échanges d’actifs financiers, sur la base des données fournies par les participants. Les parlementaires pointent du doigt la vulnérabilité des agences de régulation aux cyber-risques.

 

-Le 23 avril, l’Employee Benefit Research Institute, un centre de recherche non-partisan dédié aux questions sociales, a publié une étude sur la situation de l’épargne-retraite aux États-Unis. Le document souligne notamment le niveau élevé de confiance des Américains dans le financement de leur retraite.

 

-Le 25 avril, le bureau de protection financière des consommateurs (Consumer Financial Protection Bureau, CFPB) a sollicité les commentaires sur l’idée d’exempter les petites sociétés financières des exigences de publication de leurs opérations internationales (transactions en devises notamment).

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