Washington Wall Street Watch 2019-12

Washington Wall Street Watch 2019-12

Sommaire

Conjoncture                             

-La production industrielle rebondit légèrement en février

Politiques macroéconomiques                                                 

-La Fed laisse ses taux inchangés et annonce l’arrêt de la réduction de son bilan

Régulation financière                                                                                 

-Un commissaire de la SEC s’exprime sur les réformes possibles du proxy voting

-La FEMA annonce une nouvelle méthode de calcul des primes d’assurance inondation

Brèves                                                                                                                        

 


 

Conjoncture

 

La production industrielle rebondit légèrement en février

L’indice de production industrielle progresse de 0,1 % en février selon la Federal Reserve et compense en partie la baisse constatée en janvier (- 0,4 %, après une révision à la hausse de +0,2 point). Une majorité de secteurs (habillement, chimie, ameublement, etc.) enregistrent cependant de nouveaux résultats négatifs, ce qui pourrait pour partie s’expliquer par un climat difficile dans certaines régions du pays au cours du mois. Le sous-indice de la production manufacturière concède un nouveau recul de 0,4 % (après -0,5 %).

Le taux d’utilisation des capacités de production ressort en légère baisse à 78,2 % (-0,1 point), pénalisé là encore par la composante manufacturière (75,4 %, -0,4 point).

 


 

Politiques macroéconomiques                        

 

La Fed laisse ses taux inchangés et annonce l’arrêt de la réduction de son bilan

Le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) a maintenu la fourchette des taux fed funds à [2,25 %-2,5 %] au terme de sa réunion des 19 et 20 mars. Le communiqué met en avant la situation favorable du marché du travail mais souligne le récent ralentissement de la consommation des ménages et de l’investissement des entreprises. Le président de la Fed, Jerome Powell, s’est attaché à défendre la démarche de prudence de la Fed, indiquant que le FOMC sera patient avant de faire évoluer l’orientation de la politique monétaire, en raison notamment des risques intérieurs et extérieurs qui pèsent sur l’activité.

Le FOMC a abaissé sa prévision de croissance à 2,1 % pour 2019 et 1,9 % pour 2020 (respectivement -0,2 pt et -0,1 pt par rapport à décembre). Surtout, la Fed ne prévoit plus aucune hausse de taux en 2019 (contre deux hausses auparavant) et ce tournant accommodant se prolongerait les années suivantes, avec une seule hausse de taux prévue en 2020 et une fourchette-cible inchangée en 2021

Enfin, la Fed a détaillé les modalités de sortie du processus de réduction de son bilan. Elle va abaisser le plafond mensuel de réduction de son portefeuille de Treasuries de 30 à 15 Md USD à partir de mai prochain et conclura le processus de réduction de son bilan à la fin du mois de septembre 2019. En parallèle, la banque centrale continuera de se délester de son portefeuille de mortgage-backed securities (MBS) à hauteur de 20 Md USD par mois.

 


 

Régulation financière

 

Un commissaire de la SEC s’exprime sur les réformes possibles du proxy voting

Au cours de sa première intervention publique le 18 mars, Elad Roisman, le commissaire démocrate de la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers américains, a centré son discours sur la procédure de vote par procuration (proxy process) lors d’assemblées générales. À cet égard, E. Roisman a invité les différentes parties prenantes (gestionnaires d’actifs, proxy advisors, investisseurs) à soumettre leurs commentaires sur le système actuel et les réformes souhaitables.

Roisman a également rappelé que le rôle des agences de conseil en vote (proxy advisors) était une question sensible dans une économie où les fonds d’investissement détiennent un tiers de l’encours d’actions total aux États-Unis pour le compte de 45 % des ménages américains.

Le commissaire, chargé par le président de la SEC  de diriger les efforts de l’agence concernant la revue des règles en la matière a présenté trois priorités : (i) préserver les intérêts des investisseurs ; (ii) renforcer la recherche sur les risques de conflits d’intérêts dans les agences de conseil en vote et (iii) clarifier les règles qui permettent des votes contraires au sein d’un même fonds d’investissement ayant recours à un proxy dans sa procédure de vote en assemblée générale.

 

La FEMA annonce une nouvelle méthode de calcul des primes d’assurance inondation

Dans un communiqué du 19 mars, la Federal Emergency Management Agency (FEMA), chargée notamment de l’administration du programme fédéral d’assurance contre les inondations (National Flood Insurance Program ou NFIP), a annoncé une refonte du système de calcul des primes d’assurance liées au NFIP.

Cette mise à jour, baptisée Risk Taking 2.0, prendrait notamment en compte davantage de variables liées aux spécificités du souscripteur, afin de refléter un niveau de risque plus adéquat. En outre, ce nouveau programme garantirait aux ménages des frais plus stables.

Le financement du NFIP avait bénéficié de plusieurs extensions de court terme par voie législative au cours des dernières années. Il doit actuellement expirer fin mai.

 


 

Brèves

 

-Le 15 mars, cinq régulateurs américains ont annoncé une règle intérimaire (interim final rule) visant à faciliter le transfert de certains produits dérivés britanniques (legacy swaps) dans le contexte d’une potentielle sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union européenne. Cette règle cherche notamment à garantir que certains de ces transferts ne seront pas soumis à des exigences en capital supplémentaires.

 

-La SEC a adopté le 20 mars une règle visant à simplifier les obligations en matière de publication d’informations financières des sociétés cotées. Les modifications apportées par la règle, requises par la loi Fixing America’s Surface Transportation (FAST Act) de 2012, élimineront ce que la SEC qualifie de « publications obsolètes et inutiles ».

 

-Le 18 mars, l’administration Trump a publié des documents supplémentaires détaillant sa demande de budget pour l’exercice 2020, dans laquelle elle propose une augmentation de 4 % du budget de la SEC. Le budget permettrait à la SEC, qui est auto-financée, de percevoir jusqu’à 1,75 Md USD de frais et d’évaluations.

 

– L’économiste Alan Krueger est décédé au cours du week-end des 16 et 17 mars, a annoncé l’université Princeton où il enseignait. Spécialiste reconnu d’économie du travail et célèbre, entre autres, pour ses travaux sur l’impact d’une hausse du salaire minimum, il avait été chef économiste du Department of Labor sous l’administration Clinton (1994-1995), et par la suite responsable de la politique économique au sein du Trésor (2009-2010) et président du Council of Economic Advisers (instance chargée de conseiller le président en matière de politique économique, 2011-2013).

 

-Le 14 mars, la Fed et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) ont annoncé la tenue d’auditions publiques au sujet de la fusion annoncée des banques BB&T et Suntrust. La sénatrice démocrate et candidate à la campagne présidentielle Elizabeth Warren avait fait part de ses inquiétudes lors de l’annonce de cette fusion, concernant l’attention portée par les régulateurs à la consolidation du secteur bancaire.

 

-Le 14 mars, le Sénat a confirmé la nomination de Rodney Hood et Todd Harper au conseil d’administration de la National Credit Union Administration (NCUA), l’agence fédérale chargée de la supervision des agences de crédit (credit unions). Le conseil d’administration de la NCUA sera ainsi complet pour la première fois depuis 2016.

 

-La présidente de la FDIC, Jelena McWilliams, a déclaré le 20 mars qu’elle était favorable à (i) un meilleur accès des ménages américains aux services financiers et (ii) une modernisation de la loi sur les investissements locaux des établissements bancaires (Community Reinvestment Act).

 

-Le Chicago Board of Exchange (CBoE), une plateforme d’échange de produits dérivés, a annoncé le 18 mars qu’il ne renouvèlerait pas l’émission des contrats futures mensuels ayant un sous-jacent en crypto-monnaie Bitcoin. Le CBoE, qui a indiqué « revoir sa stratégie en matière d’actifs numériques », avait été la première plateforme à introduire des produits dérivés sur les crypto-monnaies en décembre 2017. Plusieurs analystes ont quant à eux évoqué la perte de parts de marché face au groupe CME ainsi que la baisse d’intérêt pour les crypto-monnaies, dont la valeur a fortement chuté depuis leur pic de décembre 2007.

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