Washington Wall Street Watch 2019-09

Washington Wall Street Watch 2019-09

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-La croissance américaine ressort à +2,9 % en 2018

Politiques macroéconomiques                                                 

-Jerome Powell défend la position d’attente de la Fed devant le Congrès

-Les dirigeants de la Fed discutent d’éventuelles évolutions du cadre de la politique monétaire

Régulation financière                                                                                 

-Des sénateurs s’interrogent sur le régime juridique de supervision des grandes institutions financières

-Les Démocrates proposent de renforcer la protection des données financières des emprunteurs

Brèves                                                                                                                        

 


 

Conjoncture

 

La croissance américaine ressort à +2,9 % en 2018

Les estimations du Bureau of Economic Analysis, publiées le 28 février, font état d’un léger ralentissement de l’économie américaine au 4ème trimestre 2018 (+0,6 % en variation trimestrielle, après +0,8 % au 3ème trimestre 2018). L’activité en fin d’année a été principalement tirée par la progression de la consommation des ménages (contribution de +0,5 point) et l’investissement des entreprises (+0,2 point).

Ce résultat porte la croissance à 2,9 % sur l’ensemble de l’année 2018. En 2018, la croissance a principalement bénéficié de la dynamique de la consommation privée (+2,6 %) et de l’investissement des entreprises, qui a profité de la réforme fiscale (+7,5 % pour les investissements en équipement).

Si ce niveau de croissance est supérieur à celui de 2017 (+2,2 %), il est néanmoins en-deçà de l’objectif de 3 % de l’administration.

 


 

Politiques macroéconomiques                        

 

Jerome Powell défend la position d’attente de la Fed devant le Congrès

Les auditions semestrielles du président de la Fed, le 26 février devant le Sénat puis le 27 devant la Chambre des Représentants, n’ont pas apporté de nouveaux éléments quant aux prochaines décisions de la Fed en matière de taux directeurs. Jay Powell s’est en effet attaché à rappeler la posture d’attente et de prudence adoptée par le dernier comité de politique monétaire, dans un environnement certes favorable mais qui pourrait se dégrader. Il a notamment pointé les  « signaux contradictoires » issus des indicateurs économiques.

Interrogé à plusieurs reprises sur l’accélération des salaires constatée ces derniers mois, il l’a jugée « saine » (healthy) et a dit ne pas y voir de risque significatif pour l’inflation. J. Powell a également exprimé son inquiétude au sujet du faible taux d’activité aux États-Unis par rapport aux grandes économies développées.

Les parlementaires ont aussi interrogé le président de la Fed sur les récentes critiques de l’exécutif à l’égard de sa politique et sur son récent dîner avec Donald Trump. J. Powell a souligné l’indépendance de la banque centrale vis-à-vis du pouvoir politique et il n’a pas souhaité commenter les échanges tenus au cours de son dîner avec le président américain.

 

Les dirigeants de la Fed discutent d’éventuelles évolutions du cadre de la politique monétaire

Lors du forum de politique monétaire organisé par l’université de Chicago le 22 février, Richard Clarida, le vice-président de la Federal Reserve, a exposé les motivations ayant amené la Fed à engager une réflexion sur sa stratégie et ses instruments, au cours de l’année 2019. Il en a mis trois principales en avant : i) le statut de l’objectif d’inflation, citant les différentes propositions pour faire évoluer les modalités de la cible d’inflation, ii) les extensions possibles de la politique de bilan, avec une mise en parallèle avec la situation de la banque centrale du Japon, et iii) les améliorations à apporter à la communication de la Fed, sans toutefois en préciser les modalités possibles.

John Williams, le président de la Fed de New York, a centré son intervention sur la dynamique d’inflation au cours des années récentes. Insistant sur le recul progressif des anticipations d’inflation, il y voit les limites du ciblage d’inflation actuel et appelle à une évolution de ses modalités, se disant favorable à la mise en place d’un ciblage du niveau des prix (price level targeting).

Enfin, au cours de son audition au Congrès, Jay Powell a indiqué que les membres du FOMC étaient proches d’un accord sur les modalités de la fin de la réduction du bilan de la banque centrale. Une annonce pourrait ainsi intervenir « assez rapidement » (fairly soon). Il a estimé le volume final du bilan entre 16 % et 17 % du PIB (environ 3 500 Md USD contre 3 980 le 21 février). Par ailleurs, le vice-président chargé de la supervision financière, Randal Quarles, a détaillé, le 22 février, les interactions entre la future politique de bilan de la Fed et le secteur financier. Il a notamment expliqué que la Fed entendait maintenir un matelas de réserves bancaires conséquentes afin de répondre aux besoins de liquidité des institutions financières, citant notamment l’exigence du ratio de liquidité LCR (liquidity coverage ratio). A cet effet, la Fed est en train d’évaluer le niveau de réserves adapté.

 


 

Régulation financière

 

Des sénateurs s’interrogent sur le régime juridique de supervision des grandes institutions financières

Le 22 février, cinq sénateurs républicains, dont le président de la commission bancaire, Mike Crapo, ont sollicité auprès du Government Accountability Office (GAO), l’agence chargée de l’évaluation et de l’audit du gouvernement fédéral, une interprétation du dispositif de supervision des grandes institutions financières sous l’autorité de la Fed (large institution supervision coordinating committee, LISCC).

Dans leur courrier, les sénateurs demandent notamment une clarification de la nature juridique des textes de recommandation publiés par le LISCC. Ils considèrent que plusieurs de ces recommandations, publiées après la crise, sont suffisamment substantielles et exigeantes pour être assimilables à des règles (rule). La requalification en rule de ces textes aurait pour effet d’autoriser le Congrès à les abroger à une majorité simple, en vertu du Congressional Review Act (CRA).

 

Les Démocrates proposent de renforcer la protection des données financières des emprunteurs

Le 26 février, la présidente de  la commission des services financiers de la Chambre des Représentants, Maxine Waters, a présenté deux propositions de réforme relatives à l’utilisation des données financières des emprunteurs.

La première vise à mieux encadrer les conditions d’’utilisation des données par les agences chargées de  noter la solvabilité d’un emprunteur (credit score).

La seconde entend protéger le score des employés du secteur public contre les dommages financiers occasionnés par la fermeture temporaire de certains services publics fédéraux en cas de shutdown.

Lors d’une audition à ce sujet organisée le même jour, M. Waters a expliqué que le temps était venu de réparer un dispositif « défectueux ». Ses failles avaient notamment été révélées en 2017 à l’occasion de l’affaire Equifax, cette agence de scoring dont plusieurs millions de données relatives aux emprunteurs ont été dérobés.

 


 

Brèves

 

-Le 28 février, des élus démocrates ont annoncé la préparation d’une loi pour interdire la pratique dite du règlement amiable forcé (forced arbitration) lors d’un différend entre un salarié et son employeur. Le règlement amiable forcé est autorisé par le Federal Arbitration Act et concernerait plus de la moitié des salariés américains, selon une estimation de l’Economic Policy Institute, un think tank proche de la gauche du parti démocrate. Google vient d’annoncer qu’il renonçait à cette pratique, ce qui permettra à ses employés de poursuivre l’entreprise en justice.

-Dans un rapport publié le 25 février, le GAO regrette que l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), le superviseur des banques nationales, n’ait pas mis en œuvre les recommandations qui lui ont été adressées pour  s’assurer que ses employés n’entrent pas en conflit d’intérêts avec les banques qu’ils examinent.

-Le 26 février, la commission bancaire du Sénat a voté en faveur de la nomination de Mark Calabria à la tête de la Federal Housing Finance Agency (FHFA), le régulateur des entreprises parapubliques chargées de la titrisation des prêts immobiliers (Fannie Mae et Freddie Mac). Sa candidature, soutenue par l’administration, doit désormais être confirmée par le Sénat en séance plénière. La commission a par ailleurs approuvé la nomination de Bimal Patel comme secrétaire adjoint au Trésor, de Dino Falaschetti comme directeur de l’Office of Financial Research, et de Kimberly Reed comme présidente de l’Export-Import Bank.

-Le 25 février, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) et la banque d’Angleterre ont publié un communiqué conjoint dans lequel elles s’engagent à assurer la continuité des transactions de produits dérivés entre les États-Unis et le Royaume-Uni, quelle que soit l’issue de la négociation en cours du Brexit.

 

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