Washington Wall Street Watch 2019-03

Washington Wall Street Watch 2019-03

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-L’inflation est en net repli en décembre

-La confiance des entreprises américaines est en baisse, selon le Beige Book

-La Fed de New York estime à +0,3 % les effets sur l’inflation des mesures commerciales en 2018

Politiques macroéconomiques                                                 

-Le shutdown se prolonge, sans perspective de sortie de crise

-Une partie de la dette de Porto Rico pourrait être annulée pour inconstitutionnalité

-Les Démocrates veulent augmenter le salaire minimum fédéral de 7,25 à 15 USD

Régulation financière            

-Les banques américaines ont publié leurs résultats du quatrième trimestre 2018

Brèves                                                                                                                        

 


 

Conjoncture

 

L’inflation est en net repli en décembre

 L’indice des prix à la consommation (IPC) ressort en baisse de 0,1 % en décembre, fortement marqué par le repli des prix de l’énergie sur le mois (-3,5 %). La composante sous-jacente, qui exclut les éléments les plus volatils, progresse de 0,2 %. Sur douze mois glissants, l’inflation recule à 1,9 % dans sa définition globale (après +2,2 % en novembre) et se maintient à 2,2 % pour la composante sous-jacente.

 

La confiance des entreprises américaines est en baisse selon le Beige Book

 Le nouveau Beige Book de la Fed, publié le 16 janvier et qui décrit l’évolution de l’activité économique dans les 12 districts des Fed régionales, indique que l’économie américaine a continué de croître à un rythme modéré entre mi-décembre et mi-janvier.

Les entreprises sont cependant moins optimistes sur leur niveau d’activité dans les mois à venir en raison des effets cumulés de la hausse des taux, du regain de volatilité sur les marchés, du fort recul des prix de l’énergie et de l’incertitude commerciale et politique.

L’emploi continue de progresser et les tensions sur le marché du travail favorisent des augmentations de salaire dans l’ensemble des secteurs. Les pressions inflationnistes sont toujours jugées modérées et les entreprises indiquent faire face à la hausse du prix des intrants en raison, entre autres, de l’impact des tensions commerciales.

 

La Fed de New York estime à +0,3 % les effets sur l’inflation des mesures commerciales en 2018

 Dans un billet du blog Liberty Street Economics, trois chercheurs de la Fed de New York proposent une évaluation de l’impact sur l’inflation des hausses des droits de douane décidées par l’exécutif (i) sur les panneaux solaires et les machines à laver en janvier 2018, (ii) sur l’acier et l’aluminium en mars 2018 et (iii) sur un volume de 50 Md USD de produits chinois importés à partir de l’été 2018, au titre des sections 201 et 301 du Trade Act. Ils établissent que ces mesures ont affecté 12 % de l’ensemble des importations américaines.

A partir de régressions statistiques, les chercheurs montrent qu’une hausse des droits de douane de 10 % conduit à une augmentation des prix à la production de 1,5 % si la mesure est appliquée sur les composants utilisés dans un secteur spécifique et de 2,3 % si elle frappe le produit final. Cet effet se diffuse en moyenne dans les trois mois suivant la mise en œuvre de la hausse des droits de douane.

En se basant sur la relation entre les prix à la production et l’inflation, les chercheurs estiment que les mesures de l’administration ont contribué à augmenter l’inflation de 0,3 % sur l’ensemble de l’année 2018.

 


 

Politiques macroéconomiques                        

 

Le shutdown se prolonge, sans perspective de sortie de crise

Les discussions pour mettre fin au shutdown entamé le 22 décembre sont toujours bloquées. Le dialogue entre Donald Trump et les chefs de file démocrates est rompu depuis plusieurs jours et le rapport de force s’est déplacé vers le Congrès.

Trump semble par ailleurs avoir renoncé, au moins temporairement, à la possibilité de décréter une situation d’urgence nationale pour réaffecter, sans solliciter l’aval du Congrès, des ressources budgétaires vers la construction du mur à la frontière méridionale. Cette solution n’est en effet pas sans risque pour l’exécutif, les Démocrates pouvant saisir la Cour suprême pour la faire annuler le cas échéant.

Dans ce contexte, les Démocrates ont présenté plusieurs textes budgétaires en espérant obtenir une approbation des deux tiers dans chaque chambre du Congrès, condition requise pour contourner un éventuel veto présidentiel. Ces initiatives ont toutes échoué du fait de l’opposition du majority leader républicain au Sénat, Mitch McConnell, à mettre un tel vote à l’ordre du jour. En outre, malgré leur souhait déclaré de mettre fin au shutdown, de nombreux parlementaires républicains sont réticents à prendre toute décision qui contrarierait la position de D. Trump.

En conséquence du shutdown, les services fédéraux réquisitionnent un nombre croissant d’agents publics fédéraux pour maintenir un service minimum tandis que le versement des salaires, réalisé normalement sur une base bimensuelle, a été reporté sine die. Donald Trump a d’ores et déjà promulgué une loi prévoyant leur versement rétroactif, dès la levée du shutdown.

Kevin Hassett, le président du Council of Economic Advisers (organe chargé de conseiller le président en matière de politique économique) a par ailleurs révisé le coût estimé du shutdown à 0,13 point de PIB par semaine, une ampleur deux fois supérieure à la première estimation dévoilée au début du mois.

Enfin, le blocage, s’il perdure, pourrait affecter la tenue du discours annuel sur l’état de l’Union, prévu le 29 janvier. Le 16 janvier, Nancy Pelosi, la Speaker démocrate de la chambre des représentants, a recommandé, dans une lettre à la Maison Blanche, de reporter ce discours, compte tenu des effets du shutdown sur la disponibilité des services de sécurité fédéraux.

 

Une partie de la dette de Porto Rico pourrait être annulée pour inconstitutionnalité

A Porto Rico, le comité de supervision financière, l’institution chargée d’organiser la procédure de faillite et de contrôler les finances publiques de l’île, a annoncé qu’il allait demander l’invalidation de 6 Md USD de dette gouvernementale. Pour mémoire, la dette de Porto Rico s’élevait à 123 Md USD au début de la procédure de faillite engagée en 2017, se partageant entre 74 Md de dettes financières et 49 Md d’engagements implicites.

A l’appui de sa demande, le comité de supervision indique que l’émission de ces titres avait été effectuée en violation du plafond de dette inscrit dans la constitution du Porto Rico. Une procédure séparée a également été engagée par des créanciers privés, au motif que l’île n’a pas respecté la règle d’or budgétaire en vigueur.

C’est la première demande d’annulation de dette engagée par le comité de supervision, qui a conclu plusieurs accords de restructuration de la dette de Porto Rico au cours des derniers mois.

 

Les Démocrates veulent augmenter le salaire minimum fédéral de 7,25 à 15 USD

 Le sénateur indépendant Bernie Sanders et plusieurs sénateurs démocrates ont introduit, le 16 janvier, une loi prévoyant une augmentation du salaire minimum horaire qui prévaut au niveau fédéral. La rémunération plancher passerait de 7,25 USD, seuil en vigueur depuis 2009, à 15 USD de l’heure en 2024. Cette mesure bénéficierait à plus de 40 millions de personnes selon les estimations de l’Economic Policy Institute, un think tank proche de la gauche américaine.

Le texte prévoit en outre d’indexer l’évolution du salaire minimum sur la croissance du salaire médian et d’en faire bénéficier également les employés rémunérés au pourboire (un salaire minimum spécifique s’applique aujourd’hui à ces derniers, qui est inférieur au régime général).

Cette proposition fait écho à de récentes initiatives prises par certains Etats contrôlés par les Démocrates (Arkansas, Missouri, etc.) pour augmenter le salaire minimum localement.

La proposition de loi a toutefois peu de chances d’aboutir, dans la mesure où le Sénat, contrôlé par les Républicains, devrait s’y opposer.

 


 

Régulation financière

 

Les banques américaines ont publié leurs résultats du quatrième trimestre 2018

 Les six plus grandes banques américaines en termes d’actifs (JP Morgan, Bank of America, Wells Fargo, Citigroup, Goldman Sachs et Morgan Stanley) ont publié leurs résultats du dernier trimestre 2018.

Dans l’ensemble, ces résultats ont été légèrement supérieurs aux anticipations du marché, à l’exception des activités de trading, qui auraient souffert de la volatilité de fin d’année.

Les pourcentages entre parenthèses représentent la variation du PNB par rapport au T4 2017

Source : états financiers des banques américaines au T4 2018

 


 

Brèves

 

-Le Congressional Budget Office, l’organe non partisan d’évaluation budgétaire du Congrès, a annoncé qu’il publierait le 28 janvier l’édition 2019 de ses prévisions économiques et budgétaires.

-Le 14 janvier, les enseignants du comté de Los Angeles sont entrés en grève pour demander des hausses de salaires et l’application d’une limite de 39 élèves par classe. Ce mouvement, le premier dans ce comté depuis 1989, s’inspire de récentes grèves des enseignants dans les États de l’Oklahoma et de la Virginie Occidentale.

-Le 15 janvier, la Securities and Exchange Commission (SEC) a déposé une plainte contre un groupe de pirates informatiques basés aux États-Unis, en Ukraine et en Russie. Ces hackers sont soupçonnés d’avoir accédé illégalement à des informations financières confidentielles sur Edgar, la plateforme de donnés de la SEC. Ils auraient notamment utilisé des données portant sur les résultats trimestriels d’entreprises cotées, avant leur publication officielle.

-Le 10 janvier, le maire de New York, Bill de Blasio, a proposé de créer un dispositif d’épargne-retraite destiné aux salariés des entreprises qui ne proposent pas ce type de services. Inspiré des programmes analogues mis en place par les pouvoirs publics dans l’Illinois, la Californie et l’Oregon, ce dispositif vise en particulier les salariés des petites et moyennes entreprises new-yorkaises, qui sont rarement dotées de programme d’épargne supplémentaire de type 401(k) et IRA. Sous réserve de son approbation par le conseil municipal, ce dispositif entrerait en vigueur en 2021.

-Le 15 janvier, le représentant républicain Patrick McHenry, qui est membre de la commission des services financiers de la Chambre, a demandé aux agences de régulation financière américaines d’évaluer les conséquences d’un Brexit sans accord (hard Brexit) sur les marchés et d’indiquer les actions qu’elles comptent mettre en œuvre le cas échéant.

-L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) a annoncé le 17 janvier la nomination de Morris Morgan comme chef des opérations (COO). M. Morgan, actuellement chargé de la supervision des grandes banques, travaille à l’OCC depuis 1985.

-Le 16 janvier, Fiserv et First Data, deux Fintech américaines spécialisées dans les services bancaires et de paiement, ont annoncé leur fusion dans le cadre d’une opération valorisée à 22 Md USD.

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