Washington Wall Street Watch 2018-41

Washington Wall Street Watch 2018-41

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-Le marché du travail s’est montré à nouveau dynamique en octobre

Politiques macroéconomiques

-La Fed laisse ses taux inchangés au terme de sa réunion de politique monétaire

-Les scrutins du 6 novembre ont vu une avancée des réformes à visée sociale dans plusieurs États

Régulation financière            

-La CFTC maintient le seuil d’enregistrement des swap dealers à 8 Md USD

-La SEC modifie les obligations d’information des courtiers (réglementation NMS)

-La Fed révise son système de notation des grandes institutions financières

Brèves                                                                                                                        

 


 

Conjoncture

 

Le marché du travail se montre à nouveau dynamique en octobre

Publié le 2 novembre, le rapport mensuel sur le marché du travail du Bureau of Labor Statitics indique que 250 000 nouveaux emplois ont été créés en octobre aux États-Unis (après 118 000 en septembre, révision à la baisse de 26 000). Le taux de chômage reste stable, à 3,7 %, mais de nouvelles entrées sur le marché du travail permettent un rebond du taux d’activité à 62,9 % (+0,2 point). Les salaires progressent de 0,2 % sur le mois et le rythme de croissance sur un an atteint 3,1 % (+0,3 point), dépassant pour la première fois le seuil symbolique de 3 %. Si cette amélioration est une nouvelle manifestation d’une activité soutenue, les observateurs suggèrent que les chiffres du mois d’octobre ont pu être biaisés à la hausse en raison des interruptions d’activité intervenues en septembre en conséquence des ouragans en Floride.

 


 

Politiques macroéconomiques                        

 

La Fed laisse ses taux inchangés au terme de sa réunion de politique monétaire

Le comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) a maintenu, comme attendu, la fourchette cible des taux fed funds à [2 %-2,25 %] à la suite de la réunion des 7 et 8 novembre.

Le communiqué n’affiche que des changements minimes et conserve une appréciation optimiste de la situation économique, ouvrant la porte à une quatrième hausse de taux en décembre.

La Fed souligne la nouvelle baisse du taux de chômage et se satisfait de la consommation des ménages. Elle prend acte du récent ralentissement de l’investissement des entreprises mais le remet en perspective de la progression soutenue observée ces derniers mois. Aucune  mention n’est faite de la correction des marchés, du regain de volatilité ni des tensions commerciales de ces dernières semaines.

Le FOMC affiche ainsi sa confiance quant à l’évolution de l’activité dans les mois à venir, confortant ainsi la probabilité d’une hausse de taux en décembre.

 

Les scrutins du 6 novembre ont vu une avancée des réformes à visée sociale dans plusieurs États

Les élections de mi-mandat ont vu, au niveau national, les Démocrates gagner le contrôle de la Chambre des Représentants et les Républicains renforcer leur majorité au Sénat (les résultats définitifs ne sont pas encore connus, certains scrutins faisant l’objet d’un recomptage des voix). Les Républicains ont par ailleurs remporté 20 des 36 élections de gouverneurs mais ont perdu 7 États qu’ils contrôlaient (sur un total de 28).

Ces élections, qui ont parfois été accompagnées au niveau local de référendums législatifs, ont pu illustrer le clivage qui existe entre la politique économique poursuivie par l’administration Trump et les actions engagées par certains États dans le domaine économique et social. Ainsi les États de l’Idaho, de l’Utah et du Nebraska, bien que républicains, ont voté en faveur d’une extension de la couverture santé Medicaid. Cette mesure, créée par l’Affordable Care Act de 2010 (« Obamacare ») que l’administration Trump avait tenté d’abroger, augmente le seuil d’éligibilité à Medicaid de 100 % à 138 % du seuil de pauvreté. Ces décisions portent à 36 le nombre d’États ayant adopté une extension de Medicaid.

Enfin, les États de l’Arkansas et du Missouri ont adopté, par référendum, des augmentations du salaire horaire minimum. La rémunération plancher sera ainsi portée à 11 $ d’ici 2021 en Arkansas (+53 %) et à 12 $ d’ici 2023 dans le Missouri, qui prévoit également sa revalorisation annuelle en fonction de l’inflation.

 


 

Régulation financière

 

La CFTC maintient le seuil d’enregistrement des swap dealers à 8 Md USD

Le 5 novembre, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur des marchés dérivés américains, a voté à l’unanimité le maintien à 8 Md USD du seuil de minimis à partir duquel un swap dealer doit s’enregistrer auprès du régulateur.

Ce seuil, calculé à partir de la valeur notionnelle des swaps échangés sur les douze mois précédents, avait été instauré par le Dodd-Frank Act. Fixé provisoirement à 8 Md USD, le seuil de minimis devait être abaissé à 3 Md USD à compter de début 2018. La CFTC avait toutefois reporté l’entrée en vigueur de ce nouveau seuil, au motif qu’elle voulait s’assurer préalablement de sa pertinence économique.

La CFTC estime désormais qu’un tel abaissement aurait pour effet d’intégrer dans le champ de la réglementation des acteurs trop petits, qui ne présentent pas de risque pour le système financier.

Le président de la CFTC, C. Giancarlo, a soutenu cette décision et a par ailleurs indiqué que la CFTC continuait de travailler à des modifications dans la méthodologie de calcul du seuil.

 

La SEC modifie les obligations d’information applicables aux courtiers (réglementation NMS)

Le 2 novembre, la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers, a amendé certaines dispositions de sa réglementation NMS (National Market System) relatives à l’obligation d’information applicables aux courtiers en bourse (broker-dealers).

Ces amendements visent à renforcer l’information fournie par les courtiers aux investisseurs, à chaque demande de ces derniers et pour toutes les opérations réalisées au cours des six mois précédents. En particulier, les investisseurs pourront exiger l’obtention d’éléments relatifs aux conditions tarifaires obtenues par les courtiers auprès des plateformes d’échanges boursiers (trading venues), qu’il s’agisse des frais ou d’éventuels rabais (rebate rate). Les rapports publiés chaque trimestre par les courtiers devront par ailleurs être plus explicites sur les mesures prises pour éviter d’éventuels conflits d’intérêt.

Des dérogations sont incluses dans la règle de la SEC afin d’exempter de ces nouvelles obligations les ordres de petite taille et ceux représentant moins de 5 % du mandat confié au courtier par l’investisseur.

Ces amendements entreront en vigueur soixante jours après leur publication officielle dans le Federal Register. Le président de la SEC, Jay Clayton, a salué ces nouvelles dispositions, les justifiant par le besoin d’adapter les pratiques aux évolutions technologiques des marchés.

 

La Fed révise son système de notation des grandes institutions financières

Le 2 novembre, le Federal Reserve Board a finalisé sa nouvelle méthodologie de notation (rating system) des holdings bancaires et de certaines sociétés financières, dont les actifs sont supérieurs à 100 Md USD, ainsi que des banques non-américaines (foreign banking organizations) présentes aux États-Unis avec plus de 50 Md USD d’actifs. Ce système de notation individuelle porte sur le bilan (capital planning and positions), la liquidité et la gestion des risques (governance and controls) au sein des établissements placés sous la supervision de la Fed.

La Fed explique que cette nouvelle méthode sera mieux adaptée aux évolutions de ses pratiques de supervision depuis la crise financière et qu’elle participera de ses efforts de simplification et de transparence vis-à-vis des établissements supervisés. La notation demeurera par ailleurs confidentielle.

Cette nouvelle méthodologie, qui avait été présentée initalement en août 2017 et avait fait l’objet d’une consultation publique, entrera en vigueur au 1er février 2019.

 


 

Brèves

-Les marchés étaient en hausse significative au lendemain des élections de mi-mandat : le S&P 500 et le Dow Jones progressaient de 2,1 % pendant que le Nasdaq marquait une hausse de 2,6 %. L’issue du scrutin pour le Congrès semble avoir été bien anticipée par les investisseurs et le résultat n’a dès lors pas modifié leurs attentes en matière de politique économique.

-Dans une lettre adressée le 5 novembre à la Réserve fédérale, deux organismes représentant les intérêts du secteur bancaire aux États-Unis (le Bank Policy Institute et l’American Bankers Association) demandent aux régulateurs fédéraux de reconsidérer l’usage des textes de recommandation (guidance) aux fins de supervision des banques. En particulier, ils souhaitent que ces recommandations ne puissent plus être opposables à une banque qui ne les appliquerait pas.

-Le 2 novembre, le département chargé de l’application des règles (enforcement division) de la SEC a annoncé qu’il avait collecté un total de 3,9 Md USD de recettes au titre de l’année fiscale 2018, soit une hausse de 4 % par rapport à 2017. Les amendes perçues ont totalisé 1,4 Md USD, contre 0,8 Md USD l’an passé.

-Dans un courrier du 7 novembre, plusieurs élus républicains, dont le sénateur Mike Crapo, ont demandé au Federal Deposit Insurance Company de démontrer qu’il s’était mis en conformité avec la décision de l’administration prise en 2017 de mettre fin à l’opération « Choke Point ». Cette opération avait été lancée sous l’administration Obama pour inciter les banques américaines à renoncer à certaines activités potentiellement risquées en matière de blanchiment d’argent.

-Les entreprises parapubliques Fannie Mae et Freddie Mac (Government Sponsored Enterprises – GSE), chargées de la titrisation des prêts immobiliers, ont publié leurs résultats financiers pour le troisième trimestre 2018. Leur résultat net, qu’elles reverseront en dividendes au Treasury, a atteint respectivement 4,0 Md USD et 2,7 Md USD. À fin septembre, les portefeuilles cumulés d’actifs garantis par les deux GSE s’élevaient à 5 400 Md USD.

-Lors d’une conférence consacrée aux Fintech organisée par l’université de Georgetown le 7 novembre, le président de la CFTC, C. Giancarlo, a souligné l’engagement de son agence à accompagner les innovations technologiques dans le secteur financier, ajoutant que le traitement centralisé des données (big data) constituerait l’un des plus importants chantiers à venir pour le régulateur américain des marchés dérivés.

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