Washington Wall Street Watch 2018-40

Washington Wall Street Watch 2018-40

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-La croissance s’établit à +0,9 % au 3ème trimestre 2018

-Les ventes de logements neufs reculent fortement sur un an

-Le Treasury annonce un volume d’émission de dette record pour le 4ème trimestre 2018

Politiques macroéconomiques

-Les marchés anticipent un statu quo pour la prochaine réunion la Fed

Régulation financière            

-La Fed propose d’alléger les exigences prudentielles pour certaines banques

-Un commissaire de la CFTC s’exprime au sujet de la régulation transfrontalière

-Les régulateurs proposent de nouveaux standards sur le risque de contrepartie des contrats dérivés

Brèves                                                                                                                        

 


                                                                                                   

Conjoncture                                                                                                                   

La croissance s’établit à +0,9 % au 3ème trimestre 2018

La première estimation du Bureau of Economic Analysis fait état d’une progression de 0,9 % du PIB au 3ème trimestre (+3,5 % en rythme annualisé). Cette performance confirme le dynamisme de l’activité aux États-Unis après la forme accélération observée au 2ème trimestre (+1 %). La croissance est principalement portée par la consommation des ménages (contribution de 0,7 point) et l’évolution des stocks (0,5 point).

À l’inverse, le commerce extérieur pénalise l’activité (-0,4 point) dans le sillage du ralentissement des exportations. L’économie américaine avait connu au 2ème trimestre une forte augmentation des exportations liée à des transactions anticipées, en perspective de la hausse des droits de douane.

 

Les ventes de logements neufs reculent fortement sur un an

Le nombre de logements vendus est en baisse, sur un an, de 13,2 % sur le marché du neuf et de 4,1 % dans le marché de l’ancien, selon les données mensuelles publiées par le Census Bureau et la National Association of Realtors. Ce recul des transactions immobilières, le plus important en rythme annuel depuis la crise, est attribué à la remontée des taux d’intérêt (+100 points de base sur an pour les emprunts immobiliers à 30 ans) et l’effet de la réforme fiscale adoptée en 2017. En effet, le plafonnement à 10 000 USD de la déductibilité des montants versés au titre la fiscalité locale, qui intègre notamment la taxe foncière, entraîne une hausse significative du coût des propriétés immobilières.

Ce recul est plus particulièrement marqué dans le quart nord-est des États-Unis, qui comprend la majorité des États ayant une fiscalité élevée. Les transactions y diminuent de 51,3 % dans le neuf et de 4,1 % dans l’ancien au cours des douze derniers mois.

 

Le Treasury annonce un volume d’émission de dette record pour le 4ème trimestre 2018

Dans la version actualisée de son programme de financement, le département du Trésor a annoncé qu’il émettra près de 425 Md USD de nouvelle dette au cours du 4ème trimestre 2018. Un tel volume d’émission sur une période de trois mois est d’une ampleur inédite depuis 2009. L’administration entend financer ses besoins supplémentaires au moyen d’une augmentation des émissions à courtes maturités (2, 3 et 5 ans).

En 2018, l’État fédéral aura ainsi levé 1 338 Md USD, un montant au plus au haut depuis 2010. Ces besoins de financements croissants s’expliquent par le déficit budgétaire important de l’État fédéral en 2018 (4,1 % sur l’année civile selon le Congressional Budget Office), lui-même alimenté par la politique budgétaire expansionniste de l’administration.

 


 

Politiques macroéconomiques             

 

Les marchés anticipent un statu quo pour la prochaine réunion la Fed

La réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) des 7 et 8 novembre  devrait aboutir à un maintien de la fourchette cible des taux fed funds à [2 %-2,25 %]. Les marchés accordent une probabilité supérieure à 95 % à l’hypothèse d’un maintien de la fourchette de taux (selon les contrats futures fed funds à 30 jours).

L’activité évolue conformément aux attentes de la Fed, qui pourrait souhaiter conforter les attentes d’une hausse de taux en décembre. La correction des marchés actions observée ces dernières semaines n’est pas, à ce stade, considérée comme suffisamment significative pour altérer le resserrement de la politique monétaire.

 


 

Régulation financière

 

La Fed propose d’alléger les exigences prudentielles pour certaines banques

La Fed a publié le 31 octobre une proposition d’allégement des exigences prudentielles applicables aux banques dont les actifs sont supérieurs à 100 Md USD.

Cette proposition supprimerait les exigences de liquidité (Liquidity Coverage Ratio, Net Stable Funding Ratio) pour les banques domestiques dont les actifs sont compris entre 100 et 250 Md USD, tout en préservant pour ces banques des tests de liquidité et des exigences de gestion de la liquidité. Ces entités ne seraient plus soumises à des tests de résistance (stress tests) que tous les deux ans, plutôt que sur une base annuelle comme requis actuellement. Les exigences de liquidité seraient par ailleurs réduites pour les banques dont les actifs consolidés sont supérieurs à 250  Md USD qui ne sont pas systémiques. Enfin, cette proposition augmenterait le seuil à partir duquel les banques sont soumises au calcul du risque pondéré selon l’approche avancée (advanced approach), de 250 Md USD à 700 Md USD.

Le vice-président de la Fed chargé de la supervision, R. Quarles, s’est exprimé au sujet de cette proposition, indiquant notamment que l’impact estimé de cette proposition serait une réduction de 8 Md USD des exigences cumulés en capital des plus larges établissements bancaires. De son côté, la gouverneure L. Brainard a exprimé des inquiétudes sur cette proposition, qu’elle estime aller plus loin que ce qui est requis par le Crapo Bill, notamment en matière d’allégement des exigences de liquidité.

Une proposition séparée sera publiée prochainement pour les banques non-américaines (Foreign Banking Organizations ou FBO).

La proposition est soumise à consultation publique jusqu’au 22 janvier 2019.

 

Un commissaire de la CFTC s’exprime au sujet de la régulation transforntalière

Le commissaire démocrate R. Behnam de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), régulateur des marchés dérivés américains, est intervenu le 25 octobre lors d’une conférence à Tokyo. Il y a présenté les « cinq défis majeurs » auxquels la CFTC devait répondre. Outre le remplacement du Libor, l’accompagnement des FinTech et la réforme des marges initiales, R. Behnam a mentionné la régulation transfrontalière et le Brexit.

Concernant la régulation transfrontalière, R. Behnam a d’abord rappelé que le white paper publié par C. Giancarlo le 1er octobre n’avait pas valeur juridique et que ses propositions n’avaient pas encore été soumises à la Commission. Indiquant ne pas être d’accord avec tous les points soulevés par son président, R. Behnam a défendu, par exemple et contrairement à C. Giancarlo, l’usage de textes de recommandation (guidances), qu’il juge plus souples que des règles stricto sensu.

Sur le Brexit, R. Behnam a relayé les craintes des acteurs du marché américain et a appelé à la préservation du système de subsidiarité actuel.

 

Les régulateurs proposent de nouveaux standards sur le risque de contrepartie des contrats dérivés

Le 30 octobre, la Fed, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) et l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) ont publié conjointement une proposition de règle visant à mettre en œuvre de nouveaux standards pour le calcul du risque de contrepartie des contrats dérivés.

Jusqu’à présent, le calcul de ce risque – dont le montant a un impact sur le calcul des exigences de fonds propres – pour les entités bancaires  s’opérait via la current exposure method (CEM). Critiquée pour son manque de flexibilité, cette méthode de calcul des risques avait été mise à jour par le comité de Bâle, qui avait publié une approche standard du calcul de risque de contrepartie pour les contrats dérivés (SA-CCR), qui intègre notamment un calcul selon des positions nettes.

La règle proposée par les agences offrirait le choix aux entités bancaires de calculer le risque de contrepartie selon l’approche SA-CCR ou CEM pour les banques ayant moins de 250 Md USD d’actifs consolidés. Pour les entités ayant plus de 250 Md USD d’actifs consolidés ou 10 Md USD d’exposition aux risques de devises au bilan seule la SA-CCR serait utilisable pour le calcul des actifs pondérés par le risque.

Pour rappel, le deuxième rapport du Treasury concernant la régulation des marchés de capitaux, publié en octobre 2017, avait recommandé de finaliser l’adoption des règles bâloises sur le risque de contrepartie.

La proposition est soumise à consultation publique pour une période de 60 jours.

 


 

Brèves

-Le Bureau de protection financière des consommateurs (CFPB) a annoncé le 26 octobre qu’il proposerait en janvier 2019 des allégements quant à sa réglementation concernant les pratiques frauduleuses des prêteurs sur salaire (payday lenders). Les modifications envisagées toucheraient plus particulièrement les dispositions de capacité au remboursement (« ability to repay »). L’annonce a été saluée par l’industrie qui souhaiterait même une annulation complète de la règle qui avait été adoptée en novembre 2017 .

-Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, va s’exprimer devant le Joint Economic Committee le 5 décembre sur les perspectives économiques. L’audition aura lieu deux semaines avant la réunion FOMC des 18 et 19 décembre.

-La Securities and Exchange Commission (SEC), régulateur des marchés boursiers, a publié le 30 octobre une proposition de règle visant à simplifier les exigences en matière de prospectus pour les rentes et contrats d’assurance-vie à taux variable. Le prospectus récapitulatif est destiné à offrir aux investisseurs un aperçu des conditions, avantages, frais et risques du produit financier. La proposition, qui offrirait aux entreprises la possibilité de présenter le document de manière exhaustive sur internet, tente de faciliter l’accès à une « présentation concise et plus facile à lire », selon le régulateur.

-Le bureau du chef économiste de la CFTC (Office of the Chief Economist ou OCE) a publié le 31 octobre un rapport concernant les exigences en marges initiales pour les dérivés non-compensés. La mise en place progressive de ces exigences devrait conduire « à la réduction du nombre de contrepartie de petite taille », selon B. Tuckman, chef économiste de la CFTC.

-La National Association of Insurance Commissioners (NAIC) – l’organe de coordination des régulateurs assurantiels des États fédérés –, a annoncé ne pas être opposée à la ratification d’un covered agreement entre les États-Unis et le Royaume-Uni, qui répliquerait les termes de celui signé en septembre 2017 entre l’Union européenne et les États-Unis.

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