Washington Wall Street Watch 2018-38

Washington Wall Street Watch 2018-38

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-La production industrielle poursuit sa progression en septembre

-La réforme fiscale américaine est à l’origine d’un recul des IDE mondiaux au premier semestre 2018

-Le World Economic Forum considère l’économie américaine comme la plus compétitive au monde

Politiques macroéconomiques

-Les minutes de la dernière réunion de la Fed illustrent le débat sur l’ampeur des hausses de taux

Régulation financière            

-Le FSOC retire la désignation de la dernière entité systémique non-bancaire (Prudential)

-La CFTC met une nouvelle fois en garde l’UE contre les révisions envisagées de la règlementation EMIR

-La SEC s’inquiète des cybermenaces

-Les banques américaines ont publié leurs résultats du troisième trimestre 2018

Brèves                                                                                                                        

 


 

Conjoncture

 

La production industrielle poursuit sa progression en septembre

L’indice de production industrielle progresse de 0,3 % en septembre selon la Federal Reserve. La quasi-totalité des secteurs sont bien orientés, à l’exception de la construction, touchée notamment par les intempéries intervenues au cours du mois. Le taux d’utilisation des capacités est stable, à 78,1 %.

Ces chiffres, accueillis favorablement, pourraient faire l’objet de révisions significatives en raison du bruit statistique lié aux intempéries intervenues à la fin de l’été dans le sud-est des États-Unis.

 

La réforme fiscale américaine est à l’origine d’un recul des investissements directs étrangers mondiaux au premier semestre 2018

Le rapport sur les investissements directs étrangers (IDE) mondiaux publié par l’agence des Nations Unies pour le commerce et le développement (UNTAD) décrit un repli de 41 % des IDE mondiaux au premier semestre 2018 par rapport à la même période en 2017 (470 Md contre 794 Md USD).

Cette baisse s’explique principalement par le rapatriement des bénéfices détenus à l’étranger par les entreprises américaines, un mouvement encouragé par le traitement fiscal favorable issu de la réforme. Pour rappel, la nouvelle loi fiscale permet aux entreprises américaines de rapatrier les bénéfices réalisés à l’étranger en payant une taxe de 15,5 % contre 35 % auparavant.

Ce repli des IDE au niveau mondial concerne d’ailleurs aussi les IDE vers les États-Unis, qui baissent de 73 %, à 46 Md USD, malgré le gain de compétitivité réalisé grâce à la baisse de la fiscalité des entreprises (réduction du taux d’impôt sur les sociétés et possibilité d’amortir totalement le coût des investissements).

 

L’économie américaine est vue comme la plus compétitive du monde par le WEF

Dans l’édition 2018 de son rapport sur la compétitivité mondiale, le World Economic Forum, organisation qui héberge notamment le sommet de Davos, consacre l’économie américaine comme la plus compétitive du monde pour la première fois depuis 2008. Avec un score de 85,6 sur 100, les États-Unis se positionnent nettement devant Singapour (83,5), l’Allemagne (82,8), la Suisse (82,6) et le Japon (82,5).

Si cette édition marque un changement méthodologique, le WEF précise que les États-Unis auraient également réalisé un gain important avec l’ancienne grille de lecture.

Les principaux avantages compétitifs mis en avant par le WEF sont (i) le dynamisme de l’économie américaine, (ii) la fluidité de son marché du travail, avec une main d’œuvre bien formée, (iii) son système financier jugé performant, ouvert et stable, et enfin (iv) sa culture entrepreneuriale et sa capacité d’innovation qui font référence.

Le rapport pointe néanmoins plusieurs faiblesses de l’économie américaine, en particulier un système de santé sensiblement moins performant que dans les autres économies avancées et une dégradation de la qualité des institutions publiques, notamment la justice dont l’indépendance est vue comme menacée.

 


 

Politiques macroéconomiques             

 

Les minutes de la dernière réunion de la Fed illustrent le débat sur l’ampeur des hausses de taux à venir

Les membres du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) portent une appréciation optimiste sur l’évolution de l’activité économique américaine, qui reste portée par un marché du travail dynamique et la croissance de l’investissement. Cet environnement appelle, selon eux, à de nouvelles hausses de taux dans les mois à venir pour contenir le risque de surchauffe.

Publié le 17 octobre, le procès-verbal de la réunion révèle toutefois les divergences des décideurs de politique monétaire quant à l’ampleur de ce resserrement, certains participants estimant nécessaire de pousser les taux directeurs très au-dessus du taux d’intérêt neutre (pour rappel, le taux d’intérêt neutre n’est ni accommodant ni restrictif pour la croissance).

À l’inverse, une frange minoritaire du FOMC, favorable à une politique monétaire plus accommodante (dovish), privilégierait une hausse des taux plus graduelle et juge souhaitable d’attendre que les tensions sur les prix s’accroissent avant d’engager une politique monétaire agressive.

 


 

Régulation financière

 

Le FSOC retire la désignation de la dernière entité systémique non-bancaire

Le 17 octobre, le Financial Stability Oversight Council (FSOC), l’agence fédérale chargée de la surveillance des risques pesant sur la stabilité financière et de la désignation des institutions à caractère systémique, a officialisé la « dé-désignation » en tant qu’assureur systémique de l’entreprise Prudential.

La réunion du FSOC s’est tenue à huis clos et s’est conclue par un vote unanime en faveur de la dé-désignation de Prudential. Le président de la Securities and Exchange Commission (SEC), J. Clayton, s’est récusé de la décision, pour des questions de conflits d’intérêts liées à ses anciennes activités, et a délégué son vote au commissaire républicain E. Roisman.

Le FSOC fonde sa décision sur la réévaluation des canaux de transmission en cas de choc adverse sur l’assureur et considère que ces canaux de transmission de Prudential à l’économie réelle ne faisaient pas ressortir de menace pour la stabilité financière américaine.

Prudential était le dernier assureur désigné comme systémique, le FSOC ayant en effet dé-désigné AIG en octobre 2017. L’agence avait également retiré en janvier dernier son appel dans le procès concernant la dé-désignation de l’assureur MetLife.

 

La CFTC met une nouvelle fois en garde l’UE contre les révisions envisagées de la règlementation EMIR

Dans un discours prononcé le 17 octobre à Chicago, le président de la Commodity Futures Trading Comission (CFTC), C. Giancarlo, a mis en garde les régulateurs européens contre les propositions à l’étude pour amender la régulation des infrastructures de marché (European Market Infrastructure Regulation, EMIR). Ces propositions visent notamment à renforcer la capacité de supervision des chambres de compensation de pays tiers par les régulateurs européens (ESMA et BCE), notamment en préparation du Brexit.

Giancarlo considère ces propositions inacceptables au motif qu’elles pourraient créer un conflit juridique pour les sociétés américaines ayant des activités en Europe (« The CFTC will not allow U.S. market participants to be put in the completely untenable position of having to choose between violating domestic laws and regulations or violating foreign laws and regulations»). Il a ajouté que la CFTC se tenait prête à prendre des mesures unilatérales afin de protéger au besoin les marchés et acteurs américains.

 

La SEC s’inquiète des cybermenaces

Le 16 octobre, la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers américains, a publié un rapport concernant les cybermenaces auxquelles font face les sociétés cotées.

Le rapport se concentre sur 9 entreprises cotées, chacune ayant fait face à des cyber-attaques impliquant de fausses communications par courriel et ayant subi des dommages d’au moins 1 MUSD. La somme agrégée des dommages subis par ces entreprises s’élèverait à 100 MUSD.

S’inquiétant de l’essor de ces attaques, le rapport de la SEC invite les sociétés cotées à renforcer leurs procédures internes afin de réduire leurs vulnérabilités.

 

Les banques américaines ont publié leurs résultats du troisième trimestre 2018

Les six plus grandes banques américaines en termes d’actifs (JP Morgan, Bank of America, Wells Fargo, Citigroup, Goldman Sachs et Morgan Stanley) ont publié leurs résultats du troisième trimestre 2018.

Dans l’ensemble, ces résultats, qui ont dépassé les attentes du marché, ont été portés par un environnement économique favorable, par l’augmentation des taux d’intérêt de la Fed et par la  croissance du volume de prêts.

Les activités de marché ont, elles, bénéficié d’un contexte volatil, marqué par de larges variations en fin de trimestre, tandis que les activités de fusions-acquisitions ont profité d’un marché plus dynamique qu’à la même époque en 2017.

                                   Les pourcentages entre parenthèses représentent la variation par rapport au T3 2017

                                                                                     Source : états financiers des banques américaines au T3 2018

 


 

Brèves

-Le 16 octobre, la banque américaine Wells Fargo a annoncé avoir déposé une demande d’agrément comme entreprise d’investissement auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur français. La banque a souligné que ce choix s’inscrivait dans le cadre de sa stratégie d’adaptation au Brexit.

-Le Sénat a annoncé que le vote de confirmation de Michelle Bowman pour le poste de gouverneure de la Fed chargée des community banks se tiendra le 14 novembre.

-Dans des lettres datées du 15 octobre et adressées à la présidente de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), J. McWilliams, et au directeur de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), J. Otting, le Représentant républicain B. Luetkemeyer s’est inquiété que la règlementation financière en vigueur puisse décourager certaines banques d’offrir des crédits à la consommation de très court terme (payday lending).

-Le 16 octobre, la SEC a indiqué que les informations tarifaires fournies par les plateformes d’échanges boursières NYSE et Nasdaq à leurs clients étaient insuffisantes. J. Clayton a précisé que la SEC n’estimait pas pour autant que ces frais étaient nécessairement trop élevés. Il a également rappelé que la SEC organiserait la semaine prochaine une table ronde sur la thématique de l’accès aux données pour les participants de marché.

-L’administration Trump a annoncé le 16 octobre qu’elle lancerait une consultation pour développer  de nouveaux produits financiers à destination des étudiants. Le ministère de l’Éducation devrait dévoiler ses propositions en la matière d’ici le mois de décembre.

-Le 17 octobre, l’inspecteur général de la Federal Housing Financing Agency (FHFA), le régulateur des deux entreprises parapubliques de garantie de la titrisation immobilière (Government Sponsored Enterprises ou GSE) Fannie Mae et Freddie Mac, a publié un rapport qui expose les  problèmes de gestion et de performance des GSE. Le rapport recommande de renforcer la supervision de Fannie Mae et Freddie Mac et d’améliorer leurs politiques en matière de cybersécurité.

-La National Credit Union Administration (NCUA), organisme d’auto-régulation des banques coopératives (credit unions), a finalisé le 18 octobre sa règle concernant l’application d’exigences en capital. La règle propose un allègement des exigences pour les credit unions ayant des actifs inférieurs à 500 MUSD et diffère sa mise en place à 2020 contre 2019 actuellement.

-Le gestionnaire d’actifs Fidelity Investments a annoncé le 15 octobre la création d’une entreprise dédiée, Fidelity Digital Assets, qui proposera des services clients pour les crypto-actifs (exécution d’ordres, conservation et servcice clients), destinés aux investisseurs institutionnels.

 

Abonnement/Désabonnement : afws@dgtresor.gouv.fr

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