Washington Wall Street Watch 2018-27

Washington Wall Street Watch 2018-27

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-Les créations d’emploi se poursuivent, malgré une légère hausse du taux de chômage 

-L’inflation ressort de nouveau en hausse pour s’écarter nettement de la cible de 2 %

Politiques macroéconomiques

-La Fed envisage de poursuivre les hausses de taux pour contenir les tensions sur l’inflation

Régulation financière            

-Les régulateurs proposent de modifier le cadre de résolution des 8 banques systémiques américaines

-La Chambre veut renforcer les pouvoirs du Congrès dans les négociations internationales en matière d’assurance

Brèves

 


Conjoncture 

 

Les créations d’emploi se poursuivent, malgré une légère hausse du taux de chômage 

L’économie américaine a créé 213 000 emplois en juin (après +244 000 en mai) selon le rapport mensuel du Bureau of Labor Statistic (BLS). Le taux de chômage progresse toutefois à 4,0 % et à 7,8 % dans sa définition intégrant le temps partiel subi (+0,2 point dans les deux cas), ce qui s’explique par la remontée du taux d’activité à 62,9 % (+0,2 point). Les salaires augmentent de 0,2 % (après +0,3 % en mai), le rythme de progression sur un an restant inchangé à 2,7 %.

Le BLS indique par ailleurs que le nombre d’emplois vacants aux Etats-Unis (6,6 millions) est désormais supérieur au nombre de chômeurs sur le marché du travail (6,5 millions de personnes).

 

L’inflation ressort de nouveau en hausse pour s’écarter nettement de la cible de 2 %

L’inflation IPC progresse de 0,2 % en juin tant pour l’indice global que sa composante sous-jacente, des évolutions identiques à celles observées le mois précédent. La hausse des prix sur un an s’établit à 2,9 %, son rythme le plus élevé depuis février 2012, et à 2,3 % en sous-jacent (après respectivement +2,8 % et +2,2 %).

Source : Bureau of Labor Statistics

 


 

Politiques macroéconomiques             

 

La Fed envisage de poursuivre les hausses de taux pour contenir les tensions sur l’inflation

Dans les minutes de la réunion du comité de politique monétaire (FOMC) des 12 et 13 juin, la Fed salue l’accélération de l’activité et de l’inflation, sous l’impulsion du stimulus budgétaire et grâce à un marché du travail jugé solide. Cette évolution correspond aux anticipations du FOMC depuis le début de l’année, le confortant dans sa décision d’augmenter les taux d’intérêt en juin. Malgré ce nouveau resserrement, la politique monétaire reste jugée accommodante.

Une inflation provisoirement supérieure à la cible de 2 % est perçue de façon favorable par la Fed, notamment pour consolider la dynamique de prix après plusieurs trimestres d’inflation atone. Cependant, les dirigeants de la Fed craignent qu’ une « période prolongée de croissance supérieure à son potentiel ne se traduise en une intensification des pressions inflationnistes ou des déséquilibres financiers pouvant conduire à un ralentissement de l’activité ». Dans ce contexte, le FOMC envisage de poursuivre le resserrement de sa politique monétaire et prévoit deux hausses de taux supplémentaires cette année.

Enfin, le procès-verbal fait état des inquiétudes de la Fed quant aux mesures tarifaires engagées par l’administration Trump. Au-delà de l’effet direct sur les secteurs de l’aluminium et de l’acier, la banque centrale redoute les effets induits sur la confiance, signalant que certains investissements ont déjà été revus à la baisse ou reportés ces dernières semaines.

 


Régulation financière

 

Les régulateurs proposent de modifier le cadre de résolution des 8 banques systémiques américaines

Le 29 juin, la Fed et la FDIC, l’agence fédérale qui garantit les dépôts bancaires, ont publié une proposition visant à apporter plusieurs modifications au cadre de résolution (living wills) daté d’avril 2016 et qui s’applique aux grandes banques systémiques américaines (GSIB).

Les agences expliquent en effet que l’exercice 2017 a mis en exergue quatre pistes d’amélioration des plans de résolution bancaire : la gestion de la liquidité intra-groupe, la capacité d’absorption des pertes internes, les enjeux relatifs aux services de paiement, de compensation et de règlement-livraison (payment, clearing and settlement – PCS – activities) et ceux relatifs aux activités de trading et sur produits dérivés (DER).

La proposition porte principalement sur les deux derniers items, en visant à clarifier les informations à fournir par les GSIB dans leurs plans de résolution.

S’agissant des PCS, les agences rappellent tout d’abord que ces services sont essentiels au bon fonctionnement du système financier et que les GSIB sont désormais capables d’estimer les risques associés à la continuité de ces services en cas de résolution. La proposition vise alors à préciser le niveau d’exigence attendu du plan de continuité de ces services (framework), notamment le fait d’expliciter les bénéficiaires principaux de ces services et de détailler leurs relations avec chaque fournisseur.

S’agissant des DER, la proposition vise à faire préciser par les GSIB le partage du risque d’exposition aux produits dérivés entre leurs différentes entités en cas de résolution. La proposition demande également aux banques de mieux documenter leur exposition aux prime brokers et les mécanismes prévus pour transférer les actifs à d’autres contreparties. Enfin, les agences demandent aux GSIB de renforcer l’analyse de volatilité de leur portefeuille de produits dérivés, notamment en retenant comme hypothèse une atrophie du marché des dérivés de gré-à-gré en période de résolution.

Cette proposition est soumise à consultation publique pour une période de 60 jours, pour une mise en œuvre à compter de juillet 2019.

 

La Chambre vote une proposition de loi relative aux négociations internationales en matière d’assurance

La Chambre des Représentants a voté le 10 juillet une proposition de loi, l’International Insurance Standards Act (IISA, H.R. 4537), qui renforce le pouvoir du Congrès sur les négociations internationales en matière d’assurance. Cette proposition, préparée par la commission des services financiers de la Chambre fin 2017, a été adoptée à main levée en plénière. Pour être adoptée, elle doit désormais être votée dans les mêmes termes par le Sénat.

Le texte de la Chambre prévoit notamment que (i) les règles internationales en matière d’assurance agréées par le gouvernement américain doivent être en conformité avec les règles nationales, (ii) tout nouvel accord international en ce domaine (covered agreement) devra préalablement faire l’objet d’une notification au Congrès qui aura la capacité de rejeter l’accord et (iii) la négociation des futurs  covered agreements reviendra au Secrétaire du Trésor, à la place du directeur du Federal Insurance Office (FIO).

Dans une lettre adressée au président de la commission des services financiers de la Chambre début mars, le Département de la Justice (DoJ) avait fait part de ses inquiétudes quant à la constitutionnalité de l’IISA qui, selon le DoJ, entraverait l’autorité du Président des Etats-Unis dans la bonne conduite des relations diplomatiques.

 


 

Brèves           

-Le 6 juillet, la Fed, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) et l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) ont publié une synthèse de la loi EGRRCPA (« Crapo Bill ») adoptée en mai 2018 et de ses implications pour la régulation et la supervision des banques aux Etats-Unis. Les agences détaillent notamment les allègements apportés aux banques non-systémiques pour l’application des tests de résistance, des plans de résolution et de la règle Volcker.

-Le 2 juillet, la Fed et la FDIC ont annoncé le report pour un an de la date de soumission des plans de résolution par les 14 banques régionales américaines dont les actifs sont supérieurs à 100 Mds USD. Les agences ont par ailleurs rendu publique, le 9 juillet, la partie non-confidentielle des plans de résolution de quatre banques non-américaines (Barclays, Credit Suisse, Deutsche Bank et UBS).

-Dans un rapport publié le 11 juillet, le Département des services financiers de l’Etat de New York (NY DFS) préconise un renforcement de la réglementation applicable aux prêts en ligne (online lending), en visant en particulier ceux octroyés aux petites et moyennes entreprises. Parmi les recommandations, on peut notamment souligner : (i) une uniformisation des règles de protection des consommateurs, (ii) un contrôle renforcé du plafond de taux d’usure, fixé à 16% pour les prêts d’un montant inférieur à 250 000 USD, (iii) un abaissement du seuil de taux d’intérêt à partir duquel un prêteur non-bancaire doit s’enregistrer auprès du NY DFS et  (iv) la mise en place d’un mécanisme d’autorisation et de supervision direct des prêteurs en ligne.

-L’Office of Financial Research (OFR), le centre de recherche indépendant adossé au Treasury, a proposé le 10 juillet d’imposer la collecte d’informations sur le marché de la pension-livrée tripartite. Cette collecte aurait pour but de faciliter l’identification des risques afférents à ce marché par le Financial Stability Oversight Council (FSOC) et de simplifier le calcul du Secured Overnight Financing Rate (SOFR) qui doit succéder au LIBOR.

-Fannie Mae, une des entreprises parapubliques chargées de la titrisation des prêts immobiliers, a annoncé le 10 juillet la mise en place d’un nouveau dispositif appelé Enterprise-Paid Mortgage Insurance (EPMI). Jusqu’à présent, lorsqu’un créancier cédait à Fannie Mae un prêt dont le rapport prêt-valeur (ratio d’un prêt sur la valeur de l’actif acheté) était supérieur à 80%, il était contraint de souscrire une assurance auprès de Fannie Mae. L’EPMI exempte les créanciers de cette assurance, en contrepartie de frais additionnels. Le nouveau dispositif fera l’objet d’une expérimentation.

-Mick Mulvaney, directeur par intérim du bureau de protection des consommateurs de produits financiers (CFPB), a annoncé le 10 juillet la nomination de Brian Johnson au poste de directeur adjoint par intérim en remplacement de Leandra English, démissionnaire. B. Johnson, un ancien collaborateur du président de la commission des services financiers de la Chambre des Représentants, avait rejoint le CFPB fin 2017. B. Johnson occupera ses fonctions jusqu’à la confirmation par le Sénat de Kathleen Kraninger, nommée par D. Trump le 18 juin comme directrice permanente du bureau.

-Square, une entreprise spécialisée dans les paiements mobile et électronique, a retiré sa candidature pour l’ouverture d’une banque de dépôt bénéficiant de la garantie de la FDIC. D’après son porte-parole, l’entreprise n’a pas renoncé à déposer un nouveau dossier ultérieurement.

 

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