Washington Wall Street Watch 2018-25

Washington Wall Street Watch 2018-25

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

 Conjoncture

-Les mises en chantier sont au plus haut depuis 2007

-Les données de balance des paiements mettent en évidence les premiers effets des mesures de la réforme fiscale visant les entreprises multinationales

Politiques macroéconomiques

-Le président de la Fed de Dallas voit un impact limité de la hausse des prix du pétrole sur l’économie-La Chambre des Représentants introduit une résolution budgétaire

La Chambre des Représentants introduit une résolution budgétaire

-Le Sénat met en échec la demande d’annulation de crédits de la Maison Blanche

Régulation financière             

-Les résultats des tests de résistance démontrent la solidité du secteur bancaire américain, selon la Fed

-La SEC publie son plan stratégique pour les années fiscales de 2018 à 2022

-La procédure de nomination des magistrats de la SEC est anticonstitutionnelle selon la Cour Suprême-

-Le régulateur de l’Etat de New York accorde sa 9ème  BitLicense à Square

Brèves

 


 

CONJONCTURE

Les mises en chantier résidentielles sont au plus haut depuis 2007

 Les mises en chantier progressent de 5 % en mai pour atteindre 1 350 000 unités. L’amélioration de l’activité  est soutenue par le dynamisme de l’habitat collectif (+7,5 %), sur fond de conjoncture favorable avec un marché du travail robuste.

Les amorces de construction atteignent ainsi leur plus haut niveau depuis juillet 2007, mais restent toujours inférieures à leur moyenne de long terme (environ 1 530 000 unités par mois entre 1959 et 2007). Les permis de construire sont toutefois en repli ces derniers mois, laissant envisager aux observateurs une activité modérée au cours des prochains mois.

Ces dernières années ont permis de purger progressivement les excès hérités de la crise immobilière, le taux de vacance diminuant de 2,9 % pour retrouver sa moyenne historique de 1,5 % au premier trimestre 2018. Les prix immobiliers nationaux, mesurés par l’indice Case-Shiller, ont d’ailleurs franchi en fin d’année 2017 les niveaux atteints lors du pic de la crise de 2006, avec néanmoins de fortes disparités entre les dynamiques de prix des différentes régions ainsi qu’entre les zones urbaines et rurales.

Les données de balance des paiements mettent en évidence les premiers effets des mesures de la réforme fiscale visant les entreprises multinationales

 Le déficit de la balance courante américain a augmenté de 6,8 % à 124,1 Mds USD, soit 2,5 % du PIB (+0,1 point), entre le premier et le quatrième trimestre 2018, selon les données du Bureau of Economic Analysis. L’écart provient essentiellement de la hausse du déficit commercial.

Le détail du compte financier fait apparaitre une amplitude inhabituelle des flux de revenus primaires. Les versements de dividendes des filiales étrangères aux holdings américaines atteignent 305 Mds USD au premier trimestre 2018, en hausse de 278 Mds USD par rapport au dernier trimestre 2017 (pour des flux moyens de 40 Mds USD par trimestre depuis 2016).

Les dividendes des filiales étrangères (305 Mds) sont largement supérieurs aux profits des entreprises ramenés sur le territoire américain, qui n’atteignent que 130 Mds USD. La différence, soit 175 Mds USD, correspond  au retour des bénéfices d’exercices précédents, que les entreprises retenaient à l’étranger avant la réforme fiscale.

 


Politiques macroéconomiques               

Le président de la Fed de Dallas voit un impact limité de la hausse des prix du pétrole sur l’économie

 Le président de la Fed de Dallas Robert Kaplan estime que l’excès d’offre sur marché du pétrole observé ces derniers années a été résorbé. A moyen terme, il entrevoit une hausse des prix du pétrole générée par des tensions sur le marché. Les difficultés de production au Venezuela et le rétablissement des sanctions à l’encontre de l’Iran.

L’impact négatif sur la croissance de la hausse des prix du pétrole serait également plus tenu que par le passé selon la Fed de Dallas. D’une part, le choc négatif sur la consommation est atténué par les gains d’efficacité énergétique des dernières années : 1000 USD de PIB nécessitaient 1,1 baril de pétrole en 1974, contre 0,4 baril en 2017. D’autre part la remontée des prix entraine une augmentation de la production américaine de pétrole de schiste.

La Chambre des Représentants introduit une résolution budgétaire

 La commission du budget de la Chambre des Représentants a publié sa proposition de résolution budgétaire pour l’année fiscale 2019. Première étape théorique de la procédure budgétaire, la résolution budgétaire établit (i) les trajectoires de dépenses sur les dix prochaines années et (ii) le montant des différentes enveloppes de dépenses discrétionnaires pour l’année fiscale 2019.

La résolution budgétaire prévoit une réduction des dépenses de 302 Mds USD d’ici 2029, dont 150 Mds USD pour les programmes sociaux de type Medicare afin d’aboutir à un budget équilibré d’ici dix ans. Ce texte n’a toutefois pas statut de loi et n’a qu’une valeur symbolique. Sa présentation intervient d’ailleurs alors que les deux chambres du Congrès ont entamé l’examen des lois visant à répartir les dépenses par programme (appropriation) pour l’année fiscale 2019. Son examen à la Chambre des Représentants n’est même pas assuré.

Au-delà de son impact dans les débats budgétaires, l’adoption d’une résolution budgétaire permettrait d’activer la procédure de réconciliation pour l’année fiscale 2019. Ce véhicule législatif permet d’adopter une réforme visant des éléments budgétaires grâce à une majorité simple au Sénat, contre une majorité qualifiée de 60 votes dans le cas classique. Elle permettrait par exemple à la majorité républicaine au Congrès d’envisager un nouvelle initiative pour réformer Obamacare ou les programmes sociaux, alors que le groupe majoritaire ne compte que 51 membres au Sénat aujourd’hui.

Le Sénat met en échec la demande d’annulation de crédits de la Maison Blanche

 Après le vote positif de la Chambre des Représentants, le Sénat avait jusqu’au 22 juin pour se prononcer sur la demande d’économies budgétaires de 15 Mds USD pour l’année budgétaire 2018 (qui s’achève au 1er octobre) initiée par la Maison Blanche (rescission).

Le Sénat a rejeté le requête présidentielle (48-50) alors qu’une majorité simple suffisait pour adopter le texte. Les sénateurs Républicains Susan Collins et Richard Burr se sont en effet joints à l’opposition démocrate pour bloquer le texte, mettant fin à la procédure de rescission.

 


 

Régulation financière

Les résultats des tests de résistance démontrent la solidité du secteur bancaire américain, selon la Fed

 Le 21 juin, la Fed a publié les résultats des tests de résistance (stress tests) des principales holdings bancaires aux Etats-Unis. Ces tests, menés depuis 2009 dans le cadre du Comprehensive Capital Analysis and Review (CCAR), visent à simuler les conséquences d’une dégradation de la situation économique et financière sur le bilan des banques, selon différents scénarios.

Dans le scénario économique le plus grave, qui verrait notamment le taux de chômage américain atteindre 10%, la Fed estime que les 35 holdings bancaires soumises aux tests subiraient une perte cumulée de 578 Mds USD. Leur ratio agrégé de fonds propres durs (CET 1) baisserait parallèlement de 12,3% fin 2017 à 7,9%.

Le vice-président de la Fed, Randal Quarles, a indiqué que ces résultats confirmaient la solidité du secteur bancaire américain, malgré l’apparition cette année de nouveaux facteurs déstabilisateurs comme la réforme fiscale.

Enfin, la Fed a également précisé que les holdings bancaires détenant moins de 100 Mds USD d’actifs (Cit Group, Comerica et Zions Bancorporation) seraient dorénavant exemptés de ces tests, conformément à la loi adoptée par le Congrès le 22 mai (« Crapo Bill »).

La Cour suprême juge anticonstitutionnelle la procédure de nomination des magistrats de la SEC

 Dans une décision Lucia contre Securities and Exchange Commission rendue le 21 juin à une majorité de 7 contre 2, la Cour suprême des Etats-Unis a jugé anticonstitutionnelle la procédure interne de nomination des « magistrats » administratifs (administrative law judges) de la SEC, le régulateur américain des marchés financiers. Ces magistrats, qui sont notamment chargés de prononcer les sanctions relatives à des violations à la règlementation financière, sont actuellement choisis selon la procédure de recrutement standard de la SEC, qui ne fait pas intervenir les commissaires.

La Cour juge que cette procédure va à l’encontre de la clause de désignation (appointment clause), de valeur constitutionnelle, qui confère cette compétence au Président des Etats-Unis ou, par délégation, aux seuls dirigeants des agences (en l’espèce, les commissaires de la SEC).

Cette décision, qui pourrait faire jurisprudence pour d’autres agences fédérales, a été saluée par le président républicain de la commission des services financiers de la Chambre des Représentants, Jeb Hensarling.

La SEC publie son plan stratégique pour les années fiscales de 2018 à 2022

 La SEC a publié le 19 juin son plan stratégique pour les prochaines années fiscales allant de 2018 à 2022.

Dans le document d’une quinzaine de pages, la SEC revient sur ses 3 priorités que sont (i) la défense des intérêts de long-terme des investisseurs particuliers, qui passe selon la SEC par des efforts accrus d’éducation financière ; (ii) l’identification des tendances de marché et des risques associés, notamment en matière de cyber-sécurité et enfin (iii) l’amélioration des capacités d’analyse de la SEC, le rapport soulignant que des progrès peuvent être effectués en ce qui concerne la coordination des différentes agences régionales et le partage de l’information au sein de la SEC.

Pour rappel, la publication des plans stratégiques sur une période d’au moins 4 ans est requise pour chaque agence d’après le Government Performance and Results Modernization Act de 2010.

Le NY DFS accorde sa 9e BitLicense à Square

 Le 18 juin, le département des services financiers de l’Etat de New York (NY DFS) a accordé sa 9e BitLicense à l’entreprise Square. Basée à San Francisco, Square est spécialisée dans les paiement mobile et électronique et est cotée en bourse depuis 2015. La possibilité de paiement en crypto-monnaie via l’application de Square avait été mise en place à l’automne dernier.

Square rejoint ainsi Xapo, Genesis, bitFlyer, Coinbase, XRP II, Circle, Gemini et Paxos parmi les détenteurs de la BitLicense.

Pour rappel, depuis 2015, le NY DFS impose la détention d’une BitLicense aux entreprises souhaitant mener des activités commerciales sur le segment des crypto-monnaies au sein de l’Etat de New York. La règle impose aux détenteurs de cette licence des éléments très divers allant de la protection du consommateur à la cybersécurité en passant par des standards de capitaux.

 


 

Brèves           

-Lors de sa réunion du 15 juin, le Financial Stability Oversight Council (FSOC), agence fédérale chargée de la surveillance des risques pesant sur la stabilité financière et de la désignation des institutions à caractère systémique, n’a pas pris de décision concernant la dédésignation en tant qu’« assureur systémique » du groupe Prudential. L’agence a toutefois indiqué travailler à des changements sur la procédure de désignation d’institutions financières d’importance systémique.

-Le 18 juin, D. Trump a désigné Kathleen Kraninger comme candidate pour devenir directrice du bureau de protection des consommateurs de produits financiers (CFPB). En cas de confirmation par le Sénat, K. Kraninger succéderait à Mick Mulvaney, l’actuel directeur de l’Office of Management and Budget (OMB), dont elle est l’adjointe. M. Mulvaney assure l’intérim du CFPB depuis fin 2017.

-Le 18 juin, D. Trump a annoncé la nomination de Dino Falaschetti en tant que directeur de l’Office of Financial Research (OFR), bureau de recherche financière, créé par le Dodd-Frank Act et adossé au Treasury. Dino Falaschetti est actuellement chef économiste du Comité des services financiers de la Chambre des Représentants. Le poste requiert la confirmation du Sénat.

-L’Etat du Massachussetts a voté le 20 juin une loi qui, une fois ratifiée par le gouverneur de l’Etat, augmentera le salaire minimum de l’Etat de 11 USD à 15 USD par heure graduellement sur une période de cinq ans. La loi imposera également des congés familiaux et médicaux payés pour les employés. Le Massachusetts deviendra le 3ème Etat américain, après New York et la Californie, à avoir un salaire minimum de 15 USD par heure.

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