Washington Wall Street Watch 2018-22

Washington Wall Street Watch 2018-22

Sommaire

Conjoncture

-La consommation accélère et l’inflation se maintient

-Le Beige Book signale une accélération de l’activité manufacturière

Politiques macroéconomiques

-L’Etat de Virginie adopte une extension de Medicaid

-Le CBO prévoit une forte hausse des coûts de l’assurance santé et l’augmentation des primes

Régulation financière            

-La Fed présente un projet de révision de la règle Volcker

-L’OCC s’inquiète de certains risques pour les banques et encourage les prêts de court-terme

Brèves

 


 

CONJONCTURE

La consommation accélère et l’inflation se maintient

Le revenu des ménages a augmenté de 0,3 % en avril (après +0,2 % en mars), bénéficiant toujours de la situation favorable sur le marché du travail, selon les statistiques des ménages publiées par le Bureau of Economic Analysis. La consommation progresse de 0,6 % (après +0,5 %) et montre donc des signes d’accélération après un début d’année jugé décevant.

L’inflation PCE, indicateur de prix préférentiel de la Federal Reserve, s’établit à 0,2 % tant pour l’indice global que le sous-jacent (après une stagnation en mars et +0,1 % en février). Les rythmes de hausse des prix sur douze mois restent inchangés à 2 % pour l’inflation globale et 1,8 % pour la composante sous-jacente.

Le Beige Book signale une accélération de l’activité manufacturière

Le Beige book publié par la Fed le 30 mai, qui décrit l’évolution de l’activité économique dans les 12 districts des Fed régionales, indique que l’économie américaine a continué de croître à un rythme modéré ces dernières semaines. Le rapport signale une forte activité du secteur manufacturier en lien avec une forte demande de machines et d’équipements électroniques. A l’inverse, la consommation a ralenti depuis le précédent Beige Book et les ventes au détail sont jugées décevantes.

Les tensions sur le marché du travail s’accroissent, du fait notamment des pénuries de main d’œuvre qualifiée dans de nombreux secteurs. La croissance des salaires au niveau agrégé reste cependant en-deçà des attentes. De façon similaire, les pressions sur les prix restent modérées, même si les entreprises disent faire face à une hausse du coût des intrants.

Le Bureau of Economic Analysis indique que la croissance du PIB s’est établie à +0,5 % au 1er trimestre 2018 (contre 0,6 % selon la première estimations). La deuxième estimation est accompagnée également des statistiques des entreprises, dont les profits avant impôt sont en baisse de 0,6 % au 1er trimestre, en raison du ralentissement de l’activité domestique des entreprises non financières. La réforme fiscale a toutefois permis aux entreprises de réduire de 6,7 % les montants versés au titre de l’impôt sur les sociétés. Ainsi, les profits nets progressent de 1,1 % sur le trimestre et de 3,3 % sur un an.


 

Politiques macroéconomiques             

L’Etat de Virginie adopte une extension de Medicaid

La Chambre des Représentants puis le Sénat de Virginie ont adopté le 30 mai l’extension de la couverture santé Medicaid. Ce régime, créé par l’Affordable Care Act de 2010 (Obamacare), augmente le seuil d’éligibilité à Medicaid de 100 % à 133 % du seuil de pauvreté. Ainsi, entre 300 et 400 000 personnes supplémentaires bénéficieront d’une couverture maladie en Virginie. Le coût, estimé à 3,3 Mds USD par l’organe d’expertise parlementaire local , sera supporté par l’Etat fédéral à hauteur de 93 % en 2019  (90 % à partir de 2020).

La Virginie devient ainsi le 33ème état (en plus du District of Columbia) à étendre l’assurance santé Medicaid. Cette initiative, bloquée ces dernières années par les Républicains de Virginie, est la conséquence directe des dernières élections locales qui ont vu l’élection d’un nouveau gouverneur et d’une majorité démocrates. D’autres états envisagent également une extension : l’Utah, l’Idaho et le Nebraska ont annoncé des referenda sur le sujet en parallèle des élections de mi-mandat de novembre.

 

 Le CBO prévoit une forte hausse des coûts de l’assurance santé et l’augmentation des primes

Dans un rapport publié la semaine dernière, le Congressional Budget Office, bureau non-partisan rattaché au Congrès en charge de l’évaluation des questions budgétaires, prévoit une forte hausse des subventions fédérales pour l’assurance santé, passant de 685 Mds USD en 2018 à environ 1200 Mds USD en 2028. Les seuls programmes Medicaid et Children Health Insurance Program représenterait 40 % de ce total.

Les primes d’assurance devraient augmenter de 15 % entre 2018 et 2019 puis de 7 % par an jusqu’en 2028, principalement sous l’effet de la suppression du mandat individuel (obligation pour les particuliers de s’assurer sous peine de pénalités) intégrée dans la réforme fiscale. Ainsi, le nombre de personnes sans assurance pourraient augmenter de 3 millions dès 2018, pour représenter 13 % de la population de de moins de 65 ans.

 


 

Régulation financière

La Fed présente un projet de révision de la règle Volcker

Le 30 mai, le conseil des gouverneurs de la Fed a adopté à l’unanimité de ses trois membres un projet de révision de la règle Volcker (VR).

Ce projet vise à « recalibrer et simplifier » la règle, en introduisant trois principales modifications : (i) une mise en conformité à la VR ajustée au volume que représentent les activités de trading au sein de chaque banque. Le projet instaure ainsi trois niveaux d’exigences : les banques dont le trading représente plus de 10 Mds USD au bilan continueront à se voir appliquer un contrôle de conformité élevé ; celles dont le volume est compris entre 1 et 10 Mds USD appliqueront des contrôles allégés tandis que les banques traitant moins de 1 Md USD d’opérations bénéficieront d’une présomption de conformité à la VR ; (ii) une définition moins restrictive des activités spéculatives (trading account), le projet de la Fed supprimant notamment le critère selon lequel la détention d’un titre durant moins de 60 jours par une banque est de facto assimilable à une activité spéculative ; (iii) le renforcement de la subsidiarité, le projet proposant par exemple de retenir la présomption de conformité à la VR pour les opérations d’underwriting et de market-making.

Ce projet, que la Fed a qualifié de « best first effort », entrera en vigueur à l’issue de la période de consultation de 60 jours qui s’ouvre. Cette période permettra notamment aux quatre autres régulateurs (FDIC, SEC, CFTC, OCC) d’endosser le projet chacun pour ce qui le concerne. La FDIC l’a ainsi adopté à l’unanimité le 31 mai 2018.

Enfin, le vice-président de la Fed, Randal Quarles, a indiqué que ce projet ne constituait qu’une première étape dans la révision de la règle Volcker et que la Fed mettrait en œuvre séparément les modifications législatives apportées par le Congrès la semaine dernière à son sujet.

 

L’OCC s’inquiète de certains risques pour les banques et encourage les prêts de court-terme

L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), agence fédérale ayant autorité sur les banques nationales (national banks), a publié deux documents respectivement en lien avec les activités de prêt de court-terme et concernant les risques dans le secteur bancaire.

Le premier document, publié le 23 mai, vise à encourager les banques à fournir des prêts de court-terme, typiquement de maturité comprise entre 2 et 12 mois, afin de répondre aux attentes des consommateurs. Pour rappel, suite à de nombreuses règles, les entités bancaires s’étaient peu à peu désengagées de ce marché. L’OCC a toutefois insisté sur le fait que la mise en place de ces nouveaux prêts devait être effectuée en respectant les principes de gestion des risques.

L’OCC a par ailleurs publié le 24 mai son rapport bi-annuel concernant l’évolution des risques dans le secteur bancaire aux Etats-Unis. Tout en soulignant la robustesse du secteur bancaire américain, des performances en hausse et une qualité des actifs globalement saine, le rapport s’inquiète de la montée de plusieurs risques. En particulier, l’OCC attire l’attention sur (i) l’augmentation des taux de défaut sur certains types de prêts à la consommation (credit card lending et prêts automobile) ; (ii) la croissance des risques opérationnels et de conformité, face à la sophistication des cyber-attaques et des problématiques de lutte contre le blanchiment de capitaux ; (iii) l’impact d’une hausse des taux sur la liquidité et le coût de financement des banques.

 


Brèves           

-Le Nasdaq et le Chicago Board of Exchange (CBoE) – plateformes d’échange d’actions majeures représentant respectivement 14 % et 20 % des échanges quotidiens d’actions aux Etats-Unis – ont publié des commentaires concernant le projet de réforme de la SEC de la facturation des transactions. La proposition de mesure, datant de début mars, vise à modifier les systèmes dits de « maker-taker fees », où les ordres ajoutés à l’order book sont rétribués tandis que l’acceptation d’un ordre préexistant dans l’order book se voit attribuer un frais supplémentaire. Les deux plateformes s’inquiètent notamment du coût qu’induirait ce programme (estimé à 1 Md USD par an) et de la légalité d’une telle mesure.

-Le 24 mai, l’Administration nationale des coopératives de crédit (NCUA) a proposé  d’élargir les type de prêts de court terme et à fort taux d’intérêt (payday loans) offerts par ses membres. La proposition de règle de la NCUA vise notamment à étendre les maturités offertes, modifier les montants minimum et maximum des prêts et augmenter le nombre de prêts auquel un individu peut souscrire. Cette proposition intervient au moment où le Bureau de protection financière des consommateurs (CFPB) travaille sur sa propre règle concernant les payday loans et où l’OCC encourage les banques à se lancer aussi dans des prêts à court terme.

-Le 23 mai la Securities and Exchange Commission (SEC) a proposé une nouvelle règle qui permettrait aux courtiers (broker-dealers) de publier plus facilement des recherches sur les fonds communs de placement (mutual funds) ainsi que sur les ETFs (exchange traded funds). Cette règle permettrait notamment de ne pas qualifier ces recherches d’offre de vente et faciliterait ainsi la fourniture de documents de recherche aux investisseurs, d’après le Président de la SEC, Jay Clayton. La réglementation a été imposée par la loi Fair Access to Investment Research Act of 2017 et sera soumise à commentaire pendant un période de 30 jours.

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