Washington Wall Street Watch 2018-18

Washington Wall Street Watch 2018-18

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-La croissance s’établit à +0,6 % au premier trimestre 2018

-Le revenu des ménages continue de progresser tandis que  l’inflation retrouve le seuil de 2 %

-Les émissions de dette gouvernementale ont atteint un niveau record au premier trimestre

Politiques macroéconomiques

-La Fed laisse ses taux inchangés et donne des indications en faveur d’une hausse en juin

-Bernie Sanders préparerait un projet de loi instaurant une garantie universelle d’emploi

Régulation financière            

-La CFTC publie un rapport sur le cadre de régulation des swaps

-La SEC et la CFTC s’expriment sur le sujet des crypto-actifs

Brèves

 


 

CONJONCTURE

 

La croissance s’établit à +0,6 % au premier trimestre 2018

La croissance du PIB a atteint +0,6 % au 1er trimestre 2018 selon la première estimation Bureau of Economic Analysis, un résultat supérieur aux attentes du consensus (+0,5 %). La croissance est portée par l’investissement privé (0,2 point), la consommation des ménages (0,2 point) et la demande publique (0,1 point). L’acquis de croissance est de +1,7 % à l’issue du 1er trimestre.

 

Le revenu des ménages continue de progresser et  l’inflation atteint les 2 %

Le revenu des ménages augmente de 0,3 % en mars (progression stable) selon le Bureau of Economic Analysis, grâce à la poursuite des créations d’emplois et la hausse des salaires. Ces gains bénéficient à la consommation, qui progresse de 0,4 % (après +0,2 % en février).

L’inflation PCE, indicateur de prix privilégié de la Fed, est stable en mars (après +0,2 %) et l’inflation sous-jacente ressort à +0,2 % (progression stable). Sur douze mois, les progressions atteignent respectivement +2 % et +1,9 %, atteignant l’objectif de la Fed pour la première fois depuis février 2017.

 

Les émissions de dette gouvernementale ont atteint un niveau record au 1er trimestre

Le Treasury a émis près de 488 Mds USD de dette sur les marchés obligataires au premier trimestre 2018. Ce volume d’émission est inédit depuis la crise de 2008-2009 et s’explique par (i) la suspension du plafond de dette qui a permis de relancer la constitution de la trésorerie de l’Etat fédéral et (ii) la hausse du déficit budgétaire, sous l’effet conjoint de la réforme fiscale, qui obère les recettes fiscales, et de la hausse des dépenses fédérales.

 


 

Politiques macroéconomiques             

 

La Fed laisse ses taux inchangés et donne des indications en faveur d’une hausse de taux pour la réunion de juin

La réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) des 1er et 2 mai s’est conclue sur un maintien de la fourchette cible des taux fed funds à [1,5 %-1,75 %].

Le communiqué souligne l’accélération de l’inflation des derniers mois et fait de nouveau référence à un « objectif symétrique », signalant la possibilité d’une phase où l’inflation serait légèrement supérieure à la cible de la Fed. La mention d’une vigilance spécifique sur l’évolution des prix est également retirée.

Cette situation appelle à de nouvelles hausses de taux d’intérêt. La banque centrale réaffirme être prête à engager « plus loin » (further) le resserrement graduel de sa politique monétaire pour maintenir une croissance équilibrée.

 

Bernie Sanders préparerait un projet de loi instaurant une garantie universelle d’emploi

Selon une information du Washington Post, Bernie Sanders, sénateur indépendant du Vermont et ancien candidat démocrate à l’élection présidentielle de 2016, préparerait un projet de loi instaurant une garantie d’emploi. Ainsi, toute personne en faisant la demande se verrait attribuer un emploi rémunéré au moins à 15 $ de l’heure, avec une assurance santé prise en charge. Ces emplois seraient pris en charge par l’Etat fédéral au travers de projets d’intérêt public (infrastructures, environnement, éducation, etc.) et financés par des hausses d’impôts sur les entreprises et les ménages.

Cette initiative fait l’objet de critiques nourries tant au sein des Démocrates que des Républicains et vise essentiellement à créer le débat, dans la mesure où les Démocrates ne disposent pas de majorité au Congrès.

 


 

Régulation financière

 

La CFTC publie un rapport sur le cadre de régulation des swaps et esquisse quelques propositions de nouvelles règles

La Commodity Futures Trading Commission (CFTC), régulateur des marchés américains de dérivés, a publié le 26 avril un rapport présentant le cadre de régulation actuel, ainsi que des propositions de réformes futures. Présenté par le Président de la CFTC, C. Giancarlo, au cours de la conférence annuelle de l’International Swaps and Derivatives Association (ISDA), ce rapport se veut moins être une présentation d’un plan d’action qu’un condensé des éléments qui intéressent aujourd’hui la CFTC. Ce document d’une centaine de pages, se structure en 5 parties traitant successivement des chambres de compensation (CCPs), des règles de reporting sur les swaps, des règles d’exécution, des exigences en capital pour les swap dealers et enfin des exemptions pour les utilisateurs finaux (end users).

Le rapport souligne notamment (i) une volonté de calibrer, plutôt que d’abroger, les règles du Dodd-Frank Act (DFA), dont les avancées, notamment en matière de compensation, sont plusieurs fois qualifiées de bénéfiques – les recommandations formulées ne remettent d’ailleurs pas fondamentalement en cause le cadre actuel sur la plupart des points ; (ii) une proposition d’allègement des contraintes pour les plus petites entités ; (iii) une défense marquée pour l’utilisation de modèle interne pour les banques et swap dealers et enfin (iv) un ton encourageant concernant les enjeux internationaux, notamment en soulignant la volonté de la CFTC de poursuivre les efforts de coordination.

 

La SEC et la CFTC s’expriment sur le sujet des crypto-actifs

Les commissaires R. Jackson et B. Quintenz, respectivement de la Securities and Exchange Commission (SEC) et de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) se sont exprimés au sujet des initial coin offerings (ICOs).

Dans une interview accordée à CNBC le 30 avril, R. Jackson a notamment insisté sur le fait que plusieurs ICOs ne s’étaient pas enregistrées auprès de la SEC, et que ces offres de jetons constituaient donc des émissions de titres financiers (securities) illégales. R. Jackson a également indiqué que la SEC continuait d’être soucieuse de la protection des investisseurs face aux fraudes potentielles sur le marché des crypto-monnaies.

De son côté, le commissaire B. Quintenz a indiqué au cours d’une conférence le 2 mai à Washington que la CFTC n’était pas opposée à l’idée d’une agence d’auto-régulation (self-regulatory organization) pour le marché des crypto-actifs (virtual commodities). B. Quintenz, dont les réponses aux questions ont été rapportées par Politico, a notamment indiqué qu’une telle agence ne se substituerait toutefois pas à une supervision fédérale et qu’il appartenait à la SEC de déterminer le statut de titre financier (security) d’un actif, tout en soulignant que la CFTC devait faire partie de la discussion. Lors de cette même conférence, le commissaire de la CFTC R. Behnam a, lui, noté que le Financial Stability Oversight Council (FSOC) devrait à l’avenir assumer un plein rôle en ce qui concerne les défis technologiques.

 


 

Brèves           

-Dans un rapport publié le 26 avril, le Government Accountability Office (GAO) – organisme en charge de l’audit des agences fédérales – a dénoncé les pratiques de certaines universités vis-à-vis des prêts étudiants. Le GAO a notamment critiqué la pratique qui consiste à encourager les étudiants endettés à avoir recours à un statut de prorogation (forbearance) qui permet à l’emprunteur de retarder le paiement de mensualité moyennant des pénalités. Le GAO indique que les universités sont incitées à avoir recours à cette pratique afin de ne pas dépasser un certain seuil de prêts catégorisés en « défaut », seuil à partir duquel elles ne profiteraient plus des programmes fédéraux d’aide au financement des études.

-Le bureau de protection des consommateurs de produits financiers (CFPB) a finalisé une modification à sa règle de publication d’information concernant les prêts hypothécaires («know before you owe»). Cette modification offre plus flexibilité aux prêteurs dans leurs estimations des coûts de clôture et offre plus de marge de manœuvre pour répercuter ces augmentations sur les emprunteurs. La règle, conçue à l’origine pour empêcher que les emprunteurs ne fassent face à des frais plus élevés que ceux initialement prévus, a été accueillie comme une victoire de l’industrie hypothécaire.

-Thomas Hoenig, vice-président de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), agence fédérale ayant autorité sur l’ensemble des procédures de résolution et garantissant les dépôts bancaires, a indiqué qu’il quittera ses fonctions le 30 avril.

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