Washington Wall Street Watch 2018-11

Washington Wall Street Watch 2018-11

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-Le rapport sur l’emploi indique une création d’emploi record en février

Politiques macroéconomiques

-Les observateurs estiment que la Fed devrait annoncer une hausse des taux d’intérêt lors de la prochaine réunion de politique monétaire

-D’ultimes désaccords retardent l’adoption du budget de l’année fiscale 2018

Régulation financière             

-Le Sénat adopte, en première lecture, une réforme de la réglementation bancaire

Brèves

 


Conjoncture

 

Le rapport sur l’emploi indique une création d’emploi record en février

 Le rapport sur l’emploi du Bureau of Labor Statistics indique que les créations d’emplois aux Etats-Unis poursuivent leur dynamique positive. Ainsi, en février, 313 000 emplois non-agricoles ont été ajoutés à l’économie américaine (+31% par rapport à janvier 2018, dont le nombre de créations d’emploi a été révisé à la hausse de 39 000), un record depuis juillet 2016.

Le taux de chômage reste toutefois stable à 4,1%, pour le cinquième mois consécutif, alors que le taux d’activité se redresse à 63 % (+0,3 point). Les salaires progressent de +0,1 % en janvier (après +0,3 % en janvier), pour une hausse de 2,6 % sur douze mois (après +2,8 %)

 


Politiques macroéconomiques               

 

Les observateurs estiment que la Fed devrait annoncer une hausse des taux d’intérêt lors de la prochaine réunion de politique monétaire

 Selon les observateurs, la Fed devrait augmenter la fourchette cible des taux fed funds de 25 points de base à [1,5 %-1,75 %] lors sa réunion de politique monétaire (FOMC) des 20 et 21 mars. Les marchés accordent à cette hypothèse une probabilité supérieure à 95 % (selon les contrats futures Fed Funds à 30 jours).

La bonne dynamique de l’activité, avec notamment des créations d’emploi soutenues, devrait inciter la Fed à poursuivre le resserrement de sa politique monétaire. Les nouvelles projections de taux d’intérêt pourraient indiquer si les membres du FOMC considèrent une quatrième hausse de taux en 2018 envisageable.

 

D’ultimes désaccords retardent l’adoption du budget de l’année fiscale 2018

 Suite à l’accord budgétaire bipartisan intervenu en février, le Congrès avait adopté un budget temporaire (continuing resolution), qui court jusqu’au 23 mars afin de flécher les dépenses.

Alors que l’adoption du texte budgétaire complet (omnibus) était attendue pour cette semaine, certains éléments de désaccords persistent entre Républicains et Démocrates. En particulier, les sujets liés à la politique migratoire (financement du mur, statut des immigrés illégaux arrivés sur le territoire en bas âge), le financement du planning familial et un projet d’infrastructures reliant la ville de New York au New Jersey sont toujours en discussion.

Les Démocrates refusent d’apporter leur soutien au texte budgétaire en l’absence de concessions sur ces sujets, or les voix de l’opposition sont nécessaires réunir que l’omnibus soit adopté au Sénat, où une majorité qualifiée de 60 votes est requise.

Les parlementaires espèrent toujours voter un budget complet d’ici le 23 mars. Dans le cas contraire ils seraient contraints d’adopter un nouveau budget temporaire le temps qu’un accord définitif émerge. Un nouveau shutdown semble peu probable car le processus budgétaire, qui a occupé une majeure partie du temps législatif ces derniers mois, touche à son terme.

 


Régulation financière

 

Le Sénat adopte, en première lecture, une réforme de la règlementation bancaire

 Le 14 mars, le Sénat a adopté une proposition de loi « de soutien à la croissance économique, d’allègement règlementaire et de protection du consommateur », qui avait été présentée en commission bancaire sénatoriale en novembre 2017. Cette loi introduit des mesures de facilitation dans l’accès au crédit immobilier et des allègements à la règlementation bancaire. Elle a été votée à une majorité de 67 voix contre 31,  bénéficiant du soutien de 16 sénateurs démocrates. Elle doit désormais être examinée par la Chambre des Représentants, dont la commission des services financiers avait préparé son propre paquet de mesures.

La loi votée par le Sénat relève, de 50 à 250 Mds USD d’actifs, le seuil de soumission des banques aux standards prudentiels renforcés (Enhanced Prudential Standards), tel que fixé par le Dodd-Frank Act en 2010. Le texte prévoit une application immédiate de ce relèvement pour les banques dont les actifs sont compris entre 50 et 100 Mds et précise que les banques non-américaines (FBOs) aux actifs consolidés supérieurs à 100 Mds USD ne seront pas affectés par le relèvement du seuil. Les banques dont les actifs sont inférieurs à 10 Mds USD (community banks) sont par ailleurs exemptées de l’application de la règle Volcker. De même, des aménagements à l’application du ratio de levier (Leverage Ratio) et du ratio de levier supplémentaire (Supplementary Leverage Ratio) sont introduits au bénéfice des community banks et des banques de dépôt. Enfin, les banques octroyant moins de 500 prêts immobiliers chaque année se voient exemptées de la collecte de statistiques ethniques et géographiques, dont l’objectif était de lutter contre les discriminations.

Dans un communiqué, la Maison Blanche a salué le vote du Sénat, dont la proposition de loi permettrait, selon elle, de dynamiser le marché du crédit sans fragiliser la stabilité financière des Etats-Unis.

 


Brèves           

 

-Le 14 mars, Larry Kudlow a été nommé par Donald Trump pour succéder à Gary Cohn à la tête du National Economic Council (NEC). L. Kudlow dirigera l’organe adossé à l’Executive Office of the President, en charge de faire l’interface entre le président et l’administration sur les thèmes économiques. En particulier, le NEC s’occupe (i) de coordonner les décisions sur les sujets économiques nationaux et internationaux ; (ii) de coordonner les conseils apportés au président en matière économique, (iii) de s’assurer que les politiques mises en œuvre sont cohérentes avec les objectifs du président et (iv) de suivre la mise en œuvre de l’agenda économique du président. L. Kudlow a travaillé à la Fed de New York et a été chef économiste de la banque Bear Stearns. Il a  également servi comme directeur adjoint à l’Office of Management and Budget sous l’administration Reagan et s’était reconverti à partir de 2002 en commentateur financier pour la chaîne CNBC. L. Kudlow a toujours défendu une politique économique de l’offre, et est partisan d’une stricte orthodoxie budgétaire.

 

-Dans une décision rendue le 6 mars, le tribunal fédéral de New York a confirmé que le Bitcoin et les autres « monnaies virtuelles » (virtual currencies) constituaient des matières premières (commodities) et, qu’en conséquence, la CFTC était compétente pour les réguler en cas de fraudes ou de manipulations.

 

-Le 14 mars, la SEC a proposé de lancer une expérimentation, pendant deux ans, sur un nouveau modèle de facturation des transactions réalisés sur le marché actions. Ce nouveau modèle vise notamment à prohiber les systèmes de frais de transaction communément appelés « maker-taker fees », où l’entité ayant placé un ordre attractif, et créant par ce biais de la liquidité, se voit attribuer une récompense pécuniaire (rebate rate), tandis que l’entité acceptant l’ordre et réduisant de fait la liquidité, se voit imposer un frais supplémentaire (taker fee). Cette proposition d’expérimentation est en consultation publique pendant 60 jours.

 

-Le 14 mars, la SEC a annoncé un allègement des informations que les fonds ouverts (mutual funds) avaient l’obligation de publier, en vertu d’une règle adoptée en 2016. Ces informations portent sur la liquidité du fonds.

 

-Le 13 mars, le Financial Stability Oversight Council (FSOC) a accepté de considérer les demandes de certaines banques souhaitant être exemptées de la supervision de la Fed. Les banques potentiellement concernées ont des actifs supérieurs à 50 Mds USD mais présentent des caractéristiques spécifiques. Cette décision a été adoptée à l’unanmité des membres du FSOC, à l’exception du président de la SEC, qui s’est abstenu.

 

-Le 13 mars, les frères Cameron et Tyler Winklevoss, propriétaires de la société d’échange d’actifs numériques Gemini, ont annoncé la création d’une self-regulatory organization (SRO) destinée à la régulation de « vitrual currencies ». Cette entité, baptisée Virtual Commodity Association, serait à but non  lucratif. Le commissaire de la CFTC, Brian Quintenz, qui avait récemment encouragé la création d’une SRO pour les crypto-actifs, a salué cette initiative mais a souligné la nécessité de garantir l’indépendance des participants.

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