Washington Wall Street Watch 2018-07

Washington Wall Street Watch 2018-07

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

  • L’inflation a progressé en janvier
  • La production industrielle recule le mois dernier

Politiques macroéconomiques

  • Le Congrès adopte un accord budgétaire majeur après un shutdown de quelques heures
  • La Maison Blanche a présenté sa proposition de budget pour l’année fiscale 2019 et un document d’orientation en vue d’un plan d’infrastructures

Régulation financière            

  • La SEC lance une initiative favorisant les déclarations volontaires des conseillers financiers
  • Fannie Mae et Freddie Mac requièrent un renflouement du Treasury

Brèves

 


Conjoncture                                               

L’inflation a progressé en janvier

L’indice des prix à la consommation progresse de 0,5 % selon le Bureau of Labor Statistics (après +0,2 %), sous l’effet de la hausse des prix des carburants (+5,7), des coûts de transport (+1,8 %) et des services hospitaliers (+1,3 %). Dans le même temps, l’indice sous-jacent progresse de 0,3 %. Le rythme de hausse des prix sur douze mois s’établit à 2,1 % pour l’inflation globale et 1,8 % pour la composante sous-jacente. Les deux indices affichent en janvier leur plus forte hausse mensuelle depuis février 2017.

 

La production industrielle recule en janvier

La production indusrielle est en repli de 0,1 % en janvier selon la Fed, essentiellement sous le seul effet du recul observé dans le secteur de la construction (-1,4 %). Le taux d’utilisation des capacités s’établit en légère baisse à 77,5 % (contre  77,7 %, révisé à la baisse de 0,2 point).

Les données de production industrielle connaissent ces derniers mois des révisions plus marquées qu’à l’accoutumée : les chiffres ont ainsi été révisés à +1,7 % en octobre (contre +1,8 %), +0,3 % en novembre (contre -0,1 %) et +0,5 % en décembre (contre +0,9 %). Cette volatilité s’explique notamment par le bruit statistique provoqué par la phase de reconstruction dans les zones frappées par les ouragans.

 


 

Politiques macroéconomiques             

Le Congrès adopte un accord budgétaire majeur après un shutdown de quelques heures

Le Congrès a adopté le 9 février un accord budgétaire majeur comprenant notamment le relèvement des plafonds de dépenses militaires de resp. 80 Mds et 85 Mds USD en 2018 et 2019, une augmentation de 63 Mds et 68 Mds USD des dépenses non-militaires, ainsi que la suspension du plafond de dette jusqu’au 1er mars 2019. L’expiration du budget temporaire le 8 février à minuit a provoqué un shutdown (fermeture des services publics non essentiels) de quelques heures sans conséquence.

Le Congrès va désormais engager les discussions sur la répartition des nouveaux plafonds de dépenses par catégories de programme (appropriations). Il devrait adopter dans les prochaines semaines (avant le 23 mars) un texte budgétaire intégral (dit omnibus) autorisant les dépenses jusqu’au 30 septembre 2018, terme de l’année fiscale 2018.

En parallèle, le majority leader Mitch McConnell a amorcé un débat en vue d’une réforme de l’immigration et du programme Deferred Action for Childhood Arrival (protection juridique pour les enfants arrivés en bas âge aux Etats-Unis de façon illégale). Les Démocrates avaient exigé un texte en ce sens dans le cadre des négociations sur l’accord budgétaire et, s’ils ont accepté un nouveau délai, pourraient continuer à faire pression en vue d’un texte d’ici fin mars.

 

La Maison Blanche a présenté sa proposition de budget pour l’année fiscale 2019…

Pour l’année fiscale 2019, le document d’orientation budgétaire reprend les priorités affichées jusqu’à présent par l’Administration. La proposition de budget de la Maison Blanche est seulement indicative pour le Congrès et permet à l’Administration de réaffirmer ses priorités politiques.

La Maison Blanche envisage une augmentation des dépenses militaires en 2019 (+14,1 %) ainsi que les budgets des anciens combattants (+12 %) et de la sécurité intérieure (+12%). Malgré la hausse des plafonds de dépenses actée par le Congrès, la Maison Blanche se refuse à utiliser les nouvelles enveloppes discrétionnaires afin de « préserver la soutenabilité des finances publiques » et propose une réduction des dépenses non-militaires.

A moyen terme, la trajectoire de finances publiques présentée par l’administration se caractérise par des économies massives dans les dépenses non militaires et s’appuie sur des hypothèses de croissance économique jugées optimistes par les analystes. Pour autant, l’objectif d’équilibre des finances publiques en 2028 est abandonné.

 

… et un document d’orientation pour le plan d’infrastructures

La proposition de budget a été publiée en même temps qu’un document présentant le plan d’infrastructures de la Maison Blanche. D. Trump prévoit un financement fédéral de 200 Mds USD sur 10 ans qui doit permettre, grâce à des partenariats public-privé, d’aboutir à un surcroît d’investissements  de 1500 Mds USD.

Le projet prévoit en particulier la création d’un fonds public doté de 100 Mds USD visant à inciter les partenariats public-privé. Les fonds restants seraient essentiellement consacrés à des projets d’infrastructures pour les zones rurales (50 Mds), l’extension d’infrastructures existantes (20 Mds), le financement de projet innovants mais à la concrétisation risquée (20 Mds).

Donald Trump a indiqué que ce plan devait donner la priorité aux zones rurales et donner une grande part du pouvoir décision aux Etats et aux collectivités locales. En parallèle, l’Administration propose diverses mesures de facilitation des procédures, souhaitant notamment raccourcir les délais d’obtention des permis de construire, pour les ramener à moins de deux ans.

 


 

Régulation financière

La SEC lance une initiative favorisant les déclarations volontaires des conseillers financiers

La Securities and Exchange Commission (SEC) – le régulateur des marchés boursiers américains – a lancé le 12 février une initiative à l’intention des conseillers financiers (investment advisors). L’initiative permettrait à ces derniers de ne pas faire face à des sanctions conséquentes à une situation de conflits d’intérêts non divulguée, dans le cas où les conseillers financiers effectueraient des déclarations volontaires (self-reporting) auprès de la SEC.

Les situations de conflits d’intérêts visées par la Share Class Selection Disclosure Initiative (SCSD) surgissent lorsque des conseillers financiers recoivent une rétribution de la part de courtiers (broker-dealers) pour conseiller un certain type d’actifs de fonds de placement (mutual fund share class) sans toutefois que ce conseil d’investissement ne soit le plus avantageux pour le client. Dans cette situation le conseiller a l’obligation fiduciaire d’après l’Advisers Act de divulguer son conflit d’intérêts au client.

Au cours des dernières années, la SEC a lourdement sanctionné 9 entreprises n’ayant pas respecté cette obligation fiduciaire.

Aussi, la SEC propose-t-elle via cette initiative de ne pas sanctionner financièrement les broker-dealers ayant violé cette obligation fiduciaire, dans le cas où ceux-ci effectueraient une déclaration volontaire d’ici le 12 juin 2018 et qu’ils rendaient l’argent aux clients lésés.

 

Fannie Mae et Freddie Mac requièrent un renflouement du Treasury

Les entreprises Fannie Mae et Freddie Mac (Government Sponsored Enterprises ou GSE) ont publié cette semaine leurs résultats pour le quatrième trimestre 2017. Les pertes se sont respectivement élevées à 6,5 Mds USD et 3,3 Mds USD pour Fannie Mae et Freddie Mac. Ces pertes sont principalement la conséquence de l’adoption de la réforme fiscale en décembre dernier. En effet, la baisse du taux d’impôt sur les sociétés a réduit la valeur des crédits d’impôts futurs dans les comptes des GSEs, qui ont dû passer cette modification dans leurs résultats de l’année 2017.

Sur l’ensemble de l’année fiscale 2017, Fannie Mae a déclaré un bénéfice net de 2,5 Mds USD, en nette baisse par rapport aux 12,3 Mds USD de 2016. L’évolution du bilan de Fannie Mae va amener l’entreprise à demander au Treasury en mars prochain un renflouement à hauteur de 3,7 Mds USD, afin d’éviter que la valeur de ses fonds propres ne devienne négative. De son coté, Freddie Mac a dégagé un résultat net positif de 5,6 Mds USD sur l’année 2017, en baisse par rapport aux 7,8 Mds USD de 2016. Freddie Mac demandera au Trésor un renflouement à hauteur de 312 MUSD pour des raisons similaires à celles de Fannie Mae. Ces renflouements, s’ils sont acceptés par le Treasury, seraient les premiers en 6 ans pour les deux GSEs.

Parmi les autres éléments soulignés par les analystes lors de la publication des résultats, on pourra noter la hausse des prêts en retards de paiement de plus de 90 jours, qui passe à 1,24% au 31 décembre 2017, contre 1,01% à la fin du troisième trimestre 2017.

 


 

Brèves           

-Le Treasury a publié un document proposant l’abrogation de 298 règles fiscales jugées inutiles, obsolètes ou redondantes. Ce rapport s’inscrit en réponse à un décret présidentiel de D. Trump en date du 21 avril 2017, qui demandait au Treasury d’étudier les simplifications potentielles de la réglementation fiscale américaine. Ce document, soumis à commentaires publics jusqu’au 14 mai, est destiné à l’Internal Revenue Service (IRS) qui aura le pouvoir d’abroger directement les réglementations visées.

 

-Le directeur intérimaire du Bureau de protection des consommateurs de produits financiers (CFPB), Mick Mulvaney, a publié un plan stratégique pour la période 2018-2022. Ce plan prévoit notamment une réduction des ambitions réglementaires par rapport aux intentions exprimées par l’ancien directeur R. Cordray, ayant quitté ses fonctions en novembre dernier. « S’il y a une façon de résumer les changements stratégiques au Bureau, la voici: nous nous sommes engagés à remplir les responsabilités statutaires du Bureau, mais n’allons pas plus loin« , a résumé N. Mulvaney, qui est par ailleurs également à la tête du bureau de la gestion et du budget (OMB).

 

-La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a mis en garde les investisseurs contre les fraudes et les manipulations de marché par le biais de diffusions de fausses nouvelles («pump-and-dump schemes»). Dans ces schémas des acteurs répandent de fausses nouvelles concernant des monnaies virtuelles ou des jetons (tokens) issus d’initial coin offerings (ICO). Les fraudeurs profitent alors de l’augmentation du prix que crée la fausse nouvelle par le biais d’une plus grande demande, et vendent rapidement leurs actifs. L’avertissement est la dernière mesure en date prise par les régulateurs financiers pour mettre en garde les investisseurs contre les acteurs fraudulent dans le secteur émergent de la monnaie numérique.

 

-Le Président de la CFTC, C. Giancarlo, a été auditionné par le comité agricole du Sénat le 15 février. A cette occasion, C. Giancarlo a notamment exprimé sa volonté de finaliser les règles concernant les limites de position et la revue des seuils d’enregistrement des swap dealers au cours de l’année 2018. Son audition a été marquée par de nombreuses questions relatives aux contrats futures sur la crypto-monnaie Bitcoin dont l’introduction a été effectuée en décembre dernier. Par ailleurs, C. Giancarlo s’est montré inquiet des récentes évolutions européennes concernant la supervision des chambres de compensation des suites du Brexit.

 

-Le Financial Stability Oversight Council (FSOC) – agence fédérale chargée de la désignation des entités systémiques – se réunira le 21 février prochain afin de discuter de la désignation de Prudential, aujourd’hui l’unique groupe d’assurance désigné comme « systémique » au niveau national.

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