Washington Wall Street Watch 2018-05

Washington Wall Street Watch 2018-05

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

  • La croissance du PIB s’établit à +2,3 % en 2017
  • Le revenu et la consommation des ménages progressent en décembre

Politiques macroéconomiques

  • D. Trump vante son bilan économique lors de son premier discours sur l’état de l’Union
  • La Fed laisse ses taux d’intérêt inchangés lors de sa réunion des 30 et 31 janvier
  • Steven Mnuchin enjoint le Congrès à relever le plafond de dette d’ici fin février

Régulation financière

  • Le secrétaire au Trésor a été auditionné par la commission bancaire du Sénat
  • La CFTC présente sa nouvelle méthode de calcul des swaps
  • La CFTC envisage de revoir le régime d’auto-certification des contrats futures sur les crypto-actifs

Brèves

 


Conjoncture                                               

La croissance du PIB s’établit à +2,3 % en 2017

Le produit intérieur brut a progressé de 0,6 % au quatrième trimestre 2017 (après+0,8 % au troisième trimestre) selon la première estimation du Bureau of Economic Analysis. L’activité a été portée par la demande intérieure et notamment la consommation des ménages (+0,6 point) et l’investissement privé (0,3 point).

Le commerce extérieur (-0,3 point) et la variation des stocks (-0,2 point) ont contribué négativement.

En conséquence, la croissance ressort à 2,3 % sur l’ensemble de l’année 2017. Après un ralentissement en 2016 (+1,6 %), la croissance retrouve ainsi un rythme plus soutenu, proche du niveau moyen observé depuis la sortie de récession en 2009 (+2,1 %).

 

Le revenu et la consommation des ménages progressent en décembre

Le revenu des ménages progresse de 0,4 % en décembre (après +0,3 %), toujours soutenu par la situation favorable sur le marché du travail. La consommation connait également une croissance de 0,4 % (après +0,8 %  en décembre, révisé à la hausse) mais ce gain se fait au détriment de l’épargne des ménages, puisque le taux d’épargne baisse à 2,4 % (-0,1 point) et atteint un point bas de 13 ans.

 


 

Politiques macroéconomiques    

         

Trump vante son bilan économique lors de son premier discours sur l’état de l’Union

Pour son premier discours au Congrès sur l’état de l’Union, D. Trump a dressé un bilan très positif de l’économie américaine (baisse du taux de chômage, confiance élevée des agents et hausse des marchés actions), qu’il a attribué à son action. Il a également mis en exergue la réforme fiscale, en insistant sur les effets qu’il en escomptait pour les classes moyennes, les familles et les entreprises. Certains thèmes économiques récurrents de sa campagne électorale et de ses premiers mois de présidence étaient par ailleurs peu présents (commerce, dérégulation).

S’il n’a pas fait d’annonce économique majeure, D. Trump a néanmoins réaffirmé le besoin de moderniser les infrastructures et plaidé pour un plan d’investissement de 1500 Mds USD sur 10 ans (contre 1000 Mds évoqués jusqu’à présent), qui serait financé par un partenariat entre l’Etat fédéral, les Etats fédérés et le secteur privé.

Sur le plan budgétaire, D. Trump a demandé au Congrès de supprimer le plafond des dépenses militaires pour permettre d’augmenter les crédits du ministère de la Défense, sans toutefois préciser le montant envisagé. Les fonds devraient permettre d’engager la modernisation des équipements militaires et de l’arsenal nucléaire américains.

Enfin, en écho aux négociations parlementaires en cours, D. Trump a exposé sa proposition de compromis bipartisan, qui prévoit la régularisation de 1,8 million de personnes sous programme Deferred Action for Childhood Arrival (protection pour les enfants arrivés illégalement aux Etats-Unis en bas âge) en contrepartie de (i) un financement de 25 Mds USD pour la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique, (ii) la suppression de la loterie pour l’obtention de la carte verte et (iii) la restriction des conditions du regroupement familial (family reunification) au profit de la seule famille nucléaire (époux, enfants mineurs).

 

La Fed laisse ses taux d’intérêt inchangés lors de sa réunion des 30 et 31 janvier

La réunion du Comité de Politique Monétaire de la Fed (FOMC) des 30 et 31 janvier s’est conclue sur un maintien de la fourchette cible des taux fed funds à [1,25 %-1,5 %].

Le communiqué donne une appréciation plus optimiste de la trajectoire d’inflation à court terme. La Fed anticipe désormais une hausse de l’inflation pour cette année, qui devrait ensuite se stabiliser autour de la cible de 2 %. Le comité note également le récent rebond des anticipations tout en indiquant que celles-ci restent faibles. Le FOMC estime que l’évolution attendue des conditions économiques devrait conduire à de nouvelles augmentations graduelles du taux d’intérêt directeur.

Il s’agissait de la dernière réunion du FOMC présidée par Janet Yellen. Son successeur, Jerome Powell, prendra ses fonctions le 3 février.

 

Steven Mnuchin enjoint le Congrès à relever le plafond de dette d’ici fin février

Dans une lettre publiée le 30 janvier, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, appelle les membres du Congrès à adopter une révision du plafond de dette d’ici le 28 février. Le plafond de dette est redevenu actif le 8 décembre 2017 et empêche le Treasury d’augmenter le niveau de dette de l’Etat fédéral. Pour assurer la continuité du financement de l’Etat, le Treasury utilise les recettes fiscales et des « mesures exceptionnelles », comprenant notamment la suspension temporaire de certains versements à des fonds de retraite. Le secrétaire au Trésor indique que la trésorerie de l’Etat sera épuisée d’ici la fin du mois de février. Le délai fixé par S. Mnuchin constitue une limite théorique. Cette semaine, le Congressional Budget Office (CBO) a révisé à début mars la limite au-delà de laquelle le Treasury sera à court de liquidités. Ce délai, initialement estimé entre fin mars et début avril, a été raccourci en raison des effets budgétaires de la réforme fiscale.

 


Régulation financière

 

Le secrétaire au Trésor a été auditionné par la commission bancaire du Sénat

Auditionné le 30 janvier par la commission bancaire du Sénat en qualité de président du Financial Stability Oversight Council (FSOC), le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a d’abord résumé les principales conclusions du rapport annuel du FSOC publié le 14 décembre dernier : le secteur financier américain y est jugé stable mais sujet à de nouvelles menaces, en particulier en matière de cyber-sécurité. S. Mnuchin a notamment invité les régulateurs s’adapter aux transformations technologiques en cours, qui augmentaient le risque d’incidents dans le secteur financier.

Le secrétaire au Trésor a ensuite apporté son soutien aux travaux législatifs en cours au Congrès, qui visent à alléger le cadre prudentiel financier. Interrogé à ce sujet par plusieurs sénateurs démocrates, S. Mnuchin a défendu la nécessité de réduire les exigences de fonds propres pesant sur les banques, y compris les filiales de banques étrangères (FBOs), et de réformer la méthode de désignation des entités systémiques par le FSOC. Il a également estimé que la situation actuelle du marché du financement immobilier aux Etats-Unis n’était pas soutenable et appelé à une réforme des Government-sponsored enterprises (Fannie Mae et Freddic Mac).

Mnuchin a par ailleurs rappelé sa position sur les crypto-actifs, qui constituaient un nouveau défi dans la lutte contre le blanchiment mais ne représentaient pas aujourd’hui une menace pour la stabilité financière.

Enfin, il a listé les premiers effets associés à la récente réforme fiscale adoptée fin décembre : distribution de primes exceptionnelles à trois millions d’Américains, annonces de nouveaux recrutements dans 250 entreprises, promesses d’augmentation des salaires et des dépenses de R&D, etc.

 

La CFTC présente sa nouvelle méthode de calcul des swaps

Lors d’une conférence organisée le 1er février, le président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), C. Giancarlo, a expliqué que la méthode actuelle de calcul des encours sur les contrats swaps, reposant sur le notionel, était source de confusion pour les investisseurs car elle exagérait le volume réel des transactions sur ce marché. En conséquence, la CFTC propose l’introduction d’une nouvelle méthode basée sur l’entity-netted notional amount (ENN), qui calcule un montant net entre les positions longues et les positions à découvert pour une même contrepartie.

D’après les estimations de la CFTC, l’adoption de cette nouvelle règle de calcul aura pour effet de réduire facialement la taille du marché des swaps aux Etats-Unis, de 179 000 Mds USD à 15 000 Mds USD. La CFTC entend promouvoir cette modification au niveau international.

 

La CFTC envisage de revoir le régime d’auto-certification des contrats futures sur les crypto-actifs

Lors d’une réunion de son comité consultatif pour les risques de marché (Market Risk Advisory Committee) le 31 janvier, la CFTC a discuté de la possibilité actuellement offerte aux plateformes d’échanges de dérivés de lancer des contrats futures par simple auto-certification, sans l’accord préalable du régulateur.

La CFTC envisage de réexaminer cette faculté, afin notamment de renforcer la transparence des contrats associés à des crypto-actifs.

 


Brèves           

-Dans un communiqué conjoint publié le 29 janvier, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) et la Fed ont validé les plans de résolution (living wills) des 19 banques étrangères actives aux Etats-Unis (foreign banking organizations ou FBOs). Ces plans, qui avaient été soumis en décembre 2015, ne concernent que les activités américaines de ces établissements. Les deux agences ont publié parallèlement leurs commentaires spécifiques à chaque banque et indiqué qu’elles feraient évoluer leur méthodologie d’ici le prochain exercice, programmé fin 2018.

-La Chambre des Représenants a voté, à l’unanimité, une proposition  de loi qui réduit la fréquence des plans de résolution (living wills) des grandes banques aux Etats-Unis. Ces plans seraient soumis tous les deux ans au lieu du rythme annuel en vigueur actuellement. Aucune date de discussion du texte au Sénat n’a été dévoilée.

-La Securities and Exchange Commission (SEC) a décidé d’interrompre l’initial coin offering (ICO) lancé par AriseBank, une start-up texane se présentant comme la première banque décentralisée opérant sur le dispositif d’enregistrement électronique partagé (blockchain). AriseBank est suspectée par la SEC d’avoir trompé ses investisseurs, en laissant croire que les dépôts de ses clients bénéficiaient de la garantie de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC).

-Le 29 janvier, la CFTC a annoncé avoir engagé une procédure contre trois banques (Deutsche Bank, HSBC and UBS) et six individus qui se seraient livrés à des activités de spoofing entre 2008 et 2014. Cette pratique, qui consiste à passer de multiples ordres à l’achat ou à la vente avec l’intention de les annuler avant leur exécution, est prohibée par le Dodd-Frank Act.

-La National Association of Insurance Commissioners (NAIC) – association chargée de superviser  les régulateurs locaux  du marché de l’assurance aux Etats-Unis – et l’European Insurance and Occupational Pensions Authority (EIOPA) – agence de supervision européenne des assurances –se sont rencontrées pour renforcer leur coopération face aux développements récents du marché. Elles ont notamment discuté des défis communs que représentent les transformations technologiques (insurtech), l’utilisation massive de données et la cyber-sécurité.

-Le 29 janvier, le Treasury a présenté son programme d’émission de dette pour le premier trimestre 2018. D’un montant de 441 Mds USD, il représente un niveau inférieur de 71 Mds USD à la précédente estimation présentée en octobre 2017 mais constitue le volume d’émission le plus élevé depuis 2010. Le Treasury a également indiqué qu’il prévoyait d’émettre 176 Mds USD de dette au deuxième trimestre.

-Le 2 janvier, le gouvernement américain a débloqué une première tranche de 1,5 Mds USD d’aide financière à Porto Rico, dans le cadre de la reconstruction de l’île après les ouragans survenus en 2017.

-La filiale américaine de BNP Paribas s’acquittera d’une amende de 90 millions USD dans le cadre d’une affaire de manipulation sur les marchés de changes, entre 2011 et 2013. BNP est la sixième banque ainsi sanctionnée aux Etats-Unis.

-Le 30 janvier, Amazon, Berkshire Hathaway et JPMorgan Chase & Co ont annoncé la création d’une société conjointe chargée de fournir une couverture d’assurance maladie à leurs employés respectifs. Cette société, présentée comme non-lucrative, s’appuierait sur les innovations technologiques pour fournir à ses adhérents des polices d’assurance bon marché.

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