Washington Wall Street Watch 2018-04

Washington Wall Street Watch 2018-04

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

-La production industrielle progresse de nouveau en décembre

-La confiance des ménages baisse fortement

Politiques macroéconomiques                                                 

-Le shutdown se poursuit, après l’échec des différentes tentatives de sortie de crise

-Les marchés anticipent un statu quo à l’issue de la prochaine réunion de la Fed

-Un groupe d’économistes s’exprime en faveur de l’instauration d’une taxe carbone

Régulation financière            

-L’incertitude liée au Brexit inquiète le secteur financier américain

Brèves                                                                                                                        

 


 

Conjoncture

 

La production industrielle progresse de nouveau en décembre

L’indice de production industrielle a progressé de 0,3 % en décembre, portée par l’activité soutenue dans le secteur de la construction (+1,5 %) et des équipements pour les entreprises (+0,5 %). Cette bonne performance s’accompagne d’une révision à la hausse du rebond observé en novembre, à +0,6 %. Sur l’ensemble de l’année 2018, la production industrielle ressort en hausse de 4,0 %.

 

La confiance des ménages baisse fortement

L’indice de confiance des ménages calculé par l’université du Michigan affiche un recul marqué de 7,6 points en janvier, pour atteindre 90,7 points, soit son plus bas niveau depuis octobre 2016. Ce regain d’inquiétude traduit un pessimisme plus prononcé pour l’année à venir (-8,7 points à 78,3 points – là aussi au plus bas depuis l’élection de D. Trump).

L’université du Michigan met en avant le shutdown, l’impact des tensions commerciales, la perspective de nouvelles hausses de taux et les tensions sur les marchés financiers pour expliquer la baisse de la confiance des ménages. Le résultat de cette enquête fait écho à celles menées récemment auprès des entreprises et qui décrivaient une tendance similaire.

 


 

Politiques macroéconomiques                        

 

Le shutdown se poursuit, après l’échec des différentes tentatives de sortie de crise

Le 19 janvier, Donald Trump avait proposé l’extension pour trois ans de la protection accordée aux immigrés illégaux entrés à moins de 16 ans sur le territoire américain, en échange du financement de 5,7 Md USD pour la construction du mur à la frontière méridionale. Cette offre a été rejetée par les Démocrates. Il est à noter que la proposition de D. Trump lui a valu des critiques virulentes de la part de l’aide droite du parti républicain, qui l’accuse de faire ainsi preuve de laxisme en matière d’immigration.

Le 24 janvier, le Sénat a rejeté les deux propositions de loi concurrentes, présentées par chacun des deux partis, pour mettre un terme au shutdown. La proposition des Républicains était une loi de finances partielle prévoyant une hausse des dépenses pour l’ensemble des agences, telle que décidée en commission, ainsi qu’un budget de 5,7 Md USD demandé pour la construction du mur. En contrepartie, le statut protecteur dont bénéficient les immigrés illégaux aurait été étendu pour trois ans. La proposition des Démocrates portait sur un budget temporaire (continuing resolution) jusqu’au 8 février pour l’ensemble des agences concernées. Aucun de ces deux textes n’a obtenu la majorité qualifiée de 60 votes nécessaire à leur adoption.

Par ailleurs, le 23 janvier D. Trump a accepté de reporter son discours sur l’état de l’Union. Prévu initialement le 29 janvier, il aura désormais lieu après que le shutdown aura été résolu.

En conséquence du shutdown, en vigueur depuis le 22 décembre, les fonctionnaires fédéraux, qui sont payés sur une base bimensuelle, pourraient ne pas percevoir leur salaire le 25 janvier, pour la deuxième fois. De nombreux employés fédéraux ont déclaré utiliser leur carte de crédit voire recourir à des prêteurs sur gage pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Certains prennent même des emplois temporaires et/ou à temps partiel, quitte à ne pas se présenter sur leur lieu de travail lorsqu’ils sont réquisitionnés. Ces absences affectent de façon croissante certaines activités définies comme essentielles (aéroports, douanes, enquêtes du FBI, etc.).

 

Les marchés anticipent un statu quo à l’issue de la prochaine réunion de la Fed

La réunion du comité de politique monétaire de la Federal Reserve (FOMC) des 30 et 31 janvier devrait aboutir à un maintien de la fourchette cible des taux fed funds à [2,25 %-2,5 %]. Les marchés à cette hypothèse une probabilité supérieure à 99 % (selon les contrats futures fed funds à 30 jours).

Depuis plusieurs mois, la Fed s’est engagée sur une stratégie prudente et patiente de hausse des taux. Les signaux économiques défavorables des dernières semaines et l’incertitude liée au shutdown en cours rendent une hausse de taux d’autant moins probable lors de la prochaine réunion.

 

Un groupe d’économistes s’exprime en faveur de l’instauration d’une taxe carbone

Trois anciens présidents de la Fed (Paul Volcker, Ben Bernanke et Janet Yellen), deux anciens secrétaires au Trésor (George Schultz et Larry Summers), 27 lauréats du « prix Nobel » d’économie et des économistes qui ont appartenu à diverses administrations de différents bords politiques ont signé une tribune dans le Wall Street Journal appelant à la création d’une taxe carbone.

Cette mesure est présentée comme la plus efficace en matière de lutte contre le changement climatique car elle inciterait, de manière immédiate, les entreprises à adopter un comportement plus vertueux. Les économistes recommandent aussi le rehaussement du niveau de la taxe carbone jusqu’à l’atteinte des objectifs de réductions des gaz à effet de serre.

Deux mécanismes de compensations sont envisagés. Pour protéger la compétitivité des entreprises américaines, ils envisagent un mécanisme dit de « compensation carbone » qui permettrait d’ajuster le poids de la fiscalité carbone aux politiques pratiquées par les concurrents des États-Unis. Enfin, ils proposent que les recettes de la taxe carbone soient reversées aux ménages sous forme forfaitaire : selon ce schéma, les personnes modestes recevraient un versement mensuel supérieur au montant de dépenses supplémentaires engendrées par l’instauration de la taxe carbone.

 


 

Régulation financière

 

L’incertitude liée au Brexit inquiète le secteur financier américain

À la suite du vote négatif du Parlement britannique sur l’accord de retrait négocié entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, l’inquiétude s’accroît aux États-Unis, notamment dans le secteur financier.

Dans une lettre adressée à la présidente de la commission des services financiers de la Chambre des Représentants, Maxine Waters, l’élu républicain Patrick McHenry cite le Brexit comme première priorité de la commission en 2019, évoquant en particulier les risques pour l’économie américaine d’une sortie britannique de l’UE sans accord.

Cette inquiétude est partagée par les banques américaines. Dans une interview donnée en marge du forum économique de Davos, David Solomon, le PDG de Goldman Sachs, a ainsi indiqué que le Brexit aurait un impact négatif sur les marchés financiers en 2019.

Pour rappel, les régulateurs américains ont, à plusieurs reprises, alerté sur les enjeux du Brexit pour les marchés financiers. Le 11 décembre dernier, Jay Clayton, président de la SEC, le régulateur des marchés boursiers, avait souligné que la préparation des investisseurs américains au Brexit était une priorité. Le 19 décembre, C. Giancarlo, président de la CFTC, le régulateur des marchés dérivés, avait quant à lui salué la décision de la Commission européenne d’octroyer une équivalence temporaire et conditionnelle aux chambres de compensation britanniques en cas de sortie sans accord du Royaume-Uni de l’UE.

 


 

Brèves

 

-Larry Kudlow, le directeur du National Economic Council, instance chargée de conseiller le président en matière de politique économique, a indiqué que la Maison Blanche n’avait pas encore pris de décision concernant les nominations aux deux postes de gouverneur vacants au sein du FOMC à la Fed). Il a précisé avoir une préférence pour des personnes « qui comprennent que l’on peut avoir une forte croissance économique sans une inflation plus élevée ». Cette prise de position renforce l’hypothèse selon laquelle D. Trump pourrait privilégier des personnalités peu favorables à une politique monétaire restrictive (dovish).

-Le 18 janvier, le Government Accountability Office (GAO), l’agence chargée de l’évaluation et de l’audit du gouvernement fédéral, a publié un rapport sur les pistes de réforme des entreprises parapubliques chargées de la titrisation des prêts immobiliers (Fannie Mae et Freddie Mac).  Tout en s’alarmant de la fragilité financière croissante des deux entités, le rapport se montre prudent à l’égard des réformes envisagées, notamment celle qui vise à les privatiser.

-Le 18 janvier, la présidente démocrate de la commission de services financiers de la Chambre, Maxine Waters, a introduit une proposition de loi concernant les délits d’initié. Cette proposition, qui bénéfice d’un soutien bipartisan, vise à durcir les règles en matière de délits d’initié pour les dirigeants d’entreprise ayant échangé des titres de leur firme.

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