Washington Wall Street Watch 2018-03

Washington Wall Street Watch 2018-03

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire

Conjoncture

  • La production industrielle a été dynamique en septembre
  • L’inflation sous-jacente accélère
  • Le Beige Book confirme les signes positifs observés ces derniers semaines

Politiques macroéconomiques

  • Le Congrès discute d’un nouveau budget temporaire mais le risque d’un shutdown subsiste

Régulation financière

  • L’administration américaine accroît sa vigilance vis-à-vis des crypto-monnaies en matière de lutte anti-blanchiment
  • La FHFA esquisse un projet de réforme de Fannie Mae et Freddie Mac
  • Les banques américaines ont publié leurs résultats pour 2017

Brèves

 


 

Conjoncture                                                

 

La production industrielle est au plus haut depuis novembre 2014

 La production industrielle a progressé de 0,9 % en décembre (après +1,8 % en octobre et -0,1 % en novembre), portée par le rebond de la production de biens de consommation (+0,8 %). L’activité bénéficie de la phase de reconstruction liée aux ouragans et d’un environnement international favorable. L’indice de production industrielle progresse de 3,6 % sur un an et atteint son plus haut niveau depuis novembre 2014. Le taux d’utilisation des capacités atteint 77,9 % (+0,7 point) et retrouve également les niveaux de fin 2014.

 

L’inflation sous-jacente accélère

 L’indice des prix à la consommation CPI progresse de 0,1 % en décembre (après +0,4 % en novembre) portant l’inflation globale à 2,1 % sur l’année 2017 (après +1,2 % en 2016).

La composante sous-jacente est en hausse de 0,3 % en décembre, la plus forte augmentation depuis janvier 2017, sous l’effet de la hausse des prix des logements et des services médicaux. L’inflation sous-jacente s’établit à 1,8 % en 2017 (après +2,2 % en 2016).

 

Le Beige Book confirme les signes positifs observés ces derniers semaines

 Le Beige Book, document publié entre deux réunions de politique monétaire et  qui décrit l’évolution de l’activité économique dans les 12 districts des Fed régionales, décrit une croissance modérée de l’activité en décembre. La consommation des ménages a fortement progressé depuis début décembre et l’ensemble des secteurs d’activité se disent optimistes.

La majorité des districts signalent des tensions sur le marché du travail et des difficultés à recruter des travailleurs qualifiés. La progression des salaires est décrite comme « modeste » mais se généralise progressivement. Les pressions sur les prix   restent contenues mais certaines entreprises se disent confiantes sur leur capacité à augmenter leurs prix .


 

Politiques macroéconomiques

 

Le Congrès discute d’un nouveau budget temporaire mais le risque d’un shutdown subsiste

 Le budget temporaire actuel (continuing resolution), adopté le 22 décembre, expire ce vendredi 19 janvier et le Congrès discute d’une nouvelle reconduction des enveloppes budgétaires jusqu’au 16 février afin d’éviter un shutdown (fermeture des services publics non-essentiels) et poursuivre les négociations en vue d’un budget complet.

La majorité a engagé les discussions en vue d’une nouvelle continuing resolution qui serait associée à une reconduction pour six ans du Children Health Insurance Program. Son adoption est toutefois incertaine en raison des divisions au sein de la majorité Républicaine. Pour mémoire, la loi budgétaire temporaire doit être votée dans les mêmes termes par les deux chambres, et nécessite notamment une majorité qualifiée de 60 votes au Sénat.

Au Sénat, alors que les Républicains (51 parlementaires) ont besoin de voix démocrates, certains élus de la majorité rejettent le texte et les Démocrates refusent à cestade de voter cette proposition. Ces derniers conditionnent tout soutien à un accord en faveur du programme Deferred Action for Childhood Arrivals. Leur refus traduit également leur mécontentement après que Donald Trump a rejeté une proposition d’accord bipartisan en ce sens la semaine dernière.

Pour mémoire, le coût d’une semaine de shutdown est estimé par le Congressional Research Service à un demi-dixième de point de PIB trimestriel. L’effet sur l’économie transite via quatre canaux : (i) l’effet multiplicateur de la baisse des dépenses publiques, (ii) l’absence de lancement de projets commerciaux ou d’investissement, (iii) la baisse de confiance qui peut ralentir la consommation et l’investissement, (iv) les effets de richesse en cas de baisse des indices boursiers durant le shutdown.


 

Régulation financière

 

L’administration américaine accroît sa vigilance vis-à-vis des crypto-monnaies en matière de lutte anti-blanchiment

 Le 12 janvier, devant l’Economic Club de Washington, le secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin a souligné les risques que posaient les crypto-monnaies en matière de fraude et  de blanchiment des capitaux. Il a également appelé à une meilleure éduction du grand public face à ces innovations. Ces déclarations sur les crypto-monnaies s’inscrivent dans un contexte plus large d’inquiétudes de la part de différents régulateurs qui ont alimenté une chute du cours de plusieurs crypto-monnaies, dont la plus connue, le Bitcoin, est passé sous la barre des 10 000 USD le 17 janvier, soit une chute de plus de 50% depuis son pic du début décembre.

Par ailleurs, la commission bancaire a organisé, le 17 janvier, une série d’auditions sur le thème de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. A cette occasion, la sous-secrétaire du Trésor en charge du terrorisme et de l’intelligence financière, Sigal Mandelker, a cité les crypto-monnaies comme un enjeu croissant de la lutte des Etats-Unis contre le blanchiment. Elle a ainsi rappelé que la division du Treasury responsable des crimes financiers (FinCEN) avait sanctionné en juillet 2017 une plateforme située à l’étranger, qui ne s’était pas pliée aux règles anti-blanchiment américaines.

De même, la procureure générale adjointe du Département de la Justice (DoJ), Kendall Day, a annoncé aux sénateurs que le DoJ avait récemment pris plusieurs mesures pour faire face aux risques que posent les crypto-monnaies, citant en particulier l’augmentation des ressources internes consacrées à la lutte contre le blanchiment.

 

La FHFA esquisse un projet de réforme de Fannie Mae et Freddie Mac 

 La Federal Housing Financial Agency (FHFA) – l’agence en charge du financement immobilier fédéral – a proposé à la commission bancaire du Sénat une réforme des deux entreprises parapubliques Fannie Mae et Freddie Mac (Government Sponsored Enterprises ou GSEs) dont elle assure la supervision.

Le projet présenté par le directeur de la FHFA, Mel Watt, propose notamment d’ouvrir le capital des GSEs à des investitsseurs privés et de passer à un régime de garantie publique explicite  qui couvrirait les pertes financières sur le marché immobilier secondaire. Les revenus tirés de cette garantie serviraient à financer un fonds d’assurance dont la structure serait indépendante de la FHFA. Craig Phillips, conseiller du secrétaire au Trésor, a annoncé « soutenir dans l’ensemble » le projet de réforme proposé par la FHFA.

 

Les banques américaines ont publié leurs résultats pour 2017

 Les plus grandes banques américaines en termes d’actifs (JP Morgan, Bank of America, Wells Fargo, Citigroup, Goldman Sachs et Morgan Stanley) ont publié leurs résultats à fin 2017.Dans l’ensemble, ces résultats sont en ligne avec les anticipations du marché, voire lui sont légèrement supérieurs. Les principales banques américaines ont toutefois souffert des performances modestes de leurs activités de trading obligataire au quatrième trimestre, qui ont été en partie compensées par la bonne tenue de la banque de détail. La banque d’affaires Goldman Sachs a été particulièrement touchée par la faible volatilité, sa division fixed income, commodity and currency a vu ses revenus baisser de 50% par rapport au dernier trimestre 2016. Le revenu net de la banque est négatif pour la première fois depuis 6 ans.

Par ailleurs, les banques ont repercuté la baisse du taux d’impôts sur les sociétés issue de la dernière réforme fiscale. Cette opération, qui s’est traduite en une dépréciation de la valeur des crédits d’impôt (deferred tax assets) accumulés depuis la crise financière, a pesé sensiblement sur les profits. L’impact de la réforme fiscale est toutefois hétérogène, Wells Fargo ayant signé par exemple un produit de 3,35 Mds USD, ses deferred tax assets étant moins élevés que ses deferred tax credits. Malgré cet impact négatif en 2017, l’industrie bancaire aux Etats-Unis se montre très enthousiaste à l’égard la réforme fiscale, dont elle attend les premières retombées positives dès 2018.

Résultats du T4-17 des principales banques américaines

N.B : Les données entre parenthèses représentent les variations par rapport au quatrième trimestre 2016

 


Brèves           

-Le 12 janvier, la Fed a infligé une amende cumulée de 35,1 MUSD à cinq banques américaines (Goldman Sachs, Morgan Stanley, Citi, U.S. Bancorp et PNC Financial) pour sanctionner des défaillances dans la fourniture de crédits immobliers en 2011. Par le passé, d’autres banques (Ally Financial, Bank of America, HSBC North America Holdings, JPMorgan Chase et SunTrust Banks) avaient été sanctionnées pour des faits similaires.

-Intercontinental Exchange (ICE), propriétaire de la Bourse de New York, a fait une demande auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) pour lancer son quatrième marché boursier aux Etats-Unis, NYSE National. NYSE National serait exclusivement dédiée aux activités de trading et à l’échange de données de marchés (market data). Intercontinental Exchange avait acheté la National Stock Exchange en janvier 2017, avant  de transférer ses activités sur la plate-forme de trading Pillar.

-La commission bancaire du Sénat a approuvé, le 17 janvier, les nominations de Jerome Powell à la présidence de la Fed et de Randal Quarles en tant que vice-président chargé de la supervision financière. C’est la deuxième fois que la commissaire bancaire du Sénat approuve les deux nominations, la première approbation ayant expiré au 31 décembre 2017. Ces nominations doivent encore être soumises à un vote en plénière du Sénat. Le mandat de Janet Yellen en tant que présidente de la Fed expire le 3 février.

-La commission des finances de la Chambre des Représentants a adopté (34-21) le 18 janvier une proposition de loi visant à abroger certaines règles relatives aux fonds monétaires (money market funds). La principale proposition vise à restaurer la valeur liquiditative constante (fixed net asset value) de ces fonds, que la SEC avait interdite en 2014 au profit d’une valeur liquidative variable. L’objectif était alors de limiter les attaques spéculatives sur ce type d’instruments. Le texte de la commission doit désormais être présenté en session plénière de la Chambre.

-L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), l’agence fédérale chargée de réguler les banques nationales américaines, a publié son rapport semi-annuel sur les risques auxquels font face les banques nationales. Le rapport souligne notamment : (i) la faible croissance du volume des prêts ; (ii) les risques liés à la cyber-sécurité ; (iii) le défi que constitue le blanchiment de capitaux et la complexité des régulations actuellement en vigueur.

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