Washington Wall Street Watch 2017-32

Washington Wall Street Watch 2017-32

Crédit photo : F. Jonkisz

SOMMAIRE

CONJONCTURE

-Les créations d’emploi en août 2017 ont été inférieures aux attentes

-Le Beige Book de la Fed décrit une croissance modeste de l’activité et des prix

POLITIQUES MACROECONOMIQUES

-Stanley Fischer, vice-président de la Fed, a annoncé sa démission

-Donald Trump a conclu un accord avec les Démocrates pour repousser les échéances budgétaires

-Les Républicains tentent de donner une nouvelle impulsion aux débats sur la réforme fiscale

-Lael Brainard (Fed) appelle à la prudence avant de poursuivre la hausse des taux

REGULATION FINANCIERE

-La Fed esquisse les prochaines étapes concernant l’amélioration des systèmes de paiement

-La Fed a adopté de nouvelles mesures pour la stabilité financière, encadrant la résolution des grandes banques

BREVES

CONJONCTURE

Les créations d’emploi en août 2017 ont été inférieures aux attentes

L’économie américaine a créé 156 000 nouveaux emplois en août (après 189 000 emplois créés en juillet), selon le rapport du Bureau of Labor Statistics. Les créations d’emplois en août ressortent en-deçà des attentes du consensus (180 000). Il est à noter que ce chiffre ne prend pas en compte les conséquences de l’ouragan Harvey, survenu après la clôture de l’enquête du BLS.

Malgré ces créations d’emplois, le taux de chômage progresse légèrement à 4,4 % (+0,1 point) tandis que le taux d’activité reste stable à 62,9 % de la population active. La croissance des salaires déçoit et s’établit à seulement +0,1 % sur un mois (après +0,3 % en juillet) et +2,5 % sur douze mois (progression stable).

Le Beige Book décrit une croissance modeste de l’activité et des prix

Le Beige Book, publié par la Fed et qui décrit l’évolution de l’activité économique dans les 12 districts des Fed régionales, indique que l’économie américaine continue de croître à un rythme modéré. La consommation des ménages et l’investissement progressent dans la majorité des districts. Plusieurs districts s’inquiètent toutefois du ralentissement prolongé observé dans l’industrie automobile.

Le rapport indique un ralentissement de l’emploi, dans un contexte de plein emploi. Des pénuries de main d’œuvre sont observées dans plusieurs secteurs, notamment l’industrie et la construction, au point de peser sur le rythme d’activité de certaines entreprises. En revanche, les pressions à la hausse des salaires restent limitées et les hausses de prix sont modérées dans l’ensemble des districts.

Le Beige Book se fait l’écho des interruptions d’activité observées au Texas suite à l’ouragan Harvey. La Fed souhaite attendre avant de donner une estimation de son impact économique.

POLITIQUES MACROECONOMIQUES

Le vice-président de la Fed Stanley Fischer a annoncé sa démission

Stanley Fischer, vice-président de la Federal Reserve depuis 2014, a annoncé sa démission du conseil des gouverneurs de la banque centrale pour « raisons personnelles ». Son départ sera effectif au 13 octobre. Si son mandat de vice-président devait s’achever en juin 2018, S. Fischer était gouverneur jusqu’en 2020.

Sa démission ajoute un troisième siège vacant au comité de politique monétaire (FOMC) et donne à D. Trump, qui devra nommer un remplaçant, l’opportunité de nommer une majorité absolue de de gouverneurs de la Fed (3 sièges seront vacants en plus de R. Quarles déjà proposé, sur un total de 7 gouverneurs).

Donald Trump a conclu un accord avec les Démocrates pour repousser les échéances budgétaires à décembre

Le Président a accepté la proposition des leaders démocrates du Congrès d’insérer dans la loi d’assistance d’urgence aux sinistrés de Harvey (15,25 Mds USD de financement d’urgence) des dispositions permettant de (i) prolonger jusqu’au 8 décembre 2017 les autorisations de dépenses de l’Etat fédéral (continuing resolution) pour éviter un shutdown (fermeture des services publics non essentiels) et (ii) suspendre temporairement le plafond de dette jusqu’au 8 décembre 2017. Ce projet a été voté par le Sénat le 7 septembre et transmis pour vote à la Chambre des Représentants. Le paquet comprend en outre une prolongation de 3 mois du programme fédéral d’assurance contre les inondations (NFIP national flood insurance program), dont le financement ne courrait que jusqu’à la fin septembre.

Cet accord s’est fait contre l’avis des Républicains du Congrès, qui s’opposaient en effet à une solution de court terme sur le plafond de dette : les leaders Républicains souhaitaient une extension du plafond de dette couvrant les besoins de financement des 18 prochains mois, tandis que les plus conservateurs souhaitaient quant à eux conditionner tout accord à des économies budgétaires significatives. Cette solution a pris de court les Républicains, qui ont été contraints de soutenir cet accord afin de ne pas briser l’élan bipartisan créé de facto par la crise engendrée par l’ouragan Harvey.

Cet accord ne règle pas le débat de fond sur les questions budgétaires, qui est uniquement reporté de quelques mois. Le Congrès devra de nouveau trouver un accord d’ici décembre sur un budget pour la suite de l’année fiscale 2018 afin d’éviter un shutdown (fermerture partielle des services fédéraux non-essentiels) et l’augmentation du plafond de dette pour éviter le risque d’un défaut sur sa dette. Enfin, le répit gagné reste limité au regard des divergences majeures qui subsistent entre la Maison Blanche et au Congrès au sein des différents courants.

Les Républicains tentent de donner une nouvelle impulsion aux débats sur la réforme fiscale

Trump a rencontré les leaders républicains du Congrès, ainsi que Gary Cohn (directeur du National Economic Council de la Maison Blanche) et Steven Mnuchin (Secrétaire au Trésor), le 5 septembre puis prononcé un discours dans le Dakota du Nord le lendemain, dans le but de donner une nouvelle impulsion aux travaux en matière de réforme fiscale.

Trump a réaffirmé son objectif de voir baisser le taux d’impôt sur les sociétés à 15 %, comme il l’avait rappelé dans son discours du 30 août. Cependant, les élus Républicains estiment que la règle obligeant à avoir un impact budgétaire neutre à 10 ans limite fortement les marges de manœuvre en matière d’allégements fiscaux, d’autant plus que l’abandon de la border adjustment tax réduit les recettes nouvelles de cette réforme. Les élus estiment que le nouveau taux d’impôt sur les sociétés pourrait se situer entre 20 % et 25 % (contre 35 % actuellement). Paul Ryan a déclaré que l’objectif était de se situer in fine en-deçà de 22,5 %, le taux moyen au sein des pays de l’OCDE.

En termes de calendrier, Gary Cohn estime que seul le « squelette » du projet de réforme fiscale est défini. Paul Ryan, leader républicain de la Chambre des Représentants, a également fait savoir qu’il ne souhaitait pas s’engager à présenter un projet finalisé de réforme fiscale en septembre.

Lael Brainard appelle à la prudence avant de poursuivre la hausse des taux

Dans un discours à l’Economic Club de New York, Lael Brainard (gouverneure) estime que la faible dynamique de l’inflation, notamment de sa composante sous-jacente, incite à la prudence avant d’augmenter une nouvelle fois les taux d’intérêt. L. Brainard souligne que la hausse des prix est bien plus modérée que lors des cycles précédents, en dépit d’un marché du travail au plein emploi, et pense qu’une baisse encore plus importante du chômage est nécessaire pour atteindre l’objectif de 2 % de la Fed. L’expérience prolongée d’une faible inflation pourrait également avoir modifié la perception de l’inflation par les ménages et les entreprises, affectant négativement leurs anticipations.

Enfin, L. Brainard estime que les conditions sont réunies pour que la Fed entame la réduction de son bilan, ouvrant la voie à une annonce officielle pour la réunion du FOMC de septembre.

REGULATION FINANCIERE

La Fed esquisse les prochaines étapes concernant l’amélioration des systèmes de paiement

La Fed a publié mercredi un rapport visant à clarifier la stratégie qu’elle souhaite adopter quant à la poursuite de son objectif d’amélioration des systèmes de paiement aux Etats-Unis. Ce rapport fait suite à une première publication datant de janvier 2015, dans laquelle la Fed avait identifié cinq points-clé sur lesquels elle demandait aux différentes parties prenantes de se pencher : la rapidité, la sécurité, l’efficacité, la collaboration et l’ouverture sur l’international des systèmes de paiement.

La mise en place de plusieurs groupes de travail (Task Force) dédiées à ces questions a permis, selon la Fed, de faire « de réels progrès ». Le rapport note toutefois que d’autres avancées sont encore possibles notamment en ce qui concerne la réduction des fraudes, la mise en place d’un cadre de gouvernance pour les entreprises dans le secteur des services de paiement, mais également la mise en place d’un cadre international afin de faciliter les paiements vers des pays étrangers.

La Fed a adopté de nouvelles mesures pour la stabilité financière, encadrant la résolution des grandes banques

La Fed a adopté ce lundi une nouvelle règle visant à imposer aux banques systémiques d’importance mondiale (G-SIBs) américaines, ainsi qu’aux opérations aux Etats-Unis des G-SIBs étrangères, d’amender certains de leurs contrats (qualifiés de qualified financial contracts ou QFC) afin d’empêcher l’annulation soudaine de ces contrats lorsque la banque entre dans un processus de faillite ou de résolution.

Par ce biais, la Fed espère ainsi limiter les effets de contagion d’une entité en difficulté vers le reste du marché via ces contrats de dérivés. Les QFC sont principalement utilisés pour les dérivés, le financement de court-terme (telles que les opérations repo) et les prêts de titres.

BREVES

-Le Comité bancaire du Sénat a confirmé la nomination de Randal Quarles (17 voix contre 6) en tant que Vice-Président en charge de la supervision et de la régulation. Cette nomination doit encore être confirmée en session plénière au Sénat dans les prochaines semaines.

-Le Comité bancaire du Sénat a également confirmé la nomination de Joseph Otting (13 voix contre 10) en tant que Comptroller of the Currency. Cette nomination pour un mandat de 5 ans qui est toutefois là encore subordonnée à un vote en plénière au Sénat. Pour rappel, l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) est chargé de superviser les banques nationales (national bank).

-Rostin Behnman (Dem.) a officiellement pris ses fonctions en tant que commissaire (Commissioner) de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), après avoir été unanimement confirmé par le Sénat le 3 août dernier. Son mandat arrivera à son terme en juin 2021. Dans l’attente de la confirmation de Dawn Stump, une place reste vacante parmi les 5 commissaires prévus par les statuts de la CFTC.

-La Chambre des Représentants a voté une loi autorisant l’expert indépendant spécialiséen qui siège au Financial Stability Oversight Council (FSOC) à poursuivre son mandat au-delà du terme prévu (6 ans), et ce pour une durée pouvant aller jusqu’à 18 mois en l’absence de désignation d’un successeur. Le comité bancaire du Sénat a également approuvé cette proposition le 7 septembre.

-Square, start-up basée à San Francisco et spécialisée dans le paiement mobile et le paiement électronique, a annoncé lancer des démarches pour obtenir une licence bancaire dans l’Utah. Cette dernière permettrait à l’entreprise d’offrir des prêts et sécuriser des dépôts pour de petites entreprises. Square serait ainsi la troisième FinTech après Social Finance (SoFi) et Varo Money à demander une telle licence.

 

COMMENTS

WORDPRESS: 0
DISQUS: 0