Washington Wall Street Watch 2017-31

Washington Wall Street Watch 2017-31

Crédit photo : F. Jonkisz

SOMMAIRE

CONJONCTURE

–           La croissance du deuxième trimestre est révisée à la hausse à +0,8 %

–           Le revenu des ménages et la consommation progressent en juillet

POLITIQUES MACROECONOMIQUES

–           L’ouragan Harvey frappe une région clé des Etats-Unis, notamment pour sa production de pétrole

–           Donald Trump lance la séquence politique de la réforme fiscale

–           Le Congrès dispose d’un temps limité en septembre pour adopter un nouveau budget et relever le plafond de dette

REGULATION FINANCIERE

–           Janet Yellen a choisi de s’exprimer sur la régulation financière lors de la conférence de Jackson Hole

–           Les résultats des banques américaines progressent au deuxième trimestre 2017

–           Le Department of Justice (DoJ) s’engage à mettre un terme au programme « Opération Choke Point »

–           La justice américaine met en cause deux cadres de la Société Générale dans l’affaire du LIBOR

BREVES

CONJONCTURE

La croissance du deuxième trimestre est révisée à la hausse à +0,8 %

Le Bureau of Economic Analysis (BEA) a publié sa seconde estimation de la croissance au deuxième trimestre, qui s’établit désormais à +0,8 % en variation trimestrielle (contre +0,7 % pour la première estimation, et après +0,3 % au premier trimestre). La croissance est principalement soutenue par la consommation des ménages (0,6 point) et l’investissement privé (0,1 point).

Le revenu des ménages et la consommation progressent en juillet, tandis que l’inflation stagne

D’après le BEA, le revenu des ménages a augmenté de +0,4 % au mois de juillet, sa plus forte progression depuis février 2017. Cette bonne performance succède à un mois de juin terne, où le revenu des ménages était resté inchangé. Dans le même temps, l’inflation PCE (indicateur préférentiel de la Fed) ressort à +0,1 % sur le mois de juillet, en global comme en sous-jacent (après +0,1 %), et à 1,4 % sur douze mois pour les deux indices.

La hausse du revenu des ménages dans un contexte de faible inflation profite à la consommation, qui progresse de +0,3 % (après +0,2 %), portée par les dépenses en biens durables.

POLITIQUES MACROECONOMIQUES

L’ouragan Harvey frappe une région clé de l’économie américaine, notamment pour sa production de pétrole.

Les premières estimations des dégâts par l’ouragan Harvey qui a frappé la côte Sud des Etats-Unis, notamment le Texas et la Louisiane, font état de dommages compris entre 30 Mds USD et 80 Mds USD (entre 0,15 % et 0,4 % du PIB américain), un montant qui serait inférieur aux dégâts occasionnés par les ouragans Sandy en 2012 (0,4 % du PIB) et Katrina en 2005 (environ 1 % de PIB). Malgré un coût humain et matériel élevé, les économistes anticipent un effet seulement légèrement négatif sur le PIB du 3ème trimestre, qui pourrait être compensé par un surcroît d’activité du quatrième trimestre.

La production de pétrole brut et raffiné a fortement reculé au cours des derniers jours en raison de l’arrêt de raffineries, des plateformes off-shore et des pipelines. A moyen terme, la capacité de production semble intacte mais Le retour à la normale de la production pétrolière texane pourrait cependant prendre plusieurs semaines en fonction de l’ampleur des dégâts (un délai compris entre deux semaines et un mois est évoqué les analystes de banque).

Donald Trump lance la séquence politique de la réforme fiscale

Le Président a tenu à relancer la réforme de la fiscalité comme priorité politique, dans le cadre d’un discours dans le Missouri. D. Trump a défendu la nécessité de d’alléger la fiscalité des entreprises et des ménages, sans pour autant fournir de détails supplémentaires sur les objectifs du texte, se contentant de rappeler son souhait de baisser le taux d’impôt sur les sociétés de 35 % à 15 %.

Cette intervention a vocation à lancer une séquence politique sur le chantier fiscal et D. Trump a tenu à orienter ses messages sur le soutien aux travailleurs américains. La Maison Blanche a indiqué que l’initiative du texte serait laissée au Congrès et la publication d’un texte détaillé est attendue pour le milieu du mois de septembre – la Maison Blanche espérant un vote à la Chambre en octobre et au Sénat en novembre.

Le Congrès dispose d’un temps très limité en septembre pour adopter un nouveau budget et relever le plafond de dette

Le Congrès dispose de douze jours en session pour faire face à deux échéances majeures de finances publiques, pour lesquelles des solutions devront avoir été trouvées fin septembre.

Les négociations sur le budget de l’année fiscale 2018 (qui commence le 1er octobre 2017) pourraient provoquer un shutdown (arrêt des services publics non-essentiels) en cas d’absence d’accord soit pour prolonger temporairement le budget actuel (continuing resolution), soit pour adopter un nouveau budget pour l’année budgétaire 2018. La loi de finance partielle qui a été votée en août 2017 doit encore être complétée puisque seuls 4 des 12 lois d’appropriation nécessaires ont été votées à la Chambre des Représentants et que même sur cette première vague, de nouvelles discussions sont nécessaires, notamment pour valider l’augmentation envisagée pour le budget de la défense, qui nécessite un accord bipartisan pour relever le plafond légal (budget cap) des dépenses de défense, afin d’éviter des coupes automatiques (sequester). La question du financement du mur à la frontière avec le Mexique, que D. Trump souhaite voir associé à ce budget, sera clairement un autre enjeu clé de ces discussions.

Depuis la réactivation du plafond de dette en mars 2017, le Treasury est contraint d’avoir recours à des mesures exceptionnelles de financement de l’Etat fédéral, qui devraient être épuisées en octobre 2017. Une absence d’accord pour relever le plafond de la dette (qui requiert une super-majorité au Sénat) après cette date pourrait contraindre le Treasury à repousser certains paiements ou faire défaut sur une partie de sa dette. Les modalités du vote font débat au sein du clan républicain sur le niveau du plafond et surtout sur l’opportunité d’associer au relèvement de la dette des mesures de réduction des dépenses.

REGULATION FINANCIERE

Janet Yellen a choisi de s’exprimer sur la régulation financière lors de la conférence de Jackson Hole

La conférence annuelle de Jackson Hole du 24 au 26 août 2017 n’a pas été cette année l’occasion d’annonces nouvelles en matière de politique monétaire. Ni Mario Draghi, le président de la banque centrale européenne, ni Janet Yellen, la présidente de la Fed, n’ont donné d’indications sur les prochaines échéances et leur stratégie monétaire. Janet Yellen a fait le choix de se concentrer sur les enjeux de stabilité financière et de régulation, évitant ainsi d’alimenter les interrogations sur les annonces à venir concernant la date de début de réduction du bilan de la Fed et la volonté de la Fed de procéder à un nouveau relèvement des taux avant la fin 2017.

Lors de son intervention sur la stabilité financière, J. Yellen a mis en avant les progrès réalisés depuis la crise en matière de renforcement du système financier. Elle a souligné l’apport des travaux internationaux dans ce contexte, et son discours mentionne que la Fed et les autres agences bancaires travaillent actuellement à la mise en œuvre du Net Stable Funding Ratio (NSFR) dont le Treasury demandait le report. Tout en insistant sur la nécessité de préserver la logique du cadre actuel, J. Yellen a exprimé l’ouverture de la Fed à réviser certaines des règles pour améliorer l’efficacité du système et simplifier le cadre, notamment pour les petites et moyennes entités.

Les résultats des banques américaines progressent au deuxième trimestre 2017

Les institutions de dépôts aux Etats-Unis ont publié un résultat net cumulé de 48,3 Mds USD au deuxième trimestre 2017, en hausse de 10,7% sur un an, d’après les chiffres publiés le 22 août par la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). L’augmentation des profits provient principalement d’une progression de 9,1% des revenus tirés des intérêts d’emprunt. Sur les 5 787 établissements bancaires, 63,4% ont publié des résultats trimestriels en augmentation sur un an. La proportion des banques non profitables au premier trimestre est en baisse à 4,1%, contre 4,6% un an plus tôt.

Le Department of Justice (DoJ) s’est engagé à mettre un terme au programme « Opération Choke Point »

L’opération Choke Point, mise en œuvre par le DoJ et le superviseur bancaire Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), était destinée à éradiquer les fraudes et le blanchiment d’argent, en incitant les banques à mettre fin à leurs relations commerciales avec leurs clients présents dans des secteurs d’activités considérés comme à risque.

La décision du DoJ est considérée comme une victoire des parlementaires républicains accusant l’administration Obama de porter préjudice à des activités commerciales « légitimes ». Dans une lettre adressée à Bod Goodlatte, Président du Comité des affaires judiciaires de la Chambre des représentants, l’Assistant Attorney General Stephen Boyd a annoncé mettre un terme à cette opération, jugeant que le programme était une initiative malencontreuse qui a empêché les banques de servir des clients tels que les prêteurs de court terme (payday lenders) et les vendeurs d’armes à feu. Le directeur du superviseur bancaire national, l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), Keith Noreika, a accueilli positivement cette annonce.

La justice américaine met en cause deux cadres de la Société Générale dans l’affaire du LIBOR

Le Department of Justice (DoJ) a mis en accusation deux responsables françaises en charge de la trésorerie de la banque Société générale (pour le groupe et pour la France) à l’époque des faits reprochés (2010-2011), pour leur rôle supposé dans l’affaire de manipulation du taux interbancaire LIBOR, qui sert de référence à la fixation de taux de nombreux produits financiers. Selon l’acte d’accusation, les deux cadres, qui n’exerçaient pas aux Etats-Unis, auraient donné des instructions de soumettre de fausses informations relatives au taux auquel la banque pouvait emprunter de l’argent afin de « laisser paraître que Société Générale était capable d’emprunter de l’argent à un taux plus favorable qu’elle ne le pouvait en réalité ». En conséquence de quoi, selon le DoJ, « la fausse information a altéré le calcul du LIBOR en dollars, ce qui a donc affecté toutes les transactions financières liées [au LIBOR en dollars] ce jour-là ». Au total, selon les procureurs, cette manipulation présumée aurait eu un impact négatif de « plus de 170 millions de dollars sur les marchés financiers mondiaux ».

BREVES

-L’investisseur Carl Icahn a annoncé qu’il renonçait à ses fonctions de conseiller spécial de Donald Trump pour la dérégulation financière. M. Icahn avait été nommé en décembre dernier avec pour mission de «se débarrasser des régulations destructrices d’emplois qui freinent la croissance économique ». La nomination de M. Icahn avait été critiquée par les démocrates, qui le soupçonnaient de faire avancer dans le cadre de ses fonctions des dossiers dans lesquels il avait un intérêt financier direct, comme celui des règles environnementales s’appliquant aux raffineries de pétrole.

-L’Office of Management and Budget (OMB) a approuvé une proposition qui repousse de 18 mois la mise en œuvre de dispositions relatives à l’application (enforcement) de la règle sur le devoir fiduciaire du Department of Labor (DoL). Ces dispositions entreraient alors en vigueur le 1er juillet 2019.

-Le congressman républicain Blaine Luetkemeyer a écrit à Janet Yellen à la Fed pour lui demander de revoir le traitement des banques étrangères opérant aux Etats-Unis. Il estime notamment que les propositions européennes récemment concernant la mise en place de holdings intermédiaires sont une réponse aux mesures prises auparavant par la Fed et qui, selon lui, limitent la capacité des banques à opérer efficacement à l’international et conduisent à un accroissement de la fragmentation des marchés financiers mondiaux.

-D. Trump a signé le 15 août 2017 un décret présidentiel (executive order) visant à simplifier et raccourcir les procédures nécessaires à la construction d’infrastructures. En particulier, le décret abroge les mesures mises en place sous la présidence Obama en matière d’examen préalable sur l’impact sur le changement climatique et le niveau des mers. Il revoit également les procédures d’études environnementales préalables, en imposant des délais plus courts et une plus grande coordination aux administrations concernées.

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