Washington Wall Street Watch n°2016-41

Washington Wall Street Watch n°2016-41

Crédit photo : F. Jonkisz

Sommaire :

 

  • Marchés financiers – Après une nuit électorale mouvementée, les marchés se sont stabilisés et sont même globalement repartis à la hausse.
  • Présidence Trump – Des informations ont commencé à circuler sur la composition possible des futures équipes économiques de l’Administration Trump.
  • Régulation bancaire – Le Vice-Président de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) a critiqué l’Union Européenne, l’accusant de chercher à protéger les banques européennes face aux exigences de capital.
  • La CFTC a annoncé une proposition de règle visant à faciliter son accès aux algorithmes utilisés par les traders.

 

Elections – réactions des marchés financiers

Après avoir ouvert quasiment à l’équilibre mercredi matin, les marchés actions américains ont clôturé en hausse mercredi à New York (+1,40% pour le Dow Jones, +1,11% pour le S&P 500). Il s’agit d’une situation très différente de celle qui prévalait dans la nuit de mardi à mercredi, au moment où la victoire de Donald Trump se confirmait d’heure en heure. Les contrats futures sur le S&P 500 avaient alors chuté de 5%, provoquant l’interruption automatique des échanges par la plateforme CME Group. Le discours de D. Trump suite à sa victoire a été perçu par les marchés comme un signal de modération de la part du candidat. Jeudi à la mi-journée, les indices boursiers étaient plutôt orientés à la hausse, le Dow Jones et le S&P 500 progressant respectivement de 0,9% et 0,1%.

Sur le marché obligataire, les rendements des obligations du Trésor, après avoir initialement chuté dans la nuit de mardi à mercredi, ont nettement progressé sur la journée de mercredi. Mercredi à la clôture, la hausse du rendement des Treasuries à 2, 10 et 30 ans atteignait respectivement 3,2 pb (à 0,894%), 20,3 pb (à 2,07%) et 24,7 pb (à 2,877%). Selon plusieurs investisseurs, cette évolution des bons du Trésor peut s’interpréter comme un pari sur l’augmentation des dépenses publiques liées en particulier à la défense et aux infrastructures, qui se traduirait par une hausse des émissions de dette publique. Jeudi à la mi-journée, les rendements des Treasuries à 10 et 30 ans étaient à nouveau orientés à la hausse (+1,4 pb pour les bons à 10 ans).

Après une nuit très mouvementée sur le marché des changes, le dollar s’est stabilisé mercredi. Le WSJ Dollar Index, qui mesure le cours du dollar contre un panier de 16 devises, a clôturé en hausse de 1,0% à New York mercredi. L’index avait baissé de 0,8% au cours de la nuit de mardi à mercredi. Jeudi à la mi-journée, le dollar poursuivait sa progression, le WSJ Dollar Index affichant une hausse de 0,5%. Le taux de change euro/dollar, qui s’était déprécié de 1,05% mercredi pour atteindre 1,0911 USD pour 1 €, poursuivait sa baisse jeudi à la mi-journée (-0,26%).

L’indice de volatilité CBOE (VIX), qui avait atteint un pic à 22,51 le 4 novembre 2016, a significativement baissé mercredi (-23% à 14,38). Il était toutefois en hausse de 6% à la mi-journée jeudi.

Elections – premières informations sur les futures équipes économiques de D. Trump

L’équipe de transition de D. Trump sur les sujets économiques est dirigée par B. Walton, ancien PDG de la société d’investissement Allied Capital, et David Malpass, président de la recherche économique auprès du cabinet de conseil Encima Global (D. Malpass gèrera notamment les nominations au Trésor). L’ancien Commissaire républicain de la SEC Paul Atkins devrait être en charge des nominations dans les différentes agences de régulation financière.

Steven Mnuchin et Jeb Hensarling sont pressentis pour occuper le poste de Secrétaire au Trésor. S. Mnuchin, ancien de Goldman Sachs et directeur financier de la campagne de D. Trump, n’a aucune expérience à ce stade dans la sphère publique, et son nom avait été évoqué par D. Trump lui-même dans les derniers jours de la campagne. Le nom de J. Hensarling, Président de la Commission des services financiers de la Chambre des Représentants, a été évoqué le 10 novembre par des sources proches de l’équipe de transition. J. Hensarling, proche du Vice-Président élu M. Pence, est notamment à l’origine de la proposition de loi visant à abroger le Dodd Frank Act et à créer un nouveau cadre alternatif pour la régulation financière aux Etats-Unis, le Financial Choice Act. Il est également un des principaux opposants et critiques à la banque Export-Import américaine (US Ex-Im bank).

La nouvelle administration procèdera également à diverses nominations dans les agences fédérales indépendantes. Si les dirigeants de ces agences ne peuvent pas être démis sans raison de leur mandat par le président, il est cependant à noter que : (i) le président pourra avec le soutien du Congrès pourvoir de nombreux sièges dans les instances dirigeantes de ces agences, aujourd’hui vacants en raison de l’opposition du Congrès sortant (deux postes sur les cinq commissaires  à la CFTC et à la SEC, deux postes sur les sept au Board de la Federal Reserve) ;  (ii) les mandats de la majorité des Présidents de ces agences, tous nommés par B. Obama, arrivent à échéance avant 2020 (dont celui de J. Yellen de la Fed en 2018), et leurs successeurs seront donc désignés par l’Administration Trump ; (iii) on ne peut exclure certaines démissions spontanées de dirigeants d’agences qui devront alors être remplacés. Enfin beaucoup d’incertitudes demeurent sur les évolutions du mode de gouvernance du Bureau de Protection des Consommateurs de Produits financiers (CFPB), récemment déclaré non constitutionnel. Les juges ont pour le moment décidé que le Directeur pouvait être renvoyé sans justification par le Président, rendant le renvoi du Directeur actuel R. Cordray par D. Trump très probable. Mais l’Administration actuelle a fait appel, et par ailleurs les Républicains du Congrès ont souvent émis la volonté de transformer la gouvernance du CFPB en une Commission à 5 membres – voire de le supprimer.

Régulation bancaire – commentaires de la FDIC sur l’Union Européenne

Le vice-Président de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), Thomas Hoenig, a critiqué l’Union Européenne, l’accusant de chercher à protéger les banques européennes face à la révision des exigences de capital de Bâle 3. Il a qualifié les efforts européens de « contre-intuitifs et contre-productifs ». Il a regretté un nivellement par le bas (« race to the bottom ») et que certaines juridictions « menacent de quitter les négociations » si elles considèrent les nouvelles mesures comme trop strictes. Il faisait notamment référence aux remarques du Commissaire européen, vice-président de la Commision, V. Dombrovskis en septembre, qui avait affirmé que le Comité de Bâle devrait retravailler ses standards de mesure du risque du capital et les limitations sur les modèles internes, et abandonner les planchers de risque. T. Hoenig est favorable à des ratios plus simples et plus contraignants, et contre le recours aux modèles internes. Plus globalement, T. Hoenig a réaffirmé que la mise en place de règles plus contraignantes sur les banques ne serait pas défavorable à l’économie.

Marchés financiers – accès des régulateurs aux algorithmes des traders

La CFTC a annoncé une proposition de règle visant à faciliter son accès aux algorithmes utilisés par les traders. Cette décision s’inscrit dans une volonté plus globale de mieux contrôler et maîtriser les risques liés au trading automatique. Jusqu’ici, la CFTC ne pouvait accéder aux codes utilisés par les entreprises sous son autorité qu’en demandant une assignation (subpoena) à un juge. La règle vise à donner aux équipes de la CFTC un accès direct. La proposition a généré des réactions souvent négatives des différents acteurs de l’industrie, qui s’inquiètent d’un accès trop important et sans garde-fou juridique à ce qu’ils considèrent comme de la propriété intellectuelle.

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