Le commerce extérieur des Etats-Unis en 2015

Le commerce extérieur des Etats-Unis en 2015

Dans un contexte global marqué par la baisse des prix du pétrole, un ralentissement de l’activité économique mondiale et l’appréciation du dollar, tant la valeur des exportations que celle des importations américaines de biens reculent en 2015 (-7,3 % et -4,3 % respectivement). Alors que la valeur des échanges avec l’Union européenne continue de croitre, le commerce américain avec l’Asie ralentit. La baisse des importations de pétrole permet l’amélioration de la balance énergétique et confirme l’orientation de la politique énergétique américaine vers l’exploitation de ressources non conventionnelles.

1/ Après une nette amélioration en 2013, le déficit commercial des Etats-Unis se creuse en 2014 et 2015

En 2015, les échanges de biens et services des Etats-Unis ont atteint près de 5 000 Mds USD, en baisse de 4 % par rapport à l’année précédente, après une hausse de 3,1 %, en 2014. En conséquence, le déficit de la balance des échanges se creuse de 6 %, passant à -540 Mds USD – soit 3,1 % du PIB – contre 508 Mds USD en 2014.

Le solde de la balance des biens continue à se détériorer en 2015, atteignant -759 Mds USD. Cette dégradation s’explique par un recul de la valeur totale des exportations (-7,3 %) plus prononcé que pour les importations (-4,3 %), dans un contexte d’appréciation du dollar et de baisse des prix des matières premières. Enfin, la balance énergétique des Etats-Unis continue de s’améliorer significativement, le déficit énergétique diminuant de près de moitié en 2015 (le solde passe de -147 à -83 Mds USD).

Si l’objectif de doublement des exportations en 5 ans, fixé par la « National Export Initiative » (NEI) pour fin 2014, n’a pas été atteint, son successeur, la NEI/NEXT, propose une approche davantage centrée sur les attentes des entreprises –sans toutefois annoncer un objectif numérique spécifique. Il est par ailleurs possible que le retard dans le renouvellement du mandat de l’Ex-Im Bank en 2015 ait joué un rôle dans le ralentissement des exportations américaines.

Le solde des échanges de services se détériore légèrement, en conséquence d’une hausse des importations (+2,9 %) tandis que les exportations demeurent relativement stables (-0,1 %), mais demeure positif (220 Mds USD).

2/ La valeur des importations de métaux et machines recule, celle du secteur de l’énergie diminue de manière drastique. De la même manière, la plupart des secteurs d’exportation enregistrent un recul en 2015, exception faite de celui des transports.

Les importations de métaux (-16 %) et machines (-1,7 %) accusent un recul en 2015, tandis celles des autres principaux secteurs d’importation continuent de croitre –mis à part l’énergie. Le développement de l’exploitation des pétroles non conventionnels a conduit en 2015 à une baisse drastique des importations de pétrole brut, de gaz naturel (-48,4 %) et de produits pétroliers et de charbon (‑35,6 %). Le déficit des échanges du secteur énergétique continue ainsi de se résorber, malgré une baisse significative des exportations de produits transformés du pétrole et du charbon (-31,5 %, à 80,1 Mds USD)[1]. Cette industrie perd son rang de premier excédent sectoriel des Etats-Unis (27,3 Mds USD), en faveur des produits agricoles (29,5 Mds USD)

La majorité des principaux secteurs d’exportation ralentissent en 2015, tandis que le secteur des transports connait une légère hausse (+0,4 %). Ce secteur demeure le premier poste d’exportation des Etats-Unis (274,7 Mds USD), suivi par les produits informatiques et électronique (204,6 Mds USD).

3/Le commerce avec l’Asie ralentit, tandis que les échanges de biens avec l’Union européenne continuent de croitre

Les importations depuis la Chine et la Corée du Sud sont en hausse (+3,3 % et + 3,2 % respectivement) malgré la baisse des importations globales des Etats-Unis en 2015, mais ne compensent pas la baisse des exportations américaines vers ces pays (-6,3 % et -2,3 %). Tandis que les importations depuis le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne augmentent (+7 %, +1,3 % et +0,7 % respectivement), celles depuis la Belgique et les Pays-Bas chutent (-6,7 % et – 19,2 %). L’Union européenne, dont la part de marché aux Etats-Unis atteint 19% en 2015 a également profité du renforcement de la demande américaine.

La baisse des exportations américaines se reflète dans les échanges avec ses principaux partenaires commerciaux, mis à part l’Angleterre (+4,6 %), l’Allemagne (+1 %) et la Suisse (+0,45 %). Les exportations vers le Canada, la Chine et le Brésil accusent des reculs importants (-10,2 %, -6,3 % et -25,3 % respectivement). Le déficit commercial avec la Chine continue ainsi de se creuser en 2015, à plus de -366 Mds USD. Il représente maintenant près de la moitié du déficit total des échanges de biens des Etats- Unis.

Les échanges avec le Japon continuent de se contracter avec un repli tant des importations que des exportations avec ce pays. Pourtant cible de la politique américaine de promotion des exportations, la part de l’Afrique Sub-Saharienne reste marginale et diminue en 2015 à 1,2 % des exportations américaines. Enfin, le recul marqué des importations de pétrole brut des Etats-Unis a permis de transformer le déficit en excédent avec les pays de l’OPEP (6,6 Mds USD).

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