Flash Tech n°2019-02

Flash Tech n°2019-02

Crédit photo : Javier Morales

Régulation et Gouvernance

  • 5G : L’administration Trump dévoile sa stratégie pour la 5G et pour réduire la fracture numérique
  • Neutralité du net : la Chambre des représentants adopte le Save the Internet Act
  • Les propositions d’Elizabeth Warren suscitent le débat parmi les candidats à l’investiture démocrate
  • Nancy Pelosi avertit les entreprises de la Tech : « l’ère de l’autorégulation est terminée »
  • Le Président de la FCC s’oppose à l’arrivée de China Mobile sur le marché américainLe département de la Justice devrait refuser la fusion de T-Mobile et Sprint
  • Immigration : le département de la sécurité intérieure utilise des outils liés à l’intelligence artificielle
  • Nominations : Michael Kratsios nommé Chief Technology Officer ; Gail Slater rejoint Fox Corporation

Technologies & Innovations

  • Le MIT Technology Review dévoile les dix innovations de rupture de 2019
  • Tesla pourrait lancer des véhicules de transport autonomes en 2020
  • Facebook travaille sur un nouvel assistant vocal

Entreprises

  • Facebook : Mark Zuckerberg met la notion de « vie privée » au cœur du nouveau modèle économique du réseau social
  • Publicité ciblée : une étude confirme l’utilisation de stéréotypes sexistes et racistes dans le ciblage des publicités de Facebook
  • Apple vs Qualcomm : le « choc des titans » se règle à l’amiable
  • AT&T cède sa participation dans Hulu
  • Netflix : la croissance du nombre d’abonnés ralentit alors qu’AT&T, NBC Universal et Disney s’apprêtent à lancer des services concurrents
  • Streaming : Amazon et Google trouvent un accord sur YouTube et Amazon Prime Video
  • Pinterest réussit son entrée en bourse à Wall Street

 Relais d’opinion

  • Le congrès américain est critique vis-à-vis de la taxe française sur les services numériques
  • La Directive européenne « Droit d’auteur » approuvée : les plateformes numériques en colère aux Etats-Unis
  • Les Américains de plus en plus sceptiques vis-à-vis des réseaux sociaux

Régulation et gouvernance

L’administration Trump dévoile sa stratégie pour développer la connectivité 5G et réduire la fracture numérique

Le 12 avril 2019, le Président Trump et Ajit Pai, président de la Federal Communications Commission (FCC), ont dévoilé la stratégie du Gouvernement américain pour le développement de la connectivité 5G sur l’ensemble du territoire américain. Le plan décline trois principaux axes : (i) l’absence d’intervention fédérale pour la 5G, (ii) afin de laisser le champ libre aux initiatives des acteurs privés, qui devrait se manifester par le lancement de nouvelles enchères pour les opérateurs télécoms, (iii) un plan d’investissement est néanmoins prévu au titre de la couverture des zones rurales.

Le président Trump a annoncé qu’il refusait que l’Etat fédéral intervienne dans le déploiement des infrastructures et dans la gestion du marché de gros du réseau 5G, plaidant en faveur d’un investissement privé, après plusieurs semaines de débats au sein de l’administration. Le Président a ainsi arbitré en faveur des propositions d’Ajit Pai et de Larry Kudlow, conseiller économique de la Maison Blanche alors que plusieurs personnalités proches du Parti républicain et de la campagne de Donald Trump pour l’élection présidentielle de 2020 (Newt Gingrich, ancien speaker de la Chambre des représentants et conseiller du Président, Peter Thiel, fondateur de Paypal, et Brad Parscale, directeur de la campagne présidentielle de 2020) préconisaient une gestion publique du marché de gros et du déploiement des infrastructures de la 5G. Cette annonce a été accueillie avec soulagement par les représentants du secteur télécom comme l’Information Technology and Innovation Foundation (ITIF) et Gary Shapiro, président de la Consumer Technology Association (CTA), qui soulignent le rôle crucial de l’investissement privé dans le déploiement de la 5G.

Ajit Pai a insisté sur la mise en place du « 5G FAST PLAN » qui vise, d’une part, à identifier les bandes de fréquences qui seront mises aux enchères pour les opérateurs de communications électroniques en décembre 2019 et, d’autre part, à moderniser les règles existantes pour encourager l’investissement privé dans la 5G. Jessica Rosenworcel, commissaire démocrate de la FCC, a fait entendre sa voix dissonante et a critiqué la stratégie mise en place, estimant que les bandes de fréquences identifiées étaient trop hautes pour couvrir une large population, notamment dans les zones rurales.

Ajit Pai a par ailleurs annoncé un plan d’investissement de 20,4 Mds USD sur dix ans pour couvrir l’ensemble du territoire américain en très haut débit fixe et mobile et ainsi réduire la fracture numérique. En 2018, la FCC estimait ainsi que 30 millions d’américains n’avaient pas accès à un réseau internet en très haut débit et s’était engagée, sous la présidence d’Ajit Pai, à faire de la réduction de la fracture numérique une priorité. Cela étant, les crédits du Rural Digital Opportunity Fund proviendront principalement d’une réaffectation des crédits de l’Universal Service Fund, un programme d’aides fédéral permettant de subventionner l’accès au très haut débit pour les écoles et les bâtiments publics, ainsi que le déploiement du haut débit dans les zones rurales.

Neutralité du net : la Chambre des représentants adopte le Save the Internet Act

Le mercredi 10 avril 2019, la Chambre des représentants a adopté la proposition de loi Save the Internet Act (H.R. 1644) par 232 votes pour et 190 contre. Le texte, soutenu par la majorité démocrate de la Chambre, vise à rétablir l’Open Internet Order (adopté par la FCC en 2014) qui instaurait le principe de non-discrimination des flux transitant sur Internet et donc à annuler les dispositions du Restoring Internet Freedom Order, adopté par la FCC le 14 décembre 2017. La proposition de loi « Save the Internet Act » a été transmise au Sénat le 11 avril 2019. Celui-ci est contrôlé par les Républicains (53 sièges, contre 45 sièges pour les démocrates).

Les associations de défense de la neutralité du net ont salué l’adoption du texte à la Chambre des représentants mais estiment que le texte a peu de chance d’être adopté au Sénat, car cette question fait l’objet d’un fort clivage partisan. L’association Fight for the Future essaye de convaincre les deux sénateurs indépendants, ainsi que les sénateurs républicains modérés John Kennedy (Louisiane), Lisa Murkowski (Arkansa) et Susan Collins (Maine) qui avaient voté pour des propositions similaires lors de précédentes sessions parlementaires.

Enfin, l’Office of Management and Budget, dans un communiqué de presse publié le 8 avril 2019, a conseillé à la Maison Blanche d’opposer in fine son véto à un tel texte, s’il était adopté par le Sénat.

Les propositions d’Elizabeth Warren sur le démantèlement des Big Tech suscitent le débat parmi les candidats à l’investiture démocrate

Le vendredi 8 mars 2019, Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts et candidate à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020, a présenté ses propositions pour réguler les entreprises de la Big Tech.

Elle estime que les plateformes numériques qui génèrent plus de 25 Mds USD de chiffre d’affaires seraient considérées comme des « plateformes d’intérêt général » (ou platforms utilities). A ce titre, il leur serait interdit de posséder des plateformes d’intermédiation et de vendre des services sur ces  plateformes. Les plateformes générant entre 90 M et 25 Mds USD de chiffres d’affaire ne seraient pas considérées comme des plateformes d’intérêt général mais devraient néanmoins s’assurer que la vente de services sur ces plateformes respecte des principes de transparence, d’équité et de non-discrimination.

En outre, Elizabeth Warren souhaite revenir sur les fusions et acquisitions récentes du secteur du numérique. Concrètement, Facebook devrait se séparer de WhatsApp et d’Instagram, Amazon de Whole Foods et Alphabet (Google) de Waze, Nest ou Double Click.

Les propositions d’Elizabeth ont créé un débat au sein des candidats à la primaire démocrate. Elles ont reçu le soutien de Juan Castro, maire de San Antonio et de Tulsi Gabbard, élue démocrate à la chambre des représentants – tous deux candidats à l’investiture démocrate – et de Ted Cruz, sénateur républicain du Texas. Beto O’Rourke et Pete Buttiegieg, également candidats, ont admis que la concentration du secteur numérique était problématique mais ont appelé à une régulation du secteur plutôt qu’à un démantèlement des Big Tech. Enfin, trois des principaux favoris à l’investiture, à savoir Bernie Sanders, sénateur indépendant du Vermont, Kamala Harris, procureur générale de Californie ou Joe Biden n’ont, à ce stade, pas réagi publiquement aux propositions d’Elizabeth Warren.

Plus globalement, la régulation de l’économie numérique apparaît comme un enjeu central de la campagne pour l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020.

L’opinion publique américaine semble quant à elle plus réservée. Selon un sondage commandé par NBC News et le Wall Street Journal et publié le 5 avril 2019,   50 % des américains estiment que les grandes entreprises du numérique ne doivent pas être démantelées et 68 % considèrent que le Gouvernement fédéral n’a pas à intervenir. A noter que seuls 36 % des personnes interrogées estiment que la régulation actuelle est adaptée aux problématiques du secteur numérique.

Nancy Pelosi avertit les entreprises de la Tech : « l’ère de l’autorégulation est terminée »

Dans une interview au podcast Recode Decode, Nancy Pelosi, Speaker de la Chambre des représentants et figure du Parti démocrate, a averti les entreprises du numérique qu’une nouvelle ère de régulation pouvait être initiée par les démocrates, désormais majoritaires à la Chambre.

Nancy Pelosi estime que la Section 230 du Communications Decency Act  de 1996 – protégeant les plateformes numériques de toute responsabilité légale dans les contenus postés par les usagers – pourrait être modifiée ou supprimée. La proposition, qui pourrait faire l’objet d’un consensus bipartisan, a été publiquement soutenue par les sénateurs républicains Ted Cruz (Texas) et Josh Hawley (Missouri).

En outre, Nancy Pelosi votera contre toute loi fédérale qui pourrait remettre en cause des lois plus strictes des Etats fédérés sur la protection de la vie privée. Elle réaffirme ainsi son soutien au California Consumer Privacy Act de 2018, qui entrera en application en 2020.

La Federal Trade Commission pourrait condamner Facebook à payer une amende record

 Selon Facebook, la Federal Trade Commission (FTC) envisage de condamner l’entreprise à payer une amende de 5 à 9 % de son chiffre d’affaires pour son traitement des données dans l’affaire Cambridge Analytica, soit un montant estimé entre 3 à 5 Mds USD. La FTC avait ouvert une enquête en mars 2018 pour violation de l’accord signé en 2011 dans lequel Facebook promettait d’obtenir la permission explicite des utilisateurs avant que leurs données soient partagées avec des tiers.

L’éventuelle sanction, d’un montant record (en 2012, la FTC avait condamné Google à payer 22,5 M USD), si elle se confirmait,  a néanmoins été jugée par anticipation insuffisante par David Cicilline, démocrate et président du comité « Antitrust, Commercial and Administrative Law » de la Chambre des représentants. Marc Rotenberg, président de l’Electronic Privacy Information Center, think tank promouvant le respect de la vie privée, la liberté de communication et d’expression dans le secteur des technologies de l’information et de la communication, a estimé que la FTC devait poursuivre sur cette voie, pour « protéger les données des utilisateurs, restaurer la confiance démocratique et promouvoir la concurrence et l’innovation ». A l’inverse, le directeur juridique de NetChoice, association regroupant les principaux acteurs du e-commerce, dont Facebook, a jugé que le montant de l’éventuelle amende était démesuré et mis en garde la FTC contre de telles sanctions, qui pourraient être contestées par les tribunaux.

Le Président de la FCC s’oppose à l’arrivée de China Mobile sur le territoire américain

Ajit Pai, Président de la FCC, a indiqué le mercredi 17 avril 2019 qu’il s’opposait à l’arrivée de China Mobile sur le marché américain. Dans un communiqué de presse, Ajit Pai  explique que l’entrée de l’opérateur sur le marché américain constituait un risque pour la sécurité nationale, soulignant que l’opérateur était indirectement détenu par le gouvernement chinois.

La décision doit faire l’objet d’un vote formel de la FCC en mai 2019.

L’opérateur chinois avait candidaté pour une autorisation en septembre 2011 puis regretté la lenteur du traitement de sa demande par les autorités américaines. Néanmoins, en application de la section 214 relative aux procédures d’autorisations internationales, la FCC avait saisi le National Telecommunications & Information Administration (NTIA) pour avis, qui avait recommandé de ne pas autoriser l’opérateur chinois en juillet 2018.

Le département de la Justice devrait refuser la fusion de T-Mobile et Sprint 

Le Department of justice (DoJ) a signifié aux opérateurs T-Mobile et Sprint, respectivement troisième et quatrième opérateurs du marché, qu’il ne devrait pas valider la fusion. L’Antitrust division du DoJ craint que la fusion conduise à une hausse des prix pour les consommateurs américains. Les représentants de T-Mobile et Sprint ont annoncé qu’ils devraient saisir le Président Trump sur la question, alors que plusieurs sénateurs démocrates et indépendants – dont les candidats à la primaire démocrate Bernie Sanders, Elizabeth Warren et Cory Booker – ont saisi la FCC pour s’opposer à la fusion des deux opérateurs.

En parallèle, les procureurs généraux de plusieurs Etats fédérés ont annoncé qu’ils contesteraient la fusion entre les deux opérateurs si le DoJ approuvait l’opération.

Immigration : Le département de sécurité intérieure utilisera l’intelligence artificielle

Dans un rapport publié le 18 avril 2019, le Department of Homeland Security annonce qu’il espère, d’ici quatre ans, scanner le visage de 97 % des touristes qui quittent le territoire américain, dans le but d’améliorer le contrôle de l’immigration et de faire respecter les règles et les dates des visas délivrés.

Nominations : Michael Kratsios nommé Chief Technology Officer par Donald Trump

Donald Trump a nommé, le 21 mars 2019, Michael Kratsios en tant que Chief Technology Officer (CTO). Ce proche de Peter Thiel occupait jusqu’à présent le poste d’adjoint au CTO. Le poste de CTO, créé sous l’administration Obama, était resté vacant depuis l’élection de Donald Trump.

Gail Slater rejoint Fox Corporation

Gail Slater, Conseillère de Donald Trump sur les questions technologies, télécommunications et cyber-sécurité quittera ses fonctions en mai 2019 pour rejoindre Fox Corporation en tant que vice-Présidente, en charge de la stratégie et des affaires publiques. Le Commissaire de la FCC Mike O’Rielly, membre du Parti Républicain, a salué le travail de la Conseillère et son implication dans la coordination du « 5G FAST PLAN ».


Technologies & Innovations

Le MIT Technology Review dévoile les dix innovations de rupture de 2019

Le magazine MIT Technology Review a invité Bill Gates à sélectionner et commenter les dix technologies de rupture qui marqueront l’année 2019. Dans son éditorial, Bill Gates estime que les innovations ne doivent plus seulement permettre de produire davantage de biens mais d’améliorer la qualité des biens produits, et de mieux vivre. Il cite l’exemple des protéines animales produites en laboratoire, qui permettront à terme de réduire les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation et la consommation d’eau dont l’élevage est à l’origine.

Parmi les autres technologies qui marqueront l’année 2019, Bill Gates cite des innovations médicales (sondes intestinales en pilule, vaccins contre le cancer, électrocardiogrammes intégrés aux montres connectées, etc.), environnementales (sanitaires sans système d’égouts, réducteurs d’émissions de dioxyde de carbone, etc.) ou robotiques (dextérité accrue des robots).

Gideon Lichfield, rédacteur en chef du MIT Technology Review, se dit néanmoins surpris par les choix de Bill Gates, qui n’a retenu aucune des vingt propositions du journal. Le MIT Technology Review en profite pour publier trois listes alternatives : les dix défis technologiques à résoudre (la diminution des émissions de CO2, le nettoyage des océans, les véhicules autonomes, etc.), les dix solutions low tech qui ont un impact majeur  (les injections par seringue, les systèmes d’alerte en cas de catastrophe naturelle, etc.) et les dix échecs les plus marquants du XXIème siècle, parmi lesquelles le MIT Technology Review place les crypto-monnaies, les cigarettes électronique, le vote électronique, les Google Glass, les Segway ou les perches à selfie.

Tesla pourrait lancer des taxis autonomes dès 2020

Elon Musk a annoncé que Tesla pourrait lancer des taxis autonomes en 2020 sur le territoire américain. Elon Musk espère concurrencer les entreprises de VTC Uber et Lyft. Il estime que ces véhicules autonomes coûteront environ 18 centimes par mile, alors que le coût d’un VTC se rapproche de 2 dollars par mile.

Les solutions de transport autonomes devraient continuer de se généraliser. Lyft multiplie par exemple les accords (voir le Flash Tech n° 2017-11) avec des constructeurs de véhicules autonomes ou semi-autonomes pour les rendre compatibles avec sa plateforme (General Motors, Jaguar Land Rover, Ford ou Waymo, filiale d’Alphabet).

Facebook travaille sur un nouvel assistant vocal

Suite à un article de CNBC, Facebook a confirmé qu’elle travaillait sur une technologie d’assistant vocal qui pourrait fonctionner sur l’ensemble des technologies réalité augmentée et réalité virtuelle de la société (l’enceinte connectée Portal, le casque de réalité virtuelle Occulus et d’autres futurs produits).


Entreprises

Une étude démontre que Facebook utilise des stéréotypes raciaux et sexistes dans le ciblage de ses publicités

Les chercheurs de la Northeastern University, de l’University of Southern California et d’Upturn, think tank progressiste basé à Washington, ont publié, le 3 avril 2019, une étude qui démontre l’utilisation par Facebook de stéréotypes sexistes et raciaux dans le ciblage de ses publicités en ligne. L’étude souligne par exemple que les offres d’emplois pour devenir caissière ciblent en priorité les femmes (85 %) alors que les offres d’emplois pour devenir chauffeur de taxi ciblent principalement les afro-américains (75 %).

La publication de cette étude intervient alors que le Department of Housing and Urban development (HUD) a annoncé, le 28 mars 2019, qu’il attaquera Facebook en justice. Le HUD a ainsi estimé qu’en ciblant les offres de logement publiées sur le réseau social avec des critères de sexe, d’origine ou de religion, Facebook violait les sections 804(a) à 804(f) du Fair Housing Act de 1968. Facebook avait néanmoins anticipé de telles accusations en publiant, le 19 mars 2019, un article dans lequel l’entreprise annonçait qu’elle n’utiliserait plus de tels critères pour cibler les offres de logements, d’emplois ou de crédits bancaires.

Mark Zuckerberg souhaite recentrer Facebook autour de la notion de « vie privée »

Le 6 mars 2019, dans un article posté sur Facebook, Mark Zuckerberg a annoncé vouloir faire évoluer le réseau social pour le recentrer sur la « vie privée ».

Si les contours du nouveau modèle économique de Facebook restent flous, Mark Zuckerberg dit vouloir développer de nouvelles manières d’interagir, évoquant les services messageries privées, les appels, les groupes, les stories, mais également des fonctionnalités de paiements que pourraient développer le réseau social. Conséquence directe, les services de Messenger, WhatsApp et Instagram pourraient devenir à court terme interopérables. Le projet suscite des craintes de la part des associations de défense des consommateurs qui avaient saisi la FTC (voir le Flash Tech n° 2019-01), estimant que le projet renforcerait le pouvoir de marché de l’entreprise. Il a par ailleurs annoncé de nouvelles mesures pour sécuriser les données personnelles des utilisateurs de Facebook, en évoquant le chiffrement des conversations privées transitant par Facebook et en se disant prêt à limiter la durée de stockage des métadonnées. Lors de la conférence annuelle, « Facebook F8 », le 30 avril 2019, Mark Zuckerberg a confirmé que le réseau social serait désormais recentré autour de la notion de « vie privée » et a annoncé la création d’un deuxième fil d’actualité dédié aux groupes d’utilisateurs.

Les réactions aux Etats-Unis sont sévères avec les annonces de Mark Zuckerberg, les jugeant peu crédibles dans sa volonté de réformer le modèle économique de Facebook. Ainsi, le recrutement de Jennifer Newstead, le 22 avril 2019, ancienne juriste du Secretary of State, comme directrice juridique de l’entreprise, a été très critiqué, cette dernière ayant participé à la rédaction du Patriot Act qui renforçait les mécanismes de surveillance sur le territoire américain suite aux attentats du 11 septembre 2001.

Apple vs Qualcomm : le « choc des titans » se règle à l’amiable

Le 16 avril 2019, après plus de deux ans de bataille juridique, les deux géants Apple et Qualcomm viennent de trouver un accord à l’amiable. Alors que s’ouvrait le procès entre les deux entreprises devant un tribunal californien, les parties, qui avaient toutes les deux beaucoup à perdre, ont finalement conclu une licence d’utilisation par Apple des microprocesseurs de Qualcomm pour une durée de six ans, qui pourra être étendue de deux ans. Le montant du paiement pour les redevances passées n’a pas été rendu public. Qualcomm estimait qu’Apple lui devait 7,5 Mds USD de redevances, mais réclamait 30 Mds USD de dommages et intérêts.

La bataille a commencé en 2017, Apple estimant que Qualcomm abusait de son monopole en pratiquant des redevances de licence abusives, pour un brevet considéré comme essentiel. Pour cette raison, Qualcomm avait été assigné en parallèle par la Federal Trade Commission (FTC). Néanmoins, Qualcomm avait mis la pression sur Apple, depuis plusieurs mois, en intentant et en gagnant des procès pour violation de ses brevets, en Allemagne et en Chine. L’accord comprend par ailleurs un volet sur la 5G, puisqu’Apple ne s’équipera plus avec les puces 5G d’Intel mais se fournira auprès de Qualcomm.

AT&T cède sa participation dans Hulu

L’opérateur télécom AT&T a annoncé le 15 avril 2019 avoir cédé sa participation de 9,5 % au capital de Hulu, plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD), pour un montant de 1,43 Mds USD. La valorisation de Hulu est désormais estimée à 15 Mds USD (+ 62 % par rapport à Novembre 2018). AT&T lancera WarnerMedia, son service de SVOD à l’automne 2019, et devrait proposer au public les programmes de HBO, TBS, TNT et de Time Warner. La presse américaine s’interroge sur l’avenir de Hulu, désormais détenue à 66 % par Disney (Comcast détient toujours 33 % des parts de l’entreprise) qui lancera son propre service de vidéo à la demande par abonnement, Disney+, en 2019.

Netflix : la croissance du nombre d’abonnés ralentit alors qu’AT&T, NBC Universal et Disney s’apprêtent à lancer des services concurrents

Netflix a publié ses résultats pour le premier trimestre 2019. Avec 1,74 millions de nouveaux abonnés sur le territoire américains (contre 2,28 millions au T1 2018). La société américaine anticipe un ralentissement de la croissance de son nombre d’abonnés, avec seulement 300 000 abonnés au deuxième trimestre, du fait de l’arrivée d’AT&T, Walt Disney Co. et NBC Universal sur le marché de la SVOD en 2019.

Le Wall Street Journal rapporte l’inquiétude de Netflix vis-à-vis de l’arrivée de concurrents sur le marché de la SVOD. Elle pourrait en effet perdre les droits de diffusion de ses programmes les plus populaires, à savoir The Office, dont les droits appartiennent à NBC Universal, qui lancera son propre service en 2020, Grey’s Anatomy (Disney) ou Friends (Warner Media). Pour remédier à ces pertes de droits de diffusion, Netflix devrait accélèrera la production de contenus originaux. Elle dépensera au total 12 Mds USD dans les contenus en 2019.

Malgré le ralentissement de la plateforme, les investisseurs restent confiants dans la santé financière de la société, soutenue  par la croissance des abonnements à l’international (+ 7,86 millions d’abonnés au T1 2019).

Streaming : Amazon et Google trouvent un accord sur YouTube et Amazon Prime Video

Amazon et Google ont annoncé, le 18 avril 2019, un accord pour rendre respectivement disponibles l’application YouTube sur les Fire TV d’Amazon et Amazon Prime Video sur Chromecast et Android TV. En 2015, Amazon avait décidé de retirer les appareils Chromecast et Android TV de sa plateforme. Google avait répondu en supprimant l’accès à YouTube sur l’assistant vocal Echo.

En parallèle, les mêmes entreprises ont lancé Amazon Music et YouTube Music, deux services gratuits qui se financeront exclusivement par la publicité et seront disponible respectivement sur les équipements Amazon Echo et Google Home. Jusqu’ici, seul Spotify était disponible gratuitement sur le territoire américain.

Pinterest réussit son entrée en bourse à Wall Street

La société Pinterest, éditrice de l’application du même nom, a été introduite en bourse le jeudi 18 avril 2019. Initialement valorisée à 19 USD, le titre a clôturé sa première journée à 24,4 USD (+ 28,4 %).


Relais d’opinion

Certains membres du Congrès américain sont inquiets vis-à-vis de la taxe sur les services numériques

L’introduction de la taxe sur les services numériques (TSN) en France, a été critiquée au sein du Congrès américain. Lors d’un entretien avec Jean-Yves Le Drian, le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo avait estimé que la taxe pénaliserait les entreprises américaines et serait contraire à l’intérêt des consommateurs français. Dans une lettre du 3 avril 2019 destinée à Donald Trump, 15 élus républicains de la Chambre des représentants estiment que la taxe s’apparente de facto à l’introduction d’un tarif douanier. Steven Mnuchin, Secrétaire du Trésor, a néanmoins rappelé qu’il soutenait l’introduction d’une taxe sur les services numériques au niveau international.

A ce stade, les sociétés concernées n’ont pas réagi publiquement ; la Computer & Communications Industry Association (CCIA), qui regroupe notamment Google, Facebook et Amazon, a néanmoins estimé que la taxe pénaliserait l’ensemble des entreprises du numérique, y compris les petites et moyennes entreprises, intermédiaires, et in fine, les consommateurs français. Le Disruptive Competition Project (Disco), think tank affilié au CCIA et proche de l’industrie numérique, a par ailleurs mandaté Garrigues, un cabinet d’avocat, pour démontrer qu’une telle taxe pouvait être contraire au droit européen de la concurrence, et notamment à l’article 107 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) en s’apparentant à une aide d’état.

La Directive européenne Droit d’auteur approuvée : les plateformes numériques en colère aux Etats Unis

Les ministres de l’Union Européenne, réunis au Luxembourg, ont validé lundi 15 avril, la réforme du droit d’auteur, qui oblige désormais les éditeurs à verser des redevances aux auteurs, pour des contenus édités en ligne. Cette directive a soulevé une opposition de la part du secteur des technologies, et des plateformes numériques américaines, qui devront désormais mettre les outils en place afin de satisfaire au droit d’auteur en ligne. Cette opposition des entreprises américaines a retardé l’adoption de cette directive, qui a mis deux ans à être votée.

Les Américains de plus en plus sceptiques vis-à-vis des réseaux sociaux

Un sondage du Wall Street Journal et de NBC News, publié le 5 avril 2019, révèle que les américains sont de plus en plus sceptiques vis-à-vis des entreprises des réseaux sociaux.

 Ainsi, bien que 57 % des sondés estiment que les réseaux sociaux sont un facteur de division et 55 % estiment que les réseaux sociaux propagent des fausses informations, ils restent confiants sur le bénéfice qu’apportent ces technologies. S’ils sont majoritairement sceptiques vis-à-vis des réseaux sociaux (Facebook et de Twitter), ils conservent une opinion positive d’Amazon, Google et Apple.

L’étude relève qu’un nombre croissant d’Américains n’acceptent plus la collecte de leurs données personnelles en échange de la gratuité de service. 90 % des répondants estiment que les plateformes numériques devraient obtenir le consentement explicite (opt-in) des utilisateurs avant de collecter ou de partager leurs données.

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