Flash Tech Avril-Mai, 2021

Flash Tech Avril-Mai, 2021

Sommaire

Administration Biden

  1. Confirmation d’Eric Lander à la tête de l’OSTP par le Sénat
  2. Nomination de Lina Khan à la FTC approuvée par un comité du Sénat

Régulation et gouvernance

  1. Publication de la demande de budget pour l’exercice 2022 par la Maison Blanche
  2. Débats au Sénat sur le United States Innovation and Competition Act
  3. Procès Epic Games contre Apple
  4. Plainte déposée contre Amazon par le Procureur général de Washington D.C.
  5. Révocation de l’Executive Order 13925 du 28 Mai 2020 (Preventing Online Censorship)
  6. Procès contre une nouvelle loi sur les réseaux sociaux promulguée en Floride
  7. Projet de loi visant à protéger la confidentialité des données des consommateurs et élargissement aux adolescents d’un projet de loi visant à protéger la vie privée des enfants
  8. Lettre de 44 procureurs généraux contre le projet d’Instagram pour enfants
  9. Lignes directrices du GOP sur la politique de modération des contenus

Entreprises et innovation

  1. Décision de l’Oversight Board de Facebook relative au compte personnel de Donald Trump
  2. Joint-venture entre AT&T et Discovery
  3. Rachat du studio MGM par Amazon
  4. Retour de l’application Parler sur l’App Store d’Apple
  5. Suspension par Snap de deux applications pour lutter contre le harcèlement des adolescents
  6. Prolongation indéfinie du moratoire d’Amazon sur l’utilisation par la police de son outil de reconnaissance faciale et lettre de la US Chamber demandant la mise en place d’une supervision de l’utilisation de cette technologie
  7. Ouverture de l’application Clubhouse à Android

 

 Le chiffre À retenir

8,45

En milliards de dollars, il s’agit du montant de l’acquisition du studio de cinéma MGM par Amazon, deuxième plus grosse acquisition de son histoire

 

Administration Biden

 

1    Confirmation d’Eric Lander à la tête de l’OSTP par le Sénat

Vendredi 28 mai, Eric Lander, biologiste moléculaire et ancien directeur du Broad Institute (Harvard et MIT), a été confirmé par le Sénat pour prendre la tête du Bureau de la science et de la technologie de la Maison Blanche (Office of Science and Technology Policy, OSTP), qui est compétente pour élaborer les grandes stratégies fédérales visant à accélérer la recherche et le développement sur le territoire américain. Il devient ainsi le dernier candidat du Cabinet Biden à être confirmé, Biden ayant élevé ce poste au niveau du Cabinet pour la première fois de l’histoire, afin de marquer l’importance de la science pour l’avenir des Etats-Unis. Ancien généticien, reconnu par ses pairs, Lander avait déjà travaillé dans l’administration Obama, en tant que co-président du Council of Advisors and Science and Technology (CAST), un réseau de scientifiques conseillant le président américain.

 

2    Nomination de Lina Khan à la FTC approuvée par un comité du Sénat

Lina Khan, professeur associée à l’Université de Columbia, a obtenu mercredi 12 mai l’approbation bipartisane du Comité sénatorial sur le commerce, gagnant le soutien de tous les membres du GOP sauf quatre. Le Sénat votera prochainement sur sa confirmation finale. Il est fort probable qu’elle sera confirmée, ce qui lui permettra de remplacer l’un des cinq commissaires de la Federal Trade Commission (FTC, équivalent américain de l’ADLC), Rohit Chopra, nommé à la tête du Consumer Financial Protection Bureau (CFPB). Le soutien des républicains – huit des 12 membres républicains du panel ont voté en sa faveur – indique un appétit bipartisan croissant sur la nécessité d’adopter une approche plus offensive en matière de droit de la concurrence concernant les grandes plateformes technologiques. Joe Biden avait officiellement nommé Lina Khan le 22 mars 2021.

 


 

Régulation et gouvernance

 

3    Publication de la demande de budget pour l’exercice 2022 par la Maison Blanche

Le 28 mai, la Maison Blanche a publié sa demande de budget pour l’exercice 2022, qui propose une large augmentation du financement des principales agences chargées de contrôler les secteurs des télécommunications et de la technologie, et de diriger les politiques d’innovation américaines. Le demande de budget prévoit notamment 388 millions de dollars pour la FCC, en hausse de 14% par rapport à ce que le Congrès a promulgué pour l’exercice en cours, tandis que la FTC, qui joue un rôle central en matière de concurrence et d’examen des fusions, verrait une augmentation similaire de 390 millions de dollars, en hausse de 11% par rapport à ses crédits de 2021. La Maison Blanche demande 201 millions de dollars pour renforcer la division antitrust du ministère de la Justice, soit une augmentation de 9% pour l’organisme qui poursuit une enquête tentaculaire sur les grandes entreprises technologiques. Biden souhaite presque doubler, à 90 millions de dollars, le budget de la National Telecommunications and Information Administration. Cette agence clé du département du Commerce est impliquée dans la 5G. Le Bureau de la science et de la technologie de la Maison Blanche verrait une augmentation de 20%, à 6,6 millions de dollars. Le Congrès devra décider dans quelle mesure il suivra ce plan avant la fin de l’exercice en cours, c’est-à-dire à la fin du mois de septembre 2021.

 

4    Débat au Sénat sur le US Innovation and Competition Act

Le 17 mai, les sénateurs ont commencé à débattre en séance du United States Innovation and Competition Act (USICA), un texte présenté par Chuck Schumer, le Majority Leader, qui intègre différentes propositions bipartisanes travaillées depuis février par six commissions (commerce et énergie, affaires étrangères, affaires bancaires, sécurité intérieure, santé et éducation, affaires judiciaires). Parmi les principales dispositions de nature économique de ce texte, dont le montant total se situe aux environs de 200 Md USD, figurent l’augmentation du soutien public à la recherche et au développement (Endless Frontier Act), mais aussi le financement des mesures de soutien à la filière du semi-conducteur (Chips Act) ainsi qu’au déploiement de réseaux 5G ouverts (USA Telecommunications Act). Le Sénat a accepté le 28 mai de retarder l’adoption finale de ce projet de loi après que les sénateurs républicains ont forcé une série d’obstacles procéduraux.

 

5    Procès Epic Games contre Apple

Lundi 3 mai s’est ouvert devant une cour fédérale d’Oakland le procès entre Apple et la société Epic Games, propriétaire du jeu à succès Fortnite. Les débats se sont clos le lundi 24 mai, et la juge, Yvonne Gonzales Rogers, qui se prononcera dans les mois qui viennent, devra principalement trancher la question de l’existence d’un monopole d’Apple et de son abus sur l’application App Store. Epic Games avait initié un contentieux contre Apple en déposant une requête le 13 août 2020 devant un juge fédéral, pour contester son exclusion de l’App Store à la suite de la décision d’Epic de proposer aux joueurs de Fortnite sur iPhone de bénéficier d’une réduction sur leurs achats d’articles du jeu s’ils effectuaient les achats en dehors des systèmes de paiement d’Apple, afin de contourner la commission de 30% pratiquée par Apple sur ces transactions. Selon Epic Games, les agissements d’Apple sont contraires au §2 du Sherman Act, qui prohibe les monopoles et au §1 du même texte, qui interdit les contrats et agissements qui restreignent la concurrence, et enfin aux textes californiens en matière de concurrence de portée similaire (Cartwright act et Unfair Competition law). Il souhaite que le juge ordonne la cessation immédiate des pratiques anti-concurrentielles ainsi que des mesures pour les empêcher dans le futur. Une des principales questions sur laquelle le procès s’est concentré est celle de la définition du marché pertinent. Epic Games a soutenu que le marché de distributions d’applications sur l’iPhone/iPad est le marché pertinent sur lequel le juge doit fonder son appréciation. Au contraire, Apple soutient que, sur le marché pertinent, qui regroupe aussi bien les appareils sous Android que les consoles de jeux (Nintendo, Xbox etc), il n’a constitué aucun monopole et, qu’en tout état de cause, la commission prélevée est largement utilisée pour assurer la sécurité, la confidentialité et la qualité des applications dans l’environnement iOS sans aucun abus. A noter que le discret Tim Cook, CEO d’Apple, est venu plaider devant le Tribunal, ce qui montre l’importance de son issue pour le géant numérique. Sa prestation a toutefois été jugée médiocre par de nombreux commentateurs. Il est difficile à ce stade de prédire la décision de la juge.

 

6    Plainte déposée contre Amazon par le Procureur général de Washington D.C.

Le mardi 25 mai, Karl Racine, le procureur général démocrate du district de Columbia, considéré par l’administration Biden comme une des personnalités qui pourrait prendre la tête de la Federal Trade Commission (FTC, équivalent américain de l’Autorité de la Concurrence), a déposé une plainte contre Amazon devant la Cour supérieure de Washington D.C pour violation de la loi du district sur l’antitrust. Il s’agit du premier procès antitrust déclenché par une autorité publique américaine, et non par un plaignant privé, contre Amazon qui était le dernier GAFA à ne pas être ainsi mis en cause au contentieux. La plainte se concentre sur la façon dont Amazon impose la tarification des produits mis en vente par des vendeurs tiers sur sa place de marché en ligne, ces produits représentant plus de la moitié des ventes sur Amazon. Par le biais de diverses clauses contractuelles évolutives, dont la dernière en date depuis 2019 nommée « Fair Price Policy », Amazon interdit en effet indirectement aux vendeurs tiers de pratiquer des prix inférieurs à ceux proposés sur Amazon pour les mêmes produits ailleurs sur le web. Selon la plainte, la part de marché d’Amazon est telle – elle oscille entre 50 et 70% contre à peine plus de 5% pour son plus proche concurrent qui est Walmart – qu’en tant que gatekeeper ou détenteur d’un pouvoir de portier, il impose des conditions exorbitantes. Un vendeur qui ne respecte pas les conditions contractuelles d’Amazon se voit sanctionné par le retrait de ses produits de la tête de liste, ce qui revient à obérer largement le volume de ses ventes, ce qu’il ne peut se permettre compte tenu de la dépendance économique à la marketplace d’Amazon. Cette politique augmente artificiellement le prix des produits pour les consommateurs, en obligeant les vendeurs tiers à intégrer les divers frais ainsi prélevés par Amazon dans leurs prix partout sur le web et qui vont jusqu’à 40% du prix de la transaction. Le procureur demande la cessation de cette pratique y compris au besoin par la scission structurelle du géant du commerce en ligne.

 

7    Révocation de l’Executive Order 13925 du 28 Mai 2020 (Preventing Online Censorship)

Vendredi 14 mai, le président Joe Biden a révoqué un décret présidentiel (Executive Order 13925, Preventing Online Censorship) de l’administration Trump datant du 28 mai 2020, qui demandait aux agences fédérales de sévir contre la « censure» de la parole conservatrice sur les réseaux sociaux. Ce décret présidentiel visait à amener des agences fédérales indépendantes telles que la Federal Communications Commission (FCC, équivalent américain de l’ARCEP), et la Federal Trade Commission (FTC, équivalent américain de l’ADLC), à sévir contre ces entreprises. Il avait été publié en réponse à la décision de Twitter d’appliquer son outil de vérification des faits à plusieurs tweets de l’ancien président Trump. Cette révocation par Joe Biden est avant tout un signal politique fort de rupture avec la vision de son prédécesseur sans effet concret étant donné qu’aucune des agences ne l’avait appliqué.

 

8    Procès contre une nouvelle loi sur les réseaux sociaux promulguée en Floride

Deux groupes de représentation des intérêts des entreprises technologiques, la Computer & Communications Industry Association et NetChoice, ont poursuivi jeudi 27 mai la Floride pour une nouvelle loi signée le 24 mai par le gouverneur républicain DeSantis, qui infligerait une amende de 250.000 dollars par jour aux grandes plateformes de réseaux sociaux qui interdiraient ou supprimeraient les comptes des candidats politiques se présentant à des postes dans tout l’État de Floride. Cette loi vise à combattre ce qui est perçu par une majorité des Républicains comme la discrimination des conservateurs sur les réseaux sociaux. Les demandeurs soutiennent notamment que cette nouvelle loi porte atteinte à la liberté d’expression ainsi qu’au droit à une procédure régulière (la loi ne définissant pas clairement quelle conduite est punissable, encouragent l’application arbitraire et discriminatoire de la loi selon les demandeurs), et viole également la section 230, disposition fédérale qui protège les réseaux sociaux contre les poursuites judiciaires concernant ce que leurs utilisateurs publient. Les experts juridiques prédisent que cette loi ne tiendra pas devant les tribunaux et pourrait facilement être déclarée inconstitutionnelle.

 

9    Réintroduction d’un projet de loi visant à protéger la confidentialité des données des consommateurs et élargissement aux adolescents d’un projet de loi visant à protéger la vie privée des enfants

La sénatrice Amy Klobuchar (D-MN) s’est associée à un groupe bipartisan de sénateurs, dont les Sénateurs John Kennedy (R-LA), Joe Manchin (D-WV) et Richard Burr (R-NC), pour réintroduire le Social Media Privacy Protection and Consumer Rights Act, projet de loi visant à protéger la confidentialité des données des consommateurs lorsqu’elles sont collectées par de grandes plateformes technologiques comme Facebook et Google. Cette législation obligerait les sites Web à accorder aux utilisateurs un plus grand contrôle sur leurs données et leur permettrait de se retirer du suivi et de la collecte des données. Le projet de loi obligerait également les plateformes à rédiger leurs conditions d’utilisation dans un langage simple afin que les utilisateurs comprennent ce qu’ils acceptent. Si un site Web devait subir une violation de ses données, il devrait en informer les utilisateurs dans les 72 heures suivant sa survenance. Amy Klobuchar a présenté ce projet de loi pour la première fois en 2019, après le scandale Cambridge Analytica de Facebook. À l’époque, le projet de loi avait était bloqué à cause du manque de soutien de la part de la majorité républicaine.

Par ailleurs, un projet de loi déposé le 11 mai par les sénateur E. Markey (D-Mass.) et B. Cassidy (R-La.) étendrait les protections fédérales existantes en matière de confidentialité pour les enfants de moins de 13 ans aux adolescents jusqu’à 15 ans. Il permettrait aux parents de contrôler les données personnelles collectées sur leurs enfants.

 

10  Lettre de 44 procureurs généraux contre le projet d’Instagram pour enfants

Dans une lettre bipartisane adressée le 10 mai à Mark Zuckerberg, les procureurs généraux de 44 États et territoires ont exhorté Facebook à abandonner ses projets de lancement d’une version d’Instagram pour les enfants, invoquant des préoccupations en matière de comportement et de confidentialité, exprimant leurs craintes sur les effets des réseaux sociaux sur les jeunes (problèmes de santé mentale et d’intimidation).

 

11  Lignes directrices du GOP sur la politique de modération des contenus

Le 15 avril, le GOP proposait ses lignes directrices concernant la politique de modération des contenus des grandes entreprises technologiques et leur protection juridique (réforme de la section 230). Les entreprises ciblées sont les médias sociaux et magasins d’application qui font plus de 1Mds$ de chiffre d’affaires. Elles devront notamment ne pas censurer ou discriminer en fonction d’un biais politique, sous peine de ne plus être protégées par la section 230. Elles devront avoir une politique de modération pour les postes sur les drogues, l’exploitation des enfants, le harcèlement, le terrorisme, la contrefaçon et toute autre pratique illégale. Cette politique devra inclure un droit d’appel des internautes sur les décisions de modération les concernant y compris pour les décisions d’exclusion ou de fermeture des comptes. Les entreprises devront notifier cette politique à la FTC et produire des rapports trimestriels de mise en œuvre. Des mesures spécifiques pour la protection des mineurs et de leur santé mentale devront aussi être prises. Ce document montre l’importance politique que prend le sujet au niveau national. Certes, le GOP reste très attaché à la liberté d’expression et au biais anti-conservateur, mais il avance aussi dans sa réflexion pour montrer qu’il pèsera dans un débat qui semble inévitable.

 


 

Entreprises et Innovation

 

12  Décision de l’Oversight Board de Facebook relative au compte personnel de Donald Trump

Mercredi 5 mai, le Conseil de surveillance (Oversight Board) de Facebook, organe d’appel saisi par la plateforme elle-même qui s’est engagée à appliquer les décisions rendues , et dont le rôle est de veiller à ce que les pratiques de Facebook soient cohérentes avec ses politiques de contenu, ses valeurs, et ses engagements en matière de droits humains, a confirmé la décision du 7 janvier 2021 de restreindre l’accès de Donald Trump à la publication de contenu sur sa page Facebook et son compte Instagram compte tenu de la gravité des violations, des violences en cours et de leur risque de persistance. Cependant, le Conseil a invalidé le caractère « indéfini » de la suspension qui n’est pas prévu dans ses politiques de contenu. Le board a, par conséquent, enjoint Facebook de réexaminer la situation dans un délai de 6 mois, compte tenu des règles qui existeront en la matière, au regard de la gravité de la violation et du risque de violences futures. Le Conseil a également formulé des recommandations afin que Facebook élabore des politiques claires, nécessaires et proportionnées pour l’appréciation des risques graves de préjudice posés par les dirigeants politiques et autres personnalités influentes. Si en principe il convient de leur appliquer les mêmes règles de modération, les personnalités politiques et influentes créent un contexte particulier qui doit être pris en compte notamment s’agissant de la célérité de la prise de décision. Il appartient donc à Facebook de clarifier publiquement les règles applicables aux personnes influentes et aux chefs d’Etats et hauts responsables gouvernementaux.

Facebook a annoncé le 4 juin que le compte de Donald Trump resterait suspendu pendant au moins deux ans, fixant un calendrier pour son retour potentiel. Après cette période, Facebook évaluera si le risque pour la sécurité publique a diminué, puis lancera un appel à son éventuelle réintégration. Facebook a déclaré que lorsque la suspension serait finalement levée, Donald Trump pourrait faire face à une nouvelle série de sanctions s’il enfreignait à nouveau les règles du réseau social, allant d’un mois de suspension à une éventuelle interdiction permanente en fonction de la gravité de l’infraction. Dans sa réponse aux recommandations politiques du Conseil, Facebook a annoncé que les publications des hommes politiques ne seraient plus automatiquement traitées comme dignes d’intérêt et ainsi protégées contre les règles de la plateforme. Mais même ainsi, leurs remarques enfreignant les règles peuvent toujours être exemptées en vertu de l’exemption de valeur médiatique appliquée par Facebook, bien que la société envisage de divulguer quand la règle sera appliquée à l’avenir. Enfin, Facebook a refusé de mettre pleinement en œuvre certaines des autres recommandations du Conseil, y compris le lancement d’un examen complet pour savoir si les actions de Facebook ont contribué à la propagation des allégations de fraude électorale et de violence post-électorale autour du 6 janvier.

 

13  Joint-venture entre AT&T et Discovery

Le lundi 17 mai, AT&T, propriétaire depuis 2018 de WarnerMedia, deuxième plus grand groupe de production télévisuelle, cinématographique, et de divertissements au monde, et Discovery, groupe de médias américain, ont annoncé avoir convenu de créer une joint-venture regroupant leurs activités. La transaction devrait être conclue au milieu de l’année prochaine, sous réserve des approbations réglementaires et du conseil d’administration. Le modèle commercial de la nouvelle entreprise sera axé sur l’actualité, le sport et le style de vie, sans projet de scission de CNN, qui sera combinée avec les actualités de Discovery en Europe. L’accord marque un changement radical de direction pour AT&T, car il entérine le retrait d’AT&T du secteur des médias. Cette transaction confirme que l’acquisition de Time Warner il y a 3 ans n’a pas suffi à créer un service de streaming suffisamment important pour rivaliser avec Netflix et Disney, en dépit du lancement de HBO Max, qui compte environ 20 millions d’abonnés. Pendant ce temps, AT&T fait face à une nouvelle concurrence dans les télécommunications (réseaux sans fil et à large bande), son cœur de métier qui génère encore la plus grande partie de ses bénéfices. AT&T a dépensé plus de 23 milliards de dollars sur une récente vente aux enchères de licences sans fil de la Federal Communications Commission (FCC, équivalent américain de l’ARCEP), et devra dépenser des dizaines de milliards de dollars de plus dans les années à venir pour égaler les investissements de ses rivaux Verizon et T-Mobile dans l’amélioration de leurs réseaux. L’accord aidera AT&T à rembourser son importante dette accumulée au travers de transactions coûteuses au fil des ans. Parallèlement à la scission de WarnerMedia, AT&T recevra 43 milliards de dollars sous forme d’espèces, de titres de créance et de rétention de certaines dettes par WarnerMedia.

 

14  Rachat du studio MGM par Amazon

Le 26 mai, le studio emblématique Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) a été racheté pour 8,45 milliards de dollars par Amazon, ce qui met fin à l’indépendance d’un des derniers grands studios de cinéma. Il s’agit de la deuxième plus grosse acquisition réalisée par Amazon, après l’achat de Whole Foods pour 13,4 milliards de dollars en 2017, alors que MGM n’a déclaré qu’un chiffre d’affaires de 403 M$ pour les trois premiers mois de l’année, avec certes un bénéfice de 29 M$. Amazon cherche à consolider sa position sur le marché du streaming, dont l’importance n’a fait que croitre avec la pandémie, pour lui permettre en retour d’accroitre ses clients Prime. L’élargissement de son offre, qui passait largement par les productions d’Amazon Studios, s’appuierait sur des acquisitions extérieures notamment pour les films à succès. MGM apportera environ 4 000 films dans sa bibliothèque, dont la franchise James Bond, l’une des séries de films les plus lucratives d’Hollywood, considérée comme un joyau de la couronne hollywoodienne. Le studio dispose également d’une gamme impressionnante de nouveaux films en cours de production et comprend aussi environ 17 000 heures de programmation TV (incluant les séries TV telles que “The Handmaid’s Tale”, et les émissions TV de type « The Voice »). Cette offre montre que le marché du streaming, initialement largement dominé par Netflix, est en pleine structuration autour de quelques grands acteurs. Par ailleurs, la fin de MGM en tant qu’entreprise autonome s’ajoute à une vaste refonte du secteur cinématographique. Le studio MGM, sous pression financière, avait en effet été mis en vente dès le mois de décembre 2020.

 

15  Retour de l’application Parler sur l’App Store d’Apple

Parler, le réseau social privilégié par l’extrême droite, a fait son retour sur l’App Store d’Apple le 17 mai, et s’appuiera sur les algorithmes d’Intelligence Artificielle de la start-up Hive pour signaler automatiquement les discours de haine. Parler avait été exclu de l’App Store mais aussi du Google Play Store, de Twitter et Facebook, ainsi que d’Amazon Web Services, après avoir été utilisé par les partisans de Trump dans le cadre de la tentative d’insurrection au Capitole américain le 6 janvier. L’application n’est pas encore officiellement disponible sur le Play Store de Google, bien que la version Android puisse être installée manuellement sur les smartphones Android.

 

16  Suspension par Snap de deux applications pour lutter contre le harcèlement des adolescents

Yolo et LMK, deux applications Snapchat qui permettent aux utilisateurs d’envoyer des messages anonymes, ne sont plus disponibles pour les utilisateurs de la plateforme de médias sociaux après leur suspension le 11 mai en réponse à un procès intenté au nom de Kristin Bride, la mère d’un adolescent de l’Oregon qui s’est suicidé en 2020 après avoir reçu des messages d’intimidation. Cette poursuite allègue que Yolo et LMK ont violé la loi sur la protection des consommateurs en ne respectant pas leurs propres conditions de service et politiques, et que les applications de messagerie anonymes facilitent l’intimidation à un point tel qu’elles devraient être considérées comme des produits dangereux. L’affaire fait partie d’une nouvelle vague de litiges qui espère tenir les entreprises des médias sociaux responsables, malgré la section 230 d’une loi fédérale qui assure leur impunité, en plaidant leur dangerosité et leur caractère défectueux.

 

17  Prolongation indéfinie du moratoire d’Amazon sur l’utilisation par la police de son outil de reconnaissance faciale et lettre de la US Chamber demandant la mise en place d’une supervision de l’utilisation de cette technologie

Le 18 mai, Amazon a déclaré qu’elle interdirait indéfiniment aux services de police d’utiliser son outil de reconnaissance faciale, prolongeant un moratoire que la société avait annoncé l’année dernière lors de manifestations nationales contre le racisme et les préjugés policiers. Par ailleurs, le 26 mai, la US Chamber a écrit à l’administration Biden pour déclarer qu’au lieu d’interdire l’utilisation par le gouvernement de la technologie de reconnaissance faciale, l’administration devrait publier un décret renforçant la transparence et la responsabilité pour l’utilisation fédérale du logiciel et établissant des normes de performance. La US Chamber recommande également à l’administration de mettre en œuvre une disposition de la loi sur l’autorisation de la défense nationale pour l’exercice 2021 afin de créer un comité consultatif national sur l’intelligence artificielle et d’augmenter le financement pour la recherche sur la technologie de reconnaissance faciale.

 

18  Ouverture de l’application Clubhouse à Android

Lancée en mars 2020, Clubhouse était jusqu’au 10 mai 2021 et son ouverture à Android disponible uniquement sur iPhone (iOS). Elle devrait rester accessible sur invitation jusqu’à l’été. L’application mobile compte aujourd’hui plus de 10 millions d’utilisateurs à travers le monde (essentiellement aux Etats-Unis) et 2 millions de téléchargements sur Android. Avec de très nombreux téléchargements début 2021, Clubhouse est le premier réseau social américain à connaître un tel succès ces dernières années après les grandes plateformes de la tech. Lancée en période de confinement, l’application est toutefois vouée à faire évoluer son modèle pour ne pas être délaissée par ses utilisateurs. La protection des données des utilisateurs reste une de ses lacunes majeures. Par ailleurs, l’offre de Clubhouse a poussé ses concurrents à répliquer largement son modèle, en adaptant leur offre au format audio. Twitter, en particulier, teste ses conversations “Spaces” depuis le 3 mai, Facebook a lancé ses “Live Audio Rooms”, Telegram “Voice chat 2.0“, etc. Après des discussions autour du rachat de Clubhouse par Twitter, Clubhouse a finalement atteint 4 milliards de dollars de valorisation après un tour de table mené par le fonds américain Andreessen Horowitz en avril (série C de l’ordre de 100 millions USD levés).

La direction générale du Trésor est présente dans plus de 100 pays à travers ses Services économiques.

Pour en savoir plus sur ses missions et ses implantations : www.tresor.economie.gouv.fr/tresor-international

 

Responsable de la publication : Service Economique Régional des Etats-Unis

Rédacteurs :   Jérôme Nicolaï, Roxane Gennaoui-Hetier, Martin Klam

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