Flash Tech #2019-03

Flash Tech #2019-03

Crédit photo : Javier Morales

 

REGULATION ET GOUVERNANCE

Interdiction pour les entreprises américaines de se fournir en équipements et en réseaux auprès de Huawei

La FCC reconnaît un retard dans le déploiement du très haut débit aux Etats-Unis

La Maison Blanche ne signera pas l’appel de Christchurch et lance sa plateforme contre la « censure »

La Cour Suprême confirme l’existence d’une relation directe entre Apple et les consommateurs finaux d’applications pour l’iPhone

La justice fédérale condamne Qualcomm pour abus de position dominante

Des parlementaires souhaitent améliorer la transparence des messages publicitaires politiques sur internet

Les membres du Congrès vont-ils s’entendre pour porter un projet de loi sur la protection des données personnelles ?

Le président de la FCC propose que les robocalls soient bloqués par défaut

Vers un accord entre la FTC et Facebook sur la protection des données personnelles ?

Des sénateurs estiment que le service Echo Dot Kids d’Amazon serait en violation avec le Children’s Online Privacy Protection Act

San Francisco interdit l’utilisation des technologies de reconnaissance faciale

ENTREPRISES

Facebook interdit l’accès du réseau social à six personnalités dont Alex Jones, le fondateur d’Infowars

Disney prend le contrôle opérationnel de Hulu

Le président de la FCC se prononce en faveur de la fusion entre T-Mobile et Sprint

TECHNOLOGIES

La technologie d’intelligence artificielle de Google Duplex fait appel à de la main d’oeuvre humaine

D’après l’UNESCO, Siri et Alexa renforcent les stéréotypes de genre

RELAIS D’OPINION

Chris Hughes, le cofondateur de Facebook, appelle à démanteler Facebook

Paul Romer, le prix nobel d’économie 2018, propose de taxer les services numériques sur le chiffre d’affaires sur la publicité

Sundar Pichai, le CEO de Google, estime que le respect de la vie privée ne doit pas être un luxe

 


REGULATION ET GOUVERNANCE

Donald Trump signe un décret présidentiel interdisant aux entreprises américaines de se fournir en équipements de réseaux télécommunications auprès de Huawei

Le mercredi 15 mai 2019, Donald Trump a signé le décret présidentiel qui interdit aux entreprises américaines « d’acquérir, d’importer, d’échanger, d’utiliser ou de se fournir » en équipements de réseaux de télécommunications auprès de groupes étrangers qui représentent un danger pour la sécurité nationale américaine. Le décret marque une première étape vers l’exclusion des entreprises chinoises de télécommunications du développement des prochaines générations de réseaux mobiles et de systèmes informatiques aux Etats-Unis. Son fondement juridique est l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) de 1977, qui donne au Président américain le pouvoir de réguler ou de bloquer l’introduction d’un acteur étranger sur le marché américain en situation de crise.

En parallèle, le 16 mai 2019, dans un communiqué de presse, le Department of Commerce a ajouté Huawei et ses sociétés affiliées à la liste noire des entreprises qui représentent une menace pour la sécurité nationale, encadrant ainsi très strictement la vente ou le transfert d’une technologie américaine à Huawei ou à l’une de ses filiales.

En conséquence, le 20 mai 2019, Google a annoncé que la société se plierait aux injonctions de l’administration américaine et qu’elle ne fournirait plus de logiciels, de matériel informatique et de service technique à Huawei, à l’exception de services disponibles en open source. Par ailleurs, Qualcomm, Intel et Broadcom ont annoncé qu’ils suspendaient l’approvisionnement de Huawei en composants électroniques. Le 20 mai, le DoC a toutefois accordé un délai de 90 jours aux entreprises américaines, en publiant une licence générale temporaire autorisant les fournisseurs américains de Huawei à poursuivre certaines de leurs transactions jusqu’au 19 août 2019.

Le développement et le contrôle des infrastructures 5G est perçu comme un enjeu de sécurité nationale par l’administration américaine et de manière bipartisane par les élus au Congrès. Les autorités américaines relèvent (i) les liens organiques entre Huawei et le gouvernement chinois, (ii) l’existence d’un risque judiciaire extraterritorial pour la compagnie et (iii) l’existence de cas avérés de collecte de données par Huawei au profit du gouvernement chinois. Elles citent également le plan « Made in China 2025 » qui exige des entreprises chinoises qu’elles mettent leurs capacités au service de la puissance chinoise.

Enfin, l’administration américaine a appelé ses alliés à ne plus se fournir en équipements chinois pour développer les prochaines générations de réseaux mobiles.

 

La Federal Communications Commission reconnaît avoir surestimé le déploiement du très haut débit dans son rapport annuel

Le 1er mai 2019, la Federal Communications Commission (FCC) a reconnu que les chiffres de son rapport annuel sur le très haut-débit, publié en février, étaient surestimés. La FCC indique désormais qu’à la fin de l’année 2017, 21,3 millions d’américains n’avaient pas accès au très haut débit (la FCC définit le très haut débit par un débit descendant de 25 Mbit/s et un débit montant de 3 Mbit/s), contre 19,4 millions dans son rapport fin février. La FCC maintient néanmoins que sa priorité est de réduire la fracture numérique sur le territoire américain. Le rapport avait notamment été critiqué par Microsoft qui estimait, dans un article publié sur un des blogs de la société, que les annonces de la FCC étaient en décalage avec le déploiement réel du très haut débit sur le territoire américain.

Le 15 mai 2019, les commissaires de la FCC ont été auditionnés par le sous-comité « Communications and Technology » de la Chambre des représentants. Lors de cette audition, le rapport annuel de la FCC sur le très haut débit et la carte de couverture du territoire américain, ont été très critiqués par les représentants, notamment Anna Eshoo, élue de Californie. Elle a estimé que la FCC devait être plus précise quant aux chiffres publiés dans son rapport pour permettre au Congrès de mieux allouer les fonds fédéraux pour qu’ils aillent vers les régions où le très haut débit n’est pas suffisamment déployé.

Le 17 mai 2019, les sénateurs Shelley Moore Capito (Républicain, Virginie Occidentale), Brian Schatz (Démocrate, Hawai), Jerry Moran (Républicain, Kansas) et John Tester (Démocrate, Minnesota) ont présenté le Broadband Data Improvement Act (BDIA), qui vise à améliorer la carte publiée par la FCC annuellement.

Par ailleurs, lors de son audition à la Chambre des représentants, Ajit Pai, président de la FCC, a estimé nécessaire de libérer davantage de spectre pour déployer le très haut débit sur l’ensemble du territoire américain. Le président de la FCC a rappelé qu’il attendait un consensus entre la National Association of Broadcasters (NAB) et Microsoft pour libérer davantage d’espaces blancs du spectre radioélectrique (ou television white spaces, en anglais), part de la ressource radioélectrique attribuée à la radiodiffusion (et non-utilisée) qui pourrait permettre de développer des technologies sans fil dans ces bandes de fréquences qui, de par leurs caractéristiques physiques, permettent de couvrir un territoire étendu. Pour mémoire, Microsoft est favorable à l’utilisation des espaces blancs de la radiodiffusion et l’entreprise a lancé en 2017 la Rural Airband Initiative pour déployer le très haut débit au profit de 2 millions d’américains dans des zones rurales.

 

La Maison Blanche critique l’appel de Christchurch et lance une plateforme pour dénoncer la « censure » sur les réseaux sociaux

Suite à « l’appel de Christchurch », la Maison Blanche a annoncé, le mercredi 15 mai, qu’elle ne signerait pas d’accord international contre les contenus violents et haineux, déclarant ne pas être en mesure de pouvoir « soutenir l’accord », mais qu’elle s’engageait à soutenir les « objectifs généraux » de l’appel pour lutter contre les contenus terroristes sur internet. Suite à cette annonce, le New York Times a souligné l’ambiguïté de l’administration Trump qui menace régulièrement de réguler les réseaux sociaux en raison de présumés biais anti-conservateurs.

Le même jour, la Maison Blanche a annoncé qu’elle lançait un site internet pour inciter les internautes américains à témoigner de toute censure qu’ils auraient subie de la part d’un réseau social. La presse américaine, notamment The Verge, s’est alertée de cette initiative, estimant que le portail permettrait à la Maison Blanche de collecter les données des internautes américains. La décision de la Maison Blanche illustre la forte divergence qui existe entre les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande et les pays européens, dont la France, sur les questions liées à la régulation des contenus sur Internet.

 

Un groupe bipartisan de parlementaires présente un projet de loi pour améliorer la transparence des messages publicitaires politiques en ligne

Le 8 mai 2019, la sénatrice Amy Klobuchar (élue démocrate du Minnesota et candidate à l’investiture démocrate pour la campagne présidentielle de 2020) et les réprésentants Lindsey Graham (élue républicaine de Caroline du Sud) et Mark Warner (élu démocrate de la Virginie) ont présenté un projet de loi bipartisan qui vise à prévenir de nouvelles interférences étrangères en matière de messages publicitaires politiques en ligne dans le cadre des prochaines campagnes électorales.

L’Honest Ads Act pourrait imposer des standards plus stricts pour les spots publicitaires politiques diffusés sur les plateformes numériques avec une audience de plus de 50 millions de visiteurs par mois. Le projet de loi vise à aligner la réglementation des plateformes numériques avec celle des médias traditionnels, qui doivent signaler aux téléspectateurs la source et le financement des spots publicitaires politiques, dès lors que le coût de la publicité excède 500 USD. Le projet de loi exige également une vigilance accrue de la part des plateformes numériques afin que des entités étrangères n’achètent pas des spots publicitaires pour influencer le débat politique américain.

Les représentants de Twitter et de Facebook avaient estimé, le 10 avril 2019, qu’une telle réglementation allait dans le bon sens. Politico estime néanmoins que le projet de loi a peu de chances d’être adopté par le Sénat où les Républicains sont majoritaires. L’Institute For Free Speech avait estimé, dès novembre 2017 (date à laquelle un premier projet de loi avait été présenté au Congrès) qu’un tel projet de loi était contraire au premier amendement.

 

La Cour Suprême confirme l’existence d’une relation commerciale directe entre Apple et les consommateurs d’applications pour iPhone

Dans un arrêt (Apple Inc. v. Pepper et Al.), la Cour Suprême a confirmé, le lundi 13 mai, l’existence d’une relation commerciale directe entre les consommateurs finaux d’une application disponible à la vente sur l’App Store et Apple. Depuis 2007, Apple permettait à des tierces parties d’utiliser l’App Store pour vendre leurs produits à des utilisateurs finaux, en contrepartie de frais de 30 % de la valeur de la vente. Les dirigeants d’une application n’avaient pas la possibilité de vendre directement leurs produits aux utilisateurs finaux et les plaignants considéraient qu’Apple tirait dans ce cadre partie d’une position indue de monopole. La question posée à la Cour Suprême n’était pas de savoir si Apple abusait de pratiques anticoncurrentielles et avait un comportement de monopole, mais de savoir si les consommateurs finaux étaient fondés à se plaindre envers Apple, étant donné qu’Apple n’est pas directement le producteur. En effet, au regard de la jurisprudence appelée « Illinois Brick », une plainte n’est recevable que si elle concerne un producteur et un consommateur qui ont un lien direct, ce qui posait problème dans le cas des plateformes numériques qui se positionnent justement comme des intermédiaires. En l’espèce, la décision de la Cour Suprême estime qu’Apple avait bien un lien direct avec les consommateurs et que son comportement était susceptible d’affecter directement les prix payés par le consommateur. En revanche, la Cour suprême ne s’est pas prononcée sur le fait de savoir si les pratiques de la plateforme numérique pouvaient être considérée comme anticoncurrentielles.

 

La justice californienne condamne Qualcomm pour abus de position dominante

Dans un jugement rendu le 22 mai 2019, la juge californienne Lucy Koh a tranché en faveur de la Federal Trade Commission (FTC), qui avait saisi la justice californienne en janvier 2017 accusant Qualcomm d’abuser de sa position dominante et de ne pas respecter les sections 1 et 2 du Sherman Act (1890) relatives aux comportements monopolistiques. La juge Koh considère ainsi que Qualcomm, société présente sur le marché des composants électroniques et des licences d’utilisation de logiciels, a abusé de sa position dominante sur le marché des composants électroniques pour augmenter le prix de ses licences pour l’utilisation de logiciels, en menaçant ses clients de ne plus fournir de composants électroniques s’ils n’achetaient pas en parallèle de licences. En conséquence, la juge condamne Qualcomm à renégocier l’ensemble de ses contrats de manière équitable, transparente et non-discriminatoire. En outre, la société devra rendre un rapport annuel à la FTC, faisant état de sa mise en conformité avec les sanctions prononcées. Qualcomm a annoncé qu’elle ferait appel de la décision. En parallèle, la valeur de l’action de la société a perdu plus de 10 %.

 

Les membres du Congrès vont-ils s’entendre pour porter un projet de loi sur la protection des données personnelles ?

Le Sénat a auditionné, le mercredi 1er mai 2019, Helen Dixon, Présidente de l’Autorité irlandaise de protection des données, ainsi que des représentants d’associations de consommateurs. Au cours de cette audition, le sénateur Roger Wicker (élu républicain du Missouri et chairman du comité « Commerce, Science et Transports ») a estimé qu’un projet de loi pourrait être présenté dans le courant du mois d’août 2019, dans le but d’adopter une loi fédérale avant l’élection présidentielle de 2020. Le représentant Jan Schakowsky (élu démocrate de l’Illinois), a quant à lui estimé que le « momentum bipartisan » sur la protection des données personnelles pourrait permettre d’adopter une loi plus vaste pour réguler les entreprises numériques, notamment sur les questions d’antitrust, qui font débat parmi les démocrates. S’il semble désormais se dégager un consensus bipartisan sur la nécessité d’adopter une loi fédérale sur la protection des données, les modalités de l’introduction d’une telle loi font l’objet de divisions au Sénat et à la Chambre des représentants. Ainsi, démocrates et républicains s’opposent sur le régime de consentement (explicite ou implicite) de collecte de données à adopter, les sénateurs républicains estimant que les données sensibles pourraient être soumises à un régime de consentement explicite (modèle de l’opt-in). Par ailleurs, les élus démocrates refusent que la loi fédérale revienne sur des dispositions plus strictes adoptées par différents états, notamment le California Consumer Privacy Act (CCPA), adopté en 2018.

 

Le président de la FCC propose que les robocalls soient bloqués par défaut

Le 15 mai 2019, dans un communiqué de presse, Ajit Pai, président de la Federal Communication Commission (FCC), a dévoilé de nouvelles mesures contre les robocalls (des appels commerciaux automatiques). Les opérateurs de télécommunications pourraient bloquer les robocalls par défaut. Il pourrait s’agir d’un mécanisme similaire aux mèls classifiés comme des spams par les services de messagerie électronique. La FCC organisera en juillet un sommet sur les robocalls. Lors d’une audition à la Chambre des représentants, le 15 mai 2019, la décision a été critiquée par Jessica Rosenworcel, commissaire démocrate de la FCC, et Anna Eshoo, représentante démocrate de Californie, qui ont estimé que le sommet arrivait trop tard et « qu’il était temps de passer à l’action. »

 

Vers un accord entre Facebook et la FTC sur les fuites de données dans l’affaire Cambridge Analytica ?

D’après Politico, Facebook et la Federal Trade Commission (FTC) négocient un accord sur la protection des données, en plus de l’amende que Facebook s’apprête à payer à la FTC dans le cadre de l’affaire Cambridge Analytica. L’accord obligerait Facebook à créer un comité indépendant relatif à la protection des données personnelles dont le coordinateur serait approuvé par le gouvernement fédéral. En parallèle, Mark Zuckerberg pourrait devenir « designated compliance officer », responsable de la mise en place des politiques de l’entreprise relatives à la protection des données personnelles.

 

Des sénateurs américains estiment que le service Echo Dot Kids serait en violation avec le Children’s Online Privacy Protection Act

Le 9 mai 2019, un groupe bipartisan de quatre sénateurs a saisi la Federal Trade Commission (FTC) en accusant le service Echo Dot Kids d’Amazon de violation des dispositions du Children’s Online Privacy Protection Act (COPPA Act) de 1998. Le COPPA Act est l’une des lois fédérales les plus strictes en matière de protection de données personnelles aux Etats-Unis, soumettant la collecte de certaines données à l’accord explicite des parents. Dans leur saisine, les sénateurs estiment que la technologie de reconnaissance vocale d’Amazon Echo Dot Kids enregistre les conversations des mineurs de moins de treize ans et collecte ainsi un nombre important de données personnelles, sans avoir préalablement recueilli l’accord des parents.

 

San Francisco interdit l’utilisation des technologies de reconnaissance faciale et provoque un débat sur ces technologies

La ville de San Francisco a annoncé, le 14 mai 2019, qu’elle interdirait l’utilisation des technologies de reconnaissance faciale au sein de la police et des autres services municipaux. La décision a été critiquée par la San Francisco Police Officers Association, qui a estimé que l’interdiction nuirait aux efforts de la police de la ville dans l’investigation contre le crime. La presse américaine souligne que la police de San Francisco n’utilise pas cette technologique, et qu’il s’agit donc avant tout d’une décision symbolique. Par ailleurs, le sénateur Roy Blunt (élu républicain du Missouri) a présenté un projet de loi, le 14 mars 2019, pour interdire aux entreprises utilisant des technologies de reconnaissance faciale de collecter et de partager des données sur les utilisateurs sans leur consentement. La décision de San Francisco intervient alors que l’American Civil Liberties Union (ACLU) a dénoncé la nouvelle technologie « Rekognition » d’Amazon. Lors de l’assemblée générale de la société, le 22 mai 2019, les actionnaires d’Amazon ont néanmoins confirmé qu’ils continueraient de vendre des technologies de reconnaissance faciale auprès des pouvoirs publics.

 

ENTREPRISES

Disney prend le contrôle de Hulu

Le 14 mai 2019, Disney et Comcast ont annoncé que Disney prenait le plein contrôle opérationnel de Hulu, même si Comcast détient encore 33 % de la plateforme de vidéo à la demande à l’abonnement (SVOD). L’accord précise qu’en 2024, Comcast pourra exiger que Disney rachète sa participation de 33%. De la même manière, Disney pourra exiger que Comcast lui vende sa participation à sa juste valeur marchande.

 

Facebook interdit l’accès du réseau social à six personnalités dont Alex John, le fondateur d’Infowars

Facebook a annoncé, le 2 mai 2019, avoir interdit l’accès du réseau social à six personnalités, dont Louis Farrakhan, dirigeant du groupe « Nation of Islam », et Alex John, fondateur d’Infowars. Facebook a par ailleurs annoncé sur un blog de la société qu’elle avait supprimé 2,2 milliards de faux comptes au cours des six derniers mois. Donald Trump a critiqué la décision de Facebook sur Twitter, rappelant le principe de liberté d’expression sur les réseaux sociaux. Le Washington Post estime que le réseau social est désormais obligé d’adopter une politique plus agressive à l’égard des comptes racistes ou complotistes, du fait des pressions de plus en plus fortes dont fait l’objet le réseau social à l’échelle mondiale, notamment après les attentats au Sri Lanka et en Nouvelle-Zélande, où les auteurs ont utilisé des réseaux sociaux comme Facebook pour diffuser des contenus haineux.

 

Le président de la FCC se prononce en faveur de la fusion entre T-Mobile et Sprint

Le 20 mai 2019, dans un communiqué de presse, Ajit Pai, président de la Federal Communication Commission (FCC) a déclaré soutenir la fusion entre T-Mobile et Sprint. Ajit Pai estime satisfaisants les engagements pris par les deux sociétés, à savoir : (i) ne pas augmenter les prix pendant trois ans, (ii) dédier une partie du spectre pour déployer le haut débit sans fil dans les zones rurales et (iii) vendre l’activité Boost Mobile, une filiale de Sprint qui propose des cartes mobiles prépayées, dans la mesure où la société T-Mobile possède déjà Virgin Mobile et Metro, leaders sur ce marché. En avril, le Department of Justice (DoJ) avait annoncé à T-Mobile et Sprint qu’il ne validerait pas la fusion entre les deux opérateurs, respectivement troisième et quatrième opérateurs du marché. Le 22 mai 2019, la presse américaine rapportait que le département antitrust du DoJ considérait toujours de refuser la fusion.

 

TECHNOLOGIES

D’après l’UNESCO, Siri et Alexa renforcent les stéréotypes de genre

Le 21 mai 2019, l’UNESCO a publié une étude estimant que les assistants vocaux renforçaient les stéréotypes de genre. Le rapport regrette notamment qu’Amazon (Alexa) et Microsoft (Cortana) ne proposent aux utilisateurs qu’une voix féminine et que Google (Google Assistant) et Apple (Siri) proposent l’utilisation de la voix féminine par défaut.

 

La technologie d’intelligence artificielle Google Duplex fait appel à de la main d’oeuvre humaine

Dans un article publié le 26 mai 2019, le San Francisco Chronicle révèle que la technologie Duplex de Google fait appel à de la main d’oeuvre humaine. Le service Duplex permet à ses utilisateurs de réserver un restaurant via une intelligence artificielle qui reproduit une voix humaine auprès des restaurateurs. Néanmoins, le journal révèle que 25 % des conversations débutent par l’intervention d’un humain et que 15 % des appels nécessitent une intervention humaine pour résoudre un problème à un stade plus avancé de la conversation.

 

RELAIS D’OPINION

Chris Hughes, le cofondateur de Facebook, appelle à démanteler Facebook

Le 9 mai, dans une tribune publiée dans le New York Times, Chris Hughes, appelle au démantèlement du réseau social et à la création d’une autorité indépendante de régulation du secteur numérique, dont la principale mission serait la protection des données personnelles. Chris Hughes estime que la société a récemment multiplié les erreurs, en ne réagissant pas avec assez d’efficacité face à la multiplication des fausses informations, aux interférences russes et au vol de données personnelles. Il estime par ailleurs que Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, concentre un trop grand pouvoir, dans la mesure où ce dernier contrôle Facebook, Instagram et WhatsApp. La tribune de Chris Hughes rejoint les propositions d’Elizabeth Warren, candidate à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020, qui avait proposé début mars de démanteler les entreprises de la Big Tech. Suite à la tribune de Chris Hughes, Kamala Harris, procureure générale de Californie et candidate à l’investiture démocrate, a estimé, dans une interview à CNN, qu’il fallait « sérieusement étudier » un démantèlement des entreprises de la Big Tech, alors qu’elle ne s’était pas prononcée jusque-là. Les propositions d’Elizabeth Warren ont également reçues le soutien d’Alexandria Ocasio-Cartoz, élue de New York à la Chambre des représentants. A l’inverse, le 13 mai 2019, Joe Biden a estimé qu’il était trop tôt pour parler de démanteler les grandes entreprises de la Tech Cory Booker, sénateur du New Jersey, a quant à lui été plus agressif, en estimant que les propositions d’Elizabeth Warren n’étaient pas raisonnables. Enfin, Nick Clegg, Vice-président de Facebook pour les affaires internationales et la communication, a estimé, dans une tribune publiée par le New York Times, que le démantèlement de la société n’était pas la solution mais a reconnu que la société devait accepter que « son succès soit accompagné d’une plus grande responsabilité ».

 

Paul Romer propose de taxer les services numériques sur le chiffre d’affaires sur la publicité

Paul Romer, prix Nobel d’économie (2018) et ancien chef économiste de la Banque Mondiale, a publié le 6 mai 2019 une tribune dans le New York Times où il propose de taxer le chiffre d’affaire sur la publicité réalisée sur la base de la captation des données personnelles, afin d’inciter les plateformes numériques à changer de modèle. Cette taxe serait mise en place en addition de l’impôt sur les sociétés et pourrait être complétée, par les Etats, par une tranche supplémentaire d’imposition, sur les mêmes principes de fonctionnement. Paul Romer insiste sur l’opportunité de l’utilisation du levier fiscal pour plusieurs raisons : l’antitrust ne devrait pas être l’option privilégiée en premier abord ; c’est au législateur de prendre ses responsabilités face aux pratiques des plateformes numériques ; il ne faudrait pas laisser la main aux juges ou aux agences en charge de l’antitrust. De plus, selon lui, la doctrine de l’antitrust américaine, qui s’appuie essentiellement sur des effets prix (Consumer Welfare Standard), n’est pas adaptée, en l’état actuel de la jurisprudence, à prendre compte les effets des plateformes sur l’innovation et la démocratie. En outre, l’encadrement réglementaire et le contrôle de ces entreprises par une agence dédiée ne lui semble pas adapté en raison des risques de capture réglementaire de l’agence. Paul Romer estime que les entreprises devraient pouvoir s’adapter à cette nouvelle donne fiscale et faire évoluer leur modèle économique pour réduire leur exposition à l’impôt (par exemple en proposant des services payants mais sans publicité). Le prix Nobel d’économie suggère également que la taxe puisse être progressive en fonction de la taille de l’entreprise, de manière à freiner toute intégration future, qu’elle soit de nature horizontale ou verticale, dès lors que celle-ci générerait des revenus publicitaires supplémentaires et ainsi favoriser de nouveaux entrants. A défaut, Paul Romer estime qu’une règlementation, sur le modèle du Dodd Frank Act pour les banques, pourrait être envisagée. Paul Romer rejoint ainsi la liste des critiques des grandes entreprises de la tech, dont il estime qu’elles ont un impact négatif sur la société et les valeurs démocratiques.

 

Sundar Pichai estime que le respect de la vie privée ne doit pas être un luxe

Dans une tribune publiée dans le New York Times le 7 mai 2019, Sundar Pichai, PDG de Google, estime que le respect de la vie privée et la protection des données personnelles doit être accessible à l’ensemble des utilisateurs d’internet, et pas seulement à une élite. Pour Sundar Pichai, la philosophie de Google est simple : garantir à l’ensemble des utilisateurs le même usage de son moteur de recherche. La protection des données personnelles doit donc être identique pour tous. Sundar Pichai estime qu’il existe trois types de données : les données qui permettent d’améliorer l’utilisation d’un produit pour l’usager, les données – anonymisées – qui permettent d’améliorer l’utilisation d’un produit par l’ensemble des utilisateurs et enfin les données qui permettent à Google de générer des revenus, en échange d’un produit gratuit. Pour cette troisième catégorie de données, Sundar Pichai estime que les utilisateurs de Google devraient pouvoir être en mesure de refuser toute collecte. Le PDG de Google rappelle ainsi qu’il est désormais possible, pour l’utilisateur, de supprimer soi-même certaines données personnelles. Enfin, Sundar Pichai estime qu’il est temps pour le Gouvernement américain d’adopter une loi fédérale sur la protection des données personnelles.

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